Abundance or scarcity, invitation for all.


    HOPE WEEK (English Week of Study)


  From October 17th to the 26th. Food and Lodging available for free;                 

  Twice a year, we organize a 7 to 10 day study session on this topic. Over 70 bishops and 3 Cardinals have already participated in these seminars. One Cardinal came 3 times. We offer free meals and lodging all along. Donations are accepted.

  But, for the first time in our history, we are organizing an English-only session which will be held from the 17th to the 26th of October 2015. We are expecting about 20+ people!

The study sessions are based on the book: ECONOMIC DEMOCRACY (or Social Credit) explained in 10 lessons, by Alain Pilote. (You can read the entire book online here)
You can arrive and leave a few days ahead or afterwards of the date of the Week of Study.
Those who wish to come just to help out and volunteer see the volunteering page here
In order to get the spirit of the Economic Democracy into your mind, here are a few links to our best material :
http://michaeljournal.org/myth.htm
http://www.michaeljournal.org/10lessons.htm
http://michaeljournal.org/poverty.htm
http://michaeljournal.org/plenty49.htm


            Schedule for the Week of Study:  
October 17th to the 26th, 2015


                                                     Daily:

7:00h: Breakfast (3/4 hour) (House of the Immaculate)
8:05h: Rosary followed by the Mass at


                                        House of Immaculate

House of the Immaculate
10:00h: Lesson and workshop
12:00h: Lunch (1 hour) and break
Afternoon House of the Immaculate
2:00h: Rosary at the chapel or outside
2:30h: lesson (and question & answer period)
4:00h: break
4:15h: lesson (and question & answer period)
6:00h: Vespers in the chapel
6:30h: supper (1 hour) and break
7:30h: Chaplet of St. Michael & Divine Mercy

Sunday: October 17th :  Pilgrimage: Basilica of St. Anne de Beaupre

Monday: October 26th :  Pilgrimage Notre-Dame Basilica

& St-Joseph Oratory, Montréal


    Welcome to the Houses of the Immaculate and St. Michael!  


                                                                  Enjoy your stay!
















All food provided comes to us as a gift from God and from our generous benefactors, not to mention the efforts of our wonderful kitchen crew. Therefore, we ask everyone to be responsible in taking reasonable portions, so as not to waste any food. Thank you.

















During the Lessons and conferences:
So as to be attentive to the lessons and conferences offered, we ask that the internet be avoided during the sessions.


  We Will Hopefully Be Streaming LIVE !


                         


See You There!


Le bien-être du plus faible ?

Le bien-être du plus faible ? L’embryon !

…la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres,

Constitution fédérale de la Confédération

 suisse

du 18 avril 1999 (Etat le 14 juin 2015)
Au nom de Dieu Tout-Puissant!

Le peuple et les cantons suisses,
conscients de leur responsabilité envers la Création,
résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde,
déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité,
conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures,
sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres,
arrêtent la Constitution1 que voici:

Très important et très urgent, référendum DPI ou LPMA à signer. Merci

Référendum contre des tests génétiques arbitraires et la destruction d’embryons humains
Formulaire A4 recto à imprimer et à signer de suite, merci :

https://drive.google.com/file/d/0B-p0lmjLtiXzcUFEYVpIUGU3R2M/view?usp=sharing


Pour le respect des embryons humains.
Non à la congélation jusqu’à 10 ans (sic), aux manipulations DPI et à
l’eugénisme fatal et arbitraire. Référendum
contre la modification du 12 .12. 2014 de la loi
fédérale sur la procréation médicalement assistée (LPMA).
Les citoyennes et citoyens
suisses soussignés ayant le droit de vote demandent, en vertu de l’article 141
de la Constitution fédérale conformément et la loi fédérale du 17 décembre 1976
sur les droits politiques (art. 59a à 66) que
la modification du 12 décembre 2014 de la loi fédérale sur la procréation
médicalement assistée (loi sur la procréation médicale, LPMA) soit soumise à
vote du peuple
. Seuls les électrices et électeurs ayant le droit de vote en
matière fédérale dans la commune indiquée en tête de la liste peuvent y apposer
leur signature. Les citoyennes et les citoyens qui appuient la demande doivent
la signer de leur main. Celui qui se rend coupable de corruption active ou
passive relativement à une récolte de signatures ou celui qui falsifie le
résultat d’une récolte de signatures effectuée à l’appui d’un référendum est
punissable selon l’article 281 respectivement l’article 282 du Code pénal.
Publié dans la Feuille fédérale le 01.09.2015. Expiration du délai référendaire: 10.12.2015
Canton :
NPA :
Commune politique :
Nom MANUSCRIT
Prénom MANUSCRIT
Date de naissance
(jour/mois/année)
Adresse exacte : MANUSCRITE (rue et no)
Signature manuscrite
Contrôle
(en
blanc)
pasd’informations
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15

La liste
doit être renvoyée entièrement ou partiellement remplie avant le 20.11.2015 au
plus tard à  familiaplus.com, co F. de
Siebenthal, av. Dapples 23, 1006 LAUSANNE 021 616 88 88. qui se chargera de
demander l’attestation de la qualité d’électeur des signataires.
Dons bienvenus à Oui à la Vie Vaud, CCP 10-15133-5                                                                            Le/La fonctionnaire soussigné/e
certifie que les _______ (nombre) signataires du référendum dont les noms
figurent ci-dessus ont le droit de vote en matière fédérale dans la commune
susmentionnée et y exercent leurs droits politiques. +Lieu: _______________
Signature manuscrite: _____________________  Date: _______                                           Fonction
officielle: ___________________________________________                                                                    Sceau:

Pour le respect des embryons humains.
Non à leurs congélations jusqu’à 10 ans (sic), aux manipulations fatales, à l’eugénisme, aux embryons déchets et objets de consommation…

RÉFÉRENDUM contre la modification de la loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA)

18 organisations soutiennent le référendum contre la loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA). Cette loi fixe le cadre dans lequel les analyses génétiques d’embryons conçus in vitro pourront avoir lieu. Pour les organisations impliquées, la loi va beaucoup trop loin. 

SOUTENEZ et SIGNEZ le référendum! 

Sur cette page vous trouvez la feuille de signatures avec nos arguments à télécharger. Si vous avez besoin de feuilles de signatures déjà imprimées, n’hésitez pas à nous contacter.
Nous craignons …
… que tout ce qui, pour le moment, est considéré comme maladif soit, à l’avenir, détruit sous prétexte que telle existence ne «mérite pas d’être vécue» … que les contrôles de qualité entraînent la demande d’un enfant garanti en bonne santé.
… que le droit à la vie des handicapés soit de plus en plus mis en question.
Nous disons NON à la nouvelle loi LPMA qui favorise l’eugénisme de sinistre mémoire dès 1933 et ss. avec des guerres atroces et des morts par millions …
… car nous n’avons pas l’arrogance de nous ériger en juges des vies qui méritent ou non d’être vécues.Savez-vous
… que l’embryon humain constitue l’objet le plus intéressant pour la recherche ?
… que, une fois la voie ouverte, les abus dans la recherche sur les embryons ne peuvent être ni contrôlés ni arrêtés ?
… qu’ainsi l’être humain est abaissé au rang de cobaye ?
Avec le référendum…
… nous refusons des manipulations sur la vie naissante qui ont pour suite la mort au lieu de la guérison.
POUR LA DIGNITÉ DE LA FEMME
Malheureusement …
… la procréation in vitro ne se fait pas sans laisser de traces chez la femme.
… la femme peut, sans le savoir, être utilisée comme pourvoyeuse de matériel de base pour les manipulations sur les embryons.
Avec le référendum… pour que le sentiment du respect de soi chez la femme stérile ne soit pas blessé et que les tentatives de pression lui soient épargnées.
LES LIMITES DU FAISABLE ?
On doit savoir …
… que suite à une procréation in vitro, les statistiques démontrent une hausse des complications, comme les grossesses multiples, les naissances prématurées, les enfants morts-nés, les césariennes, l’augmentation de la mortalité des nourrissons, etc.
… que le traitement médical très coûteux prodigué par une équipe pluridisciplinaire de médecins est éprouvant et en plus, requiert un suivi psychologique avant et après le traitement.
Celui qui signe le référendum…
… sait que le fait de ne pouvoir avoir des enfants n’est souvent pas dû à des raisons organiques et que, par conséquent, il ne peut pas être résolu par des moyens techniques.
LA STÉRILITÉ ?
Par bonheur …
… il arrive qu’après une bonne consultation ou après l’accueil d’un enfant en pension, une femme que l’on connaît stérile ait plus de chance d’avoir tout de même son propre enfant qu’après une fécondation in vitro. Mais la douleur est grande pour chacune des 8 femmes sur 10 qui, malgré de multiples traitements suite à une fécondation in vitro, restent sans enfant.
Celui qui signe le référendum…
… croit que la stérilité n’est pas simplement un problème de technique médicale.
NON aux MENSONGES SUR LA VIE

Peu de personnes savent …
… que les données concernant un donneur de sperme doivent être conservées à Berne
pendant 80 ans .
… qu’un enfant procréé grâce à du sperme étranger n’apprend rien sur sa véritable origine sans un effort spécial.
… qu’un mariage entre demi-frères et soeurs est dès lors possible.
Seul un NON …
peut empêcher que des êtres humains soient trompés sur leur vraie origine.
LA SÉCURITÉ AU LIEU DE LA PEUR
La sécurité est préférable à la peur car … … elle tient compte des mauvaises expériences. … elle ne se fie pas aux promesses en l’air … sa devise est: la confiance c’est bien, le contrôle c’est mieux.
Celui qui signe le référendum…
Évite un pas dangereux dans la mauvaise direction. Le fait qu’une chose soit faisable, ne veut pas dire qu’elle doit aussi être réalisée.

LE PEUPLE TROMPÉ
Tout le monde ne sait pas …
…que, en 1991, on a affirmé au parlement qu’il n’y aurait pas d’embryons surnuméraires et que le don de sperme pourrait toujours être interdit ultérieurement.
… que désormais on avoue l’existence d’embryons surnuméraires et que ceux-ci peuvent être utilisés à des fins de recherche.
Celui qui dit NON
… ne se laisse pas de nouveau duper.
… saisit l’occasion d’éviter l’impasse.
DES SUITES INCONNUES A LONG TERME
On devrait penser au fait …
…que l’on ne connaît pas du tout les effets de la fécondation artificielle sur les prochaines générations. … qu’en zootechnie, la fécondation artificielle a des effets secondaires inattendus.
… que nous agissons probablement selon la règle : «On commence par l’animal, on passe ensuite à l’homme».
Celui qui signe le référendum…
… évite aux générations futures des problèmes insolubles.
UNE MARCHANDISE A CONGELER
Tout le monde ne sait pas …
… que les ovules fertilisés sont congelés à moins 196′ Celsius, et qu’on les décongèle selon les besoins. … que beaucoup ne survivent pas au choc du froid ou sont endommagés.
Celui qui signe le référendum…
… empêche que l’être humain ne soit dégradé au rang de marchandise à congeler PENDANT 10 ANS, SIC DIX ANS…, puis.
jetés à la poubelle ou cobaye pour des expériences atroces. 
La seule façon d’échapper à cela: garantir une procréation digne dans le corps de la mère, avec les gamètes du couple (marié).

Invitation. La paix de St Nicolas.



Mesdames, Messieurs,
Chères amies, chers amis,


Nous avons le plaisir de vous communiquer le dépliant de promotion de la rencontre :


Dépliant de la rencontre 2015 (PDF)


Nous vous sommes reconnaissants de le diffuser auprès de vos proches ou de toute personne que l’événement pourrait intéresser.


Si vous souhaitez disposer de la version papier du dépliant, nous vous ferons parvenir, à votre demande, le nombre d’exemplaires voulus (ndeflue@gmail.com).


Vous pouvez constater sur le dépliant et sur le site www.nicolasdeflue.org que le programme vous propose 8 conférences / témoignages.


Par ailleurs, l’Eucharistie du samedi 28 novembre sera présidée par Mgr Jean Scarcella, Abbé de St-Maurice, et celle du dimanche 29 novembre par Mgr Charles Morerod, Evêque de Lausanne, Genève et Fribourg.


Pour ceux qui souhaitent loger et/ou prendre des repas sur place, merci de vous annoncer au plus vite pour faciliter l’organisation.


En nous réjouissant de vous retrouver nombreux à St-Maurice, nous présentons à chacune et à chacun nos meilleures salutations.


Association culturelle Nicolas et Dorothée de Flüe


http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/09/fete-de-st-nicolas-de-flue-et-la-paix.html


Intervenants | 2015

Vendredi soir 27 novembre 2015
20h30
Phan Thị Kim Phúc
Victime de la guerre, témoin de la paix !
Phan Thị Kim Phúc connue aussi sous le nom de Kim Phuc est célèbre pour avoir été prise en photographie, gravement brûlée dans le dos suite à une attaque au napalm lors de la guerre du Vietnam. Elle avait 9 ans. Cela fait plus de quarante ans maintenant que Kim vit avec l’une des photos les plus emblématiques du XXe siècle. Quarante ans qu’elle l’incarne, la commente, la prolonge. « J’ai décidé que ce qui m’apparaissait comme une malédiction avait aussi été ma chance. Et qu’il me revenait de choisir le sens à donner à cette photo. » dit-elle. Cette photo illustrait l’épouvante de la guerre ? « Je deviendrai une ambassadrice de la paix. » Cette photo montrait la barbarie ? « Je parlerai d’amour et incarnerai le pardon. » Elle évoquait la mort ? « Je montrerai la vie ! Elle ne m’a guère épargnée, mais c’est elle qui triomphe. La tragédie n’a jamais anéanti l’espoir. Des anges gardiens sont sans cesse apparus sur mon chemin. Et c’est bien cela le miracle ! »
Samedi matin 28 novembre 2015
9h00
Maria Nowak
« On ne prête pas qu’aux riches » : l’aventure d’une vie…
Marie Nowak est diplômée de l’Institut des Etudes Politiques à Paris (1956) et de la London School of Economics (1959).
En 1985, après sa rencontre avec l’économiste bangladais Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank, elle s’intéresse au modèle de microcrédit, qu’elle considère utile dans les pays développés comme dans les économies en transition d’Europe orientale ou les pays du Tiers-monde. Maria Nowak rejoint en 1991 la Banque mondiale à Washington pour participer au développement des programmes de microcrédit en Europe centrale, après avoir lancé deux ans auparavant l’Adie (association pour le droit à l’initiative économique) qui tente de transposer en France le modèle de la Grameen Bank.
Entre 2000 et 2002, elle a été conseillère spéciale auprès de Laurent Fabius, Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Elle a reçu le « Prix des Droits de l’Homme » attribué par les lecteurs de la Croix et de la Liberté de Fribourg, pour son action en faveur du microcrédit en France et en 2008, le « Prix de l’Européen de l’année ». Elle est l’auteur de la « Banquière de l’espoir » (Albin Michel, 1994), et de « On ne prête pas qu’aux riches » (JC Lattès, 2005). 
Samedi matin 28 novembre 2015
10h30
Jean-Marc Liduena
Dans le monde sans être du monde, un défi impossible ?
Senior Partner et Membre du Consulting Executive Committee de Deloitte.
Marié avec Cécile et père de 4 enfants, Jean-Marc est Associé au sein de Monitor Deloitte, l’activité Conseil en Stratégie de Deloitte, Il est également membre du Comité de Direction de la branche Conseil. Deloitte est le leader mondial des cabinets d’audit et de conseil avec plus de 35 milliards de dollars de chiffre d’affaire. Au niveau français, Deloitte est aussi le leader de sa branche avec plus de 9’000 collaborateurs et associés.
Jean-Marc est Président de Alpha France depuis janvier 2015 (www.parcoursalpha.fr). Alpha est un parcours d’évangélisation décliné dans le monde entier, au service de l’Eglise, qui contribue pleinement au renouveau de cette dernière et à la transformation de la société.
Jean-Marc est titulaire du MBA de l’INSEAD, dont il préside l’association des anciens élèves en France, et a lancé en 2012 un événement annuel, les INSEAD Essentials, dont le thème est : “How to make the World a better place”. 
Samedi après-midi 28 novembre 2015
15h30
Daniela Cerqui-Ducret
Le Cyborg est-il l’avenir de l’homme ?
Dr Daniela Cerqui est une anthropologue intéressée aux rapports entre technologie et société et, plus fondamentalement, humanité. Elle enseigne actuellement à l’Université de Lausanne. Ses recherches empiriques portent sur les ingénieurs qui conçoivent des technologies, dans des domaines tels que la robotique, l’intelligence artificielle, ou plus généralement les technologies de l’information.
Elle a passé plusieurs années dans le laboratoire du premier humain à s’être fait implanter une puce électronique reliée à son système nerveux et s’intéresse aux enjeux sociaux liés à de telles pratiques qui, sous prétexte d’améliorer l’humain, pourraient conduire à sa modification radicale, ou sa disparition.
Samedi après-midi 28 novembre 2015
16h45
Jean-Jacques Friboulet
Crise économique : bilan, perspective et interrogations.
M. Jean-Jacques Friboulet est professeur émérite d’économie à l’Université de Fribourg. Il a également dirigé l’Institut Interdisciplinaire d’Ethique et des Droits de l’Homme dans cette même université. Il est membre du Conseil de rédaction de la revue Mondes en développement. Il participe à la Commission cantonale de la coopération au développement et de l’aide humanitaire. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dans le domaine de l’Histoire de la pensée économique, de l’Ethique économique et sociale et de l’Economie du développement. Jean-Jaques Friboulet est marié et père de deux enfants. Il est responsable de l’équipe Notre-Dame Fribourg 2.
© Yann Revol
Samedi soir 28 novembre 2015
20h30
Véronique Lévy
Témoignage : Montre-moi ton visage.
Née dans une famille juive laïcisée, Véronique Lévy, la sœur cadette de Bernard‐Henri Lévy, est saisie dès l’enfance par le goût de l’absolu. Elle connaît à l’adolescence les affres et les abîmes du monde. Devenue femme, elle plonge dans la ronde des amours insatisfaites et désespérées. Elle se perd dans le dédale des nuits perdues et des bars qui deviennent sa deuxième maison. Pourtant, une lumière ne cesse d’affleurer sur ce chemin chaotique. Ou plutôt un visage. Qui transparaît avec la première amie, une petite fille croisée à la plage, qui réapparaît lors de la mort du père, la maladie de la mère, à travers la relation aux frères et surtout à travers un amant, un homme énigmatique passionnément aimé. Ce visage est celui du Christ. Il l’attendait, elle le cherchait. C’est cette histoire, celle de sa conversion au catholicisme, que va nous partager Véronique Lévy.
Dimanche matin 29 novembre 2015
9h00
François-Xavier Putallaz
Rééquilibrer l’éthique : Le cas du suicide assisté.
François-Xavier Putallaz est professeur de philosophie à la Faculté de théologie de Fribourg et à Sion. Il est membre de la Commission nationale d’éthique, du Comité international de bioéthique de l’UNESCO, de la Commission de bioéthique des évêques suisses. Il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire de la pensée et aux enjeux contemporains de l’éthique biomédicale. Il présentera les grands enjeux de la pratique de l’Assistance médicale au suicide en Suisse, en faisant apparaître les manières de penser sous-jacentes aux différentes positions actuelles. François-Xavier Putallaz est marié et père de 4 enfants.
Dimanche matin 29 novembre 2015
10h30
Florence et Marc de Leyritz
Témoins de l’espérance !
Diplômé de Science-Po Paris et de l’INSEAD, Marc de Leyritz a été pendant treize ans banquier d’affaire à New York, Londres et Paris. Associé dans un cabinet de conseil en gestion des ressources humaines, Egon Zehnder International, il vit aujourd’hui en région parisienne avec son épouse Florence et leurs quatre enfants. Ils sont responsables pour l’Eglise catholique, au niveau mondial, des parcours Alpha.
Le pape Benoît XVI les a invités à participer au Synode des évêques sur la nouvelle évangélisation à Rome en 2012.



Phan Thị Kim Phúc connue aussi sous le nom de Kim Phuc
est célèbre pour avoir été prise en photographie, gravement
brûlée dans le dos suite à une attaque au napalm lors de la
guerre du Vietnam.

Elle avait 9 ans. Cela fait plus de quarante
ans maintenant que Kim vit avec l’une des photos les plus
emblématiques du XX
e
siècle. Quarante ans qu’elle l’incarne,
la commente, la prolonge. «J’ai décidé que ce qui m’apparaissait
comme une malédiction avait aussi été ma chance. Et qu’il me
revenait de choisir le sens à donner à cette photo», dit-elle. Cette
photo illustrait l’épouvante de la guerre? «Je deviendrai une
ambassadrice de la paix». Cette photo montrait la barbarie? «Je
parlerai d’amour et incarnerai le pardon». Elle évoquait la mort?
«Je montrerai la vie! Elle ne m’a guère épargnée, mais c’est elle
qui triomphe. La tragédie n’a jamais anéanti l’espoir. Des anges
gardiens sont sans cesse apparus sur mon chemin. Et c’est bien
cela le miracle!»
Témoignage
Phan Thị Kim Phúc
Victime de la guerre,
témoin de la paix!
VENDREDI 27 N0VEMBRE
Association culturelle 20h30 – SALLE DU COLLèGE – S
aint-Maurice
Nicolas et Dorothée de Flüe
La rencontre se déroule chaque année depuis 1996.
Elle est organisée par l’association culturelle Nicolas
et Dorothée de Flüe à laquelle se sont joints au fil des
années, l’Institut Philanthropos (www.philanthropos.
org) et la Fondation Ecophilos (www.ecophilos.org).
Elle propose l’intervention de personnalités choisies
en fonction de leurs témoignages chrétiens au cœur
du monde économique, politique, social et culturel.
Le but de cette rencontre est d’apporter un éclairage
nouveau sur différents domaines de l’agir humain et de
proposer également aux participants une démarche
spirituelle, avec la Messe et les offices liturgiques. La
rencontre sera en outre portée par l’adoration per

manente du Saint-Sacrement.

Messes et offices
Samedi 28 novembre
08h15 Office des Laudes…………….
Eglise St-Sigismond
12h00 Eucharistie ………………………….Eglise St-Sigismond
17h45 Office des Vêpres……………Salle du Collège
Dimanche 29 novembre
08h15 Office des Laudes…………….Eglise St-Sigismond
12h00 Eucharistie ………………………….Eglise St-Sigismond

INFORMATIONS
L’entrée est libre. L’inscription est nécessaire si vous désirez profiter du logement
ou des repas sur place.

Délai d’inscription:
jusqu’au 14 novembre
sur www.nicolasdeflue.org

Pour tout renseignement :
Association culturelle
Nicolas et Dorothée de Flüe
Salve Regina
Ch. de la Fenettaz 1
CH-1722 Bourguillon
Fax : +41 (0) 26 322 57 68
E-mail : ndeflue@gmail.com
Site Internet : www.nicolasdeflue.org
L’accueil pendant la rencontre :
Foyer Franciscain
rue A.-de-Quartery 1
1890 Saint-Maurice du 27 au 29
novembre 2015
L’aventure passionnante
de la foi dans la vie active
Rencontre de réflexion et de prière
Les conférences sont ouvertes à tous,
sans nécessité de s’inscrire et de
participer à toute la Rencontre.
avec le soutien de
Echo Magazine
Loterie romande
RENCONTRE NICOLAS ET DOROTHéE DE FLÜE 2015
Toutes les informations sur www.nicolasdeflue.org
«On ne prête pas
qu’aux riches»:
l’aventure d’une vie…
Maria Nowak
En 1985, après sa rencontre avec l’économiste bangladais
Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank, elle
s’intéresse au modèle de microcrédit, qu’elle considère utile dans
les pays développés comme dans les économies en transition
d’Europe orientale ou les pays du Tiers-monde. Maria Nowak
rejoint en 1991 la Banque mondiale à Washington pour
participer au développement des programmes de microcrédit
en Europe centrale, après avoir lancé deux ans auparavant
l’Adie (association pour le droit à l’initiative économique) qui
tente de transposer en France le modèle de la Grameen Bank.
Entre 2000 et 2002, elle a été conseillère spéciale auprès de
Laurent Fabius, Ministre de l’Economie, des Finances et de
l’Industrie. Elle a reçu le «Prix des Droits de l’Homme» attribué
par les lecteurs de la Croix et de La Liberté de Fribourg, pour
son action en faveur du microcrédit en France et en 2008, le
«Prix de l’Européen de l’année». Elle est l’auteur de la «Banquière
de l’espoir» (Albin Michel, 1994), et de «On ne prête pas qu’aux
riches» (JC Lattès, 2005).
Dans le monde
sans être du monde,
un défi impossible?
Jean-Marc Liduena
Marié avec Cécile et père de 4 enfants, Jean-Marc est associé
au sein de Monitor Deloitte, l’activité Conseil en Stratégie de
Deloitte. Il est également membre du comité de direction de
la branche Conseil. Deloitte est le leader mondial des cabinets
d’audit et de conseil. Jean-Marc est Président de Alpha
France depuis janvier 2015 (www.parcoursalpha.fr). Alpha
est un parcours d’évangélisation décliné dans le monde entier,
au service de l’Eglise, qui contribue pleinement au renouveau
de cette dernière et à la transformation de la société. JeanMarc
est titulaire du MBA de l’INSEAD, dont il préside
l’association des anciens élèves en France, et a lancé en 2012
un événement annuel, les INSEAD Essentials, dont le thème
est: «How to make the World a better place».
Le Cyborg est-il l’avenir
de l’homme?
Daniela Cerqui-Ducret
Dr Daniela Cerqui est une anthropologue intéressée
aux rapports entre technologie et société et, plus
fondamentalement, humanité. Elle enseigne actuellement à
l’Université de Lausanne. Ses recherches empiriques portent
sur les ingénieurs qui conçoivent des technologies, dans des
domaines tels que la robotique, l’intellligence artificielle, ou
plus généralement les technologies de l’information.Elle a
passé plusieurs années dans le laboratoire du premier humain
à s’être fait implanter une puce électronique reliée à son
système nerveux et s’intéresse aux enjeux sociaux liés à de telles
pratiques qui, sous prétexte d’améliorer l’humain, pourraient
conduire à sa modification radicale, ou sa disparition.
Crise économique:
bilan, perspective et
interrogations
Jean-Jacques Friboulet
Jean-Jacques Friboulet est professeur émérite d’économie
à l’Université de Fribourg. Il a également dirigé l’Institut
Interdisciplinaire d’Ethique et des Droits de l’Homme de
cette même université. Il est membre du conseil de rédaction
de la revue Mondes en développement, de la commission
cantonale fribourgeoise de la coopération au développement
et de l’aide humanitaire. Il est l’auteur de nombreux ouvrages
dans le domaine de l’histoire de la pensée économique,
de l’éthique économique et sociale et de l’économie du
développement. Jean-Jaques Friboulet est marié et père de
deux enfants. Il est engagé dans les équipes Notre-Dame à
Fribourg.
Témoignage:
Montre-moi ton visage
Véronique Lévy
Née dans une famille juive laïcisée, Véronique Lévy, la sœur
cadette de Bernard‐Henri Lévy, est saisie dès l’enfance par le
goût de l’absolu. Elle connaît à l’adolescence les affres et les
abîmes du monde. Devenue femme, elle plonge dans la ronde
des amours insatisfaites et désespérées. Elle se perd dans
le dédale des nuits et des bars qui deviennent sa deuxième
maison. Pourtant, une lumière ne cesse d’affleurer sur ce
chemin chaotique. Ou plutôt un visage. Qui transparaît
avec la première amie, une petite fille croisée à la plage, qui
réapparaît lors de la mort du père, la maladie de la mère, à
travers la relation aux frères et surtout à travers un amant, un
homme énigmatique passionnément aimé. Ce visage est celui
du Christ. Il l’attendait, elle le cherchait. C’est cette histoire,
celle de sa conversion au catholicisme, que va nous partager
Véronique Lévy.
Rééquilibrer l’éthique:
Le cas du suicide assisté
François-Xavier Putallaz
François-Xavier Putallaz est professeur de philosophie à la
Faculté de théologie de Fribourg et à Sion. Il est membre
de la commission nationale suisse d’éthique, du comité
international de bioéthique de l’UNESCO, de la commission
de bioéthique des évêques suisses. Il est l’auteur de nombreux
ouvrages consacrés à l’histoire de la pensée et aux enjeux
contemporains de l’éthique biomédicale. Il présentera les
grands enjeux de la pratique de l’assistance médicale au
suicide en Suisse, en faisant apparaître les manières de penser
sous-jacentes aux différentes positions actuelles. FrançoisXavier
Putallaz est marié et père de 4 enfants.
Témoins de l’espérance!
Florence et Marc de Leyritz
Diplômé de Science-Po Paris et de l’INSEAD, Marc
de Leyritz a été pendant treize ans banquier d’affaires à
New York, Londres et Paris. Associé dans un cabinet de
conseil en gestion des ressources humaines, Egon Zehnder
International, il vit aujourd’hui en région parisienne avec son
épouse Florence et leurs quatre enfants. Ils sont responsables
pour l’Eglise catholique, au niveau mondial, des parcours
Alpha. Le pape Benoît XVI les a invités à participer au
Synode des évêques sur la nouvelle évangélisation à Rome
en 2012.
Samedi 28 novembre
9h00
Salle du Collège
Samedi 28 novembre
10h30
Salle du Collège
Samedi 28 novembre
16h45
Salle du Collège
Samedi 28 novembre
15h30
Salle du Collège Samedi 28 novembre
20h30
Salle du Collège
Dimanche 29 novembre
9h00
Salle du Collège
Dimanche 29 novembre
10h30
Salle du Collège
Les conférences sont ouvertes à tous,
sans nécessité de s’inscrire et de
participer à toute la Rencontre.
avec le soutien de
Echo Magazine
Loterie romande


http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/09/fete-de-st-nicolas-de-flue-et-la-paix.html

La Russie veut une solution suisse en Orient

Invitation: « La Protection des Chrétiens au Moyen Orient »

Les inscriptions sont closes

Pour mémoire…. Invitation à Genève, Suisse.

Événement parallèle sur « La Protection des Chrétiens au Moyen Orient », lundi 2 mars à 16h au Palais des Nations à Genève, Suisse, Salle 19, organisé par la Mission Permanente de la Fédération de Russie à Genève, Suisse, l’Institut de la Démocratie et de la Coopération (Paris) et la Société Impériale Orthodoxe de Palestine (Moscou).

Programme provisoire au Palais des Nations, ONU, à Genève, Suisse.

16h05 Ouverture de la séance par John Laughland, Directeur des Etudes de l’IDC.

16h10 Intervention de Sergueï Lavrov, Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie.

16h20 Intervention de Gebran Bassil, Ministre des affaires étrangères du Liban.

16h30 Questions et débat avec la salle.

16h45 Les Ministres quittent la salle.

16h50 Le Président annonce les intervenants suivants.

16h55 Intervention d’Elena Agapova, présidente de la Société Impériale Orthodoxe de Palestine.

17h05 Intervention de Natalia Narotchnitskaïa, présidente de l’IDC.

17h15 Intervention de l’Archimandrite Filaret, Vice-Président du Département des Affaires Extérieures de l’Eglise Orthodoxe Russe.

17h25 Intervention de Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du Monastère Saint-Jacques le Mutilé, Syrie.

17h35 Intervention du Secrétaire-Général de la Communauté Saint’Egidio, le professeur Adriano Rocucci.

17h45 Questions et débats avec la salle.

19h00 Fin.

Les inscriptions sont closes

La Russie veut une solution suisse en Orient.


* La guerre ne résout rien ! * Violation des conventions de Genève ! *

* Combien de civils sacrifiés avant qu’on ne réagisse ? * Halte au silence des moutons !
* Qui veut diviser pour mieux régner ? * Laissez travailler les journalistes ! * Ne pas tirer !
N’oubliez pas les enfants ! * À qui profitent les crimes ? * Qui paiera ? *
* Qui finance les guerres ? * À qui profite le séparatisme ? * À qui
profite le chaos ? * Êtes-vous sûrs d’avoir été bien informés ? * Qui vend les armes ? * Qui “donne” des armes aux islamistes ? *
Les méchants c’est toujours les autres !? *
Mieux vaut un mauvais compromis qu’une « bonne » guerre.

* Irak, Afghanistan, Lybie, Syrie, Ukraine, qui sera le prochain ?!

PS: Pour la paix mondiale.

Saint Nicolas de Flüe, en allemand : Niklaus von Flüe, né le 25 septembre 1417 et mort le 21 mars 1487 à Sachseln est un ascète suisse qui est le saint patron de la Suisse et le saint patron de la paix mondiale.

Il est parfois invoqué comme « Frère Nicolas. » Les principales caractéristiques attribuées à la pensée de Nicolas de Flüe – esprit de paix, non-intervention dans les affaires étrangères, modération – ont aujourd’hui encore des répercussions sur la manière dont certains Suisses perçoivent leur pays et envisagent sa politique.
Il a été béatifié en 1669. Après sa béatification, la commune de Sachseln construisit une église en son honneur où son corps a été enterré. Nicolas de Flue a été canonisé le 15 mai 1947 par le pape Pie XII.

Il est Saint-patron mondial de la paix depuis cette date.

Il est également, de même que Saint Martin et Saint Sébastien, le saint-patron de la Garde Suisse Pontificale au Vatican. Il est aussi le patron des familles nombreuses, des médiateurs et le protecteur des épouses qui vivent séparées de leur mari.
Il est fêté le 25 septembre en Suisse et le 21
mars ailleurs 6,7
Voici une brève prière personnelle de saint Nicolas de Flue8. Cette prière quotidienne de Saint Nicolas de Flue, Mein Herr und Mein Gott5,9, est encore activement utilisée aujourd’hui.« Mon Seigneur et mon Dieu Prends-moi à moi Et donne-moi tout entier à ToiMon Seigneur et mon Dieu Prends-moi tout Ce qui me sépare de ToiMon Seigneur et mon Dieu Donne moi tout Ce qui m’attire à toi »2,5
En sa mémoire, un musée a été fondé dans le village de la commune de Sachseln (OW)10, où se trouve également l’église de pèlerinage de ce saint.

Jérusalem, Shalom, Pax, Paix, Peace, Frieden…
http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/02/saints-et-saintete-au-moyen-age.html

Allocution prononcée par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la XXIIème Assemblée du Conseil sur la politique étrangère et la défense, à Moscou, le 22 Novembre 2014

Je suis heureux d’assister à cette Assemblée annuelle du Conseil sur la politique étrangère et la défense (abréviation russe SVOP). C’est toujours pour moi un grand plaisir de rencontrer des gens et se sentir le potentiel intellectuel qui permet au Conseil, à ses dirigeants et ses représentants, de répondre aux évolutions mondiales et de les analyser. Leur analyse est toujours libre de toute hystérie, et les arguments présentés par ses membres sont sérieusement fondés et solides, du fait notamment qu’ils peuvent prendre un peu de recul ; car il est difficile à ceux qui se trouvent pris au milieu même des événements d’adopter un point de vue impartial. Quant à nous, nous sommes inévitablement influencés par les divers développements en cours, ce qui rend vos observations, analyses, discours et suggestions encore plus précieux pour nous.

Pour autant que je sache, l’Assemblée de cette année mettra l’accent sur les perspectives d’accélération de la croissance intérieure en Russie. Il ne fait aucun doute que les efforts concertés de notre société dans son ensemble pour assurer le développement économique, social et spirituel global, sont une condition préalable pour faire de l’avenir de la Russie quelque chose de durable. Cela dit, en raison de mes obligations professionnelles, il me faut me concentrer sur les questions de politique étrangère, lesquelles sont toujours pertinentes pour l’ordre du jour de l’Assemblée puisque, dans ce monde interconnecté et globalisé, isoler le développement interne du monde extérieur s’avère impossible. Le président de la Russie Vladimir Poutine a fourni une analyse détaillée des développements internationaux lors de la réunion du Club de Valdaï, à Sotchi, ainsi que dans les divers entretiens qu’il a accordés au cours de son voyage en Asie. Pour cette raison, je n’entends pas offrir ici d’observation conceptuelle, dès lors que tout a déjà été dit. Néanmoins, je voudrais partager avec vous quelques considérations fondées sur nos efforts de politique étrangère au jour le jour. Même s’il n’est pas dans mon intention de livrer une vision globale et éclaircie, puisque à ce stade, toutes les prévisions sont provisoires, quel que soit celui qui les fait. En outre, les diplomates cherchent à influencer les développements tels qu’ils se déroulent, non simplement à les contempler.

Naturellement, je vais commencer avec l’Ukraine. Bien avant que le pays ait été plongé dans la crise, il y avait dans l’air un sentiment que les relations de la Russie avec l’UE et avec l’Occident étaient sur le point d’atteindre leur moment de vérité. Il était clair que nous ne pouvions plus continuer à mettre en veilleuse certaines questions dans nos relations, et qu’il fallait choisir entre un véritable partenariat ou, comme le dit le dicton, en venir à « casser de la vaisselle ». Il va sans dire que la Russie optait pour la première solution, tandis que, malheureusement, nos partenaires occidentaux se contentaient de la dernière, que ce soit consciemment ou non. En fait, ils se sont tous engagés en Ukraine et ils ont soutenu les extrémistes, renonçant ainsi à leurs propres principes d’un changement de régime démocratique. Ce qui en est ressorti, c’était une tentative de jouer au « jeu du dégonflé » [1] avec la Russie, histoire de voir qui cillerait le premier. Comme disent les petits durs, ils voulaient voir la Russie « se déballonner » (je ne puis pas trouver un meilleur mot pour cela), nous forcer à avaler l’humiliation des Russes et de ceux dont la langue maternelle est le russe en Ukraine.

L’honorable Leslie Gelb, que vous ne connaissez que trop bien, a écrit que l’accord d’association de l’Ukraine avec l’UE n’avait rien à voir avec une quelconque invitation de l’Ukraine à adhérer à l’UE, et qu’il ne visait à court terme qu’à l’empêcher de rejoindre l’Union douanière. C’est là ce qu’en a dit une personne impartiale et objective. Quand ils ont délibérément décidé de s’engager sur la voie de l’escalade en Ukraine, ils ont oublié beaucoup de choses, alors même qu’ils avaient une compréhension claire de la façon dont ces mouvements seraient considérés en Russie. Ils ont oublié les conseils de, disons, Otto von Bismarck, lequel avait dit que dénigrer le grand peuple russe, fort de millions d’âmes, constituerait la plus grande erreur politique que l’on puisse faire.

Le président Vladimir Poutine a dit l’autre jour que nul dans l’histoire n’a encore réussi à soumettre la Russie à son influence. Ce n’est pas une évaluation, mais un état de fait. Une telle tentative a pourtant été faite, qui visait à étancher la soif d’expansion de l’espace géopolitique sous contrôle occidental, et qui trouvait son origine dans la peur mercantile de perdre les dépouilles de ce que, de l’autre côté de l’Atlantique, ils s’étaient persuadés être la victoire dans la guerre froide.

Ce que la situation actuelle a de plus, c’est qu’une fois que tout s’est mis en place, le calcul qui sous-tendait les actions de l’Occident s’est trouvé révélé, en dépit de cette volonté que l’on proclamait haut et fort de bâtir une communauté de sécurité, une maison commune européenne. Pour citer (le chanteur auteur-compositeur) Boulat Okoudjava : « Le passé devient de plus en plus clair ». Cette clarté est de plus en plus tangible. Aujourd’hui, notre tâche n’est pas seulement de régler le passé (même si cela doit être fait), mais plus important encore, de penser à l’avenir.

Les discours au sujet de l’isolement de la Russie ne méritent aucune discussion sérieuse. Je n’ai pas vraiment besoin de m’attarder sur ce point devant le présent auditoire. Bien sûr, il est possible d’endommager notre économie, et ce sont d’ailleurs bien des dommages que l’on cause en ce moment, mais seulement en faisant aussi du mal à ceux qui prennent les mesures correspondantes et, tout aussi important, en détruisant le système des relations économiques internationales, et les principes sur lesquels il est fondé. Précédemment, lorsque des sanctions étaient appliquées (je travaillais à l’époque pour la mission russe auprès de l’ONU), nos partenaires occidentaux, lorsqu’ils discutaient de la République Populaire Démocratique de Corée, de l’Iran ou d’autres États, déclaraient qu’il était nécessaire de formuler les restrictions de manière à rester dans des limites humanitaires et à ne pas causer de dommages à la sphère sociale et à l’économie, en ciblant sélectivement la seule élite. Aujourd’hui, c’est tout le contraire : les dirigeants occidentaux déclarent publiquement que les sanctions doivent détruire l’économie et déclencher des protestations populaires. Par conséquent, en ce qui concerne l’approche conceptuelle de l’utilisation de mesures coercitives, l’Occident démontre sans équivoque qu’il ne cherche pas seulement à changer la politique russe (ce qui en soi est illusoire), mais qu’il cherche à changer le régime ; et pratiquement personne ne le nie.

Le président Vladimir Poutine, en parlant avec des journalistes récemment, a déclaré que l’horizon en fonction duquel les dirigeants occidentaux d’aujourd’hui établissent leurs plans est limité. Et cela constitue en effet un danger que des décisions sur les problèmes clés de l’évolution du monde et de l’humanité dans son ensemble soient prises sur la base de cycles électoraux courts : aux États-Unis, le cycle est de deux ans, et l’on doit à chaque fois imaginer et faire quelque chose pour gagner des voix. C’est le côté négatif du processus démocratique, et nous ne pouvons nous permettre de l’ignorer. Il ne nous est pas possible d’accepter cette logique, lorsque l’on nous dit de démissionner, de nous détendre et d’accepter simplement comme un incontournable que tout le monde ait à souffrir simplement parce qu’il y a des élections aux États-Unis tous les deux ans. Cela n’est pas juste. Nous ne nous y résignerons pas, parce que les enjeux sont trop importants, que ce soit dans la lutte contre le terrorisme, dans les menaces de prolifération d’armes de destruction de masse ou dans de nombreux conflits sanglants dont l’impact négatif dépasse de loin le cadre des États et des régions concernées au premier chef. Le désir de faire quelque chose qui permette d’obtenir des avantages unilatéraux ou de s’attacher l’électorat avant une prochaine élection conduit au chaos et à la confusion dans les relations internationales.

C’est toujours la même rengaine, quotidiennement répétée, que nous entendons nous dire : Washington est conscient de son caractère unique et de son devoir de supporter ce fardeau qui consiste à diriger le reste du monde. Rudyard Kipling a parlé du « fardeau de l’homme blanc ». J’espère que ce n’est pas ce qui pousse les Américains. Le monde d’aujourd’hui n’est pas blanc ou noir, mais multicolore et hétérogène. Si le leadership dans ce monde peut être assuré, ce n’est pas en se persuadant soi-même de sa propre exclusivité et d’un devoir conféré par Dieu d’être responsable de tout le monde, mais seulement par la capacité et l’habileté à former un consensus. Si les partenaires américains appliquaient leur pouvoir à cet objectif, ce serait inestimable, et la Russie les y aiderait activement.

Jusqu’à présent, toutefois, les ressources administratives américaines n’ont travaillé que dans le cadre de l’OTAN, et encore avec des réserves substantielles, et leurs décrets n’atteignaient pas au-delà de l’Alliance de l’Atlantique Nord. J’en veux pour preuve les résultats de la tentative des États-Unis de contraindre la communauté internationale à suivre leur ligne de conduite en ce qui concerne les sanctions et les principes anti-russes. J’en ai parlé plus d’une fois déjà et nous avons des preuves suffisantes du fait que les ambassadeurs et les envoyés américains à travers le monde sollicitent des réunions au plus haut niveau pour faire valoir que les pays correspondants sont tenus de sanctionner la Russie avec eux, ou bien d’en subir les conséquences. Cela se fait à l’égard de tous les pays, y compris de nos alliés les plus proches (cela en dit long sur le genre d’analystes dont dispose Washington). Une écrasante majorité des États avec lesquels nous avons un dialogue continu sans aucune restriction, et sans isolement, comme vous le voyez, attachent de la valeur au rôle indépendant que joue la Russie dans l’arène internationale. Non parce qu’ils aiment voir quelqu’un contester les Américains, mais parce qu’ils se rendent compte que l’ordre du monde ne sera pas stable si personne n’est autorisé à dire ce qu’il pense (bien qu’en privé, l’écrasante majorité d’entre eux expriment leur opinion, ils ne veulent pas le faire publiquement par peur des représailles de Washington).

De nombreux analystes raisonnables comprennent qu’il y a un écart grandissant entre les ambitions mondiales de l’administration américaine et le réel potentiel du pays. Le monde change et, comme cela a toujours été le cas dans l’histoire, arrivé à un certain point, l’influence et le pouvoir de l’un atteignent leur apogée, tandis qu’un autre commence à se développer encore plus rapidement et plus efficacement. Il faut étudier l’histoire et partir des réalités. Les sept économies en développement dirigées par les BRICS ont déjà un PIB plus important que le G7 occidental. Ce sont des faits de la vie qu’il faut partir, et non d’un sentiment erroné de sa propre grandeur.

Il est devenu à la mode de faire valoir que la Russie mène une sorte de « guerre hybride » en Crimée et en Ukraine. C’est là un terme intéressant, mais que j’appliquerais surtout aux États-Unis et à leur stratégie de guerre : il s’agit vraiment d’une guerre hybride, visant non pas tant à vaincre l’ennemi militairement qu’à changer les régimes dans les pays qui poursuivent une politique que Washington n’aime pas. Cette stratégie recourt aux pressions financières et économiques, aux attaques par le moyen de l’information ; elle se sert d’autres intervenants sur le périmètre de l’état visé, lesquels agissent comme des mandataires ; et bien sûr elle use de pression, par l’information et l’ idéologie, au travers d’organisations non gouvernementales financées par des ressources extérieures. N’est-ce pas là un processus hybride, et non ce que nous appelons la guerre ? Il serait intéressant de discuter du concept de la guerre hybride pour voir qui la mène vraiment, ou s’il s’agit seulement de « petits hommes vêtus de tenues vertes ».

Apparemment, la boîte à outils de nos partenaires américains est plus grosse encore, et ils sont devenus habiles à s’en servir.

En tentant d’établir leur prééminence à un moment où se font jour de nouveaux centres de pouvoir économique, financier et politique, les Américains provoquent une neutralisation en accord avec la troisième loi de Newton, et ils contribuent à l’émergence de structures, de mécanismes et de mouvements qui cherchent des alternatives aux recettes américaines pour résoudre les problèmes urgents. Je ne parle pas d’anti-américanisme, encore moins de former des coalitions conçues comme des fers de lance dirigés contre les États-Unis, mais seulement du désir naturel d’un nombre croissant de pays de sécuriser leurs intérêts vitaux et de le faire de la façon qu’ils pensent juste, non d’après ce qui leur est dicté « depuis l’autre côté de l’étang ». Personne ne va jouer à des jeux anti-américains juste pour contrarier les États-Unis. Nous sommes confrontés à des tentatives et à des faits d’utilisation extra-territoriale de la législation américaine, à l’enlèvement de nos citoyens en dépit des traités conclus avec Washington, traités selon lesquels ces questions doivent être résolues grâce à l’application de la loi et par les organes judiciaires.

Si l’on en croit leur doctrine de sécurité nationale, les États-Unis auraient le droit d’utiliser la force n’importe où, n’importe quand, sans avoir à solliciter l’approbation du Conseil de sécurité des Nations Unies. Une coalition contre l’État islamique a ainsi été formée à l’insu du Conseil de sécurité. J’ai demandé au secrétaire d’État John Kerry pourquoi ils n’étaient pas allés devant le Conseil de sécurité des Nations Unies pour cela.

Il m’a dit que s’ils le faisaient, il leur faudrait en quelque sorte préciser le statut du président syrien Bachar El-Assad. Bien sûr, ils l’auraient dû, parce que la Syrie est un État souverain et qu’elle est toujours membre de l’ONU (nul ne l’a exclue en tant que membre). Le secrétaire d’État a dit que cela ne convenait pas, parce que les États-Unis sont en lutte contre le terrorisme et que le régime El-Assad est ce qui galvanise le plus les terroristes de partout dans le monde, qu’il agit comme un aimant qui les attire vers cette région pour tenter de renverser le régime syrien.

Je crois que c’est là une logique perverse. Si nous parlons des précédents (les États-Unis adhèrent au système jurisprudentiel), il est utile de rappeler le processus de désarmement chimique en Syrie, dans lequel le régime Assad était un partenaire tout à fait légitime des États-Unis, de la Russie, de l’OIAC et d’autres. Les Américains maintiennent bien aussi des discussions avec les talibans. Chaque fois qu’ils ont la possibilité de profiter de quelque chose, les États-Unis agissent de façon tout à fait pragmatique. Je ne sais pas pourquoi la position dictée par l’idéologie a pris le dessus cette fois et pourquoi les États-Unis ont choisi de croire qu’Assad ne peut pas être un partenaire. Peut-être ne s’agit-il pas vraiment d’une opération contre l’État islamique, mais plutôt d’une entreprise destinée à ouvrir la voie à un renversement d’El-Assad, sous le couvert d’une opération de lutte contre le terrorisme.

Récemment, Francis Fukuyama a écrit un livre intitulé « Ordre politique et déclin politique » [2], dans lequel il affirme que l’efficacité de l’administration publique aux États-Unis est en déclin, et que les traditions de gouvernance démocratique se trouvent progressivement remplacées par des méthodes féodales de domination de fief. Cela s’inscrit dans une discussion à propos de quelqu’un qui vit dans une maison de verre et qui jette des pierres.

Tout cela se passe au milieu des défis et des problèmes croissants du monde moderne. Nous assistons à un « bras de fer » continu en Ukraine. Le trouble se prépare à la frontière sud de l’UE. Je ne pense pas que les problèmes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord disparaîtront par eux-mêmes. L’UE a formé une nouvelle commission. De nouveaux acteurs étrangers ont émergé, qui feront face à un combat sérieux pour savoir où envoyer leurs ressources de base : soit ce sera pour la poursuite de schémas irresponsables en Ukraine, en Moldavie, etc., c’est-à-dire dans leur partenariat oriental (tel que le préconise une minorité agressive dans l’UE), ou bien ils écouteront les pays d’Europe du Sud et se concentreront sur ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée.

C’est un enjeu majeur pour l’UE.

Jusqu’à présent, ils ne sont pas guidés par de vrais problèmes, mais plutôt par le désir de se saisir rapidement de ce qu’offre un sol fraîchement retourné. C’est déplorable. Exporter des révolutions – qu’elles soient démocratiques, communistes ou autres – n’apporte jamais rien de bon.

Les structures d’État, publiques et civilisationnelles sont effectivement en désintégration dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Etant donnée l’énergie destructrice libérée dans le processus, les flammes pourraient atteindre certains États situés bien au-delà de cette région. Des terroristes (y compris l’État islamique) revendiquent un statut national. De surcroit, ils commencent déjà à créer là-bas des organes quasi-gouvernementaux, qui s’engagent dans le travail administratif.

Sur cette toile de fond, les minorités, y compris les chrétiens, sont bannis. En Europe, ces questions sont réputées non politiquement correctes. Ils ont honte, lorsque nous les invitons à faire quelque chose ensemble à l’OSCE [3]. Ils se demandent : pourquoi devrions-nous nous concentrer spécifiquement sur les chrétiens ? En quoi est-ce spécial ? L’OSCE a organisé une série de manifestations destinées à garder vivant le souvenir de l’Holocauste et de ses victimes. Il y a quelques années, l’OSCE a commencé à animer divers événements contre l’islamophobie. Nous, nous offrirons une analyse des processus menant à la christianophobie.

Les 4 et 5 décembre, des réunions ministérielles de l’OSCE auront lieu à Bâle, où nous allons présenter cette proposition. La majorité des États membres de l’UE éludent ce sujet, parce qu’ils ont honte d’en parler. Tout comme ils avaient honte d’inclure dans ce qui était alors le projet de Constitution européenne, élaboré par Valéry Giscard d’Estaing, une phrase indiquant que l’Europe a des racines chrétiennes.

Si vous ne vous souvenez pas de vos propres racines et traditions ou si vous ne les respectez pas , comment voulez-vous respecter les traditions et les valeurs des autres personnes ? C’est une logique toute simple. En comparant ce qui se passe maintenant au Moyen-Orient à une période de guerres de religion en Europe, le politologue israélien Avineri a déclaré qu’il est peu probable que la crise actuelle prenne fin avec ce que l’Occident veut dire quand il parle de « réformes démocratiques ».

Le conflit israélo-arabe est comme éteint. Il est difficile de jouer plusieurs parties à la fois. C’est ce que les Américains tentent d’accomplir, mais cela ne fonctionne pas pour eux. En 2013, il leur a fallu neuf mois avant de comprendre le conflit israélo-palestinien. Je ne vais pas entrer dans les raisons, elles sont connues, mais là aussi ils ont échoué. A présent, ils ont demandé davantage de temps afin d’essayer de parvenir à des progrès avant la fin de 2014, de sorte que les Palestiniens n’aillent pas à l’ONU signer les Statuts de la Cour pénale internationale, etc. Et tout soudain, voilà qu’on apprend que des négociations sur l’Iran sont en cours. Le Département d’État américain a laissé tomber la Palestine pour se concentrer sur l’Iran.

Le Secrétaire d’État américain John Kerry et moi avons accepté de parler de ce sujet dans quelque temps. Il est important de comprendre que l’on ne peut pas garder le problème de l’État palestinien en état de congélation profonde pour toujours. L’échec de sa résolution depuis près de 70 ans a été un argument majeur de ceux qui recrutent des extrémistes dans leurs rangs : « Il n’y a pas de justice : il avait été promis de créer deux États ; l’État juif a été créé, mais ils ne créeront jamais un État arabe ». Utilisés sur une rue arabe affamée, ces arguments sonnent tout à fait plausibles, et l’on commence à appeler à un combat pour la justice en recourant à d’autres méthodes.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré, lors de la réunion du Club de Valdaï à Sotchi, que nous avons besoin d’une nouvelle version de l’interdépendance. C’était une déclaration tout à fait d’actualité. Les grandes puissances doivent retourner à la table des négociations et se mettre d’accord sur un nouveau cadre de discussion qui prenne en compte les intérêts légitimes fondamentaux de toutes les parties clés (je ne peux pas vous dire comment on devrait l’appeler, mais il devrait en tout cas être fondé sur la Charte des Nations Unies) ; elles devraient se mettre d’accord sur des restrictions auto-imposées raisonnables et sur une gestion collective des risques dans un système de relations internationales soutenues par les valeurs démocratiques. Nos partenaires occidentaux font la promotion du respect de la primauté du droit, de la démocratie et de l’opinion des minorités au sein des différents pays, tout en omettant de défendre les mêmes valeurs dans les affaires internationales. Cela laisse à la Russie le rôle de pionnier dans la promotion de la démocratie, de la justice et de la primauté du droit international. Car un nouvel ordre mondial ne peut être que polycentrique, et il devrait refléter la diversité des cultures et des civilisations dans le monde d’aujourd’hui.

Vous êtes informés de l’engagement de la Russie à garantir l’indivisibilité de la sécurité dans les affaires internationales, et à la maintenir dans le droit international. Je ne m’étendrai pas sur ce point.

Je tiens à soutenir cet argument que le SVOP a souligné, selon lequel la Russie ne parviendra pas à devenir une grande puissance du 21ème siècle qui connaisse succès et confiance, sans développer ses régions orientales. Sergei Karaganov était parmi les premiers à conceptualiser cette idée, et je suis entièrement d’accord. Amener à un nouveau niveau les relations de la Russie avec les pays de la zone Asie-Pacifique est une priorité absolue. C’est dans cette optique que la Russie a travaillé lors de la réunion de l’APEC à Pékin, et lors du forum du G20. Nous allons continuer à aller dans cette direction au sein du nouvel environnement créé par le lancement prochain de l’Union économique eurasiatique (UEEA), le 1er Janvier 2015.

Nous avons été traités comme des « sous-hommes ». Depuis plus d’une décennie, la Russie a tenté d’établir des liens de partenariat avec l’OTAN par le biais de l’OTSC [4]. Il ne s’agissait pas seulement, par ces efforts, de faire jouer l’OTAN et l’OTSC « dans la même catégorie ». C’est un fait, l’OTSC est axée sur la capture des trafiquants de drogue et des migrants illégaux aux alentours de la frontière afghane, tandis que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord est l’épine dorsale des forces de sécurité internationales qui, entre autres choses, ont été chargées de la lutte contre la menace terroriste et de l’élimination de ses programmes de financement, lesquels impliquent le trafic de drogue. Nous avons tout essayé : nous avons plaidé et exigé des contacts en temps réel, de sorte que lorsque l’OTAN vient à détecter une caravane transportant de la drogue et se trouve dans l’incapacité de l’arrêter, elle nous avertisse à travers la frontière, afin que cette caravane puisse être interceptée par les forces de l’OTSC. Ils ont tout simplement refusé de nous parler. Dans des conversations privées, ceux qui nous veulent du bien à l’OTAN (et c’est réellement dans un sens positif que j’entends cela) nous ont dit que c’était pour des raisons idéologiques que l’alliance ne pouvait considérer l’OTSC comme un partenaire à part entière. Jusqu’à récemment, nous avons constaté la même attitude condescendante et arrogante à l’égard de l’intégration économique eurasiatique. Et ce malgré le fait que les pays qui ont l’intention de se joindre à l’UEEA ont beaucoup plus en commun en termes d’économie, d’histoire et de culture, que de nombreux membres de l’UE. Cette union n’a pas pour but la création de barrières avec qui que ce soit. Nous soulignons toujours à quel point nous souhaitons que cette union soit ouverte. Je crois fermement que cela contribuera de façon significative à la construction d’un pont entre l’Europe et l’Asie Pacifique.

Je ne peux pas ne pas mentionner ici le partenariat global de la Russie avec la Chine. D’importantes décisions bilatérales ont été prises, ouvrant la voie à une alliance énergétique entre la Russie et la Chine. Mais il y a plus que cela. Nous pouvons à présent même parler d’une alliance émergente en matière de technologie entre les deux pays. Le tandem que la Russie forme avec Pékin est un facteur crucial pour assurer la stabilité internationale et au moins un certain équilibre dans les affaires internationales, ainsi que pour assurer la primauté du droit international. Nous ferons pleinement usage de nos relations avec l’Inde et le Vietnam, qui sont des partenaires stratégiques de la Russie, ainsi qu’avec les pays de l’ASEAN [5]. Nous sommes également ouverts à l’élargissement de la coopération avec le Japon, si nos voisins japonais peuvent considérer leurs intérêts nationaux et cesser de regarder en arrière en direction de certaines puissances de l’étranger.

Il ne fait aucun doute que l’Union européenne est notre plus important partenaire collectif. Personne n’a l’intention de « se tirer une balle dans le pied » en renonçant à la coopération avec l’Europe, mais il est maintenant clair que la poursuite des affaires courantes telles qu’elles existent n’est plus une option. C’est ce que nos partenaires européens nous disent, mais nous non plus ne voulons pas continuer à faire les choses à l’ancienne. Ils ont cru que la Russie leur devait quelque chose, alors que nous voulons être sur un pied d’égalité avec eux. Pour cette raison, les choses ne seront plus jamais les mêmes. Cela dit, je suis convaincu que nous serons en mesure de surmonter cette période, que les leçons seront apprises et qu’un nouveau fondement de nos relations émergera.

On entend parler ici et là de l’idée de créer un espace économique et humanitaire unique de Lisbonne à Vladivostok ; cette idée gagne du terrain. Le ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, a dit publiquement (nous-mêmes le disons depuis longtemps) que l’UE et l’UEEA devraient engager le dialogue. La déclaration que le président Vladimir Poutine a faite à Bruxelles en janvier 2014, quand il a proposé une première étape avec le lancement de négociations sur une zone de libre-échange entre l’UE et l’Union douanière à l’horizon de 2020, n’est plus considérée comme quelque chose d’exotique. Tout cela est déjà devenu partie intégrante de la diplomatie et de la politique réelle. Bien que cela reste pour le moment au stade des discussions, je crois fermement que nous atteindrons un jour ce que l’on appelle « l’intégration des intégrations ». C’est l’un des principaux sujets que nous voulons promouvoir au sein de l’OSCE lors du Conseil ministériel de Bâle. La Russie est sur le point d’assumer la présidence des BRICS et de l’OCS [6]. Les deux organisations tiendront leurs sommets à Oufa [7]. Ce sont des organisations très prometteuses pour la nouvelle ère qui s’ouvre. Ce ne sont pas des blocs (surtout les BRICS), mais des groupes où les membres partagent les mêmes intérêts, représentant des pays de tous les continents, qui partagent des approches communes concernant l’avenir de l’économie, de la finance et de la politique mondiales.

Traduit par Goklayeh

https://histoireetsociete.wordpress.com/2014/11/28/allocution-prononcee-par-le-ministre-des-affaires-etrangeres-serguei-lavrov-a-la-xxiieme-assemblee-du-conseil-sur-la-politique-etrangere-et-la-defense-a-moscou-le-22-novembre-2014/

Notes :

[1] : le jeu de celui qui se dégonfle le premier, lorsqu’aucun des joueurs n’accepte d’abandonner, quitte à ce que s’ensuive la pire issue possible ; typiquement lorsque deux automobiles se font face et foncent l’une vers l’autre sur une route ou un pont à voie unique, chacun des deux conducteurs repoussant au maximum le moment de donner le coup de volant de côté qui signifiera qu’il a perdu (le premier qui s’écarte, c’est-à-dire abandonne, perd) ; si aucun des joueurs ne consent à abandonner, c’est la collision frontale assurée.

[2] : « Ordre politique et déclin politique : de la révolution industrielle à la globalisation démocratique », paru en septembre 2014 (en anglais).

[3] : L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe : anciennement Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) jusqu’en 1995, l’OSCE est une organisation internationale ayant pour but de favoriser le dialogue et la négociation entre l’Est et l’Ouest. C’est la seule organisation européenne à vocation généraliste ; elle accueille la totalité des États du continent européen, ainsi que ceux qui n’en sont pas, mais qui sont nés de la dissolution de l’Union soviétique.

[4] : L’Organisation du traité de sécurité collective : organisation à vocation politico-militaire regroupant la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, et le Tadjikistan.

[5] : L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, également dénommée ANASE : organisation politique, économique et culturelle regroupant dix pays d’Asie du Sud-Est (Philippines, Indonésie, Malaisie, Singapour, Thaïlande, Brunei, Viêt Nam, Laos, Birmanie (actuel Myanmar) et Cambodge)

[6] : L’Organisation de Coopération de Shanghaï : organisation intergouvernementale régionale asiatique créée en 2001 qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.

[7] : La capitale de la république de Bachkirie, en Russie. Située juste à l’ouest de l’Oural, à mi-distance de Kazan et de Chelyabinsk, la ville est un centre industriel et culturel, et compte 1.106.635 habitants

 ART DE LA GUERRE MONÉTAIRE ET ÉCONOMIQUE

Comment La Russie Et L’Allemagne pourraient sauver l’Europe De La Guerre Par Pepe Escobar

Comment La Russie Et L’Allemagne Pourraient Sauver L’Europe De La Guerre Par Pepe Escobar

Les USA, l’Otan et la Russie sont-ils entraînés dans une folle spirale qui mènera à la guerre en Europe ? La guerre est-elle inévitable ? Loin de là !

Au Pentagone, quatre généraux américains rigolent, dansent et chantent en tirant des bulles de bande dessinées d’une boite étiquetée naphtaline. Les bulles disent : « Russie, accumulation nucléaire ! Course froide aux armements guerre ! Menace nucléaire russe ! » La légende en bas, entourée de notes de musique, dit : « Les jours heureux reviennent… » Caricature de Mike Thompson.
Au Pentagone, quatre généraux américains rigolent, dansent et chantent en tirant des bulles de bande dessinées d’une boite étiquetée naphtaline. Les bulles disent : « Russie, accumulation nucléaire ! Course froide aux armements guerre ! Menace nucléaire russe ! » La légende en bas, entourée de notes de musique, dit : « Les jours heureux reviennent… » Caricature de Mike Thompson.

Petro Porochenko, le vassal propulsé par les USA, qui tient actuellement le premier rôle dans le numéro de danse Les oligarques à l’affiche en Ukraine, a avancé cette semaine la proposition que dans un proche avenir, soit après l’adoption de ses réformes,les Ukrainiens seront appelés à se prononcer sur une intégration à l’Otan.
Un peu de sérieux s’impose ici ! Certains parmi vous connaissent peut-être le concept de shatter belt, utilisé pour décrire les territoires et les peuples historiquement pris en étau entre l’aigle allemand et l’ours russe.
À l’heure actuelle, tous les pays qui répondent à cette description ont rejoint l’Otan, à l’exception de l’Ukraine et de la Biélorussie. Si jamais l’Ukraine intégrait l’Otan dans un avenir hypothétique, cette zone tampon disparaîtrait. L’Otan (lire les USA) s’implanterait ainsi directement à la frontière occidentale de la Russie.
Washington vient d’annoncer son intention de prépositionner d’autres véhicules militaires en Europe, qui seront utilisés au cours d’exercices qualifiés d’opérations militaires potentielles. L’annonce va tout à fait dans le sens de la diatribe incessante provenant du royaume du baratin que forment les groupes de réflexion aux USA, à savoir que les USA seront forcés de rééquilibrer leur engagement envers la sécurité en Europe de l’Est contre une éventuelle agression russe.
Comme l’Ukraine, les pays baltes et la Pologne sont devenus complètement hystériques par rapport à cette agression, la question de la possibilité d’une guerre nucléaire entre les USA et la Russie post-équilibre de la terreur revient fortuitement sur la table. Il existe tout de même un mouvement qui va à contre-courant, formé de nombreux Américains bien informés, qui se demandent pourquoi leur pays devrait payer pour la défense d’une Europe, dont le produit intérieur brut (PIB) est plus important que celui des USA.

Tu veux jouer à la guerre, p’tit gars ?

Passons maintenant à la menace (bidon ou non) d’une guerre nucléaire en Europe. S’il est vain de comparer la capacité nucléaire stratégique des USA et de la Russie en terme de nombre, on peut toujours le faire du point de vue qualitatif.
Prenons le PIB combiné des USA, de la France et de l’Angleterre et comparons-le à celui de la Russie. C’est évidemment la victoire à plate couture des premiers. Sauf que l’examen de l’arsenal nucléaire stratégique révèle une toute autre histoire. Le PIB à lui seul ne permet de gagner absolument rien.
Les élites de Washington et de Wall Street sont aujourd’hui en plein délire paranoïaque à propos d’une guerre nucléaire. Quelques études [1] font toutefois allusion à l’évidence même, soit l’éclatante faiblesse stratégique des USA, ce que n’a pas manqué de souligner la Pravda dans l’article indiqué en note [2].
Énumérons quelques éléments de base :
  • Les missiles balistiques intercontinentaux russes dotés de la technique de mirvage [3], qui atteignent une vitesse d’environ Mach 18. Ces missiles sont plus rapides que tout ce qui se trouve dans l’arsenal des USA. Ils sont en fait imbattables.
  • La double calamité que sont les systèmes de défense antiaérienne S‑400 et S‑500. Moscou a convenu de vendre le S‑400 à la Chine, ce qui rendra celle-ci imperméable à la puissance aérienne, aux missiles balistiques intercontinentaux et aux missiles de croisière des USA. De son côté, la Russie se polarise sur son tout nouveau S‑500, qui donne au système de défense antimissile Patriot l’allure de missiles V2 remontant à la Seconde Guerre mondiale.
  • Le missile Iskander russe, qui atteint une vitesse de Mach 7, qui a une portée de 400 km, dont la charge de 700 kg peut varier et dont la précision est d’environ cinq mètres. Bref, il s’agit d’une arme meurtrière contre des installations aériennes ou l’infrastructure logistique. L’Iskander peut frapper des cibles profondément à l’intérieur de l’Europe.
  • À tout cela s’ajoute le Soukhoï T-50 PAK-FA [4].
Il faudrait que les guignols à l’Otan, qui rêvent d’une guerre contre la Russie, se munissent d’un système de défense à toute épreuve pour venir à bout des Iskanders. Sauf qu’ils n’en ont pas. De plus, ils auraient affaire aux S‑400 que les Russes peuvent déployer sur la totalité du spectre.
Imaginons un instant le déploiement d’un nombre imposant de S-400 dans l’enclave de Kaliningrad. Ce serait assez pour rendre cauchemardesque toute opération aérienne de l’Otan à l’intérieur de l’Europe. D’autant plus que les bons vieux avions de combat de l’Otan coûtent une fortune. Imaginons maintenant les répercussions de centaines d’avions de combat détruits dans une Union européenne déjà dévastée financièrement et blessée à mort sous les coups de l’austérité.
Comme si ce n’était pas assez, personne ne connaît l’étendue exacte des capacités stratégiques de l’Otan. C’est motus et bouche cousue du côté de Bruxelles. Officieusement, ces capacités n’ont pas de quoi émerveiller et les services du renseignement russes le savent très bien.
En supposant que les guignols à l’Otan aient toujours l’intention de jouer à la guerre, Moscou a déjà dit très clairement que la Russie aurait recours à son immense arsenal, comptant plus de 5 000 armes nucléaires tactiques (et à toute autre mesure qui s’impose) pour défendre le pays contre une attaque conventionnelle de l’Otan. Qui plus est, quelques milliers de systèmes S‑400 et S‑500 suffisent pour bloquer une attaque nucléaire des USA.
Ce scénario apocalyptique ne fait même pas mention de l’alliance russo-chinoise, l’événement majeur des années 2010 qui change toute la donne en Eurasie.
Juste au cas où le groupe préconisant le pivot vers l’Asie commencerait aussi à nourrir de drôles d’idées à propos de l’Empire du Milieu, la Chine investit massivement une technologie permettant de faire rebondir des lasers contre des satellites, des missiles antisatellite, des sous-marins silencieux pouvant faire surface juste à côté de porte‑avions américains sans être détectés, ainsi qu’un missile antimissile Made in China, plus rapide que n’importe quel missile balistique intercontinental et capable de frapper un satellite réintégrant l’atmosphère.
Pour résumer, Pékin sait que la flotte de surface des USA est obsolète et indéfendable. Il va de soi aussi que la cadence de la modernisation chinoise dépasse largement celle des USA.

Une proposition modeste

Le baratin répété en boucle aux USA, c’est que la Russie cherche à devenir un empire du XXIe siècle.
Dans son discours que nous avons traduit [5], Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, explique en détail en quoi ces allégations sont de la pure foutaise. Ce qui s’est réellement produit, c’est que Moscou a adroitement dénoncé le bluff inspiré par Zbigniew Brzezinski en Ukraine, avec tous ses tenants et aboutissants. L’Empire du Chaos [6] est furieux et il n’y a rien d’étonnant à cela.

Les guerriers froids. Histoire d'un bras de fer : comment Merkel et Poutine ont amené l'Europe au bord de la catastrophe
Les guerriers froids. Histoire d’un bras de fer : comment Merkel et Poutine ont amené l’Europe au bord de la catastrophe

Il existe pourtant une solution pour mettre fin à cette course effrénée à la logique de guerre. Dans l’article indiqué en note [7], je me suis arrêté à la façon dont Washington joue à la roulette russe. Voici venue l’heure de présenter une proposition modeste, qui a déjà été abordée par quelques analystes que la situation préoccupe aux USA, en Europe et en Asie.
Essentiellement, la proposition est très simple. Tout dépend de l’Allemagne et il ne s’agit que de défaire l’œuvre de Staline.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Staline a ravi la Prusse orientale à l’Allemagne et a transféré la partie orientale de la Pologne à l’Ukraine. L’est de l’Ukraine faisait partie à l’origine du territoire russe et c’est Lénine qui l’a remis à l’Ukraine.
Redonnons donc la Prusse orientale à l’Allemagne, la partie orientale de la Pologne à la Pologne et l’est de l’Ukraine (ainsi que la Crimée, que Khrouchtchev a donné à l’Ukraine) à la Russie.
Tout le monde y trouverait son compte. Fini Staline. Fini les frontières arbitraires. C’est ce que les Chinois qualifieraient de donnant-donnant-donnant. Évidemment, l’Empire du Chaos s’y opposerait à mort. On mettrait ainsi fin à la manipulation du chaos pour justifier une croisade contre une agression russe bidon.
La balle est dans le camp de l’Allemagne. Il revient maintenant aux habitants de la Prusse orientale de présenter les faits à Angela Merkel. Voyons voir si elle va saisir le message.
Pepe Escobar Le 29/11/2014
Traduit par Daniel pour Vineyardsaker.fr
Source : How Russia and Germany may save Europe from war, Russia Today, 28-11-2014
Notes
 [2] Russia prepares nuclear surprise for NATO, Pravda.ru, 12-11-2014
 [3] La technique du mirvage permet d’équiper un missile de plusieurs têtes suivant chacune leur trajectoire en entrant dans l’atmosphère. Wikipédia
 [4] Sukhoï T-50 PAK-FA, AviationsMilitaires.net, 17-09-2014
 [5] Une déclaration de première importance de Sergueï Lavrov, le Saker francophone, 27-11-2014
 [6] Empire of Chaos : The Roving Eye Collection, par Pepe Escobar, Amazon, 2014
 [7] Washington joue à la roulette russe, le Saker francophone, 22-11-2014
 Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

Monnaies libres: Valence du 12 au 15.11.2015 !

C’est officiel : les 6èmes rencontres des monnaies libres auront lieu à l’IUT de Valence ! Et le programme se précise !

Les 12 et 13 Novembre : la technique

Les 2 premières journées seront dédiées aux aspects techniques des premiers logiciels permettant la réalisation des monnaies libres, avec notamment :
  • une présentation de uCoin incluant :
    • des rappels des principes techniques (blockchain, Toile de Confiance, transactions, …)
    • un zoom sur les derniers développements (multi-branches et évolutions du protocole)
    • perspectives à court et moyen terme, dont le potentiel lancement d’une monnaie libre
  • une ou plusieurs présentations des logiciels client permettant d’utiliser une monnaie libre tels Cutecoin et uCoinApps

Le 14 Novembre : jeu Ğeconomicus et travaux pratiques !

Cette journée sera divisée en 2 groupes, selon le niveau de chacun :
  • un 1er groupe participera au jeu Ğeconomicus permettant de révéler le code des systèmes monétaires et de leur implication en termes économiques
  • un 2nd groupe participera à un atelier animé par Stéphane Laborde, l’auteur de la Théorie Relative de la Monnaie, pour les personnes ayant déjà participé au jeu Ğeconomicus. L’atelier, qui nécessitera un tableur pour chacun de ses participants, se propose :
    • d’apprendre à afficher une même monnaie dans différents référentiels (quantitatif, quantitatif à somme nulle, relatif, …)
    • d’établir le lien entre revenu de base par Dividende Universel et revenu de base financé
    • des exemples de valeurs permettront d’établir la double relativité monétaire + valeurs

Le 15 Novembre : toutes contributions !

La dernière journée se veut ouverte à toutes les contributions (qui restent à définir et feront l’objet d’un prochain post) qui peuvent aller :
  • de la manipulation des logiciels Cutecoin et uCoinApps
  • de la présentation d’autres projets autour de la TRM (la TRM en couleurla TRM pour les enfantla TRM en détails, la traduction de la TRM en anglais, le modèle DAC, …)
  • des plateformes d’échange autour de la TRM, des monnaies libres (blogs, forums, …)
  • des questions pratiques pour le lancement de monnaies libres
  • … liste non exhaustive !
Pour tous les détails, suivez le site de connex-asso.net.

5 ans déjà + Maurice Allais

Le 9 octobre 2010, disparaissait Maurice Allais à l’âge respectable de 99 ans, qui avait tout annoncé…
Maurice AllaisC’était le seul prix Nobel d’économie français. Né le 31 mai 1911, il part aux États-Unis dès sa sortie (major X31) de Polytechnique en 1933 pour étudier in situ la Grande Dépression qui a suivi la Crise de 1929. Ironie de l’histoire, il a ainsi pu réaliser une sorte de “jonction” entre les deux Crises majeures du siècle. Son analyse, percutante et dérangeante, n’a malheureusement pas été entendue faute de relais.
Fervent libéral, économiquement comme politiquement, il s’est férocement élevé contre le néo-conservatisme des années 1980, arguant que le libéralisme ne se confondait pas avec une sortie de “toujours mois d’État, toujours plus d’inégalités” – qui est même finalement la définition de l’anarchisme. On se souviendra de sa dénonciation du “libre-échangiste mondialiste, idéologie aussi funeste qu’erronée” et de la “chienlit mondialiste laissez-fairiste”. Il aimait à se définir comme un “libéral socialiste” – définition que j’aime beaucoup à titre personnel.
Il a passé les dernières années de sa vie à promouvoir une autre Europe, bien loin de ce qu’il appelait “l’organisation de Bruxelles”, estimant que la construction européenne avait pervertie avec l’entrée de la Grande-Bretagne puis avec l’élargissement à l’Europe de l’Est.
RIP

Lettre aux français : “Contre les tabous indiscutés”

Le 5 décembre 2009, le journal Marianne a publié le testament politique de Maurice Allais, qu’il a souhaité rédiger sous forme d’une Lettre aux Français.
Je vous conseille de le lire, il est assez court et clair. Je le complète par divers autres textes surtout pour les personnes intéressées – même si cela alourdit le billet.
Maurice Allais
Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.
Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial
La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme » , dénonciation absurde à chaque fois qu’elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d’être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j’ai par le passé nommé « des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années » (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l’actuelle crise : l’organisation du commerce mondial, qu’il faut réformer profondément, et prioritairement à l’autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.
Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres – si ce n’est des écarts plus importants encore – pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d’œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.
Il faut délocaliser Pascal Lamy !
Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m’apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d’aggravation de la situation sociale. À ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d’un contresens incroyable. Tout comme le fait d’attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l’ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l’arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. Comme je l’ai précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ait déclaré : « Aujourd’hui, les leaders du G20 ont clairement indiqué ce qu’ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010 » et qu’il ait demandé une accélération de ce processus de libéralisation m’apparaît une méprise monumentale, je la qualifierais même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant, commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage !
Plus concrètement, les règles à dégager sont d’une simplicité folle : du chômage résulte des délocalisations, elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires… À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. Depuis plus de dix ans, j’ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces « organisations régionales » serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus a certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d’une saine et réelle concurrence entre ses membres associés.
Un protectionnisme raisonné et raisonnable
Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l’est de l’Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d’Afrique ou d’Amérique latine.
L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur. Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services.
De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu’il y ait des mouvements qui se généralisent, j’en suis d’accord, mais ce terme de « bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L’essentiel du chômage que nous subissons —tout au moins du chômage tel qu’il s’est présenté jusqu’en 2008 — résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l’échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu’une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l’est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.
Crise et mondialisation sont liées
Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu’une partie des causes du problème. Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point essentiel qu’est la libéralisation nocive des échanges internationaux, Le gouvernement attribue les conséquences sociales des délocalisations à des causes monétaires, c’est une erreur folle.
Pour ma part, j’ai combattu les délocalisations dans mes dernières publications (2). On connaît donc un peu mon message. Alors que les fondateurs du marché commun européen à six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons ensuite, ouvert l’Europe sans aucune précaution et sans laisser de protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts salariaux si faibles que s’en défendre devenait illusoire. Certains de nos dirigeants, après cela, viennent s’étonner des conséquences !
Si le lecteur voulait bien reprendre mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils n’ont bénéficié que d’un écho de plus en plus limité dans la grande presse. Ce silence conduit à s’interroger.
Un prix Nobel… téléspectateur
Les commentateurs économiques que je vois s’exprimer régulièrement à la télévision pour analyser les causes de l’actuelle crise sont fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n’avaient pas annoncé l’arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d’entre eux rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. Pour ma part, je n’étais pas convié sur les plateaux de télévision quand j’annonçais, et j’écrivais, il y a plus de dix ans, qu’une crise majeure accompagnée d’un chômage incontrôlé allait bientôt se produire, je fais partie de ceux qui n’ont pas été admis à expliquer aux Français ce que sont les origines réelles de la crise alors qu’ils ont été dépossédés de tout pouvoir réel sur leur propre monnaie, au profit des banquiers. Par le passé, j’ai fait transmettre à certaines émissions économiques auxquelles j’assistais en téléspectateur le message que j’étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune réponse, même négative, n’est venue d’aucune chaîne de télévision et ce durant des années.
Cette attitude répétée soulève un problème concernant les grands médias en France : certains experts y sont autorisés et d’autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la manière suivante : je suis un téléspectateur. Un prix Nobel… téléspectateur, Je me retrouve face à ce qu’affirment les spécialistes régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision, tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu’il faut faire. Alors qu’en réalité ils ne comprennent rien. Leur situation rejoint celle que j’avais constatée lorsque je m’étais rendu en 1933 aux États-Unis, avec l’objectif d’étudier la crise qui y sévissait, son chômage et ses sans-abri : il y régnait une incompréhension intellectuelle totale. Aujourd’hui également, ces experts se trompent dans leurs explications. Certains se trompent doublement en ignorant leur ignorance, mais d’autres, qui la connaissent et pourtant la dissimulent, trompent ainsi les Français.
Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent. Des intérêts qui souhaitent que l’ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu’il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale.
Question clé : quelle est la liberté véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au monde de la finance tout autant qu’aux sphères de la politique.
Deuxième question : qui détient de la sorte le pouvoir de décider qu’un expert est ou non autorisé à exprimer un libre commentaire dans la presse ?
Dernière question : pourquoi les causes de la crise telles qu’elles sont présentées aux Français par ces personnalités invitées sont-elles souvent le signe d’une profonde incompréhension de la réalité économique ? S’agit-il seulement de leur part d’ignorance ? C’est possible pour un certain nombre d’entre eux, mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs.
Maurice Allais.
_________________
(1) L’Europe en crise. Que faire ?, éditions Clément Juglar. Paris, 2005.
(2) Notamment La crise mondiale aujourd’hui, éditions Clément Juglar, 1999, et la Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique, éditions Clément Juglar, 1999.
NB : vous pouvez télécharger cet article ici.
Maurice Allais

Présentation par Marianne

Le Prix Nobel iconoclaste et bâillonné
La « Lettre aux Français » que le seul et unique prix Nobel d’économie français a rédigée pour Marianne aura-t-elle plus d’écho que ses précédentes interventions ? Il annonce que le chômage va continuer à croître en Europe, aux États-Unis et dans le monde développé. Il dénonce la myopie de la plupart des responsables économiques et politiques sur la crise financière et bancaire qui n’est, selon lui, que le symptôme spectaculaire d’une crise économique plus profonde : la déréglementation de la concurrence sur le marché mondial de la main-d’œuvre. Depuis deux décennies, cet économiste libéral n’a cessé d’alerter les décideurs, et la grande crise, il l’avait clairement annoncée il y a plus de dix ans.
Éternel casse-pieds
Mais qui connaît Maurice Allais, à part ceux qui ont tout fait pour le faire taire ? On savait que la pensée unique n’avait jamais été aussi hégémonique qu’en économie, la gauche elle-même ayant fini par céder à la vulgate néolibérale. On savait le sort qu’elle réserve à ceux qui ne pensent pas en troupeau. Mais, avec le cas Allais, on mesure la capacité d’étouffement d’une élite habitée par cette idéologie, au point d’ostraciser un prix Nobel devenu maudit parce qu’il a toujours été plus soucieux des faits que des cases où il faut savoir se blottir.
« La réalité que l’on peut constater a toujours primé pour moi. Mon existence a été dominée par le désir de comprendre ce qui se passe, en économie comme en physique ». Car Maurice Allais est un physicien venu à l’économie à la vue des effets inouïs de la crise de 1929. Dès sa sortie de Polytechnique, en 1933, il part aux États-Unis. « C’était la misère sociale, mais aussi intellectuelle : personne ne comprenait ce qui était arrivé. » Misère à laquelle est sensible le jeune Allais, qui avait réussi à en sortir grâce à une institutrice qui le poussa aux études : fils d’une vendeuse veuve de guerre, il a, toute sa jeunesse, installé chaque soir un lit pliant pour dormir dans un couloir. Ce voyage américain le décide à se consacrer à l’économie, sans jamais abandonner une carrière parallèle de physicien reconnu pour ses travaux sur la gravitation. Il devient le chef de file de la recherche française en économétrie, spécialiste de l’analyse des marchés, de la dynamique monétaire et du risque financier. Il rédige, pendant la guerre, une théorie de l’économie pure qu’il ne publiera que quarante ans plus lard et qui lui vaudra le prix Nobel d’économie en 1988. Mais les journalistes japonais sont plus nombreux que leurs homologues français à la remise du prix : il est déjà considéré comme un vieux libéral ringardisé par la mode néolibérale.
Car, s’il croit à l’efficacité du marché, c’est à condition de le « corriger par une redistribution sociale des revenus illégitimes ». Il a refusé de faire partie du club des libéraux fondé par Friedrich von Hayek et Milton Friedman : ils accordaient, selon lui, trop d’importance au droit de propriété… « Toute ma vie d’économiste, j’ai vérifié la justesse de Lacordaire : entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la règle qui libère”, précise Maurice Allais, dont Raymond Aron avait bien résumé la position : « Convaincre des socialistes que le vrai libéral ne désire pas moins qu’eux la justice sociale, et des libéraux que l’efficacité de l’économie de marché ne suffit plus à garantir une répartition acceptable des revenus. » Il ne convaincra ni les uns ni les autres, se disant « libéral et socialiste ».
Éternel casse-pieds inclassable. Il aura démontré la faillite économique soviétique en décryptant le trucage de ses statistiques. Favorable à l’indépendance de l’Algérie, il se mobilise en faveur des harkis au point de risquer l’internement administratif. Privé de la chaire d’économie de Polytechnique car trop dirigiste, « je n’ai jamais été invité à l’ENA, j’ai affronté des haines incroyables ! » Après son Nobel, il continue en dénonçant « la chienlit laisser-fairiste » du néolibéralisme triomphant. Seul moyen d’expression : ses chroniques touffues publiées dans le Figaro, où le protège Alain Peyrefitte. À la mort de ce dernier, en 1999, il est congédié comme un malpropre.
Il vient de publier une tribune alarmiste dénonçant une finance de « casino» : « L’économie mondiale tout entière repose aujourd’hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un équilibre fragile, jamais dans le passé une pareille accumulation de promesses de payer ne s’était constatée. Jamais, sans doute, il est devenu plus difficile d’y faire face, jamais, sans doute, une telle instabilité potentielle n’était apparue avec une telle menace d’un effondrement général. » Propos développés l’année suivante dans un petit ouvrage très lisible* qui annonce l’effondrement financier dix ans à l’avance. Ses recommandations en faveur d’un protectionnisme européen, reprises par Chevènement et Le Pen, lui valurent d’être assimilé au diable par les gazettes bien-pensantes. En 2005, lors de la campagne sur le référendum européen, le prix Nobel veut publier une tribune expliquant comment Bruxelles, reniant le marché commun en abandonnant la préférence communautaire, a brisé sa croissance économique et détruit ses emplois, livrant l’Europe au dépeçage industriel : elle est refusée partout, seule l’Humanité accepte de la publier…
Aujourd’hui, à 98 ans, le vieux savant pensait que sa clairvoyance serait au moins reconnue. Non, silence total, à la notable exception du bel hommage que lui a rendu Pierre-Antoine Delhommais dans le Monde. Les autres continuent de tourner en rond, enfermés dans leur « cercle de la raison » •
Éric Conan
* La Crise mondiale aujourd’hui, éditions Clément Juglar, 1999.
Source : Marianne, n°659, décembre 2009.
Maurice Allais

Extraits choisis

J’ai repris certains de ces extraits dans mon livre STOP ! Tirons les leçons de la Crise.
« Depuis deux décennies une nouvelle doctrine s’est peu à peu imposée, la doctrine du libre-échange mondialiste impliquant la disparition de tout obstacle aux libres mouvements des marchandises, des services et des capitaux. Suivant cette doctrine, la disparition de tous les obstacles à ces mouvements serait une condition à la fois nécessaire et suffisante d’une allocation optimale des ressources à l’échelle mondiale. Tous les pays et, dans chaque pays, tous les groupes sociaux verraient leur situation améliorée. Le marché, et le marché seul, était considéré comme pouvant conduire à un équilibre stable, d’autant plus efficace qu’il pouvait fonctionner à l’échelle mondiale. En toutes circonstances, il convenait de se soumettre à sa discipline. […]
Les partisans de cette doctrine, de ce nouvel intégrisme, étaient devenus aussi dogmatiquesque les partisans du communisme avant son effondrement définitif avec la chute du Mur de Berlin en 1989. […]
Suivant une opinion actuellement dominante, le chômage, dans les économies occidentales, résulterait essentiellement de salaires réels trop élevés et de leur insuffisante flexibilité, du progrès technologique accéléré qui se constate dans les secteurs de l’information et des transports, et d’une politique monétaire jugée indûment restrictive.
En fait, ces affirmations n’ont cessé d’être infirmées aussi bien par l’analyse économique que par les données de l’observation. La réalité, c’est que la mondialisation est la cause majeure du chômage massif et des inégalités qui ne cessent de se développer dans la plupart des pays. Jamais, des erreurs théoriques n’auront eu autant de conséquences aussi perverses. […]
La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme », dénonciation absurde à chaque fois qu’elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d’être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j’ai par le passé nommé « des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années ». Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres.
Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorancede l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres – si ce n’est des écarts plus importants encore – pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas.
Toute cette analyse montre que la libéralisation totale des mouvements de biens, de services et de capitaux à l’échelle mondiale, objectif affirmé de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à la suite du GATT, doit être considérée à la fois comme irréalisable, comme nuisible, et comme non souhaitable. […]
Plus concrètement, les règles à dégager sont d’une simplicité folle : du chômage résulte des délocalisations, elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires… À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. […]
En fait, on ne saurait trop le répéter, la libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible et n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux, groupant des pays économiquement et politiquement associés, de développement économique et social comparable, tout en assurant un marché suffisamment large pour que la concurrence puisse s’y développer de façon efficace et bénéfique. […]
Chaque organisation régionale doit pouvoir mettre en place dans un cadre institutionnel, politique et éthique approprié une protection raisonnable vis-à-vis de l’extérieur. Cette protection doit avoir un double objectif :
– éviter les distorsions indues de concurrence et les effets pervers des perturbations extérieures;
– rendre impossibles des spécialisations indésirables et inutilement génératrices de déséquilibres et de chômage, tout à fait contraires à la réalisation d’une situation d’efficacité maximale à l’échelle mondiale, associée à une répartition internationale des revenus communément acceptable dans un cadre libéral et humaniste.
Dès que l’on transgresse ces principes, une mondialisation forcenée et anarchique devient un fléau destructeur, partout où elle se propage. […]
L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur. Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts […]. Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services. »
« En réalité, ceux qui, à Bruxelles et ailleurs, au nom des prétendues nécessités d’un prétendu progrès, au nom d’un libéralisme mal compris, et au nom de l’Europe, veulent ouvrir l’Union Européenne à tous les vents d’une économie mondialiste dépourvue de tout cadre institutionnel réellement approprié et dominée par la loi de la jungle, et la laisser désarmée sans aucune protection raisonnable ; ceux qui, par là même, sont d’ores et déjà personnellement et directement responsables d’innombrables misères et de la perte de leur emploi par des millions de chômeurs, ne sont en réalité que les défenseurs d’une idéologie abusivement simplificatrice et destructrice, les hérauts d’une gigantesque mystification. […]
Au nom d’un pseudo-libéralisme, et par la multiplication des déréglementations, s’est installée peu à peu une espèce de chienlit mondialiste laissez-fairiste. Mais c’est là oublier que l’économie de marché n’est qu’un instrument et qu’elle ne saurait être dissociée de son contexte institutionnel et politique et éthique. Il ne saurait être d’économie de marché efficace si elle ne prend pas place dans un cadre institutionnel et politique approprié, et une société libérale n’est pas et ne saurait être une société anarchique.
Cette domination se traduit par un incessant matraquage de l’opinion par certains médias financés par de puissants lobbies plus ou moins occultes. Il est pratiquement interdit de mettre en question la mondialisation des échanges comme cause du chômage.
Personne ne veut, ou ne peut, reconnaître cette évidence : si toutes les politiques mises en œuvre depuis trente ans ont échoué, c’est que l’on a constamment refusé de s’attaquer à la racine du mal, la libéralisation mondiale excessive des échanges. Les causes de nos difficultés sont très nombreuses et très complexes, mais une d’elles domine toutes les autres : la suppression progressive de la Préférence Communautaire à partir de 1974 par “l’Organisation de Bruxelles” à la suite de l’entrée de la Grande Bretagne dans l’Union Européenne en 1973.
La mondialisation de l’économie est certainement très profitable pour quelques groupes de privilégiés. Mais les intérêts de ces groupes ne sauraient s’identifier avec ceux de l’humanité tout entière. Une mondialisation précipitée et anarchique ne peut qu’engendrer partout instabilité, chômage, injustices, désordres, et misères de toutes sortes, et elle ne peut que se révéler finalementdésavantageuse pour tous les peuples.»
« En réalité, l’économie mondialiste qu’on nous présente comme une panacée ne connaît qu’un seul critère, “l’argent”. Elle n’a qu’un seul culte, “l’argent”. Dépourvue de toute considération éthique, elle ne peut que se détruire elle-même.
Partout se manifeste une régression des valeurs morales, dont une expérience séculaire a montré l’inestimable et l’irremplaçable valeur. Le travail, le courage, l’honnêteté ne sont plus honorés. La réussite économique, fondée trop souvent sur des revenus indus, ne tend que trop à devenir le seul critère de la considération publique.
En engendrant des inégalités croissantes et la suprématie partout du culte de l’argent avec toutes ses implications, le développement d’une politique de libéralisation mondialiste anarchique a puissamment contribué à accélérer la désagrégation morale des sociétés occidentales. »
[Maurice Allais, extraits rédigés entre 1990 et 2009]
Maurice Allais« Cette doctrine [la « chienlit mondialiste laissez-fairiste »] a été littéralement imposée aux gouvernements américains successifs, puis au monde entier, par les multinationales américaines, et à leur suite par les multinationales dans toutes les parties du monde, qui en fait détiennent partout en raison de leur considérable pouvoir financier et par personnes interposées la plus grande partie du pouvoir politique. La mondialisation, on ne saurait trop le souligner, ne profite qu’aux multinationales. Elles en tirent d’énormes profits.
Cette évolution s’est accompagnée d’une multiplication de sociétés multinationales ayant chacune des centaines de filiales, échappant à tout contrôle, et elle ne dégénère que trop souvent dans le développement d’un capitalisme sauvage et malsain. […]
Cette ignorance [des ressorts véritables de la crise actuelle par les « experts » officiels] et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent. Des intérêts qui souhaitent que l’ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu’il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale. » [Maurice Allais, 1998 et 2009]
L’analyse de Maurice Allais sur la création monétaire
 « En fait, sans la création de monnaie et de pouvoir d’achat ex nihilo que permet le système du crédit, jamais les hausses extraordinaires des cours de bourse que l’on constate avant les grandes crises ne seraient possibles, car à toute dépense consacrée à l’achat d’actions, par exemple, correspondrait quelque part une diminution d’un montant équivalent de certaines dépenses, et tout aussitôt se développeraient des mécanismes régulateurs tendant à enrayer toute spéculation injustifiée.
Qu’il s’agisse de la spéculation sur les monnaies ou de la spéculation sur les actions, ou de la spéculation sur les produits dérivés, le monde est devenu un vaste casino où les tables de jeu sont réparties sur toutes les longitudes et toutes les latitudes. Le jeu et les enchères, auxquelles participent des millions de joueurs, ne s’arrêtent jamais. Aux cotations américaines se succèdent les cotations à Tokyo et à Hongkong, puis à Londres, Francfort et Paris.
Partout, la spéculation est favorisée par le crédit puisqu’on peut acheter sans payer et vendre sans détenir. On constate le plus souvent une dissociation entre les données de l’économie réelle et les cours nominaux déterminés par la spéculation.
Sur toutes les places, cette spéculation, frénétique et fébrile, est permise, alimentée et amplifiée par le crédit. Jamais dans le passé elle n’avait atteint une telle ampleur.
L’économie mondiale tout entière repose aujourd’hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un équilibre fragile. Jamais dans le passé une pareille accumulation de promesses de payer ne s’était constatée. Jamais sans doute il n’est devenu plus difficile d’y faire face. Jamais sans doute une telle instabilité potentielle n’était apparue avec une telle menace d’un effondrement général.
Toutes les difficultés rencontrées résultent de la méconnaissance d’un fait fondamental, c’est qu’aucun système décentralisé d’économie de marchés ne peut fonctionner correctement si la création incontrôlée ex-nihilo de nouveaux moyens de paiement permet d’échapper, au moins pour un temps, aux ajustements nécessaires. […]
Au centre de toutes les difficultés rencontrées, on trouve toujours, sous une forme ou une autre, le rôle néfaste joué par le système actuel du crédit et la spéculation massive qu’il permet. Tant qu’on ne réformera pas fondamentalement le cadre institutionnel dans lequel il joue, on rencontrera toujours, avec des modalités différentes suivant les circonstances, les mêmes difficultés majeures. Toutes les grandes crises du XIXe et du XXe siècle ont résulté du développement excessif des promesses de payer et de leur monétisation.
Particulièrement significative est l’absence totale de toute remise en cause du fondement même du système de crédit tel qu’il fonctionne actuellement, savoir la création de monnaie ex-nihilo par le système bancaire et la pratique généralisée de financements longs avec des fonds empruntés à court terme.
En fait, sans aucune exagération, le mécanisme actuel de la création de monnaie par le crédit est certainement le “cancer” qui ronge irrémédiablement les économies de marchés de propriété privée. […]
Que les bourses soient devenues de véritables casinos, où se jouent de gigantesques parties de poker, ne présenterait guère d’importance après tout, les uns gagnant ce que les autres perdent, si les fluctuations générales des cours n’engendraient pas, par leurs implications, de profondes vagues d’optimisme ou de pessimisme qui influent considérablement sur l’économie réelle. […] Le système actuel est fondamentalement anti-économique et défavorable à un fonctionnement correct des économies. Il ne peut être avantageux que pour de très petites minorités. »
[Maurice Allais, La Crise mondiale d’aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires, 1998]
« Ce qui, pour l’essentiel, explique le développement de l’ère de prospérité générale, aux États-Unis et dans le monde, dans les années qui ont précédé le krach de 1929, c’est l’ignorance, une ignorance profonde de toutes les crises du XIXème siècle et de leur signification réelle. En fait, toutes les grandes crises des XIXème et XXème siècles ont résulté du développement excessif des promesses de payer et de leur monétisation. Partout et à toute époque, les mêmes causes génèrent les mêmes effets et ce qui doit arriver arrive. » [Maurice Allais]
« Ce livre est dédié aux innombrables victimes dans le monde entier de l’idéologie libre-échangiste mondialiste, idéologie aussi funeste qu’erronée, et à tous ceux que n’aveugle pas quelque passion partisane. » [Maurice Allais, prix Nobel d’économie en 1988, préface de La mondialisation : La destruction des emplois et de la croissance, l’évidence empirique, 1999]
Le libéralisme contre le laissez-fairisme
« Les premiers libéraux ont commis une erreur fondamentale en soutenant que le régime de laisser-faire constituait un état économique optimum. » [Maurice Allais, Traité d’économie pure, 1943]
« Le libéralisme ne saurait se réduire au laissez-faire économique ; c’est avant tout une doctrine politique, et le libéralisme économique n’est qu’un moyen permettant à cette politique de s’appliquer efficacement dans le domaine économique. Originellement, d’ailleurs, il n’y avait aucune contradiction entre les aspirations du socialisme et celles du libéralisme.
La confusion actuelle du libéralisme et du laissez-fairisme constitue un des plus grands dangers de notre temps. Une société libérale et humaniste ne saurait s’identifier à une société laxiste, laissez-fairiste, pervertie, manipulée, ou aveugle.
La confusion du socialisme et du collectivisme est tout aussi funeste.
En réalité, l’économie mondialiste qu’on nous présente comme une panacée ne connait qu’un critère, “l’argent”. Elle n’a qu’un seul culte, “l’argent”. Dépourvue de toute considération éthique, elle ne peut que se détruire elle-même.
Les perversions du socialisme ont entrainé l’effondrement des sociétés de l’Est. Mais les perversions laissez-fairistes d’un prétendu libéralisme mènent à l’effondrement des sociétés occidentales. » [Maurice Allais, Nouveaux combats pour l’Europe, 2002]
« Une proposition enseignée et admise sans discussion dans toutes les universités américaines et à leur suite dans toutes les universités du monde entier : “Le fonctionnement libre et spontané du marché conduit à une allocation optimale des ressources”.
C’est là le fondement de toute la doctrine libre-échangiste dont l’application aveugle et sans réserve à l’échelle mondiale n’a fait qu’engendrer partout désordres et misères de toutes sortes.
Or, cette proposition, admise sans discussion, est totalement erronée, et elle-ne fait que traduire une totale ignorance de la théorie économique chez tous ceux qui l’ont enseignée en la présentant comme une acquisition fondamentale et définitivement établie de la science économique.
Cette proposition repose essentiellement sur la confusion de deux concepts différents : le concept d’efficacité maximale de l’économie et le concept d’une répartition optimale des revenus.
En fait, il n’y a pas une situation d’efficacité maximale, mais une infinité de telles situations. La théorie économique permet de définir sans ambiguïté les conditions d’une efficacité maximale, c’est-à-dire d’une situation sur la frontière entre les situations possibles et les situations impossibles. Par contre et par elle-même, elle ne permet en aucune façon de définir parmi toutes les situations d’efficacité maximale celle qui doit être considérée comme préférable. Ce choix ne peut être effectué qu’en fonction de considérations éthiques et politiques relatives à la répartition des revenus et à l’organisation de la société.
De plus, il n’est même pas démontré qu’à partir d’une situation initiale donnée le fonctionnement libre des marchés puisse mener le monde à une situation d’efficacité maximale.
Jamais des erreurs théoriques n’auront eu autant de conséquences aussi perverses. » [Maurice Allais, Discours à l’UNESCO du 10 avril 1999]
La théorie contre les faits
« C’est toujours le phénomène concret qui décide si une théorie doit être acceptée ou repoussée. Il n’y a pas, et il ne peut y avoir d’autre critère de la vérité d’une théorie que son accord plus ou moins parfait avec les phénomènes observés. Trop d’experts n’ont que trop tendance à ne pas tenir compte des faits qui viennent contredire leurs convictions.
À chaque époque, les conceptions minoritaires n’ont cessées d’être combattues et rejetées par la puissance tyrannique des “vérités établies”. De tout temps, un fanatisme dogmatique et intolérant n’a cessé de s’opposer aux progrès de la science et à la révision des postulats correspondant aux théories admises et qui venaient les invalider. […] En fait, le consentement universel, et a fortiori celui de la majorité, ne peuvent jamais être considérés comme des critères de la vérité. En dernière analyse, la condition essentielle du progrès, c’est une soumission entière aux enseignements de l’expérience, seule source réelle de notre connaissance. […]
Tôt ou tard, les faits finissent par l’emporter sur les théories qui les nient. La science est en perpétuel devenir. Elle finit toujours par balayer les “vérités établies”.
Depuis les années 1970, un credo s’est peu à peu imposé : la mondialisation est inévitable et souhaitable ; elle seule peut nous apporter la prospérité et l’emploi.
Bien que très largement majoritaire, cette doctrine n’a cependant cessé d’être contredite par le développement d’un chômage persistant qu’aucune politique n’a pu réduire, faute d’un diagnostic correct.
N’en doutons pas, comme toutes les théories fausses du passé, cette doctrine finira par être balayée par les faits, car les faits sont têtus. » [Maurice Allais, Nouveaux combats pour l’Europe, 2002]
« Si utiles et si compétents que puissent être les experts, si élaborés que puissent être leurs modèles, tous ceux qui les consultent doivent rester extrêmement prudents. Tout organisme qui emploie une équipe pour l’établissement de modèles prévisionnels ou décisionnels serait sans doute avisé d’en employer une autre pour en faire la critique, et naturellement de recruter cette équipe parmi ceux qui ne partagent pas tout-à-fait les convictions de la première. » [Maurice Allais, Conférence du 23/10/1967, « L’Économique en tant que Science »]
« Si les taux de change ne correspondent pas à l’équilibre des balances commerciales, le libre-échange ne peut être que nuisible et fondamentalement désavantageux pour tous les pays participants. » [Maurice Allais, Combats pour l’Europe, 1994]
Une application erronée d’une théorie correcte : la théorie des coûts comparés.
« La justification de la politique de libre-échange mondialisé de l’OMC se fonde dans ses principes sur la théorie des coûts comparés présentée par Ricardo en 1817. [NDR : elle explique que, dans un contexte de libre-échange, chaque pays, s’il se spécialise dans la production pour laquelle il dispose de la productivité la plus forte ou la moins faible, comparativement à ses partenaires, accroîtra sa richesse nationale. Ricardo donne l’exemple de l’avantage comparatif du vin pour le Portugal, et des draps pour l’Angleterre]
Mais ce modèle repose sur une hypothèse essentielle, à savoir que la structure des coûts comparatifs reste invariable au cours du temps. En fait, il n’en est ainsi que dans le cas des ressources naturelles. […] Par contre, dans le domaine industriel, aucun avantage comparatif ne saurait être considéré comme permanent. Chaque pays aspire légitimement à rendre ses industries plus efficaces, et il est souhaitable qu’il puisse y réussir. Il résulte de là que la diminution ou la disparition de certaines activités dans un pays développé en raison des avantages comparatifs d’aujourd’hui pourront se révéler demain fondamentalement désavantageuses dès lors que ces avantages comparatifs disparaitront et qu’il faudra rétablir ces activités. Tel est le cas, par exemple aujourd’hui en France de la sidérurgie, du textile, de la construction navale. […]
Même lorsqu’il existe des avantages comparatifs de caractère permanent, il peut être tout à fait contre-indiqué de laisser s’établir les spécialisations qui seraient entrainées par une politique généralisée de libre-échange. Ainsi dans le cas de l’agriculture, le libre-échange n’aurait d’autre effet que de faire disparaitre presque totalement l’agriculture de l’Union européenne [ce qui serait] de nature à compromettre son indépendance en matière alimentaire. […]
Bien plus encore, la théorie simpliste et naïve du commerce international sur laquelle s’appuient les grands gourous du libre-échange mondialiste néglige complètement les coûts externes et les coûts de transition, et elle ne tient aucun compte des coûts psychologiques, très supérieurs aux coûts monétaires, subis par tous ceux que la libéralisation des échanges condamne au chômage et à la détresse. [Maurice Allais, prix Nobel d’économie en 1988, préface de La mondialisation : La destruction des emplois et de la croissance, l’évidence empirique, 1999]
« La concurrence est naturellement malfaisante. Elle devient bienfaisante lorsqu’elle s’exerce dans le cadre juridique qui la plie aux exigences de l’optimum du rendement social. » [Maurice Allais, 1943]
« Je suis convaincu qu’aucune société ne peut longtemps survivre si trop d’injustices sont tolérées. » [Maurice Allais, La lutte contre les inégalités, le projet d’un impôt sur les grosses fortunes et la réforme de la fiscalité, 1979]
« Notre société parait évoluer lentement, mais sûrement, vers une organisation de plus en plus rigide, vers certaines formes de corporatisme, comme celles qui les ont enserrées dans leurs carcans pendant tant de siècles, et que Turgot dénonçait à la veille de la Révolution française. Elle parait se diriger presque inéluctablement vers des systèmes antidémocratiques, tout simplement parce que l’incompréhension de la nature véritable d’un ordre libéral et l’ignorance rendent son fonctionnement impossible, parce que la démocratie, telle qu’elle parait entendue aujourd’hui, mène au désordre, et que des millions d’hommes, pénétrés d’idéologies irréalisables, ne pourront survivre que dans le cadre de régimes centralisés et autoritaires.
Nous visons des temps à de nombreux points semblables à ceux qui ont précédé ou accompagné la décadence de l’empire romain. […] Aujourd’hui comme alors, des féodalités ploutocratiques, politicocratiques et technocratiques s’emparent de l’État. […] Aujourd’hui comme alors, nous assistons indifférents et sans la comprendre, à une transformation profonde de la société qui, si elle se poursuit, entrainera inévitablement la fin de notre civilisation.
Le pessimisme que peut suggérer cette analyse ne conduit pas nécessairement à l’inaction : l’avenir dépend encore, pour une large part, de ce que nous ferons. Mais ceux qui sont réellement attachés à une société libre seront-ils assez lucides, seront-ils capables d’apercevoir les sources réelles de nos maux et les moyens d’y remédier, consentiront-ils à l’effort nécessaire, d’une ampleur tout à fait exceptionnelle, qui pourrait, peut-être, sauvegarder les conditions d’une société libre ?
Le passé ne nous offre que trop d’exemples de sociétés qui se sont effondrées pour n’avoir su ni concevoir, ni réaliser les conditions de leur survie. » [Maurice Allais, conclusion de L’impôt sur le capital et la réforme monétaire, 1977]
Maurice Allais 1943

Sa dernière interview

Extraits de la dernière interview de Maurice Allais, réalisée l’été 2010 par Lise Bourdeau-Lepage et Leïla Kebir pour Géographie, économie, société, 2010/2
L’origine de mon engagement est sans conteste la crise de 1929. […] Étant sorti major de ma promotion, j’ai pu faire en sorte qu’une bourse d’étude universitaire soit attribuée à plusieurs élèves pour que nous effectuions un voyage d’étude sur place, à l’été 1933. Le spectacle sur place était saisissant. On ne pourrait se l’imaginer aujourd’hui. La misère et la mendicité était présentes partout dans les rues, dans des proportions incroyables. Mais ce qui fut le plus étonnant était l’espèce de stupeur qui avait gagné les esprits, une sorte d’incompréhension face aux évènements qui touchait non seulement l’homme de la rue mais aussi les universitaires, car notre programme de voyage comprenait des rencontres dans de grandes universités : tous nos interlocuteurs semblaient incapables de formuler une réponse. Ma vocation est venue de ce besoin d’apporter une explication, pour éviter à l’avenir la répétition de tels évènements. […] Pour moi, ce qui compte avant tout dans l’économie et la société, c’est l’homme. […]
Beaucoup de gens se sont mépris sur mon compte. Je me revendique d’inspiration à la fois libérale et sociale. Mais de nombreux observateurs ne voient qu’un seul de ces aspects, selon ce qu’ils ont envie de regarder. Par ailleurs, j’ai constamment cherché à lutter contre les idéologies dominantes, et mes combats ont évolué en fonction de l’évolution parallèle de ces dogmes successifs. Ceci explique en grande partie les incompréhensions car on n’observe alors que des bribes incomplètes. […]
{Question : Vous soutenez par exemple, à propos de l’impôt, qu’il faudrait ne pas imposer le revenu du travail mais par contre taxer complètement l’héritage. Pouvez-vous expliquer cette position qui peut paraître très iconoclaste pour bon nombre d’économistes ?}
J’ai qualifié l’impôt sur le revenu de système anti-économique et anti-social, car il est assis sur le travail physique ou intellectuel, sur l’effort, sur le courage. Il est l’expression d’une forme d’iniquité. Baser la fiscalité sur les activités créatrices de richesse est un non sens, tandis que ce que j’ai nommé les revenus « non gagnés » sont pour leur part trop protégés : à savoir par exemple l’appropriation privée des rentes foncières, lorsque la valeur ou le revenu des terrains augmente sans que cette hausse ne résulte d’un quelconque mérite de son propriétaire, mais de décisions de la collectivité ou d’un accroissement de la population. […]
Je crains que l’économie et la société aient eu durant ces dernières décennies une tendance régulière à oublier le rôle central de la morale, qui est une forme de philosophie de la vie en collectivité. […]
J’ai depuis toujours, et surtout depuis plus de vingt ans, suggéré des modifications en profondeur des systèmes financiers et bancaires, ainsi que des règles du commerce international. Il faut réformer les banques, réformer le crédit, réformer le mode de création de la monnaie, réformer la bourse et son fonctionnement aberrant, réformer l’OMC et le FMI, car tout se tient. Leur organisation actuelle est directement à l’origine non
seulement de la crise, mais des précédentes, et des suivantes si l’ont n’agit pas. Mes propositions existent et il aurait suffi de s’y référer. Mais ce qui manque est la volonté. Les gouvernements n’écoutent que les conseillers qui sont trop proches des milieux financiers ou économiques en place. On ne cherche pas à s’adresser à des experts plus indépendants. […]
Les mathématiques ont pris au fil du temps une place excessive, particulièrement dans leurs applications financières. Il ne faut pas imaginer que ceci a toujours existé. […] Mais par la suite, des économistes ont détourné ces apports, qui sont devenus des instruments pour imposer une analyse, mais sans chercher à la confronter à la réalité. De même, l’utilisation de certains modèles a causé des torts importants à Wall Street. Je rappelle d’ailleurs avoir de longue date demandé une révision de ces comportements, et par exemple l’interdiction des programmes informatiques automatiques qui sont utilisés par les financiers pour spéculer en Bourse.

Liens

Un lien vers des extraits de sa vision sur “la mondialisation, le chômage et les impératifs de l’humanisme
Vous trouverez ici une synthèse de son excellent livre de 1998 La crise mondiale d’aujourd’huique je vous recommande particulièrement, pour comprendre la crise actuelle (épuisé, donc à voir d’occasion).
Vous trouverez ici une synthèse de son livre L’Europe en crise
Ici un lien vers son article de 2005 : Les effets destructeurs de la Mondialisation

Épilogue

Je signale enfin que la fille de Maurice Allais travaille actuellement (avec difficultés) à la création d’une fondation afin de perpétuer le savoir du grand Maurice Allais. Elle se bat aussi pour préserver sa très riche bibliothèque de plus de 12 000 livres…
Plus d’informations sur sa page Wikipedia et sur l’Association AIRAMA qui lui est consacrée.

http://www.les-crises.fr/le-testament-de-maurice-allais/

Maurice Allais

12 réponses à [5 ans déjà] Le testament de Maurice Allais (1911-2010)

Commentaires recommandés

KiwixarLe 09 octobre 2015 à 07h07

Plutôt que d’imposer très fortement les très hauts revenus, pourquoi ne pas tout simplement les rendre impossibles et illégaux? Au-delà d’un certain ratio revenus min/max et capital min/max, les salaires hauts deviennent des nuisances sur tous les plans pour l’entreprise, le pays et la société : contrôle des gouvernements, obsolescence programmée, destruction de la planète, robotique et automatisation mais toujours 35-40h par semaine pour les gueux, etc, la liste est très longue.
Il faut garder une forme de motivation pour ceux qui veulent entreprendre, créer et inventer (sachant qu’une grande partie des bons inventeurs/trouveurs ne le font pas pour l’argent) pour éviter le piège du communisme (aucune motivation), mais il faut mettre des limites hautes. Pas très hautes, style x50 pour le ratio revenus min/max dans un pays, et 1 ou 2 millions d’euros de capital hors résidence principale. Ca ferait 99% d’heureux dans le pays, et les 1% à qui ça plaît pas parce qu’ils aiment être riches dans un océan de misère, qu’ils s’en aillent.
  1. OutisLe 09 octobre 2015 à 05h54

    Afficher/Masquer

    Bonjour,
    il y a une preuve a contrario de ce que dit Allais, c’est qu’on ne l’écoute pas.
    L’impôt sur le revenu est mauvais, c’est certain, surtout si on est obligé de
    faire des économies pour le payer. Je suis pour imposer le revenu non
    dépensé (l’imposition dans les tranches hautes pouvant atteindre 99.9.. %).
    Cela implique aussi une nationalisation complète du circuit financier,
    des élections à étages sans candidats, etc.
    • KiwixarLe 09 octobre 2015 à 07h07

      Afficher/Masquer

      Plutôt que d’imposer très fortement les très hauts revenus, pourquoi ne pas tout simplement les rendre impossibles et illégaux? Au-delà d’un certain ratio revenus min/max et capital min/max, les salaires hauts deviennent des nuisances sur tous les plans pour l’entreprise, le pays et la société : contrôle des gouvernements, obsolescence programmée, destruction de la planète, robotique et automatisation mais toujours 35-40h par semaine pour les gueux, etc, la liste est très longue.
      Il faut garder une forme de motivation pour ceux qui veulent entreprendre, créer et inventer (sachant qu’une grande partie des bons inventeurs/trouveurs ne le font pas pour l’argent) pour éviter le piège du communisme (aucune motivation), mais il faut mettre des limites hautes. Pas très hautes, style x50 pour le ratio revenus min/max dans un pays, et 1 ou 2 millions d’euros de capital hors résidence principale. Ca ferait 99% d’heureux dans le pays, et les 1% à qui ça plaît pas parce qu’ils aiment être riches dans un océan de misère, qu’ils s’en aillent.
      • KiwixarLe 09 octobre 2015 à 07h16

        Afficher/Masquer

        “qu’ils s’en aillent” : … après avoir remboursé le coût de l’éducation gratuite dont ils ont profité pendant 20 ans, des services de santé gratuite dont ils ont profité pendant 30 ans, de leurs routes gratuites, de leurs ponts qui ne tombent pas…. au prix de l’endroit où ils émigrent (généralement 500 USD pour 15 minutes avec un gynécologue etc.)
  2. LBSSOLe 09 octobre 2015 à 06h50

    Afficher/Masquer

    “…. libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine.”
    Après avoir abandonné le thème de la Laïcité à qui vous savez, laissé l’Egalité aux égalitaristes, sifflé et oublié la Fraternité, confondu néolibéralisme et Libéral , la gauche est dans une impasse.
    JE SUIS LIBERAL ;-)
    • couci couçaLe 09 octobre 2015 à 08h28

      Afficher/Masquer

      Le véritable libéralisme n’existe pas .
      Pas plus que n’a existé le véritable communisme .
      Nous ne connaissons que des dérives , des opportunistes et des enfumeurs .
      Parmi ceux ci les libertariens , secte violente , prosélyte , élitiste et prônant un individualisme quasi autiste , fondamentalement anti état c’est à dire qui récusent toute solidarité .(ils préfèrent réintroduire la charité).
      Attaquent le principe des impôts et tout ce qui est “social” : ex Sécurité sociale et ce qui est financé par les états .
      Et qui arrivent par leurs réseaux infiltrants , financés par qui ? à imposer leurs conceptions , motrices du néolibéralisme .
      Alors a priori , je me méfie des discours comme le votre .
      Mais quelque chose me dit que j’aurai rapidement une réponse à mes doutes .
  3. NoureievLe 09 octobre 2015 à 07h04

    Afficher/Masquer

    Que serait la vie en communauté sans les lois ? Nous vivons et défendons un commerce sans lois un tant soit peu humaines où tous y trouveraient leur compte. Chez nous, en 15 ans on est passé de 10 à 100 en écart de salaires et ce n’est pas fini. Ceux qui gagnent infiniment trop finissent par s’acheter des pouvoirs que leur tête ne sait pas maîtriser. La voiture économique roule sans freins. Quand ceux chargés du contrôle deviennent des instituts privés avec à la clé une obligation de profit, on voit ce que devient le commerce international et l’abus de sanctions injustifiées. Je vois aujourd’hui une économie Russe se construire dans ce schéma d’équilibre, espérons qu’elle s’y tienne pour qu’un jour nous puissions chercher un autre modèle.
  4. LA ROQUELe 09 octobre 2015 à 07h14

    Afficher/Masquer

    Nous ne sommes pas prés de mettre en œuvre les idées de Mr Allais lorsque l’on entend le président Hollande déclarer :
    ” Le souverainisme c’est le déclinisme ”
    Cette phrase de Mr Allais prend tout sons sens.
    “Les gouvernements n’écoutent que les conseillers qui sont trop proches des milieux financiers ou économiques en place. On ne cherche pas à s’adresser à des experts plus indépendants. […] ”
    Et oui pour Hollande il faut toujours plus d’Europe plus de mondialisation et pour nous ce sera toujours plus de chômage, de perte d’acquis sociaux pour rester compétitif et tout cela au profit de qui?
    Je vous laisse deviner…
  5. DUGUESCLINLe 09 octobre 2015 à 07h18

    Afficher/Masquer

    A la fois socialiste et libéral, ça ne serait pas un peu poutinien?
    Justement ce qui dérange puisque le capitalisme oligarchique est l’ennemi (temporairement vainqueur) du socialisme et du libéralisme.
  6. LibristeLe 09 octobre 2015 à 07h19

    Afficher/Masquer

    A O B l’anarchisme n’a rien à voir avec le libéralisme.
    L’anarchie est un système qui prône une pratique anti autoritaire d’égalité sociale. Une forme de socialisme fondé sur la participation individuelle au collectif, dans un cadre de proximité, donc en dehors de l’influence d’un état.
    C’est la propagande des dominants qui à transformé la pensée anarchiste en organisation sociale sans foi ni loi. Parce que ils ont vus dans l’aboutissement de cette pratique politique une fin de l’état, donc de leurs lieu de pouvoir centralisé.
    Pas le tempe de lire le reste maintenant, je vais ….bosser!
  7. JEAN DOREMIEUXLe 09 octobre 2015 à 07h30

    Afficher/Masquer

    Je lis dans la dernière interview : “Question : Vous soutenez par exemple, à propos de l’impôt, qu’il faudrait ne pas imposer le revenu du travail mais par contre taxer complètement l’héritage. Pouvez-vous expliquer cette position qui peut paraître très iconoclaste pour bon nombre d’économistes ?}
    Réponse de MA : J’ai qualifié l’impôt sur le revenu de système anti-économique et anti-social, car il est assis sur le travail physique ou intellectuel, sur l’effort, sur le courage. Il est l’expression d’une forme d’iniquité. Baser la fiscalité sur les activités créatrices de richesse est un non sens, tandis que ce que j’ai nommé les revenus « non gagnés » sont pour leur part trop protégés : à savoir par exemple l’appropriation privée des rentes foncières, lorsque la valeur ou le revenu des terrains augmente sans que cette hausse ne résulte d’un quelconque mérite de son propriétaire, mais de décisions de la collectivité ou d’un accroissement de la population.”
    Quelques compléments :
    Son livre L’IMPÔT SUR LE CAPITAL explique, tout au contraire qu’il ne s’agit pas de “taxer complètement l’héritage” mais son contraire: de le supprimer et de demander chaque année au propriétaire 2 à 3 % de la valeur déclarative de ses biens inscrits au cadastre. En échange de cette taxation du capital fixe qui peut rester improductif, il faut supprimer toutes les taxes qui accablent le capital circulant, celui qui est investi dans la production (deux définitions à lire dans L’IMPÔT SUR LE CAPITAL de JUSTIN MENIER ).
    PRINCIPES DE MAURICE ALLAIS POUR LA MISE EN PLACE DE LA TAXE DECLARATIVE SUR LES BIENS INSCRITS AU CADASTRE
    SIMPLICITE DE LA TAXE CADASTRALE (TC) SE SUBSTITUANT A TOUS LES IMPÔTS
    Chacun des contribuables attend du réformateur la véritable simplicité de la fiscalité moderne.
    Au lieu des 135 impôts occupant 135.000 agents du fisc et ce qu’ils nous coûtent par eux-mêmes et par leurs agissements, un seul impôt pourrait être prélevé.
    Mais attention ce serait en échange de la suppression de tous les autres impôts et sans aucune possibilité de fraude.
    Je prends un exemple chiffré pour bien comprendre. Disons un petit bien foncier issu d’un héritage qui procure un revenu foncier annuel de 6.000 euros.
    Sa valeur déclarative (VD), attention c’est-à-dire ce que vous déclarez ; et non ce que le fisc décide de déclarer, à raison d’un rendement moyen de l’immobilier pourrait être de 5% des valeurs du bien.
    Ce qui donnerait 6.000/0,05 = 120.000 euros de valeur déclarative VD. Si la TC est de 3 %, la Taxe Cadastrale de ce bien, par exemple un étang de pêche loué 500 euros, serait de 3.600 euros.
    Ce qui laisse au propriétaire, bon père de famille, et qui ne paierait plus aucun autre impôt, ni foncier, ni sur son travail, ni sur les successions, le bénéfice de son héritage s’il ne le néglige pas : 2.400 euros par an rien qu’en le louant.
    Auquel il faut ajouter l’exemption de la taxe foncière (600 euros), et surtout la suppression des impôts sur le travail.
    Sur ce dernier point, prenons un exemple simple : disons que le salaire de cette personne-là est de 4 SMIC = 68.400. Il a donc un impôt, par part, de 12.901 euros avec une taxe foncière TF de 600 euros, ce qui lui laisse, une fois les impôts payés sur ses salaires un reste actuel de 54.899 euros.
    Cette nouvelle sorte d’imposition, la TC, lui coûterait seulement 3.600 euros à enlever à 68.400 euros, le montant inchangé de son salaire, cette fois-ci un salaire non imposé, soit 64.800 euros au lieu de 54.899 euros dans le système actuel.
    Soit 18 % de mieux qu’auparavant. Ce gain permettrait à ceux qui travaillent, débarrassés de la fiscalité assise sur leur travail d’épargner 2.400 euros par an, et de se porter acquéreur d’une maison, ce qu’ils ne peuvent plus faire.
    Finis les impôts sur les salaires qui varient, chacun est menacé de licenciement, mais sur la seule richesse qui dure, les biens au sol.
    Ce serait l’application d’un principe simple et fort ancien ne nécessitant aucun contrôle, ne pouvant pas être arbitraire, juste puisque déclaratif. Pourquoi juste ?
    On connaît le rendement habituel d’un bien en gestion de père de famille, disons 5 %. On estime alors la valeur du bien à 5*20=100 et on applique la règle VD*0,03 par exemple et on a le montant de l’impôt moyen.
    Si le revenu réel du bien est inférieur, c’est que sa gestion est mauvaise, ou que la VD est mal établie, d’où la VD correctrice annuellement en fonction de ce défaut de rendement.
    Ici, dans la réforme dite de MAURICE ALLAIS, la TC est déclarative mais l’innovation de M. ALLAIS consiste à se priver du contrôle et du personnel fiscal. Belle économie de temps et de frais !
    Comment ? Par la loi de l’offre et de la demande. Le contrôle ne dépendrait plus des services de la DGI, mais de la possibilité pour chacun de vous acheter votre bien, au seul vu de votre déclaration cadastrale.
    Votre bien serait cessible à raison de 175 % de la valeur que vous avez déclarée au cadastre, sauf si vous rehaussez le niveau de la déclaration devant l’agent cadastral et, ainsi, que vous rehaussiez le montant de votre TC.
    Cette menace suffira à vous remettre dans le droit chemin !
    Exemple vous déclarez trop bas : 300.000 euros alors que cela vaut au moins 500.000 euros.
    Votre TC serait, disons pour 3 % de la VD : 9.000 euros. Si votre bien s’est détérioré: pas d’acquéreur.
    Mais si votre bien vaut, en fait, 600.000 euros, sans que vous en ayez conscience, il peut exister des personnes qui se feront une affaire d’en obtenir un meilleur rendement et qui vous l’achèteront pour 525.000 euros (300.000*1,75) en espérant en obtenir 7 % soit 36.750 euros tout en payant une TC de 15.750 euros.
    L’ETAT y gagne avec moins d’agents du fisc et plus de rendement fiscal !
    Est-ce clair que, dans ce cas, ou bien vous vendez un bien dont vous n’avez pas la bonne gestion, ou bien vous améliorez votre gestion au bénéfice de la collectivité.
    Quant aux douze principes pour une juste fiscalité qui se trouvent aux premières pages de ce livre de MAURICE ALLAIS (L’impôt sur le capital) voici le premier : “L’exigence maximale de l’efficacité économique, comme le simple bon sens, impliquent un traitement égal devant l’impôt des entreprises qui réalisent des bénéfices et de celles qui subissent des pertes.”
    Le bon sens indique, en effet, que de soutenir une entreprise en difficultés en la dispensant d’une partie ou de tous les impôts qu’elle devrait souscrire, conduit, afin de retrouver l’équilibre de l’ensemble économique et du budget de l’Etat, à charger plus fortement les entreprises en bon état que vous mettez ainsi en difficultés alors que ce sont les meilleures cartes de la NATION !
    NE PAS IMPOSER L’ACTIVITE, MAIS SEULEMENT LA POSSESSION OU LA PROPRIETE INSCRITE AU CADASTRE !
    Pour le cas présent, il faut passer des assiettes basées sur la production aux assiettes de la consommation fongible et foncière.
    Quant aux douze principes pour une juste fiscalité qui se trouvent aux premières pages du livre de MAURICE ALLAIS (L’impôt sur le capital) voici le premier : “L’exigence maximale de l’efficacité économique, comme le simple bon sens, impliquent un traitement égal devant l’impôt des entreprises qui réalisent des bénéfices et de celles qui subissent des pertes.”
    Le bon sens indique, en effet, que de soutenir une entreprise en difficultés en la dispensant d’une partie ou de tous les impôts qu’elle devrait souscrire, conduit, afin de retrouver l’équilibre de l’ensemble économique et du budget de l’Etat, à charger plus fortement les entreprises en bon état que vous mettez ainsi en difficultés alors que ce sont les meilleures cartes de la NATION !
    Calonne déjà, confronté à une montagne de dettes, en 1786, lance cette proposition audacieuse : une imposition sur le foncier, y compris les biens de la noblesse et du clergé (TC). Le refus de ces deux Ordres est à l’origine de la REVOLUTION de 1789. Turgot venait de vérifier le cadastre, CALONNE suggéra la TC au ROI, NECKER convoquât les ETATS-GENERAUX pour la faire voter. La TC ne nécessiterait, de nos jours, que 1000 agents, juste ceux du cadastre. Les autres, rendus inutiles, seraient affectés aux services de conseils en bonne gestion de ces mêmes biens si cette dernière est négligée et cela se produit : indivision, indécision, négligence, sous-utilisation du bien. Exemple actuel de TC : les services du Cadastre vous écrivent que vos biens inscrits au cadastre auraient une valeur de 500.000 euros. Vous leur déclarez un montant de 400.000 euros. Les services du Budget vous adressent le pourcentage, fixé cette année par les services, pour que les dépenses de l’Etat soient toutes couvertes par la somme : TC+TVA+TIPP. Exemple variable chaque année, cette fois : 3 %.
    Vous rédigez un chèque de 400.000*0,03 = 12.000 euros. Quels que soient vos revenus réels salariaux, indépendants, fonciers et ceci quelques soient vos frais. En échange tous les autres impôts sont supprimés, si 3 % de toutes les valeurs cadastrales du pays aboutissent au montant des dépenses de l’Etat et au remboursement de la dette. Si 3 % ne suffisent pas, ce sera 5 %. Comme c’est simple ! La complexité actuelle génère de multiples moyens d’évasion et une grande insécurité juridique. Les erreurs de calculs générées par les agents du fisc sont à l’origine d’agressions qui se multiplient dans les locaux du TP, ainsi que dans tous les services chargés de dresser et de recouvrer les innombrables taxes, contributions, impôts de toutes sortes. Les TAF, les tribunaux des affaires fiscales sont des partisans du principe que LE ROI NE SAURAIT MAL FAIRE. En vertu de quoi les agents du fisc accablent les contribuables désorientés par les multiples paperasseries, par des vérifications parfois mal conduites, voire malhonnêtes. De trop nombreuses personnes vivent, là, de travaux artificiels dont les émoluments pourraient être épargnés à la nation : ceux des comptables qui remplissent et expédient les innombrables feuillets CERFA, les experts du fisc les pour et les contre, les tribunaux des affaires fiscales, les gestionnaires de patrimoine. La complexité est telle que la maison LEFEBVRE elle6même est consultée par le fisc débordé de toutes parts. De multiples avocats fiscalistes vivent de cela, tant les lois fiscales sont complexes, changeantes, instables.
    Nous vivons dans une insécurité juridique et fiscale insupportable. Les erreurs des employés du fisc deviennent innombrables. Or, dans cette jungle fiscale, chacun cherche, non pas à ne pas payer l’impôt, sauf les riches qui s’expatrient, quoique les gazettes de fin d’année soient remplies de conseils pour ne pas payer d’impôts et ceci en toute impunité. Bref, tout le monde désire, du nouveau gouvernement, un impôt le plus simple possible, une grande simplification fiscale, une grande réforme qui soit bien réfléchie.
    Voyez, parmi d’autres propositions pensées par de vrais économistes, ce que proposait notre seul Nobel d’économie, Maurice ALLAIS : un impôt unique, fondé sur les seuls biens fixés au sol, les biens inscrits au cadastre. Pour ceux qui veulent développer ces réflexions, lisez un traité fort complet sur ce sujet : L’IMPÔT SUR LE CAPITAL de MAURICE ALLAIS paru chez HERMANN frères.
  8. JEAN DOREMIEUXLe 09 octobre 2015 à 07h40

    Afficher/Masquer

    Pour mieux le citer voici : LES PRINCIPES GÉNÉRAUX D’UNE POLITIQUE FISCALE
    Après JUSTIN MENIER, l’industriel du chocolat, Maurice Allais rappelle que la fiscalité d’une société humaniste et progressiste doit obéir à un ensemble de principes généraux admis par tous.
    Le principe individualiste, impose la recherche non de l’égalité des conditions, mais des chances.
    Le principe de non-discrimination recherche des règles s’appliquant à tous.
    Le respect de la vie privée implique les impôts assis sur les biens, et non sur les personnes.
    Le principe de neutralité implique que l’impôt ne doit pas s’opposer à l’efficacité de l’économie.
    Le principe de légitimité expose qu’il faut faire payer les « revenus non-gagnés » (sic).
    Le principe d’exclusion signifie qu’un revenu ne doit pas être taxé deux fois.
    Dernier principe, l’absence d’arbitraire peut être obtenu par la simplicité : la taxe cadastrale.

Conférence: initiative Monnaie pleine



Voici notre annonce pour le SEL (Système d’Echange Local):

Lundi 12 octobre
A 19h à la Maison de Quartier de Chailly, ch. de la Vallonnette 12 

Ouverte au public – faites donc passer l’info!

Programme: 
19h: Conférence sur le thème: Création monétaire et initiative populaire Monnaie pleine
* Qu’est-ce que c’est la création d’argent ex-nihilo par les banques commerciales ?
* Est-il nécessaire de protéger la Suisse des crises financières ?
* Qu’est-ce que c’est la monnaie pleine ?

Monsieur Ronny Moser, membre de l’association Modernisation monétaire et spécialiste de la question viendra nous parler des enjeux ainsi que des solutions envisagées.
Ces questions sont de première importance pour prévenir l’effondrement qui se profile à l’horizon.

En participant à cette soirée, vous aurez l’occasion de vous renseigner, de poser vos questions et de participer à une action unique, urgente et salutaire.

Bus 6, arrêt Vallonnette ou bus 7, arrêt Pont de Chailly.
Contact : Isabelle Veillon 021 652 74 78

Pour le respect des embryons humains.

Pour le respect des embryons humains.
Non à leurs congélations jusqu’à 10
ans (sic), aux manipulations fatales, à l’eugénisme, aux embryons déchets et
objets de consommation…
Savez-vous
… que l’embryon humain constitue l’objet le plus intéressant pour la
recherche ?
… que, une fois la voie ouverte, les abus dans la recherche sur les
embryons ne peuvent être ni contrôlés ni arrêtés ?
… qu’ainsi l’être humain est abaissé au rang de cobaye ?
Avec le référendum…
… nous refusons des manipulations sur la vie naissante qui ont pour
suite la mort au lieu de la guérison.
POUR LA DIGNITE DE LA FEMME
http://www.de-siebenthal.com/images/image_094.gif
Malheureusement …
… la procréation in vitro ne se fait pas sans laisser de traces chez
la femme.
… la femme peut, sans le savoir, être utilisée comme pourvoyeuse de
matériel de base pour les manipulations sur les embryons.
Avec le référendum… pour que le sentiment du respect de soi chez la
femme stérile ne soit pas blessé et que les tentatives de pression lui soient
épargnées.
LES LIMITES DU FAISABLE ?
http://www.de-siebenthal.com/images/image_096.gif
On doit savoir …
… que suite à une procréation in vitro, les statistiques démontrent
une hausse des complications, comme les grossesses multiples, les naissances
prématurées, les enfants morts-nés, les césariennes, l’augmentation de la mortalité
des nourrissons, etc.
… que le traitement médical très coûteux prodigué par une équipe
pluridisciplinaire de médecins est éprouvant et en plus, requiert un suivi
psychologique avant et après le traitement.
Celui qui signe le référendum…
… sait que le fait de ne pouvoir avoir des enfants n’est souvent pas
dû à des raisons organiques et que, par conséquent, il ne peut pas être résolu
par des moyens techniques.
LA STERILITE ?
http://www.de-siebenthal.com/images/image_095.gif
Par bonheur …
… il arrive qu’après une bonne consultation ou après l’accueil d’un
enfant en pension, une femme que l’on connaît stérile ait plus de chance
d’avoir tout de même son propre enfant qu’après une fécondation in vitro. Mais
la douleur est grande pour chacune des 8 femmes sur 10 qui, malgré de multiples
traitements suite à une fécondation in vitro, restent sans enfant.
Celui qui signe le référendum…
… croit que la stérilité n’est pas simplement un problème de technique
médicale.
NON AUX  ETRES HUMAINS SUR MESURE ?
http://www.de-siebenthal.com/images/image_097.gif
Nous craignons …
… que tout ce qui, pour le moment, est considéré comme maladif soit, à
l’avenir, détruit sous prétexte que telle existence ne «mérite pas d’être
vécue» … que les contrôles de qualité entraînent la demande d’un enfant
garanti en bonne santé.
… que le droit à la vie des handicapés soit de plus en plus mis en
question.
Nous disons NON …
… car nous n’avons pas l’arrogance de nous ériger en juges des vies
qui méritent ou non d’être vécues.
NON aux MENSONGES SUR LA VIE
http://www.de-siebenthal.com/images/image_098.gif
Peu de personnes savent …
… que les données concernant un donneur de sperme doivent être
conservées à Berne
pendant 80 ans .
… qu’un enfant procréé grâce à du sperme étranger n’apprend rien sur
sa véritable origine sans un effort spécial.
… qu’un mariage entre demi-frères et soeurs est dès lors possible.
Seul un NON …
peut empêcher que des êtres humains soient trompés sur leur vraie
origine.
LA SÉCURITÉ AU LIEU DE LA PEUR
http://www.de-siebenthal.com/images/image_099.gif
La sécurité est préférable à la peur car … … elle tient compte des
mauvaises expériences. … elle ne se fie pas aux promesses en l’air … sa
devise est: la confiance c’est bien, le contrôle c’est mieux.
Celui qui signe le référendum…
Évite un pas dangereux dans la mauvaise direction. Le fait qu’une chose
soit faisable, ne veut pas dire qu’elle doit aussi être réalisée.
LE PEUPLE TROMPÉ
http://www.de-siebenthal.com/images/image_100.gif
Tout le monde ne sait pas …
…que, en 1991, on a affirmé au parlement qu’il n’y aurait pas
d’embryons surnuméraires et que le don de sperme pourrait toujours être
interdit ultérieurement.
… que désormais on avoue l’existence d’embryons surnuméraires et que
ceux-ci peuvent être utilisés à des fins de recherche.
Celui qui dit NON
… ne se laisse pas de nouveau duper.
… saisit l’occasion d’éviter l’impasse.
DES SUITES INCONNUES A LONG TERME
http://www.de-siebenthal.com/images/image_954.gif
On devrait penser au fait …
…que l’on ne connaît pas du tout les effets de la fécondation
artificielle sur les prochaines générations. … qu’en zootechnie, la
fécondation artificielle a des effets secondaires inattendus.
… que nous agissons probablement selon la règle : «On commence par
l’animal, on passe ensuite à l’homme».
Celui qui signe le référendum…
… évite aux générations futures des problèmes insolubles.
UNE MARCHANDISE A CONGELER
http://www.de-siebenthal.com/images/image_960.gif
Tout le monde ne sait pas …
… que les ovules fertilisés sont congelés à moins 196′ Celsius, et
qu’on les décongèle selon les besoins. … que beaucoup ne survivent pas au
choc du froid ou sont endommagés.
Celui qui signe le référendum…
… empêche que l’être humain ne soit dégradé au rang de marchandise à
congeler PENDANT 10 ANS, SIC DIX ANS…, puis.
jetés à la poubelle ou cobaye pour des expériences atroces. 
La seule façon d’échapper à cela: garantir une procréation digne dans le
corps de la mère, avec les gamètes du couple (marié).

Monnaie pleine et RBI ?

Banques privées ou banque du gouvernement, une comparaison
Par Rudo de Ruijter,
Chercheur indépendant,
Octobre 2015

Nous avons actuellement un système de banques privées, qui a des caractéristiques spécifiques comme la création d'”argent” du néant et une croissance d'”argent” permanente. Ici suit d’abord une courte description d’un système d’argent public et comment il pourrait fonctionner, éventuellement après quelques stades intermédiaires. [1]

Tout l’argent vient du gouvernement ?

Le gouvernement crée l’argent et le dépense ou le prête. Dans les deux cas, ceux qui le reçoivent le dépenseront à leur tour pour effectuer des paiements. Puis, ceux qui reçoivent ces paiements, le dépenseront aussi. Ainsi circule l’argent et le même argent sert chaque fois à de nouvelles transactions.
L’argent prêté disparaît de la circulation, lors que l’emprunteur rembourse son emprunt. Cet argent revient alors au gouvernement, qui le “détruit” (comptablement parlant.)
Le gouvernement lève des impôts. Ce n’est pas pour financer des dépenses, car pour cela il crée lui-même l’argent, mais pour empêcher que la masse d’argent croît continuellement. (= inflation monétaire.) Les taxes reçues sont également “détruites.”
Développement
À partir du principe ci-dessus le système public peut être développé plus loin. Ainsi il faut déterminer plus en détail le rôle du parlement, le rôle des banques et le rôle des impôts. Ceux-ci déterminent finalement le rôle et le fonctionnement de la banque du gouvernement.
Le parlement détermine la conduite et peut obtenir les effets désirés dans la société en ordonnant des dépenses ciblées et en rendant les investissements souhaités bon marché ou gratuits. Dans un système public les banques ne sont pas autorisées à créer, ni à prêter des avoirs non-couverts par de l’argent. À l’émission des prêts elles ne pourront jouer qu’un rôle de médiateur entre la banque du gouvernement et le public. Pour cela elles reçoivent des commissions, pas d’intérêt. Les impôts jouent un rôle dans la destruction d’argent et des mesures fiscales spécifiques peuvent contribuer à empêcher des embouteillages ou entassements dans la circulation d’argent.
La banque du gouvernement

La banque du gouvernement fonctionne finalement comme un centre de contrôle de la circulation, qui a une vue en temps réel sur la création d’argent (dépenses publiques + prêts), les entrées de l’étranger, la circulation domestique et l’épargne parquée, les sorties vers l’étranger et la destruction d’argent (impôts + remboursements).
Avec des instruments financiers, des opérations monétaires et autres mesures la banque du gouvernement peut diriger et faciliter la circulation d’argent pour obtenir les résultats souhaités. (Par exemple achat ou vente d’obligations, achat ou vente de devises étrangères, accélération ou ralentissement de financements désignés pour cet effet.)
Avec un système d’argent public le gouvernement (et la société) peuvent s’adapter à des préférences politiques et aux situations changeantes. Le gouvernement peut:
continuer à faire croître la masse d’argent et continuer à ambitionner la croissance économique;
maintenir la masse d’argent plus ou moins stable et ambitionner la durabilité et la qualité de vie. ( Une société durable implique une diminution de la consommation de matières premières et une diminution du nombre de produits nécessaires par une augmentation de la qualité.)
diminuer la masse d’argent pour maintenir l’économie en marche quand la population diminue.
Notez, que les options 2 et 3 mène à la faillite des banques dans le système de banques privées actuel.
Accès aux prêts
Dans un système d’argent public les emprunteurs n’ont pas besoin de gage, ni de hypothèque. Les défauts de paiement peuvent être traités comme des dettes d’impôts. Le gouvernement n’a pas besoin de capital pour absorber des pertes. En effet, celles-ci viennent toujours à la charge de la population, que ce soit avec ou sans formation de capital. Pour l’émission de prêts le parlement décide de la conduite. Pour autant qu’on choisit de charger les prêts avec des intérêts, ceux-ci peuvent rester plus bas. Et si un taux d’intérêt bas n’est pas souhaitable dans le contexte international, les intérêts peuvent être compensés fiscalement.
Les intérêts de la société d’abord
Dans un système d’argent public le point focal est sur le labeur et les moyens disponibles, et non pas sur la pénurie et le coût de l’argent.

Comparaison avec le sytème de banques privées actuel

Actuellement ce sont les banques privées qui déterminent de plus en plus notre société. Elles décident quels investissements sont financés ou non. Ce faisant les banques n’ont d’yeux que pour leurs propres intérêts, leurs possibilités de bénéfices et la probabilité que les emprunteurs puissent rembourser les prêts.

La soi-disante création d’argent du néant
Le système bancaire privé est basé sur la création d'”argent” du néant. [2] En fait, il ne s’agit pas ici d’argent, mais d’avoirs bancaires. La création consiste d’une entrée comptable lors de la fourniture d’un prêt. La banque écrit à gauche (activa) la dette de l’emprunteur et à droite (passiva) un avoir correspondant. L’emprunteur dispose maintenant d’un avoir de sa banque.

Des avoirs sans argent
En théorie un avoir veut dire, que le titulaire peut réclamer l’argent correspondant de sa banque. Cependant, puisque les banques créent ces avoirs sans disposer de l’argent correspondant, cet argent n’existe pas. Les banques ont, pour tous les avoirs qu’elles ont créés, qu’un tout petit peu d’argent, souvent entre 2 et 5 pourcent de ce qu’elles doivent à leurs clients.

Donc, un avoir ce n’est pas de l’argent. Ce n’est qu’une reconnaissance de la banque qu’elle vous doit de l’argent, même si cet argent n’existe pas. Par conséquence on ne peut pas payer avec son avoir bancaire. Avec des chèques, ordres de virement, cartes bancaires ou via télébanking vous pouvez seulement donner des ordres à votre banque d’effectuer des paiements pour vous.
Le vrai argent

Les banques obtiennent le vrai argent en vendant des papiers de valeur, comme des obligations d’état, à la banque centrale.

Cette dernière rajoute la valeur sur le compte que la banque a chez la banque centrale. C’est ainsi que naît le vrai argent, l’argent officiel.
Dans cette transaction la banque doit promettre de racheter ces papiers de valeur à une date convenue à un prix supérieur convenu. La différence de prix ressemble à des intérêts. C’est pourquoi on dit souvent que les banques empruntent l’argent de la banque centrale. Les banques doivent sans cesse vendre et racheter des papiers de valeur pour disposer de vrai argent.
Le vrai argent existe donc en premier lieu comme des nombres sur les comptes chez la banque centrale. Les banques peuvent également retirer cet argent sous forme de billets de banque. La banque centrale est la seule qui est autorisée à les (faire) imprimer.
Le vrai argent sert aux paiements entre banques et pour fournir des billets de banque aux clients, lorsqu’ils en demandent. Dans la limite du stock disponible.

Les paiements
Quand l’emprunteur dépense son avoir de la banque A et achète une voiture d’un titulaire de compte chez banque B, la banque A doit payer le montant à la banque B, et ceci en vrai argent, car les banques entre elles n’acceptent pas les avoirs comme moyen de paiement. C’est pourquoi ces paiements sont effectués à la banque centrale, où chaque banque a son compte avec du vrai argent.
Cependant, dans la pratique la pupart des paiements entre banques ne sont pas effectués. Les ordres de paiements sortants et entrants sont simplement annulés les uns par les autres.

A la fin de la journée il n’y a que les petites différences restantes qui sont réellement virées. Ainsi, avec un tout petit peu d’argent, les banques peuvent traiter de grandes masses de paiement.
Notez, le les bénéficiaires de nos ordres de paiement ne reçoivent jamais un paiement. À la place ils reçoivent un avoir de leur propre banque, c’est à dire une créance sur de l’argent non-existante, une créance sur de l’air.

Financement des prêts
Les banquiers aiment prétendre, qu’ils aient des coûts de financement pour chaque prêt, puisqu’ils doivent payer l’argent à une autre banque.
Cependant, dans la pratique, toutes les banques fournissent des prêts sans arrêt et tout comme pour les autres paiements, les obligations de paiement qui suivent l’émission des prêts des différentes banques s’annulent les uns les autres pour la plus grande partie.
Voici un exemple avec trois banques:
Mettons qu’il y ait 3 banques, qui servent respectivement 20%, 30% et 50% de la population. Nous supposons que toutes les trois ont le même type de clients, qui ont les mêmes besoins en emprunts et en dépenses. Il sera démontré, que tous les payements, que ces banques devront faire au moment où l’emprunteur dépense son emprunt, seront compensés par les recettes de ces dépenses.

Les paiements s'annulent...

Les emprunteurs de la première banque dépensent 20% de leurs emprunts chez des clients de leur propre banque, 30% chez des clients de la Banque 30% et 50% chez les clients de la Banque 50%. Etcetera. Si nous additionnons toutes les recettes de tous les prêts, chaque banque a reçu autant qu’elle a créé. Voilà 100 millions en avoirs sur des comptes bancaires, sans qu’un seul centime de vrai argent ait été dépensé.
Bien entendu, ce serait un pur hasard qu’en créant pour 100 millions de nouveaux prêts, le besoin en financement de chaque banque individuelle est ainsi annulé jusqu’au dernier centime. Mais il y a encore autre chose:
En face de la fourniture de nouveaux prêts il y a le plus souventle remboursement de prêts existants. L’emprunteur doit faire en sorte, que le montant du remboursement arrive sur son compte à temps. C’est à cet instant que sa banque reçoit de l’argent pour lequel elle n’a plus d’obligation de paiement. L’argent arrive dans la caisse de la banque et la banque diminue la dette et l’avoir de l’emprunteur. Le montant créé disparaît.

Pour autant qu’une banque individuelle ne remplace que les emprunts remboursés par des nouveaux crédits, elle peut normalement payer les montants en question à d’autres banques, si, par hasard, un paiement sortant n’est pas compensé par un paiement entrant.
Uniquement lors que les banques croissent, elles devront augmenter leur réserve de caisse. Ça veut dire, environ 2 centimes par “euro prêté”, dépendant du minimum requis à ce moment.
Régulation des banques
Les banques entre elles ont convenu des règles quant au capital nécessaire. Chaque banque doit avoir un capital minimum face aux dettes existantes. (Dans la pratique environ 5 pourcent.) La banque centrale peut également imposer un minimum de réserve de caisse. D’une façon générale on peut dire, que ces règles contribuent à une croissance des banques “en concert”, de sorte que le risque diminue qu’une banque individuelle fournit des prêts trop vite et ne peut plus remplir ses obligations de paiement. A part cela, pour les clients ces règles n’offrent guère de garanties.
La croissance de la masse d'”argent”

Les banques ont une tendance naturelle de croître. Pour le directeur de banque individuel il s’agit de produire chaque année des chiffres encore meilleurs. Pour croître, il ne faut pas seulement remplacer des prêts remboursés par des nouveaux, mais aussi en fournir des supplémentaires.

Les emprunteurs doivent prendre soin de gagner et de rembourser le montant emprunté. Ici il surgit un problème: pas tous les montants empruntés restent en circulation. Une partie non-négligeable atterrit sur des comptes d’épargne.

Ici ces montants sont parqués et ne peuvent pas être gagnés par les emprunteurs. De plus en plus d’emprunteurs doivent tenter de gagner leurs remboursements en travaillant pour les avoirs qui sont encore en circulation, mais qui doivent déjà être gagnés et remboursés par ceux qui les ont empruntés. La solution des banques c’est de compenser la sortie vers les comptes d’épargne par la fourniture d’encore plus de prêts. (Ce qui peut faire croire à des économes ignorants, que c’est l’épargne des uns qui est prêtée à d’autres clients.)

Plus de 35% intérêt
Les intérêts aussi, doivent finalement être gagnés avec l'”argent” qui est encore en circulation, et ceci lors de la vente de services et de produits. Helmut Creutz a calculé sur la base de données allemandes, que plus de 35% de tout ce que nous payons, c’est des intérêts. [3]

Inflation
Le banquier individuel ne se préoccupe pas de savoir si sa croissance d'”argent” mène à plus d’activité économique ou non. Jusqu’à l’arrivée de l’euro c’était la tâche de la banque centrale d’influencer les taux d’intérêt et, ce faisant, d’accélérer ou de freiner l’émission des prêts de telle sorte que l’inflation était maintenue sans aboutir à une hyperinflation.
Un des effets de l’inflation, c’est que la valeur de chaque unité d’argent diminue, et avec cela, également la valeur du montant principal que l’emprunteur doit rembourser. Lorsque le taux d’intérêt est à 6 pourcent et l’inflation est à 2 pourcent, cela est comparable à une dimunition de l’intérêt de 1/3. De cette façon les banques évitent les défauts de paiement, qui adviendraient à des taux d’intérêt entre 4 et 6 pourcent, c’est à dire la grande majorité.
Donc, lorsque l’inflation diminue, cela signifie pour les banques un danger d’augmentation exponentielle du nombre des défauts de paiement.
Un siècle de croissance d'”argent”

Les banques privées doivent continuer à croître et causer de l’inflation pour ne pas faire faillite.

Inflation néerlandaise totale depuis 1800
Inflation néerlandaise totale depuis 1800.
1 florin de 1800 = 1000 florins de 1995

Des accords internationaux peuvent gêner la croissance d’argent, comme les accords de Bretton Woods de 1944, dans lequel des pays s’étaient obligés de garder leur taux d’échange fixe par rapport au dollar. En 1971 c’était finalement les États-Unis eux-mêmes, qui à cause de leurs dépenses énormes pour la guerre de Vietnam, ne pouvaient plus remplir leurs obligations de réserve d’or et mettaient fin à cet accord..
Ensuite, les années 70 étaient caractérisées par une croissance d'”argent” importante avec des taux d’intérêts élevés. Le problème pour les banques, ce n’était plus Bretton Woods, mais de trouver des emprunteurs fiables, car petit à petit, tous les emprunteurs fiables étaient déjà comblés de dettes.
En 1970 Pierre Werner (banquier et Premier Ministre du Luxembourg et participant à la conférence de Bretton Woods) présentait le premier plan pour une monnaie européenne commune, qui multiplierait d’un coup le terrain de travail des banques.
Cette monnaie avait besoin de temps, que les banquiers n’avaient pas. Alors un plan était concocté pour persuader les gouvernements du G10 de ne plus emprunter “sans intérêt” de leur banque centrale, mais d’emprunter avec intérêts d’institutions privées.

Dette publique belge 1950-2011   Dette publique néerlandaise 1900-2015
Dette publique Royaume Uni, 1900 - 2015   Dette publique Canada 1940-1987
dette publiques Belgique, Pays-Bas, Royaume Uni et Canada.[4]

Dettes publiques Belgique, Pays-bas, Royaume Unie, Canada. [5]
À partir de 1974 les dettes publiques augmentaient explosivement par l’effet d’intérêt sur intérêt. Rien qu’aux Pays-Bas, les banques recevaient ainsi une manne gratuite de centaines de milliards d’euros, qui dure toujours.

La société était entièrement disloquée. Des infrastructures et des services publiques étaient privatisés (ce qui offrait aux banques de nouveaux emprunteurs fiables) et une vague persistante de coupes budgétaires menait à la destruction progressive d’institutions et d’achèvements sociaux et à la commercialisation du secteur de la santé publique.

Les bénefices sont privés, les pertes sont publiques...

Des banques privées doivent continuer à croître, même si nous nous noyons dans les dettes, ne pouvons plus payer les intérêts et si l’économie n’a plus besoin d'”argent” supplémentaire. La régulation des banques, la manne gratuite de centaines de milliards d’euros et la création d’une zone euro avec banque MES n’y changent rien.

Le syndrome de croissance des banques privées fonctionne comme un tumeur de cancer dévastateur. Pour chaque crise on peut trouver un motif. La cause structurelle réside dans le système lui-même.
Presque tout ce qui est essentiel pour la cohérence de la société est disloqué et éparpillé maintenant.

Sources:
[1] Voir également: Sortir de l’euro, et puis?
http://www.courtfool.info/fr_Sortir_de_l_euro.htm
[2] Money creation in the modern economy
By Michael McLeay, Amar Radia and Ryland Thomas of the Bank’s Monetary Analysis Directorate.
Website: Bank of England;
zoekterm: Prereleasemoneycreation.pdf
kopie: Prereleasemoneycreation.pdf
[3] Helmut Creutz & http://www.vlado-do.de/ money/index.php.de
[4]
• Ellen Brown: Canada: une histoire de deux systèmes monétaires: http://www.courtfool.info/fr_Une_histoire_de_deux_systemes_monetaires.htm
• http://www.ukpublicspending.co.uk/debt_history
• https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_Belgique
• http://www.depatriot.nl/artikel.php?sysnr_blog=6&titel=Staatsschuld%20Nederland

L’auteur peut être contacté via www.courtfool.info/fr_contact.htm

Si vous voulez, vous pouvez copier cet article, l’envoyer à des intéressés ou le publier dans des journaux ou sur l’internet.

Si vous ne voulez pas rater la prochaine publication sur CourtFool.info, cliquez ici:
J’aimerais recevoir un courriel dès qu’un nouvel article paraît en français.

Poutine & Obama





https://youtu.be/vsHHemo5SAg

M. Obama a été horrible avec M. Poutine qui lui répond avec ce discours historique

Ce discours a été prononcé le lundi 28 septembre lors de la 70e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York:

« Le 70e anniversaire de l’ONU est l’occasion d’évoquer le passé mais aussi de réfléchir à notre avenir commun. En 1945, les pays vainqueurs du nazisme ont uni leurs efforts pour poser des fondements solides à l’ordre mondial de l’après-guerre. Je rappellerai que c’est dans mon pays en Crimée, à Yalta que se sont réunis les dirigeants de la coalition anti-hitlérienne pour décider de la création de l’ONU et des principes régissant les relations entre les États.

Le traité de Yalta est donc né d’énormes souffrances, il incarne le pris payé par des millions de gens qui ont perdu la vie pendant la guerre; deux guerres mondiales qui ont ravagé la planète au XXème siècle. Et soyons ici objectif, c’est ce système qui a aidé l’humanité à traverser des événements turbulents aux suites parfois dramatiques et qui a préservé le monde de bouleversements plus grands encore.

L’Organisation des Nations-Unies est sans pareil pour ce qui est de son universalité et de sa représentativité. Or ces derniers temps l’ONU est le plus souvent critiquée parce qu’elle manquerait d’efficacité (…)

« Ceux qui sont au sommet de la pyramide »

Nous savons tous qu’après la fin de la guerre froide, il n’y a eu plus qu’un centre de domination dans le monde entier et ceux qui étaient au sommet de la pyramide se sont dit: puisque nous sommes aussi forts et exceptionnels, personne ne sait mieux que nous ce qui est possible, ce qu’il faut faire et par conséquent il n’y a plus à rendre compte aux Nations-Unies, puisqu’il arrive très souvent que cette organisation gêne et ne fasse que mettre des bâtons dans les roues au lieu de faire adopter des décisions afin de légitimer les actes nécessaires. Des rumeurs ont surgi alors, disant que l’Organisation des Nations Unies dans la forme sous laquelle elle avait été créée a déjà rempli sa mission historique et était devenue obsolète. Naturellement le monde change et l’ONU doit aussi s’adapter à cette transformation. La Russie est prête à contribuer à cet effort avec ses partenaires sur la base d’un large consensus, mais nous considérons comme étant extrêmement dangereuses les tentatives qui visent à ébranler l’autorité et la légitimité des Nations unies. Cela risque de conduire à l’effondrement de toute l’architecture des relations internationales. Dans ce cas il ne resterait plus aucune règle sinon le droit du plus fort. Ce serait un monde dans lequel l’égoïsme se substituerait au travail d’équipe. Un monde dans lequel il y aurait de plus en plus d’oppression, et de moins en moins d’égalité des droits, de démocratie réelle et de liberté, un monde dans lequel au lieu d’États véritablement indépendants existeraient des régimes qui, de facto, seraient des protectorats et des territoires contrôlés de l’extérieur.

Pour un nouvel ordre mondial multipolaire

Comment définir la souveraineté nationale dont mes collègues ont déjà parlé ? Avant tout la question de la liberté, liberté de choix pour chaque individu et chaque État. Il se pose aussi la question de la légitimité étatique. Il ne faut pas jouer ici avec les mots. Chaque terme de droit international, chaque dossier de droit international doit être clair, transparent et se fonder sur des critères qui sont compris de manière uniforme. Nous sommes tous différents et c’est là quelque chose qu’il faut respecter. Personne n’est obligé de s’adapter à un mode de développement unique qui serait reconnu une fois pour toutes par quelqu’un comme étant le seul valable. Nous devons tous garder présent à l’esprit le passé.

« L’histoire de l’Union soviétique n’a pas servi de leçon »

Ainsi il faut se souvenir de l’histoire de l’Union soviétique. Lorsque l’on exporte des expériences sociales, lorsque l’on exporte ses propres clichés idéologiques pour obtenir des changements dans tel ou tel pays on débouche très souvent sur des conséquences dramatiques et sur un recul plutôt que sur un progrès. Pourtant on a l’impression que certains préfèrent répéter les fautes des autres plutôt que d’en tirer les leçons.

Aujourd’hui il s’agit de l’exportation des soi-disant révolutions démocratiques. Une exportation qui se poursuit. Il suffit de voir de plus prés ce qui se passe au Proche-Orient et en Afrique du Nord dont ont aussi parlé les interlocuteurs précédents. Naturellement dans ces régions se posent des problèmes d’ordre politique et social et les populations souhaitaient un changement. Mais que s’est-il passé ?

« Les soi-disant révolutions démocratiques »

L’intervention agressive extérieure n’a guère débouché à des réformes des institutions de l’État, le mode de vie tout entier a été anéanti et plutôt que le triomphe de la démocratie et du progrès, on a pu voir la pauvreté, la violence et la catastrophe sociale. Et les droits de l’homme, y compris le droit à la vie ont été gravement oubliés. On a envie de demander à ceux qui sont à l’origine de tout cela : est-ce que vous prenez au moins conscience de ce que vous avez fait ? Mais je crains que cette interrogation ne reste lettre morte, car les politiques qui se basent sur la confiance en soi excessive, le principe d’exclusivité et la certitude d’impunité, perdurent.

Il est alors évident que la vie politique qui s’est instaurée dans certains pays du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord ont eu comme répercussion la création de zones d’anarchie qui ont immédiatement commencé d’attirer extrémistes et terroristes. Des dizaines de milliers de terroristes sont déjà venus combattre sous les drapeaux de ce qu’on appelle l’État islamique. Avec, parmi eux, d’anciens soldats irakiens qui en 2003 se sont trouvés à la rue à la suite de l’invasion militaire en Irak..

Le recrutement était même organisé par le biais de la Libye dont les structures étatiques ont été démantelées suite à la violation flagrante de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. En ce moment des membres de l’opposition syrienne dite modérée et soutenue par l’Occident adhèrent à ces mouvements radicalisés. On leur donne des armes, on leur fourni une formation militaire et ensuite ils se retrouvent du côté de l’Etat islamique.

« L’Etat islamique n’a pas surgi de nulle part »

L’État islamique lui-même n’a pas surgi de nulle part. Il a été au départ nourri et choyé car apparaissant comme outil de lutte contre des régimes laïcs indésirables. Une fois sa ligne de déploiement acquise en Syrie et en Irak, l’État islamique continue inexorablement sa progression vers d’autres territoires pour assurer sa domination sur le monde islamique et au-delà. Son intention est manifestement loin de se borner à ces projets. L’état de chose actuel est donc plus que dangereux. Il est hypocrite et irresponsable de dénoncer solennellement la menace du terrorisme international tout en fermant les yeux par ailleurs sur ses canaux de financement et les soutiens au terrorisme. Notamment le trafic de drogue, la contrebande de pétrole et d’armes. Il est aussi irresponsable de manipuler ces réseaux extrémistes afin de les engager à ses propres services pour défendre ses propres fins politiques, tout en espérant ensuite leur régler leur compte et les anéantir.

Ceux qui se comportent ainsi doivent l’entendre, mesdames et messieurs, vous avez affaire là à des gens cruels, mais absolument pas stupides pour autant et pas primaires. Ils ne sont pas plus bêtes que vous et on ne sait pas en définitive qui manipule qui ?

Les données récentes sur les transferts d’armes à l’opposition « modérée »,entre guillemets, en sont la meilleure preuve.

« Flirter avec les terroristes »

Nous considérons que toute tentative de flirter avec les terroristes ou de les armer est une approche myope qui risque de provoquer l’incendie et de faire déborder la menace terroriste qui pourrait se propager à de nouvelles régions de la planète. D’autant plus que dans les camps d’entrainement de l’État islamique se retrouvent des combattants en provenance d’un peu partout, y compris de pays européens.

Malheureusement et je le dis très clairement, la Russie ne fait pas exception, on ne doit pas tolérer que les criminels qui ont déjà flairer le sang puissent aussitôt revenir chez eux et continuer leur œuvre sinistre. Nous ne souhaitons pas que cela se passe ainsi et je pense que personne ne le souhaite.

La Russie soutient « l’Irak, la Syrie et d’autres pays »

La Russie s’est toujours prononcée de manière ferme et conséquente contre le terrorisme sous toutes ses formes. Aujourd’hui nous apportons notre soutien militaire et technique à l’Irak, à la Syrie et à d’autres pays de la régions qui mènent le combat contre les groupements terroristes.Nous pensons que c’est une grave erreur de refuser de coopérer avec les autorités et l’armée gouvernementale syrienne, alors qu’ils font preuve de beaucoup de courage en affrontant la terreur. Il faut dire aussi qu’il n’y a plus personne d’autre en Syrie qui mène le combat contre l’État islamique et autres organisations terroristes, sinon l’armée gouvernementale du président Assad.

Nous savons les problèmes de la région, nous savons ses contradictions, il faut partir de ces réalités. Chers collègues, je dois aussi souligner que cette approche honnête et directe a été récemment utilisée comme un prétexte pour accuser la Russie de faire montre d’ambitions croissantes, comme si ceux qui le disaient n’avaient pas eux-mêmes des ambitions [dit-il d’un air ironique]. De fait il ne s’agit pas ici des ambitions de la Russie, chers collègues, mais du fait qu’on ne peut tolérer la situation qui est en train de se développer dans le monde.

« Création d’une véritable coalition contre le terrorisme »

Dans la réalité nous proposons de suivre les valeurs et les intérêts communs, et non pas de nous inspirer d’ambitions quelconques, et d’unir nos efforts sur la base du droit international pour résoudre les problèmes qui se posent et pour créer une véritable coalition à portée mondiale contre le terrorisme. qui pourra rallier des forces prêtes à agir comme on l’a fait contre le nazisme.

Naturellement les pays musulmans sont les pays clef de cette coalition car non seulement l’État islamique représente une menace directe, mais bien au-delà par leurs crimes sanglants, ils sont les terroristes profanes d’une des plus grandes religions qui soient, l’Islam. Les idéologues et combattants islamiques se moquent de l’Islam et le dénature. J’en profite pour lancer un appel aux maîtres spirituels du monde musulman. Plus que jamais aujourd’hui nous avons besoin de votre autorité et de vos prêches pour prévenir la démarche inconsciente de ceux qu’on essaye de recruter, mais aussi pour essayer de venir en aide à ceux qui se font duper et qui, dans certaines circonstances, se sont retrouvés dans les rangs terroristes. Il faut les aider à revenir à la vie normale, à déposer les armes et à mettre fin à leur (?). Dans quelques jours la Russie va présider une réunion du Conseil de sécurité qui sera consacrée à l’analyse en profondeur des menaces qui existent dans l’espace du Proche-Orient. L’idée est avant tout de discuter d’une nouvelle résolution visant à coordonner les démarches de toutes les forces qui font face à l’État islamique et à d’autres structures terroristes.

Je le répète une telle coordination doit se fonder sur le respect des principes inscrits dans la Charte des Nations-unies. Nous comptons que la communauté internationale saura élaborer une stratégie globale de stabilisation politique et de redressement social et économique du Moyen-Orient.

« Il ne sera plus nécessaire de construire des camps pour les réfugiés »

Alors, mesdames et messieurs, il ne sera plus nécessaire de construire des camps pour accueillir les réfugiés. Aujourd’hui une personne sur cinq a quitté son pays d’origine et déferle sur les pays voisins et d’abord dans l’Europe, et on les compte déjà par centaine de milliers et bientôt par millions. Il s’agit d’une nouvelle et tragique grande vague de migration et de leçons à tirer notamment pour les européens.

Je voudrais souligner que les réfugiés sans aucun doute ont besoin de compassion et de soutien, mais pour venir à bout de ce problème il n’y a d’autres remèdes que de rétablir les structures de l’État là où elles ont été anéanties. Ceci par le renforcement des institutions étatiques encore intactes ou en cours de reconstitution. Grâce aussi à la fourniture de l’assistance militaire, économique et matérielle pour les pays en difficulté et naturellement par une assistance apportée aux personnes qui malgré les épreuves ne quittent pas leurs pays.

« Assistance aux personnes qui ne quittent pas leurs pays »

Il va de soi que toute assistance apportée aux états souverains ne doit pas leur être imposée, mais doit être proposée en pleine conformité avec la charte des nations unies. En d’autres termes, tout ce qui est fait, tout ce qui sera fait, doit l’être conformément aux normes du droit international et doit être approuvé et doit être appuyé par l’ONU. Tout ce qui va à l’encontre de la charte universelle doit être rejeté.

Et avant cela il est essentiel de reconstituer les structures gouvernementales en Libye, de soutenir le gouvernement. (…) »

Le retour de la guerre froide et Ukraine

Ensuite Vladimir Poutine déplore la manière de penser bloc contre bloc comme au temps de la Guerre froide qui domine actuellement avec l’élargissement de l’OTAN. Tôt ou tard, selon lui, cette logique devait mener à une crise géopolitique, comme avec l’Ukraine où une guerre civile a été déclenchée. Il traite rapidement le sujet de l’Ukraine et de la révolution Orange orchestrée depuis l’extérieur, avec la volonté manifestée du respect des accords de Minsk et de tenir compte des droits des populations du Donbass pour que l’Ukraine soit un État civilisé, un maillon entre l’Europe et l’Asie.

« Un petit cercle d’amis décident en cachette »

Il déplore la façon sournoise qui transgresse les lois internationales concernant les sanctions unilatérales qui sont devenues la norme et servent à supprimer des concurrents. Des unions se créent, dit-il, sans consulter les habitants des différents pays. Tout se fait en cachette, on nous met devant le fait accompli. « Il s’agit d’un réel petit cercle d’amis qui décide » pour le monde entier.

La Russie propose d’harmoniser les différents projets économiques fondés sur des règles uniques.

Quant au changement climatique, nous voulons que la conférence sur le climat de Paris porte ses fruits, dit-il.(…)

__________

La Russie veut une solution à la Suisse dans le monde.

Traduction »