Citoyens tirés au sort

J’ai reçu ce mail d’un ami, je me suis dit que vous souhaiteriez peut-être le partager à votre tour :

Bonjour,

Je vous propose de découvrir le village de Saint André de Valborgne (département du Gard).

Ce n’est pas un moment touristique que je vous propose ici.

Il s’agit de découvrir une action de >démocratie< au sein même de
ce village par un petit groupe de « Gaulois » qui forment le premier
groupe de citoyens tirés au sort dans une élection municipale !

Aussi je vous propose de visionner ci-dessous la conférence partagée
entre Etienne CHOUARD et Camille HALUT qui est l’initiatrice de ce
mouvement >démocratique< dans ce village. Vous y verrez toutes les
difficultés que « son » groupe peut rencontrer … c’est simplement
hallucinant de voir comment la Loi n’est pas respectée !

si vous ne connaissez pas encore Etienne CHOUARD = vidéo 1

si vous voulez directement entendre et voir Camille HALUT = vidéo 2

si affinités = vidéo 3

Vidéo 1 : 23 mn – https://www.youtube.com/watch?v=aqIKVa411YQ&index=2&list=PL9IQXC7V-4xPFJG5DiWMMXw4rGsOkWJho

Vidéo 2 : 47 mn – https://www.youtube.com/watch?v=EHvBd5_O2l4&list=PL9IQXC7V-4xPFJG5DiWMMXw4rGsOkWJho&index=2

Vidéo 3 : 17 mn – https://www.youtube.com/watch?v=TcOoB1tFocc&index=3&list=PL9IQXC7V-4xPFJG5DiWMMXw4rGsOkWJho

Si vous voulez voir le blog de Camille HALUT et vous tenir informer en direct (y’a rien de mieux…) : http://democratie-saintandredevalborgne.com/

J’espère que vous passez un bel été !

Bien à vous

Dollar, moins 97% face à l’or

Depuis la fin de Bretton-Woods, le Dollar a perdu 97% de sa valeur face à l’or…
À l’époque, l’or valait 35$ Actuellement, il vaut 1300$ environs, soit
une once d’or de 1971 vaut 0,027 onces d’or de maintenant.

Mais où est donc passé l’or de l’Allemagne ?

Mais où est donc passé l’or de l’Allemagne ?

04/08/2014 – 07H00 Berlin (Breizh-info.com) –
Pendant la guerre froide, l’Allemagne qui craignait une éventuelle
invasion de son territoire par l’armée soviétique avait choisi de mettre
à l’abri l’essentiel de sa réserve dans des pays alliés jugés plus
sûrs. Cette réserve qui est aujourd’hui de 3391 tonnes d’or et qui vaut
environ 100 milliards d’euros est stockée pour 45% aux États-Unis, 13%
en Grande-Bretagne et 11% en France ; le reste étant à Francfort dans
les coffres de la Bundesbank.
 A
la fin de 2012, une polémique a vu le jour en Allemagne concernant cet
or à l’initiative de divers groupes et personnalités qui ont exigé son
retour immédiat à Francfort. Pour y mettre un terme, Angela Merkel avait
donc demandé le rapatriement immédiat de l’or stocké en France, ce qui
lui fut accordé, et aux États-Unis. Les Américains s’opposèrent
totalement à cette demande et proposèrent un plan de rapatriement
partiel (portant sur 270 tonnes seulement) s’étalant jusqu’en  2020 ;
cette contre-proposition était pour le moins surprenante.
 Depuis
le début de 2013, les Américains ont usé de toute leur force de
persuasion pour amener la Chancelière à infléchir sa position jusqu’à ce
qu’au mois de juin 2014, Angela Merkel ait pris la décision, pour ne
pas froisser ses pressants interlocuteurs américains, de ne pas
rapatrier l’or stocké aux États-Unis sous prétexte que le transport et
les assurances seraient trop coûteux, d’une part, et qu’il était
parfaitement en sécurité à New-York, d’autre part.
Il est possible de tirer deux conclusions de ces péripéties :

l’or allemand n’est sans doute plus présent dans les coffres de la
Federal Reserve (sinon, ses dirigeants n’auraient pas tergiversé et
l’auraient rendu comme l’a fait la France), ce qui peut signifier que
les réserves d’or américaines sont au plus bas comme le laissent penser
certaines rumeurs mettant en cause l’authenticité des réserves de
Fort-Knox (selon William Kaye, gestionnaire de hedge fund à Honk-Kong,
l’or de la Fed et celui de l’Allemagne sont désormais en Chine).

en se couchant devant les Américains, Angela Merkel a montré qu’elle
est totalement inféodée aux États-Unis comme l’a écrit très récemment
Paul Craig Roberts qui fut sous secrétaire au Trésor dans
l’administration Reagan.
mais_ou_est_passé_l'or_de_
Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

Mots qui sont des rayons X

“Les mots peuvent ressembler aux rayons X ; si l’on s’en sert convenablement, ils transpercent n’importe quoi.”

Aldous Leonard Huxley est un écrivain britannique, né le 26 juillet
1894 à Godalming (Royaume-Uni) et mort le 22 novembre 1963 à Los Angeles
(États-Unis), plus particulièrement connu du grand public pour son
roman Le Meilleur des mondes.

Ils sont tellement déformés par l’éducation
“gratuite” qu’ils ne comprennent pas qu’ils sont tous volés par le
système rusé de l’argent dette, argent créé à intérêt, qui leur est loué
alors qu’ils en sont les propriétaires.

http://desiebenthal.blogspot.ch/2010/01/krach-largent-dette-2-promesses.html
http://desiebenthal.blogspot.ch/2009/10/le-dividende-universel-la-nouvelle.html

 http://www.bankster.tv/

[Article le plus lu hier] Le #revenu universel : folle hallucination ou réalité en marche ? >> http://bit.ly/1tSmJ1p

Le revenu universel est en marche

Prospectives


(Crédits : Reuters)

Philippe Cahen

 | 
02/08/2014, 8:30
 – 

449

 mots
Est-ce l’approche de l’anniversaire de la Déclaration des droits de
l’homme d’août 1789 qui fait émerger le revenu universel ?

Quel que soit son nom – comme « le revenu de vie
» -, le revenu universel consiste par principe à donner à chaque
habitant d’un pays la même somme à vie. Début juillet, l’aide des
étudiants boursiers a été revalorisée et élargie aux étudiants autonomes
en rupture familiale, soit 200 millions d’euros pour 80.000
bénéficiaires.

Le même jour, l’Insee a mis en avant
l’accroissement de la pauvreté (14,3% des Français en 2011, en hausse de
0,3% sur 2010, ont des revenus inférieurs à 60% du niveau de vie
médian) et l’écart entre les 10% les plus pauvres (-0,8% en niveau de
vie de 2010 à 2011) et les 10% les plus aisés (+2,1%). Cette hausse de
la pauvreté est marquée chez les actifs (un quart des SDF travaille) et
les chômeurs, elle recule chez les retraités.
Le même
jour, la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et
des statistiques) publiait « Les métiers en 2022 », prédisant un
accroissement des professions de santé et des services aux personnes,
métiers essentiellement à basse rémunération, souvent à temps partiel.
Pour
les autres métiers, la Dares est trop optimiste – même dans son
hypothèse « crise », avec un chômage à 9,7% et 1% de croissance – et
confirme la rupture entre les métiers à valeur ajoutée et ceux sans.

Des riches plus riches, des pauvres plus pauvres

La
France ne s’en sortirait pas sans l’un des systèmes de redistribution
les plus réducteurs d’inégalités au monde. Près de 40% des plus pauvres
vivent de plus de 50% de revenus redistribués. Fin décembre 2013, 2,3
millions de foyers percevaient le RSA (+7,2% en un an).
Les
salaires, jusqu’à 1,6 SMIC, sont largement aidés. Les aides existent
pour le logement, la santé, le chômage, la vieillesse, etc. Mais les
prestations – 6 milliards d’euros, selon le rapport Fragonard de
décembre 2012 -, qui concernent plus de 2 millions de personnes, ne sont
pas toutes distribuées.
C’est que la redistribution est
très complexe. Prenons le problème de zéro : créons une aide pour tous
et pour tout sans condition, un revenu de base.
L’économie
administrative serait considérable. Le droit au revenu pour tous est
accompagné d’un devoir pour celui qui ne travaille pas : aider la
collectivité pour gagner sa fierté et non vivre d’aumône. Reste que
cette aide pour tous doit être accompagnée d’un logement pour tous.

aussi il faut inverser la logique : « Faire payer les riches », c’est
les encourager à participer à la construction de logements !
Le revenu universel est une économie.
Je repars en plongée.

FAQ:

http://desiebenthal.blogspot.ch/2013/04/revenu-de-base-inconditionnel-reponses.html

L’Écosse, 27ème canton suisse ?

Et si l’Écosse devenait suisse ?  Avant la Sardaigne ?
La Suisse est une “nation par volonté” (Willensnation) plutôt qu’une
nation fondée sur la descendance et les liens de sang (ius sanguinis).
Stop aux guerres, la neutralité suisse est indispensable à la paix mondiale.

La paix vaut plus que tout l’or du monde.

http://www.rts.ch/video/emissions/les-suisses/5374660-le-guerrier-et-le-saint.html

Le guerrier et le saint

A la fin du 15ème siècle, les Suisses font trembler
l’Europe. Sous la direction du chevalier Hans Waldmann, ils écrasent les
Bourguignons puis deviennent de redoutables mercenaires. Mais le
partage des butins et la croissance de la Confédération sème la
discorde. Et il faut l’intervention de l’ermite Nicolas de Flue pour
ramener le calme parmi les Confédérés. Un film de « docu-fiction »
réalisé par Dominique Othenin-Girard et raconté par Jean-Luc Bideau.

storybild
En 2010, un sondage de la «Weltwoche» révélait quune intégration
séduisait 52% des habitants du Vorarlberg (Aut) et de la Lombardie (It),
48% des Savoies (F) et du Bade-Wurtemberg (All).

La Franche-Comté, 27e canton helvétique? L’idée a été émise mercredi
par des militants doubistes. Fâchés que Paris leur impose une fusion
avec la Bourgogne, ils aspiraient à la Suisse. Anecdotique? Ce le serait
si ces souhaits ne s’étaient multipliés dans les régions limitrophes au
cours des dernières années. Notamment en France et en Italie. «Ces pays
centralisés ne savent pas lire ce que ces mouvements signifient», dit
Uli Windisch, sociologue.

La suite: 20min.ch

Sur l’identité, la coexistence, le repli sur soi en Suisse.

Une demi-année après l’initiative “contre l’immigration de masse” et quelques mois avant l’initiative “Ecopop” nous avons à réfléchir sur ce qui fait l'”identité” de la Suisse, quel est notre rapport à l'”étranger” et comment nous imaginons le vivre ensemble dans notre pays. Le 1er août se situe idéalement entre ces deux dates importantes. Un motif de plus pour dédier à ce thème le message 2014 des évêques suisses.
Le point de départ de notre réflexion est la parole de Jésus: “j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli” (Mt 25, 35). Nous voulons nous approcher du thème de l'”identité de la population suisse” en relevant trois aspects:
l’identité de peuple suisse, qui grandit vers une souveraineté (le peuple souverain);
l”identité chrétienne, profondément enracinée dans l’histoire et la tradition du peuple suisse, suscitant l’esprit de communauté et d’appartenance;
l’identité de l’autre, qu’on ne peut pas négliger par rapport au vivre ensemble.
1. Identité du peuple suisse
Des valeurs communes sont à la base du vivre ensemble en Suisse, depuis des siècles. Ce sont des valeurs dont ne cessent de découler de nouveaux modèles de coexistence.
La Suisse naît d’une exigence d’autonomie et d’autodétermination, qui ont permis à son histoire de composer avec des groupes ethniques différents par langue, confession, culture et tradition. Il en découle la conviction que la Suisse est une “nation par volonté” (Willensnation) plutôt qu’une nation fondée sur la descendance et les liens de sang (ius sanguinis).
La diversité est un élément constitutif de l’identité du peuple suisse. A l’échelon politique, la “formule magique” en est l’exemple le plus remarquable, parce qu’elle a su lier, dans l’oeuvre de gouvernement du pays, les différentes cultures politiques, si différentes soient-elles l’une de l’autre, libérale, socialiste, catholique, réformée, citadine ou agraire.
 Il importe de chercher la solution aux problèmes de manière davantage pragmatique qu’idéologique. Le processus de médiation amène toujours à s’investir pour un dénominateur commun, si petit soit-il, afin de désamorcer les conflits et trouver des réponses communes.
Le peuple a toujours le dernier mot. Celui qui prône une solution doit émousser les extrêmes, parce qu’il sait d’emblée devoir compter avec le peuple et la démocratie directe.
L’ancrage de la Suissesse et du Suisse dans son pays répond de deux modèles: la patrie (terre où l’on naît et grandit) et le lieu d’origine (terre des pères). En ce sens, le citoyen suisse vit des “identités multiples”: il naît à un endroit, vit et travaille à un autre, il pourrait ainsi se référer à la terre des pères comme à une “patrie”, tout en vivant ailleurs.
 L’aide réciproque, caractérisant les cantons constitutifs de la Confédération dès ses origines, s’élargit à la vaste tradition humanitaire d’accueil, solidarité et soutien.
2. Identité chrétienne
Force est de reconnaître que les valeurs bibliques et chrétiennes sont profondément enracinées dans la population de notre pays. La communauté chrétienne doit récupérer ces valeurs et en prendre véritablement conscience. Elle doit aussi ramener ces valeurs chrétiennes aux nécessités actuelles. Il ne suffit pas de s’en rappeler et d’en parler. Il faut les interpréter, en assumer la signification profonde pour l’aujourd’hui, les concrétiser surtout.
A présent, ces valeurs sont fréquemment arborées et proclamées par ceux qui souhaitent les instrumentaliser contre un ennemi potentiel (l’autre, l’étranger, le musulman). En tant qu’Églises, nous ne devons pas nous borner à les répéter, sans véritablement les vivre au présent. Sinon nous risquons de provoquer un effet d’identification entre le croyant et celui qui instrumentalise ces valeurs pour “défendre nos traditions chrétiennes”, sans pour autant les comprendre et en relever le défi. Au final, nous aurons nombre de bons chrétiens convaincus que la meilleure façon de défendre le christianisme est de limiter l’accès aux étrangers, empêcher quelques-uns de leurs droits, ériger des murs et des barrières.
Je me permets de rappeler quelques passages des Écritures qui peuvent orienter une réflexion chrétienne sur les étrangers.
Dans la Torah – les enseignements de l’Ancien Testament – le thème surgit précocement. Gardons en mémoire Deutéronome 24,17-22, où l’étranger est assimilé aux autres défavorisés, les orphelins et les veuves, nécessitant de protection particulière; et, surtout, Lévitique 19,33-34 (Code de sainteté), où l’on prescrit d’aimer l’étranger “comme soi-même”.
Deutéronome 24,17-22
17 Tu ne feras pas dévier le droit de l’immigré ni celui de l’orphelin, et tu ne feras pas saisir comme gage le manteau de la veuve.
18 Souviens-toi que tu as été esclave en Égypte et que le Seigneur ton Dieu t’a racheté. Voilà pourquoi je te donne ce commandement.
19 Lorsque tu feras ta moisson, si tu oublies une gerbe dans ton champ, tu ne retourneras pas la chercher. Laisse-la pour l’immigré, l’orphelin et la veuve, afin que le Seigneur ton Dieu te bénisse dans tous tes travaux. 20Lorsque tu auras récolté tes olives, tu ne retourneras pas chercher ce qui reste. Laisse-le pour l’immigré, l’orphelin et la veuve. 21Lorsque tu vendangeras ta vigne, tu ne retourneras pas grappiller ce qui reste. Laisse-le pour l’immigré, l’orphelin et la veuve. 22Souviens-toi que tu as été esclave au pays d’Égypte. Voilà pourquoi je te donne ce commandement.
Lévitique 19,33-34

33 Quand un immigré résidera avec vous dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas. 34L’immigré qui réside avec vous sera parmi vous comme un Israélite de souche, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous-mêmes avez été immigrés au pays d’Égypte. Je suis le Seigneur votre Dieu.
De même dans le Nouveau Testament, les rappels à accueillir l’autre ne font pas défaut, appels en vue de l’ouverture face aux différences, en faveur de la justice, du pardon, de la compréhension réciproque, de la fraternité. Les versets de l’Évangile de saint Matthieu sont décisifs. Nous y trouvons une illustration prophétique du Jugement Dernier, qui mesurera l’homme à son attitude envers les nécessiteux.
Matthieu 25,34-40

34 Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.

35 Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;

36 j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prson, et vous êtes venus jusqu’à moi !”

37 Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?

38 tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? 39tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”

40 Et le Roi leur ré-pondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

3. Identité de l’autre
La Suisse est le pays d’Europe avec le plus grand taux d’étrangers après Luxembourg: à peu près le quart de la population résidente. En France ce sont à peine 6 %, en Allemagne un peu plus que 8%. Il est vrai que les chiffres sont difficilement comparables, étant donné que chez nous les clauses apposées à toute immigration sont plus nombreuses que pour la plupart des pays de l’UE. Ceci étant, ces chiffres parlent quelque part en faveur du modèle suisse d’intégration: la conflictualité liée à la présence des étrangers chez nos voisins européens dépasse largement celle qu’on observe dans notre pays, et pourtant ils comptent moins d’étrangers.
La première réflexion qui s’impose est toutefois liée à l’identité de l’étranger, une identité plurielle: il existe de multiples appartenances liées au pays d’origine, voire à l’ethnie, à la religion. Il est impossible de définir un modèle commun d'”étranger”, il est pourtant indispensable de prendre conscience que la population suisse (avec sa propre ‘identité’) se trouve confrontée à une multitude d’autres identités qui peuvent faire obstacle à une approche sereine. Peuvent alors surgir des généralisations et des simplifications qui séparent et éloignent, n’unissent et ne rapprochent point.
Il ne faut pas ignorer non plus qu’au sein d’un seul et même groupe ethnique se développent des identités différentes, découlant du type de présence sur sol suisse: d’une part l’immigré(e) qui a quitté son pays et s’est rendu(e) en Suisse pour des motifs de travail ou de survie; d’autre part celui ou celle de la deuxième génération, qui a fréquenté l’école en Suisse et s’y trouve culturellement chez soi et a intégré des références propres à notre culture, qui s’éloignent du pays d’origine des parents. Nous nous trouvons face à différentes identités, que ce soit à l’intérieur d’une même famille ou d’un même groupe ethnique. Un jeune Kosovar ou Sri-lankais, né et scolarisé en Suisse, s’identifiera-t-il avec ses origines ou plutôt avec son milieu de vie?
Un aspect nouveau, ressenti par ailleurs comme une menace, est lié à l’identité religieuse. A l’heure actuelle, la grande majorité des immigrés demeure toujours liée à une Église chrétienne, mais il est vrai que s’y ajoutent de plus en plus des personnes d’autres religions, surtout musulmanes. Un motif de peur en plus pour l’identité de la Suisse…
4. Vivre ensemble
La coexistence se fonde sur des valeurs, des normes et des attitudes partagées. Repérons-les. En même temps, reconnaissons les différences et cherchons le dialogue. Les différences censées nous séparer les uns des autres peuvent être une opportunité de rencontre.
Rencontrer la personne, avant de regarder la “catégorie” à laquelle elle appartient: c’est là un engagement qui nous stimule à soutenir l’étranger qui frappe à notre porte pour se familiariser avec notre langue et notre histoire, nos institutions et nos lois.
Si l’on vise à bâtir une société intégrée, la promotion du dialogue et une confrontation positive sont indispensables pour reconnaître un noyau de valeurs communes, sur lesquelles tabler une intégration réciproque. Évitons la tendance à créer des communautés parallèles, chacune ayant la présomption d’être meilleure que les autres. Pour que se réalise une coexistence pacifique, fuyons certaines attitudes erronées faites tantôt de peur, tantôt de conflictualité, ou simplement teintées d’indifférence.
Assumons la réalité que des étrangers vivent parmi nous. Ne les considérons pas, par insouciance et désintérêt, comme une présence marginale parmi nous; mais évitons également le zèle désinformé qui, pour certains d’entre nous, se transforme en peur, réaction de défense, opposition face à cette présence nouvelle. Chez d’autres encore, cette même attitude pousse à chercher l’égalité de toutes les expressions de foi, en mettant tout au même niveau, sans considération pour les différences.
Il faut en l’occurrence se soucier, par rapport à la religion islamique, que soit acceptée la différence entre dimension religieuse et civile, entre croyances et lois de l’État. C’est à nous d’oeuvrer pour qu’ils saisissent notre histoire de sécularisation et apprennent à distinguer entre religion, foi et société. Pour opérer une coexistence positive, force est de cultiver cette attitude critique, attentive et fondée.
Si nous considérons que presqu’un quart de notre population est étranger, nous devons admettre que l’esprit traditionnel d’hospitalité caractérisant la Suisse ne s’est pas tari au long des siècles.
Il existe bien sûr des phénomènes négatifs, qui demandent d’être dénoncés et combattus. Pensons à ces femmes qui, provenant en majorité des pays de l’Est, sont alléchées par des promesses de travail et poussées dans les abîmes de la prostitution. Cette plaie déshonore notre pays et ses traditions.
Une autre plaie sont les salaires trop réduits des travailleurs étrangers. L’on est arrivé au point que nos ouvriers perdent leur travail, étant remplacés par une main d’oeuvre étrangère rétribuée de façon risible. Cette honte doit être affrontée et évincée, en fixant un salaire minimum pour les diverses branches professionnelles. Malgré le refus net du salaire minimum lors de la dernière votation, le problème demeure aigu.
Il faut aussi garder un oeil sur le phénomène des sous-traitances et éviter ainsi le dumping salarial, qui se fait également aux dépens de la qualité. Il va de soi que l’ouvrier suisse au chômage se senti-ra humilié et blessé par une situation injuste qui s’est créée sur certains marchés du travail, notamment au Tessin. Dans ce cas, il ne faudrait pas parler de xénophobie, mais d’injustice flagrante sur le marché du travail.
Pour une plus grande justice sociale
L’on ne répétera jamais assez ce principe que notre Constitution définit dans le Préambule: “La for-ce de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres”. Nous pensons non seulement aux étrangers, mais aussi à tous ceux et celles qui sont indigents, malades, âgés. Nous devons appliquer nos lois avec courage, afin de protéger les plus faibles.
Songeons à la personne âgée dont la famille ne peut plus s’occuper. Si on ne trouve pas de place pour elle dans une maison de soins, elle se sent humiliée et négligée, se considère comme un poids pour la société.
Reconnaissons que la vie d’une personne ressent de l’application correcte ou moins d’une loi. Quand nous hébergeons chez nous des étrangers demandant l’asile et que nous leur offrons un travail pour-tant modeste, ils s’engagent et concourent ainsi au bien de toute la communauté. En revanche, quand ils sont condamnés à l’oisiveté, ils peuvent glisser dans la délinquance, placés qu’ils sont dans une situation déshumanisante.
Plus nous savons comprendre leur drame et plus nous pourrons aider avec intelligence et humanité.
5. Repli sur soi
Entre Suisses et étrangers, les valeurs peuvent diverger et entrer en compétition. La réaction instinctive est alors de les exclure, voire de les exclure à priori: une fermeture au préalable, avant même de les connaître. Le premier sentiment qui a fortiori amène au repli sur soi est la peur. Un sentiment légitime et naturel, mais qui demande à être dépassé, car il est irrationnel.
Nier la peur revient à nier la réalité. Affirmer génériquement “qu’il ne faut pas avoir peur des étrangers” est une réponse insatisfaisante. La réponse appropriée, par contre, est raisonnable et invite à connaître l’autre, à dépasser l’ignorance de l’inconnu. La règle selon laquelle il faut “regarder dans les yeux quand on fait l’aumône” vaut aussi pour aller à l’encontre d’une personne qu’on ne connaît pas. Dans notre cas, l’étranger. Si la volonté de connaître l’autre prime sur d’autres considérations, une perspective nouvelle s’ouvre devant nous.
Ne nous leurrons pas: le frontalier, les artisans et les petites entreprises étrangères qui arrivent à subsister par des travaux faits en Suisse, le requérant d’asile, sont des personnes avec lesquelles on peut pourtant parler et débattre.
Les étrangers véritablement à craindre, dont – chose étrange – on ne parle jamais en termes de menace, sont autres! Ce sont les étrangers “invisibles”, sans visage. Il est impossible de les rencontrer, et cependant ils conditionnent notre vie et menacent réellement notre vivre ensemble. Ce sont ces sociétés internationales de la finance qui court-circuitent des pans entiers du système économique par le seul transfert de richesses, sans pour autant en créer. Ce sont des organisations criminelles, qui recyclent de l’argent et mettent ainsi sous leur contrôle des entreprises et des commerces; qui transfèrent les gains issus des leurs salons de massage moyennant le marché financier.
Les étrangers que nous rencontrons (le frontalier, la serveuse d’Europe de l’est, le transfuge nigérien…) ont un nom et un prénom, des visages, des sentiments, des rêves, des déceptions et des espoirs. Nous pouvons nous y accrocher pour mieux les connaître et cheminer avec eux.
L’étranger dangereux (la société financière qui recycle de l’argent, la bande de criminels qui op-prime ses propres compatriotes) est anonyme, sans visage, sans coeur, sans âme, se prévalant uniquement du gain à outrance. Avec cet étranger-là, nous ne pouvons pas discuter, nous ne pouvons pas le voir en face, instaurer un dialogue avec lui. Nous ne pouvons pas non plus nous disputer avec lui. D’autre part, il ne nous dérange pas trop, il est vrai, parce qu’il ne forme pas de queue sur l’autoroute et ne vole pas dans nos maisons. Mais il nous subjugue de façon plus pénétrante et sournoise, en nous dérobant la conscience et la culture.
La menace du déferlement migratoire est un refrain récurrent. Le surpeuplement de la Suisse est un spectre qui réapparaît périodiquement, surtout à partir du début du siècle passé. Mais cette menace, tout en étant présente de façon irrationnelle dans la conscience d’une partie de la population, instrumentalisée par des partis populistes et des mouvements locaux, mérite d’être redimensionnée. Le temps et une politique de concordance l’ont toujours réabsorbée.
Le dernier épisode de cette saga (la votation du 9 février 2014 sur l’initiative populaire “contre l’immigration de masse”) doit être correctement interprété, avant d’être balayé d’un revers de la main et taxé de xénophobe. Il faut le situer dans son contexte, dans une Europe où l’abolition des frontières et la libre circulation des personnes ont provoqué des réactions irrationnelles et généralisées dans bien des pays.
Dans ce sens, la Suisse n’a que relevé et anticipé un sentiment diffus parmi les populations européennes, censé s’accroître en deux scénarios opposés: soit être réabsorbé, le temps aidant, par de nouvelles générations de citoyens (“Européens” avant d’être Allemands, Portugais, Anglais, Grecs, Espagnols ou Français); soit se raidir dans des mouvements nationalistes et eurosceptiques, qui en amèneront certains à se défiler du ‘mastodonte européen’.
Enfin, parler de repli sur soi signifie aussi parler de l’étranger qui s’auto-exclu par rapport aux Suisses. Les motifs sont nombreux: la peur, la crainte d’être renvoyé, les problèmes linguistiques. Sans langage, il n’y a pas de communication véritable. Et encore: la solitude de l’étranger, de l’immigré, du réfugié, un état d’âme portant à se refermer sur soi-même ou encore pire sur un groupe qui s’auto-exclu.
6. Vers une fraternité universelle
Nous sommes tous frères et soeurs, fils de l’unique Père des cieux (Matthieu 23,9). Le seul et unique Créateur illumine tous ses enfants de la lumière du Verbe (Jean 1, 1-9). Le génie propre de tout peuple et de toute culture dévoile la variété et la beauté de la création.
Nous savons que l’émigration est un phénomène douloureux, qui découle de l’indigence et oblige à chercher du travail et un toit ailleurs. L’expérience que font aujourd’hui bien des peuples défavorisés était la nôtre il n’y a pas bien longtemps. Dieu veut une distribution équitable de la richesse, pour que chaque membre de la famille humaine profite du bien-être et de la paix. Le symbole de la manne, équitablement distribuée, est un indice de la volonté du Père que les hommes vivent en frères et soeurs (Exode 16,17-21).
Il n’est pas possible d’atténuer la pression des peuples affamés par le bruit des armes et en érigeant des barrières toujours plus hautes, mais en redistribuant ce que l’avidité et la cupidité de certains a ravi à combien de pays de par le monde.
Nos diocèses suisses vivent depuis des décennies une expérience qui ne doit pas être négligée. L’on a créé sur les différents continents des centres d’engagement civique et d’évangélisation. De petits mondes ont surgi, développant l’agriculture, l’artisanat, la santé publique, la formation. De ces régions, personne ne vient chez nous, si ce n’est quelques ouvriers spécialisés, qui ensuite iront enseigner une nouvelle activité à leurs compatriotes. En créant des conditions de développement har-monieux, on pose les bases pour une paix durable. La paix n’a jamais été bâtie et ne se bâtira jamais avec les armes, mais avec le partage des biens.
Récemment, la Suisse a commencé à faire lumière sur un chapitre obscur de son histoire sociale, en levant le voile sur les drames d’enfants, garçons et jeunes victimes de mesures de coercition prises à des fins d’assistance. Ces faits touchent des enfants assignés d’office ou adoptés de force, des personnes internées par décision administrative dans des instituts fermés, ou qui se sont vu nier le droit à la reproduction par des stérilisations forcées ou des avortements imposés. S’ajoute à ce cadre la répression qu’ont subie les nomades. Tandis que la société civile est sensibilisée à l’examen de ces événements tragiques et se prédispose à compenser (aussi financièrement) les torts les plus graves, force est de ne pas provoquer de nouvelles injustices et de nouvelles souffrances, par égoïsme ou par des peurs injustifiées.
Le mal qui nous ronge est notre égoïsme. Plus nous ouvrons la raison et le coeur à la fraternité, plus nous travaillons à terme pour un monde meilleur. Si notre pays s’engage à prendre au sérieux sa de-vise “Un pour tous et tous pour un”, il élargira son expérience de fraternité aux dimensions du monde.
Dans la plénitude de la vie, “Dieu sera tout en tous” (1 Corinthiens 15,28). Enracinons-nous davantage dans l’amour pour apercevoir que notre vie réalise ainsi la fraternité universelle, qui est pour nous tous une clé du bonheur.
Nous souhaitons que cela puisse se faire dans une fidélité authentique à notre identité civile, sociale, culturelle et religieuse.
Au nom des évêques suisses:
Mgr Pier Giacomo Grampa, évêque émérite de Lugano

Message des évêques suisses pour le 1er août 2014

storybild
En 2010, un sondage de la «Weltwoche» révélait quune intégration
séduisait 52% des habitants du Vorarlberg (Aut) et de la Lombardie (It),
48% des Savoies (F) et du Bade-Wurtemberg (All).
La Franche-Comté, 27e canton helvétique? L’idée a été émise mercredi
par des militants doubistes. Fâchés que Paris leur impose une fusion
avec la Bourgogne, ils aspiraient à la Suisse. Anecdotique? Ce le serait
si ces souhaits ne s’étaient multipliés dans les régions limitrophes au
cours des dernières années. Notamment en France et en Italie. «Ces pays
centralisés ne savent pas lire ce que ces mouvements signifient», dit
Uli Windisch, sociologue.
La suite: 20min.ch

Möchtegern-Schweizer machen jetzt Druck

Sardinien als Teil der Schweiz: Das Projekt «Canton Marittimo» nimmt immer konkretere Formen an.

storybild
Die beiden Sarden Enrico
Napoleone und Andrea Curose wollen Sardinien von Italien abspalten und
die Insel als 27. Kanton der Schweiz angliedern. Mit ihrem Projekt
«Canton Marittimo» sorgten die beiden international für Aufsehen. Nun
sind sie ihrem Ziel ein bisschen näher. Laut der «Neuen Luzerner
Zeitung» wollen sich die Initianten nächste Woche mit lokalen
Wirtschaftsverbänden treffen. Der wirtschaftliche Austausch der beiden
Länder soll ausgebaut werden.
Dass es Napoleone und
Curose ernst ist, zeigt auch ihr zeitliches Engagement: Napoleone
arbeitet momentan in einem 30-Prozent-Pensum, um seine Pläne
voranzutreiben: Neben Wirtschaftstreffen gilt es, die Facebook-Seite mit
unterdessen mehr als 13’000 Fans zu betreuen oder die selbst bedruckten
T-Shirts mit dem «Canton Marittimo»-Wappen übers Internet zu
vertreiben.
Nicht nur Sardinien zeigt derweil Interesse
an einem Beitritt zur Schweiz. Auch in Baden-Württemberg, der Lombardei
und im Südtirol wurden bereits entsprechende Ideen diskutiert.

(sma)

Ukraine, attention… manipulations… Qui veut la guerre ?

Total des budgets militaires “occidentaux” pour 2013: 806 milliards de dollars.

Budget militaire russe pour 2013: 88 milliards de dollars.

Qui veut la guerre ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Budget_de_la_D%C3%A9fense#D.C3.A9penses_de_d.C3.A9fense_en_2013

UKRAINE DE L’EST (ru, 4 août 2014) –
Voici, dans le contexte mensonger concernant l’avion malaisien abattu en juillet
en Ukraine orientale, une voix différente venant des États-Unis, celle de Ron
Paul, républicain, deux fois candidat aux élections présidentielles, député du
Texas au Congrès de 1978 à 2013. Cet homme bien connu aux États-Unis fait valoir
les aspects suivants (suivant la Tribune de Ron
Paul) :
« Quelques
jours après l’accident tragique d’un vol de la Malaysia Airlines dans l’est de
l’Ukraine, les politiciens et les médias occidentaux se sont réunis pour
diffuser une propagande maximale autour de la catastrophe. Cela doit être la
Russie ; il doit s’agir de Poutine, ont-ils dit. Le président Obama a tenu une
conférence de presse pour déclamer – avant même une enquête – que les rebelles
pro-russes dans la région étaient les premiers responsables. Son ambassadeur à
l’ONU, Samantha Power, a fait de même au Conseil de sécurité des Nations unies –
juste un jour après l’accident !
Alors que les médias occidentaux se
précipitent pour répéter la propagande du gouvernement étasunien sur
l’événement, il y a quelques éléments d’informations qu’ils ne signaleront
pas.
Ils ne vont pas rapporter que la
crise en Ukraine a commencé à la fin de l’année dernière, lorsque des
manifestants soutenus par l’UE et les États-Unis ont comploté pour renverser le
président ukrainien élu, Viktor Ianoukovitch. Sans le soutien US au « changement
de régime », il est peu probable que des centaines de personnes auraient été
tuées lors des troubles qui ont suivi. De même le crash de la Malaysia Airlines
ne serait pas arrivé.
Les médias ont déclaré que l’avion
devait avoir été abattu par les forces russes ou séparatistes russes, parce que
le missile qui aurait touché l’avion était de fabrication russe. Mais ils ne signalent pas que le
gouvernement ukrainien utilise également les mêmes armes de fabrication
russe.
Ils ne vont pas annoncer non plus
que le gouvernement post-coup d’État de Kiev a, selon les observateurs de
l’OSCE, tué 250 personnes dans la région séparatiste de Lugansk depuis juin,
dont 20 tués alors que les forces gouvernementales ont bombardé le centre-ville
le lendemain de l’accident d’avion ! La plupart d’entre eux sont des civils et,
ensemble, ils équivalent à peu près au nombre de personnes tuées dans l’accident
d’avion. En revanche, la Russie n’a tué
personne en Ukraine
, et les séparatistes ont frappé essentiellement des
cibles militaires et non civils.
Ils ne vont pas dire que les
États-Unis ont fortement soutenu le gouvernement ukrainien dans ces attaques
contre les civils, qu’un porte-parole du département d’État considère comme «
mesurées et modérées ».
Ils ne vont pas signaler que ni la Russie ni les séparatistes dans l’est
de l’Ukraine n’ont quelque chose à gagner, mais plutôt ont tout à perdre à
abattre un avion plein de civils
.
Ils ne signalent pas que le gouvernement ukrainien a tout à gagner à
épingler la Russie
, et que le Premier ministre ukrainien a déjà exprimé sa
satisfaction que la Russie soit mise en cause pour
l’attaque.
Ils ne rapportent pas que le
missile, qui a apparemment abattu l’avion, était un système sophistiqué de
missile sol-air qui exige une bonne formation que les séparatistes n’ont
pas.
Ils ne signalent pas que les
séparatistes dans l’est de l’Ukraine ont infligé des pertes considérables au
gouvernement ukrainien dans la semaine précédant la destruction de
l’avion.
Ils ne rapportent pas non plus
comment cette action est similaire à la déclaration des États-Unis l’été dernier
selon laquelle le gouvernement Assad en Syrie aurait utilisé des gaz toxiques
contre les civils à la Ghouta. Assad était également en train de prendre le
dessus dans sa lutte contre les rebelles soutenus par les États-Unis, et les USA
ont affirmé que l’attaque provenait du gouvernement syrien. Ensuite, les
déclarations des États-Unis nous ont conduits au bord d’une nouvelle guerre au
Moyen-Orient. À la dernière minute, l’opposition du public a forcé Obama à faire
marche arrière – et nous avons appris depuis que les allégations des États-Unis
au sujet de l’attaque au gaz de la Ghouta étaient fausses.
Bien sûr, il est tout à fait
possible que l’administration Obama et les médias US aient raison cette fois, et
que la Russie ou les séparatistes dans l’est de l’Ukraine aient délibérément ou
par inadvertance abattu cet avion. Le vrai problème est qu’il est très difficile d’obtenir des
informations précises dans un contexte où tout le monde s’engage dans la
propagande.
À ce stade, il serait imprudent de dire que les Russes l’ont
fait, que le gouvernement ukrainien l’a fait, ou bien que les rebelles l’ont
fait. Est-il si difficile de simplement exiger une véritable enquête ? –
Signé :
Ron Paul »

La diabolisation de Poutine est le préambule de la troisiéme guerre mondiale

Depuis
le début de la semaine, les trois magazines d’information à grand
tirage les plus influents des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et
d’Allemagne –Time, The Economist et Der Spiegel – publient des articles
figurant en couverture qui associent de folles accusations à l’adresse
de Vladimir Poutine à l’exigence d’une épreuve de force définitive avec
la Russie.
 

WW3

 
La caractéristique la plus frappante
et la plus évidente de ces articles est qu’ils sont quasi identiques.
La CIA en a écrit le scénario. Ils recourent tous aux mêmes insultes et
aux mêmes inventions. Ils dénoncent le « tissu de mensonges » de
Poutine. Le président russe est dépeint comme un assassin de masse «
dépravé. ».
 

 
Comment le président russe doit-il
comprendre l’emploi d’un tel langage dans les magazines d’information
les plus influents? Il est la cible de la même campagne de dénigrement
que celle qui a déjà visé Slobodan Milosevic en Serbie, Saddam Hussein
en Irak, Mouammar Kadhafi en Libye et Bachar al-Assad en Syrie. Poutine
n’est pas sans connaître l’aboutissement de ces campagnes de propagande.
La Serbie fut soumise politiquement par les bombes et Milosevic fut
embarqué à La Haye où il mourut mystérieusement en prison. L’Irak fut
envahi et Hussein exécuté. La Libye fut également envahie et Kadhafi –
au grand amusement de Hillary Clinton – fut sauvagement torturé et
lynché. Quant à Assad, les Etats-Unis ont organisé contre lui une
insurrection sanglante qui a causé la mort de plus de 100.000 Syriens.
 
Dans ces conditions, on pourrait
difficilement accuser Poutine de paranoïa s’il en concluait que les
Etats-Unis et leurs alliés européens veulent sa mort. Par conséquent,
faut-il se demander, quel impact pourrait avoir ces soupçons bien fondés
sur sa propre ligne de conduite au fur et à mesure que la confrontation
s’intensifie ?
Dans les trois articles de
couverture, les gouvernements d’Europe de l’Ouestet des Etats-Unis sont
pris à partie pour ne pas s’attaquer à Poutine et à la Russie. Les trois
magazines adoptent un ton impatient et fâché face à ce qu’ils jugent
être une agressivité insuffisante. Ils affirment tous que le temps de la
discussion est terminé. Der Spiegel a déclaré « L’épave du vol MH17 est
aussi l’épave de la diplomatie. »
Comment faut-il interpréter cette
déclaration? Si la diplomatie a échoué, cela ne peut que signifier que
la guerre est imminente.
 

 
Dans son article « En Russie, un
crime sans châtiment, » Time s’en prend à Obama pour avoir demandé à
Poutine de contribuer à l’enquête sur le crash au lieu de proférer
immédiatement contre la Russie des menaces de guerre. Il écrit, «
C’était la crise en résumé : la moindre des choses que Poutine pouvait
faire était le maximum qu’Obama pouvait exiger. Le président américain
n’a pas annoncé de dates butoires, n’a pas tracé de lignes rouges et pas
lancé de menaces. »
L’invocation de « dates butoires »,
de « lignes rouges » et de « menaces » est le langage de la guerre.
Comment interpréter ces mots autrement.?
Time attaque l’Italie et la France
et même le gouvernement Obama et la population américaine pour ne pas
soutenir une agression contre la Russie : « Poutine n’a pas beaucoup de
soucis à se faire en considérant les forces qu’on lui oppose. Obama, en
tant que chef d’une nation lasse de la guerre, a exclu toutes les
options militaires, dont la fourniture d’armes à l’Ukraine. » Il est
clair que Time veut mettre l’option militaire sur la table.
Dans son article de tête intitulé «
Un tissu de mensonges », The Economist suit le même script et accuse
l’Occident d’être indécis. « Les Allemands et les Italiens affirment
qu’ils veulent maintenir ouverte la voie de la diplomatie, en partie
parce que des sanctions mineraient leurs intérets commerciaux. La
Grande-Bretagne appelle à des sanctions mais est réticente quand il
s’agit de nuire aux affaires rentables de la City de Londres avec la
Russie. L’Amérique a un discours musclé mais n’a rien fait de nouveau. »
Cette campagne médiatique coordonnée
est déjà en train de produire l’effet désiré. Mardi, l’administration
Obama et l’Union européenne ont annoncé qu’ils s’étaient mis d’accord
sur une nouvelle série de sanctions, plus agressives. On interprète ces
mesures comme des mesures de transition vers ce que l’éditorialiste du
Financial Times Wolfgang Munchau décrit comme « La bombe atomique de la
guerre financière ». L’article de Munchau a été publié non seulement
dans le Financial Times mais encore dans Der Spiegel.
 

 
A travers une combinaison de menaces
militaires et de strangulation économique, les États-Unis et l’UE se
sont mis à déstabiliser la Russie. Comme le montrent clairement leurs
références constantes aux oligarques russes, ils espèrent que les
sanctions financières vont encourager la constitution d’un complot
visant à renverser ou même à assassiner Poutine. Un régime envisagé
ainsi par Washington transformerait la Russie en un protectorat
néo-colonial, entièrement subordonné à l’impérialisme américain sur le
plan politique, économique et militaire.
Bien sûr, si Poutine changeait de
cours et se conformait aux exigences américaines, la campagne médiatique
ferait les ajustements nécessaires. Les événements peuvent cependant
prendre une direction qu’aucun scénario de la CIA n’aura prévue.
L’irresponsabilité d’une politique
de déstabilisation de la Russie, une puissance contrôlant le second en
importance des arsenaux nucléaires du monde, est effarante. Dans une
situation où les forces militaires de toute l’Europe de l’est et de la
région de la Mer Noire sont en alerte et où des forces ukrainiennes et
russes échangent des tirs d’artillerie de part et d’autre de leurs
frontières, la possibilité d’une erreur de jugement devient de jour en
jour plus grande.
Quel que soient les résultats à
court terme du cours suivi par les Etats-Unis et les pouvoirs
impérialistes européens, à long terme il mène inexorablement à la
guerre, avec les conséquences cataclysmiques que cela implique. Le plus
grand danger pour la classe ouvrière est que des décisions sont prises
dans les coulisses, la masse des gens n’étant pas, pour la plus grande
partie, consciente des dangers auquels la population mondiale est
confrontée.

David North & Alex Lantier

1er Août 2014

Lien vers l’article en entier :
http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/335195-etes-vous-prêt-pour-une-guerre-nucléaire-par-david-north-et-alex-lantier

 

Êtes-vous prêt pour une guerre nucléaire? par David North et Alex Lantier

IRIB-
 
Êtes-vous prêt pour une guerre – y compris une éventuelle guerre nucléaire
– entre les États-Unis, l’Europe et la Russie? Telle est la question
que chacun devrait se poser au vu des événements survenus depuis la
destruction du vol de la Malaysian Airlines.
La crise provoquée par les accusations portées par Washington et
l’Union Européenne contre la Russie, lui attribuant la responsabilité
d’avoir abattu le vol MH17, a rapproché le monde d’une guerre mondiale
comme jamais auparavant depuis la crise des missiles cubains en 1962.
Mais aujourd’hui, la situation est peut-être plus dangereuse encore. Il y
a cinquante ans, le gouvernement Kennedy – redoutant que des erreurs de
jugement de part ou d’autre puissent déclencher un échange de tirs
nucléaires – avait cherché à maintenir ouvertes les voies de
communication et à éviter de diaboliser les dirigeants soviétiques.

Aujourd’hui en revanche, la CIA dirige une campagne de propagande
incendiaire contre la Russie et son président, Vladimir Poutine, une
campagne qui semble déterminée à provoquer une confrontation militaire
directe avec un pays qui dispose du deuxième plus grand arsenal
nucléaire du monde. Il n’y a aucun doute que la CIA est en train de
mobiliser toutes les ressources et tous les moyens dont elle dispose –
au sein des gouvernements, des médias et parmi les universitaires – dans
une campagne savamment orchestrée et destinée à empoisonner l’opinion
publique avec de l’hystérie anti-russe.

Pour le moment, il n’y a rien qui constitue, même de loin, une
explication définitive de la chaîne des événements ayant conduit à la
destruction du vol MH17. En dépit de toute l’énorme technologie de
surveillance à leur service et qu’elles financent à hauteur de milliards
de dollars par an, les agences de renseignement américaines n’ont pas
fourni le moindre élément concret de preuve pour étayer les accusations
de responsabilité lancées contre la Russie.

Mais si les circonstances physiques entourant la destruction du vol
MH17 demeurent inconnues, les objectifs politiques pour lesquels cette
tragédie est exploitée eux, ne sont devenus que trop clairs.

Depuis le début de la semaine, les trois magazines d’information à
grand tirage les plus influents des États-Unis, de Grande-Bretagne et
d’Allemagne –Time, The Economist et Der Spiegel 
publient des articles figurant en couverture qui associent de folles
accusations à l’adresse de Vladimir Poutine à l’exigence d’une épreuve
de force définitive avec la Russie.

La caractéristique la plus frappante et la plus évidente de ces
articles est qu’ils sont quasi identiques. La CIA en a écrit le
scénario. Ils recourent tous aux mêmes insultes et aux mêmes inventions.
Ils dénoncent le « tissu de mensonges » de Poutine. Le président russe
est dépeint comme un assassin de masse « dépravé. »

Comment le président russe doit-il comprendre l’emploi d’un tel
langage dans les magazines d’information les plus influents? Il est la
cible de la même campagne de dénigrement que celle qui a déjà visé
Slobodan Milosevic en Serbie, Saddam Hussein en Irak, Mouammar Kadhafi
en Libye et Bachar al-Assad en Syrie. Poutine n’est pas sans connaître
l’aboutissement de ces campagnes de propagande. La Serbie fut soumise
politiquement par les bombes et Milosevic fut embarqué à La Haye où il
mourut mystérieusement en prison. L’Irak fut envahi et Hussein exécuté.
La Libye fut également envahie et Kadhafi – au grand amusement de
Hillary Clinton – fut sauvagement torturé et lynché. Quant à Assad, les États-Unis ont organisé contre lui une insurrection sanglante qui a
causé la mort de plus de 100.000 Syriens.

Dans ces conditions, on pourrait difficilement accuser Poutine de
paranoïa s’il en concluait que les États-Unis et leurs alliés européens
veulent sa mort. Par conséquent, faut-il se demander, quel impact
pourrait avoir ces soupçons bien fondés sur sa propre ligne de conduite
au fur et à mesure que la confrontation s’intensifie ?

Dans les trois articles de couverture, les gouvernements d’Europe de l’Ouest et des États-Unis sont pris à partie pour ne pas s’attaquer à Poutine et à la
Russie. Les trois magazines adoptent un ton impatient et fâché face à ce
qu’ils jugent être une agressivité insuffisante. Ils affirment tous que
le temps de la discussion est terminé. Der Spiegel a déclaré « L’épave du vol MH17 est aussi l’épave de la diplomatie. »

Comment faut-il interpréter cette déclaration? Si la diplomatie a
échoué, cela ne peut que signifier que la guerre est imminente.

Dans son article « En Russie, un crime sans châtiment, » Time s’en
prend à Obama pour avoir demandé à Poutine de contribuer à l’enquête
sur le crash au lieu de proférer immédiatement contre la Russie des
menaces de guerre. Il écrit, « C’était la crise en résumé : la moindre
des choses que Poutine pouvait faire était le maximum qu’Obama pouvait
exiger. Le président américain n’a pas annoncé de dates butoires, n’a
pas tracé de lignes rouges et pas lancé de menaces. »

L’invocation de « dates butoirs », de « lignes rouges » et de «
menaces » est le langage de la guerre. Comment interpréter ces mots
autrement.?

Time attaque l’Italie et la France et même le
gouvernement Obama et la population américaine pour ne pas soutenir une
agression contre la Russie : « Poutine n’a pas beaucoup de soucis à se
faire en considérant les forces qu’on lui oppose. Obama, en tant que
chef d’une nation lasse de la guerre, a exclu toutes les options
militaires, dont la fourniture d’armes à l’Ukraine. » Il est clair que Time veut mettre l’option militaire sur la table.

Dans son article de tête intitulé « Un tissu de mensonges », The Economist suit
le même script et accuse l’Occident d’être indécis. « Les Allemands et
les Italiens affirment qu’ils veulent maintenir ouverte la voie de la
diplomatie, en partie parce que des sanctions mineraient leurs intérets
commerciaux. La Grande-Bretagne appelle à des sanctions mais est
réticente quand il s’agit de nuire aux affaires rentables de la City de
Londres avec la Russie. L’Amérique a un discours musclé mais n’a rien
fait de nouveau. »

Cette campagne médiatique coordonnée est déjà en train de
produire l’effet désiré. Mardi, l’administration Obama et l’Union
européenne ont annoncé qu’ils s’étaient mis d’accord sur une nouvelle
série de sanctions, plus agressives.
 On interprète ces mesures comme des mesures de transition vers ce que l’éditorialiste du Financial Times Wolfgang Munchau décrit comme « La bombe atomique de la guerre financière ». L’article de Munchau a été publié non seulement dans le Financial Times mais encore dans Der Spiegel.

A travers une combinaison de menaces militaires et de strangulation
économique, les États-Unis et l’UE se sont mis à déstabiliser la Russie.
Comme le montrent clairement leurs références constantes aux oligarques
russes, ils espèrent que les sanctions financières vont encourager la
constitution d’un complot visant à renverser ou même à assassiner
Poutine. Un régime envisagé ainsi par Washington transformerait la
Russie en un protectorat néo-colonial, entièrement subordonné à
l’impérialisme américain sur le plan politique, économique et militaire.

Bien sûr, si Poutine changeait de cours et se conformait aux
exigences américaines, la campagne médiatique ferait les ajustements
nécessaires. Les événements peuvent cependant prendre une direction
qu’aucun scénario de la CIA n’aura prévue.

L’irresponsabilité d’une politique de déstabilisation de la Russie,
une puissance contrôlant le second en importance des arsenaux nucléaires
du monde, est effarante. Dans une situation où les forces militaires de
toute l’Europe de l’est et de la région de la Mer Noire sont en alerte
et où des forces ukrainiennes et russes échangent des tirs d’artillerie
de part et d’autre de leurs frontières, la possibilité d’une erreur de
jugement devient de jour en jour plus grande.

Quel que soient les résultats à court terme du cours suivi par les États-Unis et les pouvoirs impérialistes européens, à long terme il mène
inexorablement à la guerre, avec les conséquences cataclysmiques que
cela implique. Le plus grand danger pour la classe ouvrière est que des
décisions sont prises dans les coulisses, la masse des gens n’étant pas,
pour la plus grande partie, consciente des dangers auxquels la
population mondiale est confrontée.

Il y aura cent ans cette semaine que la Première Guerre mondiale fut
déclenchée par de petites cabales de ministres, de monarques et d’intérêts économiques de toute l’Europe et dont la décision de tout
miser sur une victoire dans la guerre a conduit à de nombreux millions
de morts. Aujourd’hui, des forces similaires mettent en marche une
dynamique menant à une conflagration qui pourrait aboutir à la
destruction de la planète.

Il n’y a aucun moyen d’arrêter ce mouvement vers la guerre si ce
n’est par une intervention politique consciente de la classe ouvrière.
Quiconque croit qu’une guerre nucléaire est impossible parce que les
gouvernements modernes, à l’opposé de ceux au pouvoir en 1914, ne
prendraient pas le risque d’une catastrophe, se fait des illusions. Les
régimes existant aujourd’hui sont peut-être encore plus irresponsables
que ceux de l’époque. Assaillis par des problèmes économiques et sociaux
pour lesquels ils n’ont pas de solution progressiste, ils sont de plus
en plus enclins à voir la guerre comme un risque valant la peine d’être
encouru.

La paix vaut plus que tout l’or du monde.

http://www.rts.ch/video/emissions/les-suisses/5374660-le-guerrier-et-le-saint.html

Pétition pour une Suisse neutre

Pétition populaire

Le monde a plus que jamais besoin d’une Suisse neutre

Pétition adressée au gouvernement et aux autorités politiques suisses

 
Les sanctions des Etats-Unis et de l’UE contre la Russie
initient un engrenage de confrontation et de guerre. L’extension du
conflit serait fatale à la paix en Europe. La paix n’a pas d’alternative
et la Suisse ne doit s’associer à aucune mesure susceptible d’aggraver
les tensions.
 
Une
nouvelle guerre frappe à nos portes. Le conflit ukrainien est de toute
évidence en train de s’internationaliser en raison de l’implication
massive de puissances étrangères. Dans son développement actuel, il
reproduit en grande partie les schémas d’engrenage automatiques qu’on a
déjà vus à l’oeuvre lors de la Première guerre mondiale. 
Sous
l’impulsion des Etats-Unis, un système de sanctions visant la Russie
est en train d’être mis en place par une fraction des gouvernements
mondiaux. Ces mesures, dans les pays de l’UE mais en aussi en Suisse,
s’accompagnent d’une mise en condition des opinions fondée sur un
traitement unilatéral de l’information. Elles préludent aussi à des
mesures explicitement guerrières telles que l’envoi en Ukraine de
conseillers militaires étrangers, l’armement d’une des parties au
conflit, voire une concentration de moyens militaires de l’OTAN aux
frontières de la Russie.
Ce
scénario s’est déjà concrétisé dans un passé récent sur d’autres
théâtres de crise, avec des résultats indiscutablement contreproductifs
et tragiques pour les populations. Aucune des sociétés “pacifiées” par
la coalition occidentale n’en est sortie à son avantage et plusieurs
d’entre elles sont aujourd’hui à feu et à sang. Ces interventions ne
profitent qu’aux marchands d’armes et aux fanatiques, en particulier au
Moyen Orient.
La
situation actuelle présente de surcroît un risque de confrontation
nucléaire. Comme en août 1914, la logique de l’affrontement prévaut et
les Européens risquent une fois de plus de se battre les uns contre les
autres. Dans le meilleur des cas, le mur des sanctions qu’on installe au
milieu du continent est fait pour brouiller durablement les peuples
d’Europe entre eux.
Dans
un tel contexte, la paix n’a pas d’alternative! Le dialogue doit
supplanter la menace et les gesticulations belliqueuses inspirées par un
acteur extérieur à l’Europe. Notre destin est entre nos seules mains.
En
tant que citoyens et habitants d’un pays neutre, nous exhortons les
responsables politiques suisses à ne pas s’associer à cette course à
l’abîme. Il est temps qu’ils retrouvent le courage de prendre au sérieux
la Constitution et la tradition de ce pays et à ne plus céder aux
pressions extérieures. Nous vivons en Europe, nous dépendons de notre
environnement et devons donc contribuer dans la mesure de nos
possibilités au maintien de la paix sur notre continent. 
La
Suisse a adhéré aux Nations-Unies avec l’espoir de contribuer à la paix
dans le monde. Elle ne peut donc cautionner des sanctions illégales
aussi bien au regard de la Charte de l’ONU que des règles de l’OMC,
dont, faut-il le rappeler, le siège est en Suisse.
Il
n’est ni profitable ni honorable de s’associer à des manoeuvres qui
reposent sur l’intimidation, conduisent à la guerre et portent en germe
le risque d’une destruction totale de nos pays. 
 
Pour signer la pétition, remplir SVP le formulaire ci-dessous.
Vos adresses e-mail ne sont ni dévoilées ni communiquées à autrui.
 

Le guerrier et le saint

A la fin du 15ème siècle, les Suisses font trembler
l’Europe. Sous la direction du chevalier Hans Waldmann, ils écrasent les
Bourguignons puis deviennent de redoutables mercenaires. Mais le
partage des butins et la croissance de la Confédération sème la
discorde. Et il faut l’intervention de l’ermite Nicolas de Flue pour
ramener le calme parmi les Confédérés. Un film de « docu-fiction »
réalisé par Dominique Othenin-Girard et raconté par Jean-Luc Bideau.
 
 

Amiante, lettre à la Commission Européenne

À Jean-Claude JUNCKER,
Président de la Commission Européenne

Monsieur le Président, 

Il y a quatre ans, le 29 septembre 2000, je portais
plainte [en tant que lanceur d’alerte pour la Faculté Censier

la Sorbonne Nouvelle] vers Madame Reding, Commissaire de la Justice et des Droits fondamentaux, sur l’incurie
de la France, ses pouvoirs publics, exécutifs, juridiques,  médicaux, directement liés à un génocide qui perdure
depuis 120 ans ici : le drame sanitaire de l’amiante en France. L’amiante, avec ses cortèges de mensonges,
malades et morts en Fac, maternelles et crèches, qui,
irréversiblement, suivent.

Madame Reding a remis le dossier à John Dalli, Commissaire de la Santé et Politique des consommateurs.
Le Commissaire Dalli n’a pas bougé pendant deux ans et demi,
malgré l’urgence du sujet. Il fut finalement renvoyé
de la Commission, pour corruption. La sordide cupidité s’affiche très loin d’une Santé publique qui touche
des millions de personnes.

Madame Reding s’est alors adressée à son remplaçant qui n’a pas davantage œuvré. Que font donc les
Commissaires assignés à une mission essentielle ? En tant que bureaucrates et technocrates, ils semblent
déconnectés de la situation criminelle de risques sanitaires. Comment une institution comme la Commission,
au service  de l’intérêt général, peut-elle se trouver à ce point frappée d’immobilisme ?
Egalement pour les perturbateurs endocriniens, une des plus graves questions de santé publique actuelle,
rien ne bouge en Europe !!!


Il vous reste, Monsieur le Président, 8 jours
jusqu’au 10 août 2014, pour compléter votre liste de 27 Commissaires.



Santé et Justice exigent un sérieux qui sorte des
apparences et faux-fuyants habituels. La situation devient trop grave.

La duplicité se constate,
hélas, partout. Que l’Europe ne se calque pas sur l’image “normale” de la France !!!

Les
êtres humains ne sont ni des quantités négligeables, ni des victimes
d’une pourriture morale et civique de personnages trop pleins
d’eux-mêmes.

Vous devez obligatoirement FAIRE ATTENTION au futur qui s’approche.


Les Européens ne veulent plus de déshumanisation imposée, mais de véritables experts, actifs, sur le terrain,
connaissant le sujet, tels que l’étaient les frères Blandin découvreurs de matériaux de substitution moins chers
que le poison amianté.


Je porte dès lors à votre attention le nom de Madame Bertella-Geffroy qui fut Premier juge d’Instruction en
France pendant 30 ans. La
mise à mort de ce juge l’an dernier, par une horde de petits pions aux ordres, ne la

rend que plus
remarquable.



Je vous propose son nom pour la JUSTICE ou pour la SANTÉ des européens. Ou pour ces deux postes
qu’elle est parfaitement capable de gérer. Nous avons besoin d’éthique, Monsieur Juncker, de civisme, de
respect, de parole. Nous avons un besoin absolu de colonne vertébrale, hors de toute criminelle arrogance.


Je souhaite que vous ouvriez votre oreille à ma requête, basée sur un CRI qui perdure depuis 18 ans !


Avec mes respects européens,


Michel Langinieux

Peace has more worth than all the gold of the world


Good morning,

May I draw your attention upon :

http://ofreysinger.ch/petition
(please find a translation beneath)

I thank you to let it known widely in your e-networks, etc., also abroad
… and to sign it with lucidity and courage.


Thanks to you, the neutral, firm and just, as peaceful position of Switzerland can again make ALL the différence.

May God bless you, as the situation also requires prayers.

Reminder and remark which also engages only the undersigned :

http://en.wikipedia.org/wiki/Nicholas_of_Fl%C3%BCe

is not only the Patron Saint of Switzerland, but also of World Peace. 

Kind regards.
 

Ed Snowden’s Colleagues.
The lives of your Families’ members and Friends are more beautiful without the Banksters’ last nuclear fire.

+++++

Popular Petition
The world needs more than ever a neutral Switzerland
Petition to the Government and Swiss political authorities

The US and EU Sanctions against Russia initiate a cycle of confrontation and war. The extension of the conflict would be fatal to Peace in Europe. Peace has no alternative and Switzerland should not join any measures which might aggravate tensions.
A new war is knocking at our doors. The Ukrainian conflict is obviously in a process of internationalization because of the massive involvement of foreign powers. In its current development, it reproduces largely the automatic gear patterns we have already seen in action during First World War.
Under the leadership of the United States, a system of sanctions aiming Russia is being implemented by a fraction of the world’s governments. These measures in the EU Countries but also in Switzerland are accompanied by a conditioning of the public opinions based on an unilateral treatment of information. They also herald explicitly warlike measures, such as sending foreign military advisers into Ukraine, the arming of one of the parties to the conflict, or a concentration of military capabilities of NATO to Russia’s borders.
This scenario has already materialized in the recent past in other theaters of crisis, with arguably counterproductive and tragic outcomes for the populations. None of the Countries pacified” by the Western coalition came out to his advantage and many of them are now living in fire and blood. These interventions benefit only to arms dealers and fanatics, especially in the Middle East.
The current situation presents an additional risk of nuclear confrontation. As in August 1914, the logic of confrontation prevails and Europeans may once again fight against each other. In the best case, the wall of sanctions being installed in the middle of the Continent is made to permanently divide the people of Europe between themselves.
In this context, Peace has no alternative! Dialogue should supplant threat and bellicose posturing inspired by an external actor in Europe. Our destiny is in our own only hands.
As citizens and residents of a neutral Country, we urge Swiss politicians not to join this race into the abyss. It is time that they find again the courage to take the Constitution and the Tradition of this country
seriously, and not to yield to outside pressures. We live in Europe, we depend on our environment and therefore should contribute to the extent of our ability to maintain Peace on our Continent.
Switzerland joined the United Nations with the hope of contributing to Peace in the World. It therefore can not condone illegal sanctions, both under the UN Charter and the Rules of the WTO, which, it must be remembered, is headquartered in Switzerland.
It is neither profitable nor honorable to join maneuvers based on intimidation, that lead to war and carry the seeds of the risk of the total destructions of our Countries.

To sign the petition, please fill the form below.
Your email addresses are not disclosed or communicated to others.

Pétition populaire

La paix vaut plus que tout l’or du monde.

[et_pb_section fb_built=”1″ _builder_version=”3.22″][et_pb_row _builder_version=”3.25″ background_size=”initial” background_position=”top_left” background_repeat=”repeat”][et_pb_column type=”4_4″ _builder_version=”3.25″ custom_padding=”|||” custom_padding__hover=”|||”][et_pb_text _builder_version=”3.27.4″ background_size=”initial” background_position=”top_left” background_repeat=”repeat”]

http://www.rts.ch/video/emissions/les-suisses/5374660-le-guerrier-et-le-saint.html

Le guerrier et le saint

A la fin du 15ème siècle, les Suisses font trembler
l’Europe. Sous la direction du chevalier Hans Waldmann, ils écrasent les
Bourguignons puis deviennent de redoutables mercenaires. Mais le
partage des butins et la croissance de la Confédération sème la
discorde. Et il faut l’intervention de l’ermite Nicolas de Flue pour
ramener le calme parmi les Confédérés. Un film de « docu-fiction »
réalisé par Dominique Othenin-Girard et raconté par Jean-Luc Bideau.

Le monde a plus que jamais besoin d’une Suisse neutre

Pétition adressée au gouvernement et aux autorités politiques suisses

Les sanctions des Etats-Unis et de l’UE contre la Russie
initient un engrenage de confrontation et de guerre. L’extension du
conflit serait fatale à la paix en Europe. La paix n’a pas d’alternative
et la Suisse ne doit s’associer à aucune mesure susceptible d’aggraver
les tensions.
Une
nouvelle guerre frappe à nos portes. Le conflit ukrainien est de toute
évidence en train de s’internationaliser en raison de l’implication
massive de puissances étrangères. Dans son développement actuel, il
reproduit en grande partie les schémas d’engrenage automatiques qu’on a
déjà vus à l’oeuvre lors de la Première guerre mondiale. 
Sous
l’impulsion des Etats-Unis, un système de sanctions visant la Russie
est en train d’être mis en place par une fraction des gouvernements
mondiaux. Ces mesures, dans les pays de l’UE mais en aussi en Suisse,
s’accompagnent d’une mise en condition des opinions fondée sur un
traitement unilatéral de l’information. Elles préludent aussi à des
mesures explicitement guerrières telles que l’envoi en Ukraine de
conseillers militaires étrangers, l’armement d’une des parties au
conflit, voire une concentration de moyens militaires de l’OTAN aux
frontières de la Russie.
Ce
scénario s’est déjà concrétisé dans un passé récent sur d’autres
théâtres de crise, avec des résultats indiscutablement contreproductifs
et tragiques pour les populations. Aucune des sociétés “pacifiées” par
la coalition occidentale n’en est sortie à son avantage et plusieurs
d’entre elles sont aujourd’hui à feu et à sang. Ces interventions ne
profitent qu’aux marchands d’armes et aux fanatiques, en particulier au
Moyen Orient.
La
situation actuelle présente de surcroît un risque de confrontation
nucléaire. Comme en août 1914, la logique de l’affrontement prévaut et
les Européens risquent une fois de plus de se battre les uns contre les
autres. Dans le meilleur des cas, le mur des sanctions qu’on installe au
milieu du continent est fait pour brouiller durablement les peuples
d’Europe entre eux.
Dans
un tel contexte, la paix n’a pas d’alternative! Le dialogue doit
supplanter la menace et les gesticulations belliqueuses inspirées par un
acteur extérieur à l’Europe. Notre destin est entre nos seules mains.
En
tant que citoyens et habitants d’un pays neutre, nous exhortons les
responsables politiques suisses à ne pas s’associer à cette course à
l’abîme. Il est temps qu’ils retrouvent le courage de prendre au sérieux
la Constitution et la tradition de ce pays et à ne plus céder aux
pressions extérieures. Nous vivons en Europe, nous dépendons de notre
environnement et devons donc contribuer dans la mesure de nos
possibilités au maintien de la paix sur notre continent. 
La
Suisse a adhéré aux Nations-Unies avec l’espoir de contribuer à la paix
dans le monde. Elle ne peut donc cautionner des sanctions illégales
aussi bien au regard de la Charte de l’ONU que des règles de l’OMC,
dont, faut-il le rappeler, le siège est en Suisse.
Il
n’est ni profitable ni honorable de s’associer à des manoeuvres qui
reposent sur l’intimidation, conduisent à la guerre et portent en germe
le risque d’une destruction totale de nos pays. 
Pour signer la pétition, remplir SVP le formulaire ci-dessous.
Vos adresses e-mail ne sont ni dévoilées ni communiquées à autrui.

Pétition populaire

http://desiebenthal.blogspot.ch/2014/07/pour-une-suisse-qui-dure.html

Bonjour,
Good morning,

Puis-je attirer ton/votre attention sur :
May I draw your attention upon :

http://ofreysinger.ch/petition
(please find a translation beneath)

Je vous remercie de la faire connaître largement dans vos e-réseaux, etc., aussi à l’étranger… et de la signer avec lucidité et courage. I thank you to let it known widely in your e-networks, etc., also abroad
… and to sign it with lucidity and courage.

Grâce à vous, la position neutre, ferme et juste, car pacifique de la Suisse peut à nouveau faire TOUTE la différence.
Thanks to you, the neutral, firm and just, as peaceful position of Switzerland can again make ALL the différence.

Que Dieu te/vous bénisse, car la situation demande aussi des prières.
May God bless you, as the situation also requires prayers.

Pour mémoire et remarque qui n’engage aussi que le soussigné :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_de_Flue

est non seulement le Saint Patron de la Suisse, mais aussi de la Paix mondiale.

Reminder and remark which also engages only the undersigned :

http://en.wikipedia.org/wiki/Nicholas_of_Fl%C3%BCe

is not only the Patron Saint of Switzerland, but also of World Peace.

Cordialement.
Kind regards.

Jean Streit

P.S. Collègues d’Ed Snowden.
Les vies des membres de vos Familles et Ami(e)s sont plus belles sans le dernier feu nucléaire des Banksters.
P.S. Ed Snowden’s Colleagues.
The lives of your Families’ members and Friends are more beautiful without the Banksters’ last nuclear fire.

+++++

Popular Petition
The world needs more than ever a neutral Switzerland
Petition to the Government and Swiss political authorities

The US and EU Sanctions against Russia initiate a cycle of confrontation and war. The extension of the conflict would be fatal to Peace in Europe. Peace has no alternative and Switzerland should not join any measures which might aggravate tensions.
A new war is knocking at our doors. The Ukrainian conflict is obviously in a process of internationalization because of the massive involvement of foreign powers. In its current development, it reproduces largely the automatic gear patterns we have already seen in action during First World War.
Under the leadership of the United States, a system of sanctions aiming Russia is being implemented by a fraction of the world’s governments. These measures in the EU Countries but also in Switzerland are accompanied by a conditioning of the public opinions based on an unilateral treatment of information. They also herald explicitly warlike measures, such as sending foreign military advisers into Ukraine, the arming of one of the parties to the conflict, or a concentration of military capabilities of NATO to Russia’s borders.
This scenario has already materialized in the recent past in other theaters of crisis, with arguably counterproductive and tragic outcomes for the populations. None of the Countries “pacified” by the Western coalition came out to his advantage and many of them are now living in fire and blood. These interventions benefit only to arms dealers and fanatics, especially in the Middle East.
The current situation presents an additional risk of nuclear confrontation. As in August 1914, the logic of confrontation prevails and Europeans may once again fight against each other. In the best case, the wall of sanctions being installed in the middle of the Continent is made to permanently divide the people of Europe between themselves.
In this context, Peace has no alternative! Dialogue should supplant threat and bellicose posturing inspired by an external actor in Europe. Our destiny is in our own only hands.
As citizens and residents of a neutral Country, we urge Swiss politicians not to join this race into the abyss. It is time that they find again the courage to take the Constitution and the Tradition of this country
seriously, and not to yield to outside pressures. We live in Europe, we depend on our environment and therefore should contribute to the extent of our ability to maintain Peace on our Continent.
Switzerland joined the United Nations with the hope of contributing to Peace in the World. It therefore can not condone illegal sanctions, both under the UN Charter and the Rules of the WTO, which, it must be remembered, is headquartered in Switzerland.
It is neither profitable nor honorable to join maneuvers based on intimidation, that lead to war and carry the seeds of the risk of the total destructions of our Countries.

To sign the petition, please fill the form below.
Your email addresses are not disclosed or communicated to others.

Pétition populaire

[/et_pb_text][/et_pb_column][/et_pb_row][/et_pb_section]

Jean-Paul II et l’idéologie du genre

La
conférence donnée par Yves Daoudal le 24 juillet 2014 à l’université
d’été du Centre Henri et André Charlier et de Chrétienté Solidarité, à
La Castille (Var), est en ligne (20 pages). Extraits :

“[…] Si les bons cathos, défenseurs de
la vie et de la famille, qui se dépensent sans compter aujourd’hui
contre ce qu’ils appellent la théorie du genre, avaient jeté un œil sur
le Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques, publié en 2003 par le Conseil pontifical pour la famille,
ou plutôt, disons, dans sa version française publiée par Tequi en 2005 –
en 2005, il y a près de dix ans -, ils auraient pu voir qu’il y a dans ce livre non pas une allusion au genre, mais trois grands articles. Qui disent tout sur la question.
Et l’on relève que dans la seule introduction du premier article on
trouve cinq fois le mot « idéologie » pour qualifier ce qui est sorti
des « gender studies ».
Mais l’Eglise avait dénoncé
l’idéologie du genre bien avant ce Lexique. Elle l’avait dénoncée au
moment précis où cette idéologie quittait les cercles d’intellectuels
décadents pour entrer dans le vocabulaire de l’ONU et des autres
instances internationales. C’était en 1995 à la conférence de l’ONU sur
les femmes à Pékin
. […]
Ce n’était pas l’année dernière, c’était il y a presque 20 ans. Jean-Paul
II, saint Jean-Paul II, oui, avait été l’homme de la situation, le pape
de la situation. Le vrai docteur chrétien, qui discerne immédiatement
la pathologie, et la nomme.
Et permet à quiconque de s’en
préserver. Il est le premier, et il est alors hélas le seul, comme tous
les pionniers. Bien qu’il ait attiré l’attention, en publiant une Lettre aux familles avant la conférence du Caire, et une Lettre aux femmes avant la conférence de Pékin. Quand je dis qu’il était seul, c’était qu’il était vraiment seul, en dehors de Mary-Ann Glendon. […]
Mais la lucidité de Jean-Paul II
sur la question ne venait pas d’une subite inspiration. C’était la
conséquence d’un travail qu’il avait accompli longtemps avant, d’une
réfutation de l’idéologie du genre qu’il avait entreprise sans savoir
que c’était de cela qu’il s’agissait, car c’était à peu près au moment
où les féministes extrémistes américaines élaboraient leur idéologie
.
Il y a là une manifeste coïncidence providentielle et historique. Au
moment où des Américaines commencent de façon confidentielle à prétendre
et à définir que le genre est une construction sociale, un archevêque
d’un pays situé dans l’enceinte soviétique élabore une œuvre théologique
qui va montrer que non seulement la différenciation sexuelle n’est pas
une construction sociale, mais qu’elle est un élément clé de la
création, qu’elle est même ce en quoi l’homme est image de Dieu.
Il ne peut pas y avoir incertitude et
choix de genre, car la Genèse dit que Dieu créa l’être humain homme et
femme, et cette dualité est à l’origine de toute l’histoire humaine,
sans possibilité qu’il en soit autrement, sinon dans des rêveries
morbides.
C’est en effet l’archevêque de Cracovie,
Mgr Karol Wojtyla, qui a élaboré cette réflexion théologique majeure,
sans doute la plus importante du XXe siècle, la plus cruciale en tout
cas pour le XXIe siècle, et qui l’a ensuite distillée, une fois devenu
pape, au gré de ses audiences du mercredi, entre 1979 et 1984. On n’y
fit guère attention, alors que tout de même un ensemble de 129 catéchèses sur le même sujet
(on s’est aperçu ensuite qu’il en avait préparé 135) aurait dû au moins
intriguer. Mises bout à bout, ça faisait quand même plus de 40 heures
d’enseignement. […]”
Jean-Paul II avait détruit à la racine
l’idéologie du genre
Conférence donnée par Yves Daoudal le 24
juillet 2014 à l’université d’été du Centre Henri et André Charlier et de
Chrétienté Solidarité, à La Castille (Var)
C’est cette année que beaucoup de gens ont
découvert l’idéologie du genre, à travers les tentatives de l’Education
nationale de l’introduire par divers biais dans l’enseignement. Cette
découverte a été rendue possible par les grands rassemblements de la Manif pour
tous et ce qui s’en est suivi, et les diverses ramifications de cette suite.
C’est donc la mobilisation contre la légalisation du soi-disant mariage
homosexuel qui a sensibilisé beaucoup de gens à cette question. Car en effet la
justification idéologique de l’homosexualité, c’est l’idéologie du genre.
On peut regretter que la prise de conscience
ne se soit pas produite dans l’autre sens. C’est–à-dire que les gens n’aient
pas commencé par découvrir l’idéologie du genre, et se soient mobilisés contre
cette infamie qu’on répandait dans les écoles. Car alors la mobilisation aurait
été encore bien plus importante contre le soi-disant mariage homosexuel, et
plus étayée, et peut-être la fin de l’histoire aurait-elle été différente.
De fait, il faut bien le dire, la mobilisation
contre le genre, en 2014, est bien tardive. Mieux vaut tard que jamais, certes,
mais pour l’efficacité ce n’est pas la meilleure configuration. D’autant que la
plupart des manifestants, sur internet ou dans les conférences, continuent
imperturbablement de dénoncer une « théorie » du genre, comme si l’on
en était encore à répondre aux « gender
studies 
» d’il y a 40, voire 50 ans.
Quand on n’est pas d’accord avec une théorie,
on propose une autre théorie, dont on pense qu’elle rend mieux compte de la
réalité. Une théorie ne détruit pas le réel, elle essaye de l’expliquer. Tandis
qu’une idéologie s’impose à la place du réel. On répond à une théorie par une
théorie. On répond à une idéologie par la vérité, le vrai, le réel. En
l’occurrence, la différenciation sexuelle n’est pas une théorie, c’est un fait.
En 2009, à notre université d’été, c’était à
Salérans chez le père Avril, ma conférence était intitulée « L’idéologie
du genre, l’ultime subversion ». Je ne suis pas un prophète, je n’avais
rien inventé. Mais j’avais décidé de parler de ce sujet parce qu’il devenait le
sujet de premier plan notamment à l’Education nationale, mais que cela ne
paraissait troubler personne, et en tout cas ne provoquait aucune réaction
visible.
L’idéologie du genre, l’ultime subversion.
L’ultime subversion, parce qu’elle supprime la différence des sexes, donc
qu’elle nie que l’homme ait été créé homme et femme. Une fois qu’on a nié la
nature humaine il ne reste plus rien à subvertir.
Bien sûr je ne vais pas répéter cette
conférence. Quelques mois plus tard, je consacrais une double page de mon
hebdomadaire Daoudal Hebdo à la même
subversion dans les écoles, par les livres pour enfants faisant la promotion de
l’homosexualité : J’ai deux papas
qui s’aiment
, Un mariage vraiment gai,
etc. Car ces livres ne sont pas apparus subitement en 2014. En 2009 ils se
répandaient déjà dans les écoles, sous l’impulsion notamment du principal
syndicat des instituteurs, qui proclamait à qui voulait l’entendre qu’il
fallait familiariser les enfants à l’homosexualité dès la maternelle et
déconstruire résolument tous les stéréotypes de genre.
Il faut ajouter à cela que l’on n’était pas
sous un gouvernement de gauche, mais sous la présidence de Nicolas Sarkozy,
avec des ministres UMP. Dès la rentrée 2008, le ministre de l’Education
nationale faisait de la lutte contre l’homophobie une priorité dans les écoles.
Et je soulignais dans le premier numéro de Daoudal
Hebdo
que ce ministre UMP, Xavier Darcos, annonçait une campagne
d’affichage dans les lycées pour faire la promotion de la Ligne Azur. La Ligne
Azur, qui est un lobby homosexuel spécialisé dans les jeunes adolescents,
ressemblant à d’autres lobbies du même genre, tel Couleurs gaies qui venait de
recevoir l’autorisation de faire sa propagande dans les écoles, au nom de la
lutte contre l’homophobie. La lutte contre l’homophobie étant un cache-sexe,
c’est le cas de le dire, de la propagande homosexuelle, laquelle étant
elle-même appuyée sur l’idéologie du genre. Et pour passer aux travaux
pratiques on installait deux distributeurs de préservatifs dans chaque lycée.
Un dans les toilettes des garçons, un dans les toilettes des filles, comme
l’avait exigé Act Up afin qu’il n’y ait pas de discrimination. C’était 1 – une
incitation à la débauche entre filles et garçons, 2 – une tentative de recruter
et fabriquer des homosexuels au moment où l’adolescence peut rendre l’enfant
psychologiquement fragile.
Après Xavier Darcos il y a eu Luc Chatel, qui
a mené exactement la même ignoble politique, sans que cela émeuve grand monde.
Jean-Paul II et la conférence de Pékin
Si les bons cathos, défenseurs de la vie et de
la famille, qui se dépensent sans compter aujourd’hui contre ce qu’ils
appellent la théorie du genre, avaient jeté un œil sur le Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et
les questions éthiques
, publié en 2003 par le Conseil pontifical pour la
famille, ou plutôt, disons, dans sa version française publiée par Tequi en 2005
– en 2005, il y a près de dix ans -, ils auraient pu voir qu’il y a dans ce
livre non pas une allusion au genre, mais trois grands articles. Qui disent
tout sur la question. Et l’on relève que dans la seule introduction du premier
article on trouve cinq fois le mot « idéologie » pour qualifier ce
qui est sorti des « gender studies ».
Mais l’Eglise avait dénoncé l’idéologie du
genre bien avant ce Lexique. Elle l’avait dénoncée au moment précis où cette
idéologie quittait les cercles d’intellectuels décadents pour entrer dans le
vocabulaire de l’ONU et des autres instances internationales. C’était en 1995 à
la conférence de l’ONU sur les femmes à Pékin.
L’année précédente avait eu lieu la conférence
du Caire, où le Saint-Siège avait réussi à empêcher, avec l’appui de pays catholiques
et de pays musulmans, que l’avortement soit inclus dans les soins de la
soi-disant « santé reproductive », alors que c’était la principale
proposition de la puissante délégation américaine. Il y aurait une nouvelle
offensive à Pékin, et Jean-Paul II prit ses précautions. La délégation du
Saint-Siège comporterait une majorité de femmes, 14 sur 22, et le chef de la
délégation serait aussi, pour la première fois, une femme, choisie par le pape :
une… Américaine, Mary-Ann Glendon.
L’année précédente, Jean-Paul II avait créé l’Académie
pontificale des sciences et avait nommé Mary-Ann Glendon, professeur de droit à
Harvard, membre fondateur de cette académie. Elle en deviendrait la présidente
en 2004, et elle a quitté cette fonction en avril dernier. Entre temps, elle a
été brièvement ambassadeur des Etats-Unis auprès du Saint-Siège, de février
2008 à janvier 2009, jusqu’à l’arrivée d’Obama. Et Mary-Ann Glendon défraya la
chronique en 2009, lorsqu’elle refusa de recevoir la Lætare Medal, la plus prestigieuse distinction que puisse recevoir un
laïc catholique aux Etats-Unis, décernée par l’Université Notre-Dame, dans
l’Indiana, université dont elle était docteur honoris causa. Ce devait être
lors d’une cérémonie dont le discours serait prononcé par Barack Obama, fait
lui aussi à cette occasion docteur honoris causa de cette université.
Ce que les médias ont retenu de la conférence
de Pékin, en 1995, c’est que « le Saint-Siège n’approuve absolument pas le
recours à la contraception ni l’emploi de préservatifs comme mesures de planification
de la famille ni comme moyen de lutter contre l’infection par le VIH/sida ».
Mais ce n’était qu’un élément de la longue déclaration finale de Mary-Ann
Glendon, qui reprenait tout ce qui dans le rapport final de la Conférence
n’était pas conforme à ce que prône l’Eglise pour le bien des femmes. Tout cela
en fait reprenait, plus d’une fois explicitement, ce qui avait été dit au
Caire. Mais il y avait une déclaration spéciale, ajoutée, intitulée « Statement of interpretation of the term
“gender” 
». Elle passa presque inaperçue chez nous, parce
qu’elle fut traduite ainsi en français « Déclaration interprétative du
terme sexe ». En français, le Saint-Siège disait qu’on doit prendre le
terme sexe dans son sens courant de distinction biologique. Bref, aucun intérêt.
Sauf qu’il ne s’agissait pas de sexe, mais de « gender ».
Et si l’on ne traduit pas le mot
« gender », la phrase devient :
« Le terme gender est compris par le Saint-Siège comme fondé sur l’identité
sexuelle biologique, mâle ou femelle. » Et alors, et alors seulement, on
comprend le paragraphe suivant :
« Le Saint-Siège exclut donc les
interprétations douteuses fondées sur des vues répandues dans le monde selon
lesquelles l’identité sexuelle peut être adaptée indéfiniment à des fins
nouvelles et différentes. »
Alors que le terme « gender » est
omniprésent dans le rapport final de la conférence de Pékin (souvent il est
vrai dans son acception sexuelle de genre masculin et genre féminin) il n’est jamais traduit par genre dans le texte
français. De ce fait, dans l’espace francophone, la mise au point du
Saint-Siège a été comme si elle n’existait pas, et pour découvrir que
l’idéologie du genre prenait possession des actes des conférences de l’ONU, il
fallait être déjà conscient de la chose et lire le rapport de façon extrêmement
attentive… ou le lire en anglais.
Mais le fait est que l’idéologie du genre, du gender, s’est répandue à partir de la
conférence de Pékin. Et que dès cette conférence, l’Eglise catholique avait
dénoncé ce qui se passait, et exigé que soit inclus dans le rapport final une
déclaration spécifique sur cette question.
Ce n’était pas l’année dernière, c’était il y
a presque 20 ans. Jean-Paul II, saint Jean-Paul II, oui, avait été l’homme de
la situation, le pape de la situation. Le vrai docteur chrétien, qui discerne
immédiatement la pathologie, et la nomme. Et permet à quiconque de s’en
préserver. Il est le premier, et il est alors hélas le seul, comme tous les
pionniers. Bien qu’il ait attiré l’attention, en publiant une Lettre aux familles avant la conférence
du Caire, et une Lettre aux femmes
avant la conférence de Pékin. Quand je dis qu’il était seul, c’était qu’il
était vraiment seul, en dehors de Mary-Ann Glendon. C’est elle qui, racontant
par la suite la conférence de Pékin de son point de vue, commençait par le
propos du sous-secrétaire d’Etat du Saint-Siège lors du départ de la troupe de
bonnes femmes envoyées à la Conférence : « Vous allez à Pékin comme
témoins. » Cela voulait dire : comme alibis destinés à montrer que le
Vatican ne méprise pas les femmes. Mary-Ann Glendon n’a pas vraiment le profil
d’un alibi ni d’une potiche, et ce n’était pas le rôle que lui assignait
Jean-Paul II. Mais on voit à quel point à la secrétairerie d’Etat on était à
côté de la plaque, déconnecté de la mission historique assumée par Jean-Paul
II.
129 catéchèses sur « Homme et femme il
les créa »
On peut dire que, pour quiconque sait lire, le
Saint-Siège avait radicalement mis au jour et détruit l’idéologie du genre, à
Pékin, en 1995. Mais la lucidité de Jean-Paul II sur la question ne venait pas
d’une subite inspiration. C’était la conséquence d’un travail qu’il avait
accompli longtemps avant, d’une réfutation de l’idéologie du genre qu’il avait
entreprise sans savoir que c’était de cela qu’il s’agissait, car c’était à peu
près au moment où les féministes extrémistes américaines élaboraient leur idéologie.
Il y a là une manifeste coïncidence providentielle et historique. Au moment où
des Américaines commencent de façon confidentielle à prétendre et à définir que
le genre est une construction sociale, un archevêque d’un pays situé dans
l’enceinte soviétique élabore une œuvre théologique qui va montrer que non
seulement la différenciation sexuelle n’est pas une construction sociale, mais
qu’elle est un élément clé de la création, qu’elle est même ce en quoi l’homme
est image de Dieu.
Il ne peut pas y avoir incertitude et choix de
genre, car la Genèse dit que Dieu créa l’être humain homme et femme, et cette
dualité est à l’origine de toute l’histoire humaine, sans possibilité qu’il en
soit autrement, sinon dans des rêveries morbides.
C’est en effet l’archevêque de Cracovie, Mgr
Karol Wojtyla, qui a élaboré cette réflexion théologique majeure, sans doute la
plus importante du XXe siècle, la plus cruciale en tout cas pour le XXIe
siècle, et qui l’a ensuite distillée, une fois devenu pape, au gré de ses audiences
du mercredi, entre 1979 et 1984. On n’y fit guère attention, alors que tout de
même un ensemble de 129 catéchèses sur le même sujet (on s’est aperçu ensuite
qu’il en avait préparé 135) aurait dû au moins intriguer. Mises bout à bout, ça
faisait quand même plus de 40 heures d’enseignement.
Il est vrai que, certains mercredis, les
braves pèlerins de la place Saint-Pierre ne devaient même pas comprendre de
quoi parlait le pape, quand il était au milieu d’un chapitre, et d’un des
chapitres les plus ardus. Car il est vrai que le texte est difficile, surtout
au début. On sent encore le professeur de philosophie qu’a été Karol Wojtyla.
Il faut vraiment s’accrocher. Peu à peu cela s’arrange, parce que, en slave
qu’il était, il procédait de façon circulaire, revenant sans cesse sur le même
thème tant qu’il n’en avait pas épuisé les potentialités. Si bien qu’il ne faut
pas s’inquiéter de ne pas tout comprendre la première fois : il va
revenir, et revenir encore sur le sujet, et l’on va finir par comprendre. Et cela
vaut vraiment le coup. D’autant que la réflexion est tellement fondamentale
qu’elle s’applique à tous les aspects de la question, par exemple elle donne
aussi la réponse, sans qu’il soit même besoin de la formuler, à la
revendication obsessionnelle des divorcés remariés, ou faite en leur nom…
Le titre du manuscrit en polonais était Homme et femme il les créa. C’est sous
ce titre que parut la première édition française, en 2004. Une édition qui
reprenait la traduction des catéchèses donnée par le Vatican, et qui était
souvent fautive. Cette année vient de paraître une nouvelle édition, qui a
quant à elle toutes les caractéristiques de l’édition scientifique. La
traduction a été refaite, il y a plusieurs index, et une excellente
introduction d’une centaine de pages par le maître d’œuvre Yves Semen. Le titre
est cette fois « La théologie du
corps 
». Ce qui est dommage, car Homme
et femme il les créa
est vraiment le cœur du livre, et Jean-Paul II a
souligné à la fin des catéchèses que son travail n’était pas une théologie du
corps, mais apportait des éléments pour une théologie du corps encore à
construire.
Le point de départ, c’est la discussion sur le
divorce, entre Jésus et des pharisiens. Les pharisiens demandent à Jésus s’il
est permis de répudier sa femme, et Jésus répond : « N’avez-vous pas
lu que le Créateur, dès l’origine, les créa homme et femme et qu’il a
dit : Ainsi donc l’homme quittera son père et sa mère et s’unira à sa
femme, et les deux seront une seule chair ? Eh bien, ce que Dieu a uni,
l’homme ne doit point le séparer. » Et comme les pharisiens invoquent
Moïse, il leur répond que Moïse avait permis la répudiation à cause de leur
dureté de cœur, mais qu’il n’en était pas ainsi à l’origine.
Jésus, souligne Jean-Paul II, renvoie deux fois à l’origine. Il insiste. Et il cite presque intégralement le texte de
la Genèse sur l’union de l’homme et de la femme. En outre, il en précise le
sens. Car on pourrait penser que la Genèse se contente de décrire une situation,
de donner une information : l’homme quittera son père et sa mère et
s’unira à sa femme, voilà, c’est ce qui va se passer. Mais Jésus cite cette
phrase pour répondre aux pharisiens : ce n’est pas une description, c’est
la loi de l’indissolubilité du mariage. Car il ajoute : « Ainsi ils
ne sont plus deux, mais une seule chair. Eh bien, ce que Dieu a uni, que
l’homme ne le sépare pas. » Et si ces paroles établissent l’indissolubilité
du mariage, elles établissent d’abord le mariage, le mariage indissoluble entre
un homme et une femme, sous le regard de Dieu dans le jardin de
l’origine : Dieu qui a uni l’homme et la femme, donc le sacrement de
mariage.
A l’origine, dit Jésus. Ap’arkhi, en grec, ab initio
en latin. Dans le jardin de l’origine. « Avant » le péché originel.
Jean-Paul II a une remarquable expression, ou plutôt deux expressions, qui
reviennent souvent. Cet état avant la chute originelle, cet état d’innocence
originelle, il l’appelle la « préhistoire théologique » de l’homme.
Et après la chute, c’est « l’état historique » de l’homme, héritier
du péché originel, c’est le statut de « l’homme historique »,
pécheur.
Préhistoire, parce que précisément il ne
s’agit pas de l’homme historique, mais de l’homme de l’origine. Préhistoire
théologique, parce qu’elle n’est pas située dans le temps de l’histoire, mais
dans l’origine, et que son fondement est théologique, et non historique.
De ce fait, tout homme, de toute époque, tout
homme pécheur, a sa préhistoire théologique, a cette préhistoire théologique-.
Jean-Paul II insiste : « en tout homme, sans aucune exception, cet
état – l’état “historique” – enfonce ses racines dans sa propre
“préhistoire” théologique, qui est l’état de l’innocence
originelle. »
Cela me fait penser à la phrase célèbre de
l’épître aux Hébreux, où l’espérance est vue comme une ancre de l’âme,
« sûre et solide » que l’on jette au-delà du voile, là où est entré
Jésus avant nous.
Ici, l’ancre est ce recours à l’innocence
originelle, par delà le voile de la chute, comme la source de la pure doctrine.
Doctrine de quoi ? De l’indissolubilité du mariage ? Oui, mais aussi
du mariage lui-même, et du sacrement de mariage. Mais cela va plus loin encore.
On remarque que selon Jésus le commandement
divin de l’indissolubilité du mariage dans l’état d’innocence garde toute sa
force dans l’état historique, pécheur, de l’homme. Bien que l’innocence
originelle et la peccabilité héréditaire soient « deux états
diamétralement opposés », comme le souligne Jean-Paul II, le commandement
demeure. Parce qu’il exprime l’ultime réalité de l’homme. De l’homme et de la
femme. Dans le don mutuel de leurs corps. « Celle-ci est l’os de mes os et
la chair de ma chair », s’écrie Adam lorsque Dieu lui présente Eve. Telle
est l’union de l’homme et de la femme. Union des corps qui est don de la
personne. Union entre le sexe masculin et le sexe féminin. La fonction du sexe,
dit Jean-Paul II, est en un certain sens « constitutive de la personne »,
et pas seulement un attribut de la personne. Jean-Paul II ira jusqu’à dire que
« le sexe ne décide pas seulement de l’individualité somatique de l’homme,
il définit en même temps son identité personnelle et sa réalité concrète ».
Il est difficile de détruire plus radicalement l’idéologie du genre. C’est en
effet l’union de deux corps sexués, de l’homme et de la femme, qui permet
l’union des personnes, qui est l’expression première de la « communio personarum » dont parle le
Concile Vatican II (Gaudium et spes 12, 4), dans une de ces phrases qui
viennent sans doute d’un amendement de l’archevêque de Cracovie.
Il en résulte une étonnante conséquence en ce
qui concerne l’explication de l’homme créé à l’image de Dieu. Car Dieu est une
communion de Personnes divines. L’homme est donc à l’image de Dieu parce qu’il
est, homme et femme, communion de personnes par l’union des corps qui fait
d’eux une seule chair. Ce qui est bien dans la logique de la religion de
l’incarnation.
L’homme ne devient pas tant image de Dieu au
moment de la création quand Adam est créé seul, qu’au moment de la communion
des deux premières personnes, homme et femme. De leur communion qui est leur
union en « une seule chair ».
On peut ici citer une phrase de Gaudium et Spes qui revient sans cesse
dans l’enseignement de Jean-Paul II, dans tout son enseignement, et dont il est
manifestement l’auteur : « quand le Seigneur Jésus prie le Père pour
que tous soient un… comme nous nous sommes un (Jn 17, 21-22), il ouvre des
perspectives inaccessibles à la raison et il nous suggère qu’il y a une
certaine ressemblance entre l’union des personnes divines et celle des fils de
Dieu dans la vérité et dans l’amour. Cette ressemblance montre bien que
l’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut
pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même. » (Cette
dernière phrase se trouve dans un nombre considérable d’homélies et de textes
de Jean-Paul II : « L’homme, seule créature sur terre que Dieu a
voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don
désintéressé de lui-même. »
L’union d’Adam et Eve se fait dans la vérité
et dans l’amour, d’une façon qui ne nous est plus accessible dans l’histoire de
l’homme pécheur. La Genèse souligne qu’ils étaient nus et qu’ils n’en avaient
pas honte. Parce qu’il n’y avait pas de rupture ni d’opposition, en eux, entre
le spirituel et le sensible. Il y avait une unité parfaite, dit Jean-Paul II,
« entre ce qui constitue humainement la personne et ce qui dans l’homme
est déterminé par le sexe, c’est-à-dire ce qui est masculin et ce qui est
féminin ».
« En se voyant et en se connaissant dans
toute la paix et la tranquillité du regard intérieur, explique Jean-Paul II,
ils “communiquent” dans toute la plénitude de l’humanité qui se manifeste en
eux comme une complémentarité réciproque précisément parce qu’ils sont “mâle”
et “femelle”. En même temps, ils “communiquent” sur la base de cette communion
des personnes dans laquelle, à travers la féminité et la masculinité, ils
deviennent un don mutuel l’un pour l’autre. »
Ils découvrent ainsi, en la mettant en
pratique, la signification « sponsale » du corps, une signification
qui « naît pour ainsi dire du cœur même de leur
communauté-communion ».
Nous avons ici les thèmes importants dont
Jean-Paul II va longuement parler : le don réciproque des personnes, et le
caractère sponsal du corps. En les énumérant ensemble, on voit bien qu’il
s’agit du mariage, de la définition du mariage, dans sa pureté originelle.
La communion des personnes est en fait un don
réciproque, un don total et permanent, celui qui consiste à ne pas vivre pour
soi mais à vivre pour l’autre.
C’est ce qui distingue radicalement l’homme
des animaux. Chez les animaux aussi, il y union des corps, et comme chez
l’homme et la femme il y a une fécondité de l’union des corps. Mais chez
l’animal il n’y a pas la liberté consciente du don réciproque, et il n’y a pas
de lien sponsal. Jean-Paul II écrit : « Le corps humain, avec son
sexe, sa masculinité et sa féminité, vu dans le mystère même de la création,
est non seulement source de fécondité et de procréation comme dans tout l’ordre
naturel, mais contient depuis “l’origine” l’attribut
“sponsal”, c’est-à-dire la
faculté d’exprimer l’amour : précisément cet amour dans lequel l’homme-personne
devient don
et – par le moyen de ce don – accomplit le sens même de son
essence et son existence. »
Alors on comprend mieux encore l’homme à
l’image de Dieu : la communion des personnes humaines est l’image de la
communion des personnes divines, où chaque personne se définit par sa relation
avec les deux autres, relation d’amour pour et avec les deux autres.
Dans notre monde d’après la chute, nous ne
pouvons pas comprendre réellement ce qu’est cette union sponsale de deux
personnes en « une seule chair », la chair d’avant le péché, qui
n’est pas alourdie par la « tunique de peau » dont parle la Genèse,
qui n’est pas cette chair opaque et corruptible de l’histoire du péché.
Néanmoins, malgré la chute, nous sommes toujours à l’image de Dieu, et si le
Christ lui-même fait référence à l’origine, c’est que ce qui se passait à
l’origine est toujours à la racine de notre existence dans l’histoire, et que
nous devons nous efforcer de vivre autant que possible selon le modèle de
l’origine, avec le secours de la grâce. Car Jésus est venu nous rétablir, d’une
certaine façon, par son Sacrifice, par les sacrements, par l’Eglise, dans le
monde de l’origine. Τὴν ἀρχὴν, Principium :
Je Suis le Principe, Je Suis l’Origine. Je suis la Voie, la Vérité et la Vie.
La vraie vie, celle qui n’est pas abîmée par le péché.
La communion défigurée par la concupiscence
Jean-Paul II commente une autre phrase de
Jésus aux pharisiens : « Quiconque regarde une femme pour la désirer
a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. »
C’est le problème de la concupiscence, qui
n’existe pas à l’origine, car le regard de l’homme et de la femme est forcément
pur : ils étaient nus et n’en avaient pas honte. Mais après avoir mangé du
fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, Adam se cache, parce
qu’il est nu. « J’ai eu peur parce que je suis nu », dit-il à Dieu.
Jean-Paul II commente : « Ces paroles révèlent une certaine fracture
constitutive dans l’intérieur de la personne humaine, une rupture pour ainsi dire de l’unité spirituelle et somatique
originelle de l’homme
. Il se rend compte pour la première fois que son
corps a cessé de s’approcher de la force de l’Esprit qui l’élevait au niveau de
l’image de Dieu. »
A partir de là, le corps n’est plus
l’expression de l’esprit, il ne se situe plus dans le mystère de la communion
des personnes  à l’image de Dieu : l’homme
a tout à coup conscience d’avoir un
corps, et d’être confronté à d’autres personnes qui ont un corps, alors que
jusque-là il était son corps.
Dans cette expression « il était son
corps » il y a sans doute un écho des études philosophiques de Karol
Wojtyla, de la distinction entre Leib
et Körper chez Husserl à qui il avait
consacré une thèse, entre corps-sujet et corps-objet chez Gabriel Marcel. Les
deux distinctions se recoupent largement. Leib
est le corps vivant, Körper le corps
physiologique (toutes les traductions allemandes des paroles de la consécration
disent « Das ist mein Leib »),
Leib est chez Husserl le corps vécu
de l’intérieur, le corps-sujet dit en français Gabriel Marcel, Körper est le corps dans son extériorité
objective, le corps-objet. Le premier est donc le corps que l’on est, le second
est le corps que l’on a. Mais, ici, dans la pensée de Jean-Paul II, cela va
beaucoup plus loin que des distinctions phénoménologiques, dont on sait
qu’elles ont été fécondes sur le plan de la psychiatrie. Mais il ne s’agit pas
de psychologie ici, il s’agit du mystère de l’être, et du mystère de la chute.
Cette rupture de l’unité constitutive de
l’homme est aussi, évidemment, une rupture entre l’homme et Dieu, et aussi une
rupture dans le rapport entre l’homme et la femme. Tout ce qui était union et
communion est rompu. Le rapport entre l’homme et la femme n’est plus l’union
sponsale du don réciproque, mais la convoitise de la concupiscence. « Le
rapport de don se transforme en rapport d’appropriation. »
Mais ici chacun voit que le mystère de
l’origine n’a pas complètement disparu dans le monde de la concupiscence. En
l’homme, l’héritage de l’origine, dit Jean-Paul II, est « un héritage de
son cœur, plus profond que l’état de péché dont il a hérité ». Les paroles
du Christ réactivent cet héritage et lui redonnent toute sa force.
Malgré la rupture de la chute originelle,
soulignée par le chérubin et son épée de feu à double tranchant qui interdit
l’accès du paradis, il reste un lien entre la préhistoire théologique et l’état
historique de l’homme. Ce qui reste du monde d’avant la chute, ce qui nous
relie toujours à notre préhistoire théologique, c’est le mariage, c’est l’union
intime de deux personnes par l’union des corps qui ne font plus qu’une seule
chair, c’est la communion des personnes, qui demeure parce qu’elle est l’image
de la communion des personnes divines. Même si cette communion est abîmée par
le péché, défigurée par la concupiscence, quiconque a aimé quelqu’un comprend
qu’elle subsiste quelque part dans les cœurs.
Le corps glorieux
En
attendant la rédemption du corps
. Cette expression de
« rédemption du corps », que Jean-Paul II utilise beaucoup, peut
paraître curieuse. Mais elle n’est pas de Karol Wojtyla, elle est de saint
Paul, dans l’épître aux Romains : « La créature aussi sera elle-même
délivrée de cet asservissement à la corruption, pour participer à la glorieuse
liberté des enfants de Dieu. Car nous savons que toute créature gémit et est
dans le travail de l’enfantement jusqu’à cette heure. Et non seulement elle,
mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous gémissons
en nous-mêmes, attendant l’adoption des enfants de Dieu, la rédemption de notre
corps. »
La rédemption du corps, qui nous est obtenue
par la crucifixion et la résurrection du corps du Christ, rétablira le corps
dans la communion avec Dieu, « dans la plénitude de la perfection propre à
l’image et ressemblance de Dieu », lors de notre résurrection.
D’où le commentaire que fait Jean-Paul II
d’une troisième phrase de Jésus, en réponse cette fois à des saducéens :
« A la résurrection on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les
anges dans le ciel. »
On ne prend ni femme ni mari parce que, à la
résurrection, on vit dans la communion avec Dieu, on vit, dit Jean-Paul II,
« l’expérience béatifique du don de soi de la part de Dieu, une expérience
absolument supérieure à toute expérience propre à la vie terrestre ».
Au don de Dieu répond le don de l’homme, don béatifique
de tout l’être donc du corps glorieux tout imprégné de son esprit, corps
désormais virginal, d’une virginité qui, dit Jean-Paul II, « se manifestera
pleinement comme accomplissement eschatologique de la signification “sponsale”
du corps, comme le signe spécifique et l’expression authentique de la
subjectivité personnelle tout entière. Ainsi donc, cette situation
eschatologique dans laquelle « ils ne prendront ni femme ni mari » se
fonde solidement sur l’état futur du sujet personnel quand, suite à la vision
de Dieu « face à face », naîtra en lui un amour d’une telle profondeur et d’une telle force de concentration
sur Dieu lui-même qu’il absorbera complètement sa subjectivité psychosomatique
tout entière
. » Fin de citation.
Dès cette terre, la vocation religieuse
virginale et le célibat sacerdotal, le don à Dieu de la virginité, de la
continence, sont une façon prophétique de témoigner de l’amour eschatologique.
C’est pourquoi Jean-Paul II jusqu’à ce point de son étude a toujours parlé
d’amour sponsal, et non d’amour conjugal, alors qu’il parlait
essentiellement de l’amour d’Adam et Eve, qui est bel et bien un amour
conjugal, le premier et primordial amour conjugal. L’amour sponsal, qui est don
réciproque, est l’amour entre l’homme et la femme, époux et épouse, mais c’est
aussi l’amour entre une personne humaine et Dieu. Le premier est l’amour conjugal.
Le second est et restera dans l’éternité amour sponsal, l’union entre Dieu et
une personne humaine qui, dans l’éternité, deviendra absolu, et sera l’union de
Dieu avec tous les hommes sauvés. Quiconque a lu des dialogues entre des
religieuses mystiques et le Christ voit clairement ce qu’est cet amour sponsal,
qui prend souvent le vocabulaire et les images de l’amour conjugal. Mais tout
homme y est appelé. Chacun d’entre nous, homme ou femme, est appelé à être fils
de Dieu dans le Fils, et à être épouse du Verbe. Tout homme est appelé à être
l’épouse du Cantique des cantiques. Je renvoie au sublime commentaire de saint
Bernard, et d’abord à celui d’Origène, et j’en profite, en passant très vite,
pour vous dire que l’on peut faire l’impasse sur le développement de Jean-Paul
II sur le Cantique des cantiques, qui est décevant.
Bref, l’amour sponsal s’exprime par le don
total de soi. Ce qui se produit dans l’amour conjugal authentique, et dans
l’amour qui est don de soi à l’unique Epoux divin. Et ce sont deux modes
d’expression de la « signification sponsale du corps qui est inscrite
depuis l’origine dans la structure personnelle même de l’homme et de la
femme », souligne Jean-Paul II. Le don de soi par le vœu de virginité ou
de célibat est une authentique manifestation d’amour sponsal engageant tout
l’être et donc aussi le corps. Cette forme sera la seule forme d’amour sponsal
après la résurrection des corps, comme le soulignait Jésus en disant que
« à la résurrection on ne prend ni femme ni mari ».
Le mariage, « sacrement primordial »
L’analogie que tisse saint Paul, dans le
chapitre 5 de l’épître aux Ephésiens, entre le mariage humain et l’union du
Christ et de l’Eglise, vaut autant pour la théologie du mariage que pour la
théologie de la virginité et du célibat. Car si le mariage est comme l’union du
Christ et de l’Eglise son épouse, force est de constater que ce modèle du
mariage, l’union du Christ et de l’Eglise, est celui de la continence et de la
virginité.
C’est ce texte que va alors étudier Jean-Paul
II. Car « à la base de la compréhension du mariage dans son essence même,
dit-il, se trouvent les relations sponsales du Christ avec l’Eglise ». Le
mariage dans son essence même, c’est-à-dire le mariage à l’origine, dans
l’origine, en rapport avec l’union du Christ et de l’Eglise. On remarquera que
dans ce texte saint Paul insiste lui-même sur ce point en citant à son tour le
texte de la Genèse cité par le Christ dans la première parole commentée par
Jean-Paul II ; « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère
et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. »
« Vous, maris, aimez vos femmes, comme le
Christ aussi a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle. » S’est
livré, en grec, parédoken, en latin tradidit. En grec comme en latin, le
verbe utilisé veut dire littéralement donner
à un autre
. Le Christ s’est donné à l’Eglise par son sacrifice. Il s’est
donné entièrement, dans son amour rédempteur, qui devient un amour sponsal. L’Epoux
divin s’est donné à l’Epouse, souligne Jean-Paul II, « comme le mari à la
femme, se donnant à travers tout ce qui est inclus une fois pour toutes dans
cet acte de “se donner lui-même” pour l’Eglise ». Le Christ devient une
seule chair avec l’Eglise, au point que l’Eglise devient son propre corps.
C’est cette union qui fait la sacramentalité
de l’Eglise, soulignée par Lumen gentium.
L’Eglise peut conférer des sacrements parce qu’elle est l’Epouse de l’Epoux. Or
cette union, montre saint Paul, renvoie à l’union du premier homme et de la
première femme, à l’origine. On peut donc dire, en conclut Jean-Paul II, que
« le signe visible du mariage à l’origine, en tant que lié au signe
visible du Christ et de l’Eglise au sommet de l’économie salvatrice de Dieu,
transpose l’éternel plan d’amour dans la dimension “historique” et en fait le
fondement de tout l’ordre sacramentel ».
Ceci renverse la conception que l’on se fait
habituellement du sacrement de mariage. Dans les traités de théologie et dans
les catéchismes, le mariage est le dernier sacrement. Pour beaucoup d’auteurs,
surtout dans les dérives plus ou moins jansénistes des Eglises d’Occident, ce
n’est un sacrement que dans la mesure où il permet à un homme et à une femme
d’avoir des relations sexuelles sans pécher, c’est une sorte de voile pudique qu’on
jette sur les rapports sexuels parce qu’on ne peut pas contraindre tout le
monde à la continence et parce qu’il faut bien légitimer la procréation.
Jean-Paul II montre que ce n’est pas cela du
tout. Bien au contraire, le mariage est le premier sacrement. Le premier, parce
que c’est le seul sacrement de l’origine. Le seul sacrement que reçoivent Adam
et Eve, que se donnent à eux-mêmes Adam et Eve.
Premier sacrement, et seul sacrement d’avant
la chute, il est le « sacrement primordial ». Il est, dit Jean-Paul
II, « la figure suivant laquelle s’édifie la structure portante
fondamentale de la nouvelle économie du salut et de l’ordre sacramentel qui
provient de la gratification sponsale que l’Eglise reçoit du Christ avec tous
les biens de la rédemption ».
Le mariage est donc en quelque sorte le
« prototype » des sacrements. C’est pourquoi dans sa réponse aux
pharisiens Jésus renvoie à ce qui se passait « à l’origine ». Et
c’est pourquoi « ce mystère est grand », dit saint Paul, à cause de
l’union du Christ et de l’Eglise, union qui constitue la sacramentalité de
l’Eglise. Jean-Paul II insiste : « A bien réfléchir sur cette
dimension, il faudrait conclure que tous les sacrements de la Nouvelle Alliance
trouvent en un certain sens leur prototype dans le mariage en tant que
sacrement primordial. »
Vers le début de ses catéchèses, dans la 19e,
Jean-Paul II avait donné une belle définition du sacrement primordial : un
« signe qui transmet efficacement dans le monde visible le mystère
invisible caché en Dieu de toute éternité ».
Dans l’épître aux Ephésiens, le mariage comme
sacrement est d’une part présupposé, d’autre part redécouvert. « Il est
présupposé comme sacrement de l’“origine” humaine, uni au mystère de la
création. Et il est redécouvert comme fruit de l’amour sponsal du Christ et de
l’Eglise, lié au mystère de la rédemption. »
Jean-Paul II va alors reprendre ce qu’il
disait de l’union du premier homme et de la première femme, revue à la lumière
de l’épître aux Ephésiens, pour dire : « Dans l’alliance
sacramentelle de la masculinité et de la féminité, la “chair” elle-même devient
le “substrat” spécifique d’une communion durable et indissoluble des personnes
(communio personarum), d’une manière
digne des personnes. »
Au fond, c’est bien aussi de cela qu’il est
question dans l’union sponsale du Christ avec la religieuse, le religieux, le
prêtre, mais aussi tout chrétien, comme on le voit dans l’eucharistie :
c’est bien sa chair que le Christ nous donne à manger, et c’est bien par sa
chair unie à ma chair que peut avoir lieu ce que certains ont appelé le mariage
mystique.
Pour mieux comprendre Humanæ Vitæ
Les dernières catéchèses avant la conclusion,
118 à 132, qui forment le dernier chapitre du livre, sont un commentaire de
l’encyclique Humanæ Vitæ. Car c’est
là que Jean-Paul II voulait en venir, in fine. A légitimer l’encyclique qui a
été presque universellement rejetée, puis ignorée. Mais il ne le fait qu’après
avoir étudié, sur 400 pages, les fondements théologiques du mariage. Après
avoir établi que le mariage est le sacrement primordial, et non un sacrement de
seconde zone. Après avoir montré que le mystère du mariage nous renvoie à
l’origine, et que l’union des corps est expression de l’union des personnes, et
que cette union est ce en quoi l’homme est créé à l’image de Dieu. Et après
avoir défini ce qu’est l’amour sponsal, amour conjugal chez le mari et la
femme, amour spirituel chez le religieux mais aussi chez tout chrétien qui fait
partie de l’Epouse du Christ.
Dès le début si l’on peut dire, dans sa 22e
catéchèse, Jean-Paul II avait brièvement mais solennellement commenté la phrase
de la Genèse : « Adam connut Eve, sa femme, qui conçut et
enfanta. » Il explique et il souligne : « C’est précisément là le seuil de l’histoire de l’homme. C’est son
“origine” sur la terre. Sur ce
seuil l’être humain se tient, comme homme et femme, avec la conscience de la
signification procréatrice de son propre corps: la masculinité cache en elle la
signification de la paternité, la féminité celle de la maternité.
 »
Le seuil, effectivement. « Adam connut
Eve, sa femme, qui conçut et enfanta » : c’est le premier verset du
chapitre 4 de la Genèse. Celui qui suit immédiatement la sortie du paradis de
l’origine. Le seuil de l’histoire de l’homme est la procréation, parce que Eve
est la mère des vivants, comme l’avait appelée Adam. Mère des vivants dans la
souffrance, à cause du péché, mais elle est aussi la mère qui annonce l’autre
mère, la mère immaculée qui donnera naissance au Fils de Dieu, et mère de
l’Eglise immaculée qui procréera la multitude des enfants de Dieu par le
sacrement de baptême, enfants qui ont d’abord été procréés, si l’on peut dire,
par le sacrement de mariage.
L’union de l’homme et de la femme est donc
inséparable, depuis l’origine, de la procréation. Parce que l’amour est
toujours créateur. L’homme procréateur dans l’amour est à l’image du Dieu
d’amour créateur.
Humanæ
vitæ
rappelle (citation) « le lien indissoluble,
que Dieu a voulu et que l’homme ne peut rompre de son initiative, entre les
deux significations de l’acte conjugal: union et procréation ». Les deux
significations de l’acte conjugal, reprend Jean-Paul II : « la
signification unitive et la signification procréatrice ». Il n’est pas
licite de les séparer artificiellement, parce que, dit Jean-Paul II,
« l’une et l’autre appartiennent à la vérité intime de l’acte
conjugal : l’une se réalise en même temps que l’autre et, en un certain
sens, à travers l’autre. Par conséquent, dans ces conditions, quand l’acte
conjugal est privé de sa vérité intérieure parce que privé artificiellement de
sa capacité procréatrice, il cesse aussi d’être un acte d’amour. »
Mais l’encyclique se fonde seulement sur la
loi naturelle. Ce qui est juste, assurément. Mais si l’on considère
l’encyclique à la suite de tout ce que Jean-Paul II vient de dire, on voit que
l’horizon est tout autre, autrement plus profond, plus existentiel aussi, plus
ancré dans le cœur de l’homme, dans son origine, que le froid rappel de la loi
naturelle. En bref, si Jean-Paul II avait écrit Humanæ vitæ, l’encyclique
aurait également été rejetée, mais d’une autre manière, car il aurait fallu
aller au niveau où se situe ce pape pour en contester les fondements
doctrinaux. Ou battre prudemment en retraite et accompagner le rejet d’un
certain respect devant la puissance théologique du discours, ce qui incite les
gens sérieux à aller y voir de plus près. Cette attitude, on l’a vue précisément
avec les encycliques de Jean-Paul II Veritatis splendor et Evangelium vitæ. Des
encycliques où l’on ne retrouve pas les catéchèses sur la théologie du corps,
mais qui en sont intimement nourries. Avec saint Jean-Paul II on a ainsi, pour
la première fois dans l’histoire, un pape théologien qui délivre son magistère
officiel par ses encycliques, après avoir livré, à part, et d’une façon
beaucoup moins solennelle, la réflexion théologique qui sous-tend son
magistère. De façon quasiment invisible, car personne, en dehors de Marcel
Clément, le directeur de L’Homme Nouveau,
n’avait d’abord vraiment fait attention à ces catéchèses. De même que c’est de
façon quasiment invisible que Jean-Paul II avait envoyé Mary-Ann Glendon à Pékin
pour rejeter l’idéologie du genre, alors que personne n’y prêtait encore
attention.

[N.B. Les soulignés, c’est-à-dire les mots en italiques, dans les
citations de Jean-Paul II, sont du pape.]
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