Refuser de payer les dettes ?

David Graeber : « La façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de payer les dettes »

par 16 janvier 2014

La
dette ? Une construction sociale, fondatrice d’un pouvoir arbitraire,
estime David Graeber, anthropologue et économiste états-unien, considéré
par le New York Times comme l’un des intellectuels les plus
influents actuellement. Les pays pauvres et les personnes endettées sont
aujourd’hui enchainés aux systèmes de crédit. Piégés dans des relations
basées sur la violence, les inégalités et justifiées par la morale,
décrit l’auteur, dans un ouvrage qui retrace 5000 ans d’histoire de la
dette. « Rembourser ses dettes » est devenu un dogme, impossible à
contester. Et si, malgré tout, on décidait d’effacer l’ardoise ? Avec
le mouvement Occupy Wall Street, David Graeber lance des actions de
désobéissance civile pour démontrer l’absurdité du système capitaliste
actuel. Entretien.
Basta ! : A quel moment dans l’histoire le crédit est-il apparu ? Qu’est-ce qu’une dette ?

David Graeber [1] :
La dette est une promesse, qui a été pervertie par les mathématiques et
la violence. On nous a raconté une histoire : « Il était une fois des
gens qui utilisaient le troc. Voyant que cela ne marchait pas très bien,
ils ont créé la monnaie. Et l’argent nous a amené le crédit. » Du troc
au crédit, une sorte de ligne droite nous amènerait donc à la situation
actuelle. Si on regarde plus attentivement l’histoire, cela s’est passé
bien différemment ! Le crédit a d’abord été créé. La monnaie physique
est apparue quelques milliers d’années plus tard. Cela permet de poser
les questions différemment : comment sommes-nous passés d’un système où
les gens disaient « je vous dois une vache », à un système où l’on peut
mesurer la valeur exacte d’une dette ? Ou l’on peut assurer, formule
mathématique à l’appui, que « 340 poulets sont équivalents à cinq
vaches » ? Comment une promesse, une obligation de remboursement, est
devenue une « dette » ? Comment l’idée que nous devons une faveur
a-t-elle été quantifiée ?

En quoi quantifier une dette est-elle un problème ?

Quantifiable, la dette devient froide, impersonnelle et surtout
transférable : l’identité du créancier n’a pas vraiment d’importance. Si
je promets de vous rencontrer à cinq heures demain, vous ne pouvez pas
donner cette promesse à quelqu’un d’autre. Parce que la dette est
impersonnelle, parce qu’elle peut être exigible par des mécanismes
impersonnels, elle peut être transférée à une autre personne. Sans ces
mécanismes, la dette est quelque chose de très différent. C’est une
promesse qui repose sur la confiance. Et une promesse, ce n’est pas la
négation de la liberté, au contraire, c’est l’essence de la liberté !
Être libre, c’est justement avoir la capacité de faire des promesses.
Les esclaves ne peuvent pas en faire, ils ne peuvent pas prendre
d’engagements auprès d’autres personnes, car ils ne sont pas sûrs de
pouvoir les tenir. Être libre, c’est pouvoir s’engager auprès d’autrui.

Au contraire, le « remboursement de la dette » est devenu un dogme moral…


La
dette a été transformée en une question d’arithmétique impersonnelle,
en l’essence même de l’obligation morale. C’est ce processus que nous
devons défaire. Il est fascinant aussi de voir le lien entre la notion
de dette et le vocabulaire religieux, de constater comment les premières
religions débutent avec le langage de la dette : votre vie est une
dette que vous devez à Dieu. La Bible par exemple commence avec le
rachat des péchés… Devenue dogme moral, la dette justifie les
dominations les plus terribles. On ne peut comprendre ce qu’elle
représente aujourd’hui sans un détour par cette longue histoire de la
dette comme justification morale de relations de pouvoir inégales. Le
langage de la dette permet de justifier une relation de pouvoir
arbitraire. Et il est très difficile d’argumenter face à un pouvoir
arbitraire sans adopter le même langage.

Vous citez l’exemple de la mafia…

Parler de dette devient un moyen pour décrire des relations inégales.
Les mafieux ont compris cela : ils utilisent souvent le terme de dette,
même si ce qu’ils font est en réalité de l’extorsion. Quand ils
annulent ou reportent certaines dettes, cela passe pour de la
générosité ! C’est comme les armées qui font payer un tribut aux
vaincus : une taxe en échange des vies épargnées. Avec le langage de la
dette, on dirait que ce sont les victimes qui sont à blâmer. Dans de
nombreuses langues, dette, culpabilité et péché sont le même mot ou ont
la même racine.

La monnaie, qui permet de quantifier précisément la valeur d’une
dette, apparaît d’ailleurs dans les situations de violence potentielle.
L’argent est aussi né du besoin de financer les guerres. La monnaie a
été inventée pour permettre aux États de payer des armées
professionnelles. Dans l’Empire romain, la monnaie apparait exactement
là où stationnent les légions. De la même façon, le système bancaire
actuel a été créé pour financer la guerre. Violence et quantification
sont intimement liés. Cela transforme les rapports humains : un système
qui réduit le monde à des chiffres ne peut être maintenu que par les
armes.

Il y a aussi une inversion : le créancier semble être devenu
la victime. L’austérité et la souffrance sociale sont alors considérées
comme un sacrifice nécessaire, dicté par la morale…

Absolument. Cela permet par exemple de comprendre ce qui se joue en
Europe aujourd’hui. L’Europe est-elle une communauté de partenaires
égaux ? Ou y a-t-il une relation de pouvoir entre entités inégales ?
Est-ce que tout peut être renégocié ? Quand une dette est établie entre
égaux, elle est toujours traitée comme une promesse. Nous renégocions
des promesses tout le temps, car les situations changent : si je vous
promets de vous voir demain à cinq heures, si ma mère meurt, je ne suis
pas obligé de tenir ma promesse.


Les gens riches peuvent être incroyablement compréhensifs concernant
la dette des autres riches : les banques états-uniennes Goldman Sachs et
Lehman Brothers peuvent se concurrencer, mais quand quelque chose
menace leur position générale de classe, soudain elles peuvent oublier
toutes les dettes contractées si elles le veulent. C’est ce qui s’est
passé en 2008. Des trillions de dollars de dettes ont disparu, parce que
cela arrangeait les puissants. De la même façon des gens pauvres vont
être très compréhensifs les uns envers les autres. Les prêts que l’on
fait à des proches sont finalement souvent des cadeaux. C’est lorsqu’il y
a des structures d’inégalités, que soudain la dette devient une
obligation morale absolue. La dette envers les riches est la seule à
être vraiment « sacrée ». Comment se fait-il que Madagascar soit en
difficulté quand il doit de l’argent aux États-Unis, mais que lorsque ce
sont les États-Unis qui doivent de l’argent au Japon, c’est le Japon
qui est en difficulté ? Le fait notamment que les États-Unis ont une
puissante armée change le rapport de force…

Aujourd’hui, on a l’impression que la dette a remplacé les
droits : les droits à la formation ou au logement se sont transformés en
droit au crédit ?

Certains utilisent leur maison pour financer leur vie en contractant
de plus en plus de prêts hypothécaires. Leurs maisons deviennent des
distributeurs de billets. Les micro-crédits pour faire face aux
problèmes de la vie se multiplient, en substitution de ce qui était
auparavant assuré par l’État-providence, qui donnait des garanties
sociales et politiques. Aujourd’hui, le capitalisme ne peut plus offrir
un bon « deal » à tout le monde. On sort de l’idée que chacun pourrait
posséder un bout du capitalisme : aux États-Unis, chacun était censé
pouvoir investir dans les entreprises, qui en fait exploitent chacun.
Comme si la liberté consistait à posséder une part de notre propre
exploitation.

Puis les banquiers ont transformé la dette en produits bancaires, échangeables comme de la monnaie…

C’est incroyable ! Il y a six ans, même des gens très intelligents
disaient : « Que ces gens sont brillants, ils ont créé de l’argent à
partir de rien ». Ou plutôt avec des algorithmes tellement complexes,
que seuls des astrophysiciens pouvaient les comprendre. Mais cette
incroyable sophistication s’est révélée être une escroquerie ! J’ai eu
récemment des entretiens avec de nombreux astrophysiciens, qui m’ont
affirmé que ces chiffres ne veulent rien dire. Tout ce travail semble
très sophistiqué, mais en fait il ne l’est pas. Une classe de personnes a
réussi à convaincre tout le monde qu’ils étaient les seuls à pouvoir
comprendre. Ils ont menti et les gens les ont cru. Soudain, un pan de
l’économie a été détruit, et on a vu qu’eux-mêmes ne comprenaient pas
leurs instruments financiers.

Pourquoi cette crise n’a-t-elle pas changé notre rapport à la dette ?

A cause d’un profond déficit intellectuel. Leur travail idéologique a
été tellement efficace que tout le monde est convaincu que le système
économique actuel est le seul possible. Nous ne savons pas quoi faire
d’autre. Alors nous posons un morceau de scotch sur le problème,
prétendant que rien ne s’est passé. Où cela nous mènera-t-il ? A une
nouvelle panne. Nous entrons désormais dans une nouvelle étape : celle
du jeu défensif. Comme la plupart des justifications intellectuelles du
capitalisme s’effondrent, ses promoteurs attaquent aujourd’hui toutes
les alternatives possibles. En Grande-Bretagne, après la crise
financière, la première chose qu’ont voulu faire les responsables
économiques a été de réformer le système scolaire, pour le rendre plus
compétitif. En réalité, le rendre plus semblable au système financier !
Pourquoi ? Sans doute parce que l’enseignement supérieur est un des
seuls espaces où d’autres idées, d’autres valeurs, peuvent émerger. D’où
la nécessité de couper court à toute alternative avant qu’elle ne
puisse émerger. Ce système éducatif fonctionnait pourtant très bien
jusqu’à présent, alors que le système financier a failli de manière
spectaculaire. Il serait donc plus pertinent de rendre le système
financier semblable au système éducatif, et non l’inverse !

Aujourd’hui, aux États-Unis, des gens sont emprisonnés pour
incapacité à rembourser leurs dettes. Vous citez l’exemple d’un homme
condamné à la prison en 2010 dans l’État de l’Illinois pour une durée
illimitée, tant qu’il n’aura pas réussi à rembourser 300 dollars…

Aux États-Unis, des gens sont emprisonnés parce qu’ils n’ont pas
réussi à payer les frais de citation en justice. Alors qu’il est presque
impossible de poursuivre des banques pour des saisies illégales ! Les
banques peuvent toujours aller voir la police pour leur demander de vous
arrêter pour défaut de paiement, même si tout le monde sait qu’il
s’agit d’une saisie illégale. Pouvoir financier et pouvoir politique
sont en train de fusionner. Police, collecteurs d’impôts, les personnes
qui vous expulsent de vos maisons, opèrent directement dans l’intérêt
des institutions financières. Peu importe votre revenu, un robot signe
votre expulsion et la police vous fait sortir de votre maison.

Aux États-Unis, tout le monde croyait faire partie de la classe
moyenne. Ce n’est pas vraiment une catégorie économique, plutôt une
catégorie sociale et politique : on peut considérer que font partie de
la classe moyenne les citoyens qui se sentent plus en sécurité quand ils
voient un policier, que l’inverse. Et par extension, avec toutes les
autres institutions, banques, écoles… Aujourd’hui, moins de la moitié
des Américains considèrent qu’ils font partie de la classe moyenne,
contre les trois quarts auparavant. Si vous êtes pauvres, vous supposez
que le système est contre vous. Si vous êtes riches, vous avez tendance à
croire que le système est avec vous. Jusqu’à présent aucun banquier n’a
été mis en prison pour des actes illégaux durant la crise financière.
Et des centaines de manifestants ont été arrêtés pour avoir tenté
d’attirer l’attention sur ces faits.

La dette provoque toujours contestation et désordre dans les
sociétés, écrivez-vous. Et depuis 5000 ans, les insurrections populaires
commencent très souvent par la destruction des registres de dette…

La dette semble être le plus puissant des langages moraux jamais
créés pour justifier les inégalités et les rendre « morales ». Mais
quand tout explose, c’est avec une grande intensité ! L’historien
britannique Moisis Finley défendait l’argument que dans le monde
antique, il n’y avait qu’une seule demande révolutionnaire : abolir les
dettes, et ensuite redistribuer les terres. De la décolonisation de
l’Inde à l’Amérique latine, les mouvements d’abolition des dettes
semblent partout une priorité. Lors de révolutions paysannes, une des
premières actions des insurgés est de trouver les registres de dettes
pour les brûler. Puis les registres de propriété des terres. La raison ?
La dette, c’est pire que si vous dites à quelqu’un qu’il est inférieur,
esclave, intouchable. Car cela signifie : « Nous ne sommes pas
fondamentalement différents, vous devriez être mon égal, mais nous avons
conclu un contrat d’affaires et vous avez perdu. » C’est un échec
moral. Et cela peut engendrer encore plus de colère. Il y a quelque
chose de profondément insultant, dégradant avec la dette, qui peut
provoquer des réactions très violentes.

Vous réclamez un jubilé, c’est-à-dire un effacement des
dettes – dettes souveraines des États mais aussi dettes individuelles.
Quel impact économique cela aurait-il aujourd’hui ?

Je laisse les détails techniques aux économistes… Cela supposerait
notamment de revenir à un système public pour les pensions de retraite.
Les précédentes annulations de dettes n’ont jamais concerné toutes les
dettes. Mais certains types de dettes, comme les dettes de consommation
ou la dette souveraine des États, pourraient être effacées sans réels
effets sociaux. La question n’est pas de savoir si l’annulation de dette
va avoir lieu ou pas : les gens qui connaissent bien la situation
admettent que cela va évidemment arriver. La Grèce, par exemple, ne
pourra jamais rembourser sa dette souveraine, elle sera progressivement
effacée. Soit avec de l’inflation – une manière d’effacer la dette qui a
des effets délétères – soit par des formes d’annulation directe. Est-ce
que cela arrivera « par en bas », sous la pression des mouvements
sociaux, ou « par en haut », par une action des dirigeants pour tenter
de préserver le système ? Et comment vont-ils habiller cela ? Il est
important de le faire de manière explicite, plutôt que de prétendre à un
simple « rachat » de la dette. Le plus simple serait de dire qu’une
partie de la dette est impayable, que l’État ne garantit plus le
paiement, la collecte de cette dette. Car pour une grande part, cette
dette existe uniquement parce qu’elle est garantie par l’État.

L’effacement de la dette des États, c’est la banqueroute. Les
experts du FMI ou de la Banque mondiale seront-ils un jour d’accord
avec cette option ?

Le FMI annule actuellement des dettes en Afrique. Les experts savent
que la situation actuelle n’est pas viable. Ils sont conscients que pour
préserver le capitalisme financier et la viabilité à long terme du
système, quelque chose de radical doit avoir lieu. J’ai été surpris de
voir que des rapports du FMI se réfèrent à mon livre. Même au sein de
ces institutions, des gens proposent des solutions très radicales.

Est-ce que l’annulation de dettes signifie la chute du capitalisme ?

Pas nécessairement. L’annulation de dettes peut aussi être un moyen
de préserver le capitalisme. Mais à long terme, nous allons vers un
système post-capitaliste. Cela peut paraître effrayant, puisque le
capitalisme a gagné la guerre idéologique, et que les gens sont
convaincus que rien d’autre ne peut exister que cette forme précise de
capitalisme financier. Il va pourtant falloir inventer autre chose,
sinon dans 20 ou 30 ans, la planète sera inhabitable. Je pense que le
capitalisme ne sera plus là dans 50 ans, mais je crains que ce qui
arrive ensuite soit encore pire. Nous devons construire quelque chose de
mieux.

Dans le cadre du mouvement Occupy Wall Street, vous êtes l’un des initiateurs de la campagne Rolling Jubilee. Quels sont ses objectifs et son impact ?

C’est un moyen de montrer à quel point ce système est ridicule. Aux
États-Unis, des « collecteurs » achètent de la dette, à 3% ou 5% du
montant de la dette initiale, et vont ensuite tenter de recouvrer la
totalité de l’argent en faisant payer les personnes endettées. Avec la
campagne Rolling Jubilee, nous faisons comme ces collecteurs de dette :
nous achetons collectivement nous-mêmes de la dette – ce qui est
parfaitement légal – et ensuite, au lieu d’exiger leur remboursement,
nous effaçons ces dettes ! Quand nous atteindrons un niveau où cela
commence à avoir un effet réel sur l’économie, ils trouveront sans doute
un moyen de rendre ça illégal. Mais pour le moment, c’est un bon moyen
de mettre en évidence l’absurdité du système (sur cette campagne, lire
notre aticle « Strike debt » : un plan de sauvetage du peuple par le peuple). En complément, nous développons le projet « Drom », Debt resistors operation manuel, qui fournit des conseils légaux et pratiques aux personnes endettées.

La façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de
payer les dettes. Pour lancer un mouvement de désobéissance civile
contre le capitalisme, on peut commencer par là. Sauf que les gens le
font déjà ! Un Américain sur sept est poursuivi par un collecteur de
dettes. 20 % au moins des prêts étudiants sont en situation de défaut.
Si vous ajoutez les prêts hypothécaires, sur les 80 % de la population
qui sont endettés aux États-Unis, entre un quart et un tiers sont déjà
en situation de défaut de paiement ! Des millions d’Américains font déjà
de la désobéissance civile par rapport à la dette. Le problème est que
personne ne veut en parler. Personne ne sait que tout le monde le fait !
Comment réunir tous ces gens isolés ? Comment organiser un mouvement
social si tout le monde a honte de ne pas réussir à rembourser ses
dettes ? À chaque fois que vous refusez de payer une dette médicale, une
dette « odieuse » créée par la collusion entre gouvernement et
financiers – qui piège les gens dans des dettes que vous n’avez d’autre
choix que de subir – vous pouvez dépenser votre argent pour quelque
chose de socialement important. Nous voulons encourager les
« coming-out » sur cette résistance au système. Fédérer cette armée
invisible de gens qui font défaut, qui sont déjà sur le terrain de
bataille, s’opposant au capitalisme par une résistance passive.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

@AgnesRousseaux

Photos : CC A. Golden (Une) et CC Gonzalo

A lire :
- Sur la campagne Rolling Jubilee : « Strike debt » : un plan de sauvetage du peuple par le peuple
- Maurizio Lazzarato : « La dette neutralise le temps, matière première de tout changement politique ou social »


David Graeber, Dette, 5000 ans d’histoire, Editions Les liens qui libèrent, 2013, 620 pages.

Notes

[1Docteur en anthropologie, économiste, ancien professeur à l’Université de Yale, David Graeber est actuellement professeur à la London School of Economics. Il est selon le New York Times l’un des intellectuels les plus influents actuellement. Et est l’un des initiateurs du mouvement Occupy Wall Street.

Vos commentaires


  • Le 16 janvier à 13:28par raimane

    reblogué vers http://wp.me/3aME7

    https://www.un.org/fr/documents/udhr/#a19

    http://www.desobeissancecivile.org/servitude.pdf

    pourquoi devrions nous accepter ce sacrifice afin de payer leurs seules dettes ? réfléchissons ! qui fait cela ? personne.


  • Le 16 janvier à 18:16par Faublas

    Excellente analyse qui révèle le dogme religieux de la doctrine libéral : nous sommes endettés car nous avons pêché !

    Il y a des décennies que des formes “capitalistes” rêvent de faire
    payer la France et les pays à système de protection sociale généreux et à
    bas coût (car étatique ou très réglementés) ces avantages sociaux. Le
    coin fut enfoncé par les mutuelles qui sont passées de “plus” à
    complément indispensable et n’ont lus de mutualiste que le nom, étant
    devenu des structures financières à part entières.

    Les états doivent s’affranchir de la “dette” et simplement l’annuler
    mondialement. un magnifique RAZ qui ne fâchera que les institutions
    financières privées qui font choux gras de la misère du monde.

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