Robots du futur






A new version of Atlas, designed to operate outdoors and inside buildings. It is specialized for mobile manipulation. It is electrically powered and hydraulically actuated. It uses sensors in its body and legs to balance and LIDAR and stereo sensors in its head to avoid obstacles, assess the terrain, help with navigation and manipulate objects. 


This version of Atlas is about 5′ 9″ tall (about a head shorter than the DRC Atlas) and weighs 180 lbs.



    Le Conseil fédéral rejette «Monnaie pleine»

    Le Conseil fédéral préfère protéger quelques banquiers aux salaires indécents au lieu du bien commun des peuples suisses… Une grave erreur historique. 

    Il refuse de revenir à un système de monnaie pleine qui a fait ses preuves dans le passé pour continuer dans le nouveau système d’un casino mondial électronique et hasardeux. Il cite l’or comme valeur alors qu’il lutte en fait contre l’or.

    Le Conseil fédéral rejette l’initiative «Monnaie pleine» sans contre-projet. Il nie la réalité avec notamment cette phrase.

    “Ainsi, les banques commerciales ne pourraient plus octroyer de crédits financés comme aujourd’hui par des dépôts à vue (comptes courants).”

    La réalité est exactement le contraire, ce sont les crédits qui créent du néant, EX NIHILO, en latin pour les “initiés”, TOUTE LA MONNAIE QUI NOUS EST ALORS LOUéE à INTéRÊTS COMPOSéS … Le franc suisse doit revenir aux suisses qui en sont les propriétaires, un propriétaire ne doit pas louer son propre bien, c’est du VOL au profit de quelques banquiers, politiciens et actionnaires…


    https://www.youtube.com/watch?v=hYzX3YZoMrs

    en allemand:
    en espagnol:

    Projet de loi d’application de monnaie-pleine



    Initiative monnaie pleine, questions fréquentes. FAQ.


    Remarques et améliorations à siebenthal at gmail . com ou ++ 41 21 652 54 83 merci

    Monnaie pleine, Vollgeld, positive money.

    Aux USA «…le projet de loi Goldsborough présenté alors, avec l’approbation du Comité sur les Banques de la Chambre … pratiquement un support unanime. Ce projet de loi fut débattu deux jours à la Chambre, un très simple projet de loi, établissant la politique des Etats-Unis de rétablir et de maintenir la valeur de la monnaie, et ordonnant au Secrétaire du Trésor, aux officiers de la Commission de la Réserve Fédérale et aux Banques de la Réserve Fédérale, de rendre cette politique effective. C’était tout, mais suffisant, et le bill passa, non par un vote partisan: 117 députés républicains votèrent en faveur de ce projet de loi (qui avait été présenté par un député démocrate), et le bill passa par 289 voix contre 60, et de ces 60 députés, seulement 12, par la volonté du peuple, sont encore au Congrès. ( voir la suite de l’histoire tout en bas de cette page ).
    Toutes les monnaies deviennent de la monnaie de singe par dilution à chaque “création” ex nihilo.

    Toutes les monnaies deviennent de la monnaie de singe, diluées par la création monétaire ex nihilo, du néant, des abus qui détruisent les économies. On tue les poules aux oeufs d’or, sic.

    Grâce à monnaie pleine, on peut maintenant faire un projet de loi et y intégrer tout ce qu’on veut, y compris les détails du RBI et lutter contre les dérivés, çà vaut la peine d’y travailler immédiatement, dans les jours qui viennent

    Préparons un texte et discutons avec les parlementaires, voir les commissions ci-dessous.

    MEMBRES DE LA CER DU CONSEIL NATIONAL

    MEMBRES DE LA CER DU CONSEIL DES ÉTATS

    DOMAINES DE COMPÉTENCES

    • Economie nationale, politiques conjoncturelle et monétaire
    • Agriculture, industrie et services (notamment commerce, finance, assurances, tourisme)
    • Fiscalité (fiscalité interne et internationale, douanes)
    • Concurrence (marché intérieur, prix, cartels, concurrence déloyale sous l’aspect notamment de l’information des consommateurs, du crédit à la consommation, des entraves techniques au commerce, de la sécurité et qualité des produits ainsi que des marchés publics)
    • Promotion de la place économique
    • Marché du travail (y compris assurance-chômage uniquement pour la commission du Conseil national)
    • Propriété intellectuelle (y compris brevets et marques)

    SECRÉTARIAT DES COMMISSIONS

    ​FONCTION ​NOM ​TÉLÉPHONE / E-MAIL
    Renseignements Rita Flückiger T +41 58 322 95 30
    Catherine Gross T +41 58 322 97 37
        F +41 58 322 96 57
        WAK.CER@parl.admin.ch
    Secrétaire des commissions Katrin Marti T +41 58 322 94 72
    Secrétaire adjoint Alexandre Füzesséry T +41 58 322 98 58
    Collaboratrice scientifique Kathrin Meier T +41 58 322 94 38

    Berne, 24.02.2016 – Lors de sa séance d’aujourd’hui, le Conseil fédéral s’est prononcé contre l’initiative populaire «Pour une monnaie à l’abri des crises: émission monétaire uniquement par la Banque nationale!» (initiative dite «Monnaie pleine»). Il a justifié ce rejet en invoquant principalement les risques imprévisibles que la refonte du système monétaire demandée par les auteurs de l’initiative entraînerait pour le secteur financier et, par conséquent, pour l’ensemble de l’économie. Le Conseil fédéral ne présentera pas de contre-projet.

    L’initiative populaire «Pour une monnaie à l’abri des crises: émission monétaire uniquement par la Banque nationale!» (initiative dite «Monnaie pleine») demande l’élaboration d’un nouveau cadre pour le système monétaire suisse. Elle propose qu’un nouvel article 99 de la Constitution confère à la Banque nationale suisse (BNS) le monopole de la création de monnaie scripturale. Ainsi, les banques commerciales ne pourraient plus octroyer de crédits financés comme aujourd’hui par des dépôts à vue (comptes courants). L’initiative prévoit également de distribuer directement l’argent nouvellement créé aux collectivités publiques ou aux citoyens.
    Tout comme les auteurs de l’initiative, le Conseil fédéral reconnaît l’importance d’une place financière stable. Il estime cependant que l’initiative ne permettrait pas d’assurer, comme elle le promet, une meilleure protection des détenteurs de comptes en cas de difficultés financières des banques, car elle ne préserverait pas les banques des problèmes de liquidités et de solvabilité. C’est pourquoi le Conseil fédéral souhaite plutôt poursuivre sa stratégie visant à renforcer la stabilité de la place financière au moyen d’une réglementation appropriée. D’importants progrès ont déjà été réalisés dans ce domaine au cours de ces dernières années, avec l’adaptation des prescriptions aux normes de Bâle III et aux exigences applicables aux établissements financiers d’importance systémique («too big to fail»).
    L’argent mis en circulation par la BNS a aujourd’hui pour contrepartie des réserves de devises et d’or inscrites au bilan. Si, comme le demande l’initiative, cet argent est mis en circulation par transfert aux pouvoirs publics ou aux citoyens, cela pourrait ébranler la confiance dans la valeur de ce moyen de paiement. La capacité d’action de la BNS en matière de politique monétaire pourrait ainsi diminuer, et il serait plus difficile de garantir la stabilité des prix.
    Une refonte du système financier et monétaire impliquerait de manière générale des incertitudes et des risques pour l’économie suisse. Aucune économie moderne n’a jamais mis en place un système de «réserve pleine» ou de «monnaie pleine». Si la Suisse était la seule à changer de système, cela mettrait en danger la position internationale de sa place financière. La mise en œuvre du nouveau système entraînerait une insécurité juridique et des désavantages concurrentiels pour les établissements financiers opérant en Suisse. Et un affaiblissement du secteur financier comporterait à son tour des risques pour le reste de l’économie suisse, notamment parce que l’initiative pourrait avoir pour effet de restreindre l’octroi de crédits.
    Pour toutes ces raisons, le Conseil fédéral rejette l’initiative. Celle-ci étant en contradiction avec sa stratégie visant à garantir la stabilité financière, il renonce également à présenter un contre-projet direct ou une contre-proposition indirecte. Le Département fédéral des finances a été chargé de rédiger d’ici au 1er décembre 2016 un message à l’intention du Parlement.

    Adresse pour l’envoi de questions:

    Serge Gaillard, directeur de l’Administration fédérale des finances AFF
    Tél. +41 58 462 60 05, serge.gaillard@efv.admin.ch

    Auteur:

    Conseil fédéral
    Internet: https://www.admin.ch/gov/fr/accueil.html
    Département fédéral des finances
    Internet: http://www.dff.admin.ch
    La propagande commence à large échelle, des tissus de manipulations, exemple dans le journal de la Coop…La propagande de la COOP


    Question intéressante dans le “le savais-tu” du magazine COOP :


    <<< Qui a inventé le papier monnaie ? >>>

    Mais le traitement de cette question pue la propagande (volontaire ou pas, je ne sais pas, mais j’ai mon idée) …

    En premier lieu (encadré A) il est dit “on commença à payer avec du métal” c’est faux, on commença plutôt par tenir des comptabilités.

    Ensuite (B) laisse croire que les dirigeants (assimilés à l’état) sont les ancêtres du billet. Mais des billets sur lesquels Untel écrivait devoir ceci cela à Tel-autre, il en existait bien avant la mise en place de la monnaie papier.
    Et en plus, c’est justement l’état qui en interdisait l’usage comme moyens d’échange (il est encore interdit de payer un du avec une reconnaissance de dette autre que les billets officiels) sans doute pour se réserver le monopole de la monnaie (ou plus précisément pour le réserver aux banquiers privés).

    Finalement le point (C) est le pire.
    En disant que la banque Nationale suisse a obtenu le droit exclusif d’émettre des billets de banque, l’auteur de cet article laisse croire que :
    1) cette banque est autre chose qu’une banque privée et qu’elle serait gérée par la nation suisse, alors qu’elle est une banque privée gérée par des privés qui n’ont jamais été élus.
    2) En omettant de dire que les billets sont une part infime de la monnaie en circulation*, en disant que seule la BNS peut créer de la monnaie, cet article renforce l’ignorance de la réalité : L’essentiel de la monnaie en circulation est crée à partir de rien par des banques privées !

    Cet article est donc une honte.

    Et j’espère que des gens plus entendus que moi, comme le sont François de SiebenthalGérard Foucher ou encore Blaise Rossellat, que ces gens là profiteront de ce scandale pour pousser un coup de gueule, voir pour réclamer un droit de réponse dans ce magazine gratuit !

    * aujourd’hui la grande majorité des payements se font par des transactions sans sortir le porte-monnaie …

    Lieber François,

    In diesem Newsletter ist zu lesen:

    • Bundesrat lehnt Vollgeld-Initiative ohne Gegenvorschlag ab
    • aktueller Pressespiegel zur Vollgeld-Initiative
    • Veranstaltungshinweise im Februar und März
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    Vollgeld-Initianten überrascht über die Ablehnung des Bundesrates

    Bern – Der Bundesrat informiert in seiner Medienmitteilung vom 24.2.2016 über seine Ablehnung der Vollgeld-Initiative.

    Die vollständige Stellungnahme des Vollgeld-Initiativkomitees ist hier zu finden. Zur Ablehnung derVollgeld-Initiative durch den Bundesrat erklärt Daniel Meier vom Initiativkomitee der Vollgeld-Initiative unter anderem:

    – Die schnelle Ablehnung der Vollgeld-Initiative durch den Bundesrat überrascht uns. Der Bundesrat vergibt eine grosse Chance für ein krisensicheres Geld. Zum Glück entscheidet letztlich das Volk und nicht der Bundesrat über die Vollgeld-Initiative.

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    – Mit Vollgeld sind Franken auf Privatkonten hundertprozentig sicher, insbesondere auch wenn eine Bank in Schwierigkeiten kommt. Das ist ein grosser Schritt zu mehr Sicherheit.

    – Die Kreditvergabe kann weiterhin reibungslos durch die Banken gewährleistet werden, weil die Nationalbank jederzeit genügend Geld in Umlauf bringen kann.

    – Die Vollgeld-Initiative stärkt das Vertrauen in den Schweizer Franken, insbesondere weil die geldpolitische Handlungsfähigkeit der Nationalbank gezielt gestärkt wird.

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     aktueller Pressespiegel zur Vollgeld-Initiative
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    Veranstaltungshinweise im Februar und März

    Do., 25. Februar: ABS-GeldgesprächeGeld aus dem Nichts (Vortrag und Diskussion mit Prof. Matthias Binswanger) in Olten

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    29. Februar 2016: “Das nächste Geld
    Vortrag von Christoph Pfluger, anschl. kontradiktorische Diskussion mit Klaus Kirchmayr, Banker und Fraktionschef der Grünen BL
    in Sissach. Weitere Informationen
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    Do., 3. März: Referat Was will die Vollgeld-Initiative? von Vorstandsmitglied Martin Alder bei der JSVP Luzern in Emmenbrücke
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    Do., 3. März: Referat Was will die Vollgeld-Initiative? von Vorstandsmitglied Bruno Martin bei der JFDP Schwyz in Pfäffikon
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    Mi., 9. März: Referat Was will die Vollgeld-Initiative von Vorstandsmitglied Bruno Martin bei der JUSO Stadt Zürich

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    Di 15. März 2016: Abendseminar mit Christoph Pfluger: 
    Die Rätsel des Geldes, Antworten in Oberwil/ZG, Details und Anmeldung hier

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    Mit vielen Grüssen im Namen des Kampagnenteams

    Simon Sennrich
    simon.sennrich@vollgeld-initiative.ch / 077 462 51 01

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    Vollgeld-Initiative
    Postfach 3160, 5430 Wettingen
    Telefon: 044 586 65 96, Mobile: 079 773 34 50 

    La puissance des voisinages, Communs et allmend à la suisse

    La puissance des voisinages, Communs et allmend à la suisse

    Voisinages et Communs

    Le point de départ de ce petit livre de p.m. est un ouvrage paru aux U.S.A. aux éditions Autonomedia, Brooklyn, N.Y., traduit par l’auteur
    avec l’aide de Hanswerner Hofstetter, et publié sous le titre “The
    Power of Neighborhood” and the Commons.

    La traduction française a été
    fabriquée à partir de plusieurs éléments et avec le concours aimable de
    Hans E. Widmer, Elisabeth Brüngger, Patricia Farazzi, Marc Sigala et
    Elie Bosè.

    Ces dernières années, plusieurs publications et brochures de p.m. ont
    paru en Suisse autour de l’association « Redémarrer la Suisse » (Neustart
    Schweiz – Verein für ökologisch-soziale Erneuerung), dont nous nous
    sommes également inspirés pour constituer ce volume.
    33 ans après bolo‘bolo voici que se précise, autour de cette idée et cette
    pratique de voisinage, l’« utopie réalisable » de p.m. et de ses amis,
    dans une situation extrême, tant du point de vue écologique que politique
    et économique. Par un tour de passe-passe qui a duré le temps
    d’un petit siècle, le rêve d’un internationalisme généreux est devenu
    « globalisation » impitoyable, et, sous cette forme, elle n’épargne plus
    le moindre territoire. Bien loin des mascarades en grande pompe dont
    Paris a donné récemment un exemple, et qui, comme le cheval qui
    devait chier de l’or, ne font que des promesses pestilentielles, des initiatives
    surgissent ici et là. Rassemblées, elles constituent une réponse à
    l’obsolescence programmée du monde par le capitalisme. « Il n’est pas
    question de petits projets de survie dans des niches alternatives », écrit
    p.m., mais d’une réponse globale à un problème global. Il n’est pas
    question de vaincre un pouvoir en déliquescence pour s’y substituer,
    mais de remporter la « victoire sur la victoire » (Hermann Broch)
    pour une société où la coopération se substituera à la concurrence.
    Ainsi, à partir du voisinage comme « module le plus petit d’une économie
    et d’un mode de vie fondés sur les Communs » on prend de la
    hauteur pour figurer un monde au fronton duquel sera gravé l’ancien
    adage du temple de Delphes, qui, vingt-sept siècles plus tard, n’a rien
    perdu de sa vérité : MHDEN AGAN : « RIEN DE TROP ».
    *
    (μηδὲν ἄγαν / mêdén ágan), inculquant la mesure et le rejet des excès«

    Ce livre a deux objectifs: d’une part, il s’agit d’établir une certaine
    entente ou cohésion concernant les notions majeures qui ont cours
    dans l’actuelle discussion sur les alternatives à la société de croissance
    – subsistance, résilience, coopération, transition, communs
    etc. – en présentant la diversité des différentes approches. D’autre
    part, et en guise de synthèse de ces approches, de faire une proposition
    concrète, tournée vers l’action, à savoir la notion de voisinage
    en tant que module le plus petit d’une économie et d’un mode de
    vie fondés sur les Communs. »
    *
    P.M. est l’auteur d’une œuvre multiple (essais, romans, guides de
    voyage, jeux de société) dont la pièce maîtresse reste bolo‘bolo
    (1983), publié à L’éclat en 1997, et réédité en 2013, accompagné
    d’une nouvelle préface ‘anniversaire’. Il est actif au sein de l’association
    « Redémarrer la Suisse » et partage son temps entre l’île d’Amberland,
    dont il en a rédigé le guide exhaustif, et la coopérative
    d’habitation Kraftwerk1 à Zurich.

    Delphes baignait dans un climat de piété et d’effervescence intellectuelle. On s’y dépouillait de ses masques sociaux, à l’image d’Apollon qui, fondant la cité, dut se purifier du meurtre de Python. La philosophie y était pratiquée et encouragée, et c’est un oracle de Delphes qui aurait poussé Socrate à enseigner, après qu’un de ses disciples y aurait appris que son maître était le plus sage des hommes. Plusieurs devises philosophiques ornaient la ville: « rien de trop » (μηδὲν ἄγαν / mêdén ágan), inculquant la mesure et le rejet des excès, «connais-toi toi-même» (γνῶθι σεαυτόν / gnỗthi seautón), sur le fronton du temple d’Apollon, maxime enseignant l’importance de l’autonomie dans la recherche de la vérité (formule que Socrate reprendra à son compte dans le Charmide) et celle de l’introspection, ainsi qu’un très étrange «Ε», aussi sur le fronton du temple (ref. [1]) et sur la signification duquel les Grecs se sont longuement interrogés, et qui pourrait être une manière de noter le mot εἶ / eĩ, « tu es », sous-entendu « toi aussi une partie du divin » ? Quoi qu’il en soit, la présence de l’oracle a fait de Delphes le lieu par excellence de la révélation à soi.
    Voisinages et Communs Collection «Premier secours» 11×18. 192 pages dont 16 pages en couleur ISBN : 978-2-84162-392-1 Prix 12 € En librairie le 5 avril 2016 Contacts : infos@lyber-eclat.net ou Michel Valensi : 06 45 75 75 34 www.lyber-eclat.net DU MÊME AUTEUR bolo‘bolo 11×18. 224 pages Collection «Premier secours» ISBN : 978-2-84162-303-7 Prix 15 € p.m.

    Culture d’entreprise & révolution monétaire très urgente

    Les conférences de Carême à Notre-Dame de Paris constituent un grand rendez-vous de réflexion sur l’actualité de la foi chrétienne. Thème abordé cette année : le sens spirituel des cultures, cycle confié à Rémi Brague, Professeur émérite de philosophie. Intervenant : Thibaud de la Hosseraye, conseiller en management.


    Une révolution monétaire urgente, on marche sur la tête

    Diffusé le 21/02/2016 / Durée : 70 minutes


    Voir surtout la fin … 


    http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html

    Equateur: premier pays à monnaie électronique émise par sa banque centrale



    Le président équatorien, Rafael Correa, a lancé une monnaie d’Etat virtuelle. L’Equateur est ainsi le premier pays à créer une monnaie électronique émise par sa banque centrale pour le bien de ses citoyens.

    Le Sistema de Dinero Electronico, première monnaie électronique soutenue par un État, permet depuis février de payer des taxis en Équateur. Quito veut généraliser l’emploi de cette nouvelle devise destinée en priorité aux plus pauvres.

    L’Équateur compte reléguer les billets de banque et autre pièces de monnaie sonnantes et trébuchantes au placard. Progressivement, ce pays d’Amérique du Sud veut faire du Sistema de Dinero Electronico (SDE – Système d’argent électronique) un moyen de paiement complémentaire du dollar américain, qui est la devise officielle depuis 2000. Il devient, ainsi, le premier État au monde à promouvoir l’utilisation d’une monnaie dématérialisée, gérée par les autorités publiques.
    Et le plan du gouvernement socialiste de Rafael Correa débute par les taxis. Depuis le début du mois de février, il est possible de régler sa course en SDE dans tout le pays. Il suffit d’avoir ouvert un compte auprès de la Banque centrale équatorienne et de disposer d’une smartphone. Le paiement se fait ensuite en quelques clics. À compter du 15 février, les Équatoriens pourront utiliser ce nouveau mode de paiement pour d’autres services qui doivent encore être sélectionnés par l’État. Ils auront, en outre, le droit de s’envoyer de l’argent entre eux. Fin 2015, il devrait être possible de régler ses impôts et autres taxes grâce au SDE
    Pas du bitcoin
    Ça ressemble à du bitcoin, ça a le goût du bitcoin, mais pourtant ce n’en est pas. L’association d’idée avec la célèbre monnaie électronique qui défraie la chronique depuis deux ans se fait d’autant plus aisément que Quito a, justement, interdit l’utilisation du bitcoin en juillet 2014 pour préparer le terrain à son propre moyen de paiement dématérialisé.
    Contrairement au bitcoin, monnaie totalement décentralisée, la nouvelle devise équatorienne est gérée par la banque centrale. Il ne dépend pas non plus d’une autre monnaie, alors que le SDE est indexé au dollar à parité égale, c’est-à-dire qu’un dollar équivaut à un SDE. Son cours variera donc en fonction des fluctuations du billet vert et la banque centrale ne pourra pas laisser circuler davantage de cette nouvelle monnaie qu’elle n’a de dollars en réserve.
    Surtout, le Sistema de Dinero Electronico est avant tout un instrument politique. En janvier 2014,lorsque Rafael Correa a dévoilé son projet de monnaie électronique, il l’a présenté comme un outil de justice sociale. Dans un pays où, d’après la Banque mondiale, près de 40 % de la population n’a pas accès au système bancaire, ce serait l’outil idéal pour “réduire l’exclusion financière”, d’après la BCE.
    Cette monnaie électronique doit permettre aux plus démunis d’ouvrir un compte sans avoir à payer les frais de gestion traditionnels associés à un compte en banque. Il suffit de répondre à trois questions envoyées par SMS sur son téléphone portable – plus de 90 % de la population en est muni – et le tour est joué. Le gouvernement a même pensé à rédiger les questions aussi en quechua, une langue parlée par certains des Équatoriens les plus pauvres.
    Pour les pauvres ou pour la “dé-dollarisation” ?
    L’État a, également, tout intérêt à favoriser le succès du SDE. Il pourrait devenir une source de précieuses économies, a indiqué à la chaîne américaine CNBC, Diego Martinez, un économiste et conseiller au président Rafael Correa. Le pays dépense, en effet, trois millions de dollars par an pour changer les vieilles coupures usagées par des nouveaux billets verts. Ce coût “d’entretien” pourrait baisser sensiblement si la population ne payait plus que par smartphone.
    Certains, comme l’économiste américain Lawrence White, pensent que le gouvernement socialiste équatorien aimerait surtout en finir avec le dollar comme devise officielle du pays. “Il n’y a pas de raison économique valable, autre qu’ouvrir la voie à la ‘dé-dollarisation’ de l’économie, pour que l’État crée sa propre monnaie électronique”, assure-t-il sur le blog “Free Banking”. …
    Le site d’actualité économique argentin Infobae ajoute qu’il n’est pas illogique qu’un président socialiste en Amérique du Sud veuille s’affranchir du billet vert. Pourtant Rafael Correa a répété que la nouvelle monnaie n’avait pas vocation à court ou long terme de prendre la place du dollar.


    Mais le chef d’État équatorien peut difficilement affirmer le contraire. Actuellement, plus de 90 % des Équatoriens sont favorables au maintien du dollar comme monnaie officielle, rappellent plusieurs médias locaux. Le passage au billet vert à mis fin à l’inflation galopante qui a fait vaciller l’économie nationale dans les années 1990. La hausse des prix était passée de 90 % en 2000 à 9 % deux ans plus tard. “Le dollar est une monnaie en laquelle la population a confiance”, souligne Infobae. Reste à savoir si les Équatoriens feront également confiance au SDE. Jusqu’à présent 6 000 personnes, sur une population totale de 15 millions, ont accepté de tester cette monnaie.
    En Suisse:

    Tous Rois et Reines battant monnaie.

    Rejoignez-nous
    Assemblée des actionnaires anonymes de la banque nationale suisse, BNS
    https://www.facebook.com/groups/1594049034189263/?fref=ts

    Partageons les avantages des créations monétaires du néant, ex nihilo, le vrai secret bancaire, et évitons les dilutions cachées des monnaies, vol universel de tous depuis tout le temps.

    La vision, la BNS est une coopérative dont chacun est coopérateur dès la conception, dirigée par sept conseillers choisis au hasard ( panachage de langues etc, formule dite magique) pour seulement une année, et à leur charge de vérifier les comptes de l’année précédente.

    Une nouvelle banque nationale suisse 3.0 en coopérative appartenant à tous les habitants de la Suisse et dont les sept directeurs sont par exemple tirés au sort tous les ans, directeurs qui peuvent se faire assister de spécialistes de leur choix pour la durée de leur mandat, avec comme but principal de distribuer équitablement la productivité croissante des robots en battant proportionnellement monnaie pour NOUS.
    La transformation de la BNS en une fédération de Coopératives Monétaires Cantonales et communales constitue certainement le plus sûr moyen de s’assurer d’une part que nous maîtrisons le flux d’émission et que celui-ci est assuré par la seule volonté du Souverain et en fonction de ses besoins propres. 


    Nos monnaies sont de plus en plus diluées, perdant chaque jour de la valeur. Pour résister, votons oui à monnaie pleine et changeons la banque nationale suisse, alias BNS.

    3 Suisses, Suisses qui sont tous des Rois, le Souverain…
    chante LIOBA
    https://www.youtube.com/watch?v=0Xls94ECKQs

    Dilutions monétaires, des vols systématiques et continus “légalisés” par des astuces et tricheries notamment comptables, des complots prouvés au service de quelques “initiés”…
    Les banques commerciales, à ma connaissance actuelle, ont au moins 7 manières de “créer” des “substituts” monétaires en abusant par exemple de la marque Francs suisses ( ou €, ou $, ou £ etc ) et en diluant la vraie monnaie ( 7 origines de “monnaie nouvelle” ex nihilo ):
    Substituts selon la Confédération suisse:
    http://www.parlament.ch/e/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123305
    Opérations aux bilans:
    – Acquisition d’un actif réel (terrain, immeuble…)
    – Acquisition d’un actif financier ( action, obligation, titres)
    – Conversion de devises (not. suite à l’ exportation d’une entreprise cliente) 

    -et conversion de devises ( sur ordre d’une banque centrale, swap ou d’un tiers qui a besoin d’un prête-nom !, à voir plus bas )
    – Opération d’escompte
    – Opération de crédit
    Par le compte de pertes et profits
    – Leurs paiements (y compris leurs salaires et bonus).

    Les amendes colossales dues pour leurs graves crimes et fraudes systématiques sont en fait payées par des baisses d’impôts qu’ils devraient payer aux collectivités ( sic ), donc les amendes sont en réalité payées par les citoyens ( resic ) et les politiques de rigueur, ils gagnent à tous les coups, face ils gagnent, pile, nous perdons, et, en cas de faillitte, ils disent qu’ils sont trop gros et les politiciens payent en empruntant sur notre dos (re-re-sic ) à intérêts de nouvelles DETTES éternelles… et leur laissent leurs bonus, salaires, et autres parachutes dorés… et des impôts directs et indirects de plus en plus déments et grotesques et en laissant les USA devenir un paradis fiscal mondialisé 

    https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2016/02/02/les-etats-unis-ont-phagocyte-la-place-financiere-suisse-liliane-held-khawamle-nouveau-paradis-fiscal-favori-de-la-planete-les-etats-unis-bloomberg/


    Les banques centrales ne peuvent presque plus 
    battre monnaie, sic, car l’essentiel de la monnaie est fait sous forme électronique, par des crédits à intérêts composés exponentiels, sur ordre des banques commerciales, les profits sont donc privatisés à 99 % et les pertes socialisées à 100 %, payées par les citoyens…

    Résistances: http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html

    Par exemple, les banques centrales ne peuvent presque plus 
    battre monnaie, selon Michel Lassere.

    L’avertissement du président équatorien « L’Europe endettée reproduit nos erreurs »

    L’avertissement du président équatorien en 2013
    « L’Europe endettée reproduit nos erreurs »

    Lors d’une conférence à la Sorbonne le 6 novembre dernier, le président équatorien Rafael Correa a interpellé ses homologues européens sur leur gestion de la crise de la dette. Celle-ci serait caractérisée par une seule obsession : garantir les intérêts de la finance. Il livre ici une synthèse de sa réflexion.
    par Rafael Correa

    Nous, Latino-Américains, sommes experts en crises. Non parce que nous serions plus intelligents que les autres, mais parce que nous les avons toutes subies. Et nous les avons terriblement mal gérées, car nous n’avions qu’une seule priorité : défendre les intérêts du capital, quitte à plonger la région dans une longue crise de la dette. Aujourd’hui, nous observons avec préoccupation l’Europe prendre à son tour le même chemin.

    Dans les années 1970, les pays latino-américains sont entrés dans une situation d’endettement extérieur intensif. L’histoire officielle affirme que cette situation a résulté des politiques menées par des gouvernements « irresponsables » et des déséquilibres accumulés en raison du modèle de développement adopté par le sous-continent après la guerre : la création d’une industrie susceptible de produire localement les produits importés, ou « industrialisation par substitution des importations ».

    Cet endettement intensif a, dans les faits, été promu — et même imposé — par les organismes financiers internationaux. Leur prétendue logique voulait que, grâce au financement de projets à haute rentabilité, qui abondaient à l’époque dans les pays du tiers-monde, on parviendrait au développement, tandis que le rendement de ces investissements permettrait de rembourser les dettes contractées.

    Cela dura jusqu’au 13 août 1982, quand le Mexique se déclara dans l’incapacité de rembourser les échéances. Dès lors, toute l’Amérique latine dut souffrir de la suspension des prêts internationaux, en même temps que de l’augmentation brutale des taux d’intérêt de sa dette. Des emprunts qui avaient été contractés à 4 % ou 6 %, mais avec des taux variables, ont soudain atteint 20 %. Mark Twain disait : « Un banquier est quelqu’un qui vous prête un parapluie quand il fait grand soleil et qui vous le reprend dès qu’il commence à pleuvoir… »

    Ainsi a débuté notre crise de la dette. Durant la décennie 1980, l’Amérique latine a opéré vers ses créanciers un transfert de ressources net de 195 milliards de dollars (près de 554 milliards de dollars en valeur actuelle). Dans le même temps, la dette extérieure de la région passait pourtant de 223 milliards de dollars en 1980 à… 443 milliards de dollars en 1991 ! Non pas à cause de nouveaux crédits, mais du fait du refinancement et de l’accumulation des intérêts.

    De fait, le sous-continent a vu s’achever la décennie 1980 avec les mêmes niveaux de revenu par habitant qu’au milieu des années 1970. On parle d’une « décennie perdue » pour le développement. En réalité, perdue, c’est toute une génération qui le fut.

    Bien que les responsabilités aient été partagées, les pays dominants, les bureaucraties internationales comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID), ainsi que les banques privées internationales, bien entendu, ont résumé la difficulté à un problème de surendettement des Etats (overborrowing). Jamais ils n’ont assumé leur propre responsabilité dans l’octroi déraisonnable de crédits (overlending), sa contrepartie.

    Les sévères crises budgétaires et d’endettement extérieur générées par le transfert net de ressources de l’Amérique latine vers ses créanciers ont conduit bon nombre de pays de la région à rédiger des « lettres d’intention » dictées par le FMI. Ces accords contraignants permettaient d’obtenir des prêts de la part de cet organisme, ainsi que sa caution dans la renégociation des dettes bilatérales avec les pays créanciers, réunis au sein du Club de Paris.
    Carence de dirigeants et d’idées

    Les programmes d’ajustement structurel et de stabilisation ont imposé les recettes de toujours : austérité budgétaire, augmentation du prix des services publics, privatisations, etc. Autant de mesures à travers lesquelles on ne cherchait pas à sortir au plus vite de la crise, ni à doper la croissance ou l’emploi, mais à garantir le remboursement des créances des banques privées. En fin de compte, les pays concernés étaient toujours endettés, non plus auprès de ces établissements, mais auprès des organismes financiers internationaux, lesquels protégeaient les intérêts des banques.

    Au début des années 1980, un nouveau modèle de développement a commencé à s’imposer en Amérique latine et dans le monde : le néolibéralisme. Ce nouveau consensus sur la stratégie de développement a été surnommé « consensus de Washington », ses principaux concepteurs et promoteurs étant les organismes financiers multilatéraux dont le siège était à Washington. Selon la logique en vogue, la crise en Amérique latine était due à une intervention excessive de l’Etat dans l’économie, à l’absence d’un système adéquat de prix libres et à l’éloignement des marchés internationaux — étant entendu que ces caractéristiques découlaient du modèle latino-américain d’industrialisation par substitution des importations.

    Conséquence d’une campagne de marketing idéologique sans précédent maquillée en recherche scientifique, ainsi que des pressions directes exercées par le FMI et la Banque mondiale, la région est passée d’un extrême à l’autre : de la méfiance envers le marché et de la confiance excessive en l’Etat au libre-échange, à la dérégulation et aux privatisations.

    La crise n’a pas été seulement économique ; elle a résulté d’une carence de dirigeants et d’idées. Nous avons eu peur de penser par nous-mêmes et nous avons accepté de façon aussi passive qu’absurde les diktats étrangers.

    La description de la crise qu’a traversée l’Equateur (lire « Equateur, 1998 ») sera sans doute familière à bien des Européens. L’Union européenne souffre d’un endettement produit et aggravé par le fondamentalisme néolibéral. Tout en respectant la souveraineté et l’indépendance de chaque région du monde, nous sommes surpris de constater que l’Europe, pourtant si éclairée, répète en tout point les erreurs commises hier par l’Amérique latine.

    Les banques européennes ont prêté à la Grèce en prétendant ne pas voir que son déficit budgétaire était près de trois fois supérieur à celui déclaré par l’Etat. Se pose à nouveau le problème d’un surendettement dont on omet d’évoquer la contrepartie : l’excès de crédit. Comme si le capital financier n’avait jamais la moindre part de responsabilité.

    De 2010 à 2012, le chômage a atteint des niveaux alarmants en Europe. Entre 2009 et 2012, le Portugal, l’Italie, la Grèce, l’Irlande et l’Espagne ont réduit leurs dépenses budgétaires de 6,4 % en moyenne, nuisant ainsi gravement aux services de santé et d’éducation. On justifie cette politique par une pénurie de ressources ; mais des sommes considérables ont été dégagées pour renflouer le secteur financier. Au Portugal, en Grèce et en Irlande, les montants de ce sauvetage bancaire dépassent le total des salaires annuels.

    Tandis que la crise frappe durement les peuples européens, on continue de leur imposer les recettes qui ont échoué partout dans le monde.

    Prenons l’exemple de Chypre. Comme toujours, le problème commence avec la déréglementation du secteur financier. En 2012, sa mauvaise gestion devient intenable. Les banques chypriotes, la Banque de Chypre et la Laiki Bank en particulier, avaient octroyé à la Grèce des prêts privés pour un montant supérieur au produit intérieur brut (PIB) chypriote. En avril 2013, la « troïka » — FMI, Banque centrale européenne (BCE) et Commission européenne — propose un « sauvetage » de 10 milliards d’euros. Elle le conditionne à un programme d’ajustement qui inclut la réduction du secteur public, la suppression du système de retraite par répartition pour les nouveaux fonctionnaires, la privatisation des entreprises publiques stratégiques, des mesures d’ajustement budgétaire jusqu’à 2018, la limitation des dépenses sociales et la création d’un « fonds de sauvetage financier » dont l’objectif est de soutenir les banques et de résoudre leurs problèmes, en plus du gel des dépôts supérieurs à 100 000 euros.

    Nul ne doute que des réformes soient nécessaires, ni qu’il faille corriger de graves erreurs, y compris originelles : l’Union européenne a intégré des pays avec des différentiels de productivité très importants que les salaires nationaux ne reflétaient pas. Reste que, pour l’essentiel, les politiques menées ne cherchent pas à sortir de la crise au moindre coût pour les citoyens européens, mais à garantir le paiement de la dette aux banques privées.

    Nous avons évoqué des pays endettés. Qu’en est-il des particuliers incapables de rembourser leurs créances ? Prenons le cas de l’Espagne. Le manque de régulation et l’accès trop facile à l’argent des banques espagnoles ont généré une immense quantité de crédits hypothécaires, lesquels ont galvanisé la spéculation immobilière. Les banques elles-mêmes cherchaient les clients, estimaient le prix de leur logement et leur prêtaient toujours davantage pour l’achat d’une voiture, de mobilier, d’électroménager, etc.

    Quand éclate la bulle immobilière, l’emprunteur de bonne foi ne peut plus rembourser son emprunt : il n’a plus d’emploi. On lui prend son logement, mais celui-ci vaut beaucoup moins que quand il l’a acheté. Sa famille se retrouve à la rue et endettée à vie. En 2012, on a recensé chaque jour plus de deux cents expulsions, ce qui explique une grande partie des suicides en Espagne…

    Une question se pose : pourquoi ne recourt-on pas à des remèdes qui semblent évidents, et pourquoi répète-t-on toujours le scénario du pire ? Parce que le problème n’est pas technique, mais politique. Il est déterminé par un rapport de forces. Qui dirige nos sociétés ? Les humains ou le capital ?

    Le tort le plus grand qu’on ait fait à l’économie, c’est de l’avoir soustraite à sa nature originelle d’économie politique. On nous a fait croire que tout était technique ; on a déguisé l’idéologie en science, et, en nous encourageant à faire abstraction des rapports de forces au sein d’une société, on nous a tous placés au service des pouvoirs dominants, de ce que j’appelle l’« empire du capital ».

    La stratégie de l’endettement intensif qui a engendré la crise de la dette latino-américaine ne visait pas à aider nos pays à se développer. Elle obéissait à l’urgence de placer les excès d’argent qui inondaient les marchés financiers du « premier monde », les pétrodollars que les pays arabes producteurs de pétrole avaient placés dans les banques des pays développés. Ces liquidités provenaient de la hausse des prix du pétrole consécutive à la guerre d’octobre 1973, ces prix ayant été maintenus à des niveaux élevés par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Entre 1975 et 1980, les dépôts dans les banques internationales sont passés de 82 milliards de dollars à 440 milliards (1 226 milliards de dollars actuels).

    Devant la nécessité de placer des quantités d’argent si importantes, le tiers-monde a suscité l’intérêt. Ainsi a-t-on commencé, à partir de 1975, à voir défiler les banquiers internationaux désireux de placer toutes sortes de crédits — y compris pour financer les dépenses courantes et l’acquisition d’armes par les dictatures militaires qui gouvernaient de nombreux Etats. Ces banquiers zélés, qui n’étaient jamais venus dans la région, même en touristes, ont également apporté de grosses valises de pots-de-vin destinées à des fonctionnaires afin de leur faire accepter de nouveaux prêts, quel qu’en fût le prétexte. Dans le même temps, les organismes financiers internationaux et les agences de développement ont continué de vendre l’idée selon laquelle la solution, c’était de s’endetter.
    Une idéologie déguisée en science

    Si l’indépendance des banques centrales sert, dans les faits, à garantir la continuité du système quel que soit le verdict des urnes, elle a été imposée comme une nécessité « technique » au début des années 1990, justifiée par de prétendues études empiriques démontrant qu’un tel dispositif générait de meilleures performances macroéconomiques. Selon ces « recherches », les banques centrales indépendantes pouvaient agir de façon « technique », loin des pressions politiques pernicieuses. Avec un argument aussi absurde, il faudrait également rendre autonome le ministère des finances, puisque la politique budgétaire devrait, elle aussi, être purement « technique ». Comme l’a suggéré Ronald Coase, lauréat du prix de la Banque royale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, les résultats de ces études s’expliquaient : on avait torturé les données jusqu’à ce qu’elles disent ce qu’on voulait leur faire dire.

    Dans la période qui a précédé la crise, les banques centrales autonomes se sont consacrées exclusivement à maintenir la stabilité monétaire, c’est-à-dire à contrôler l’inflation, en dépit du fait que des banques centrales avaient joué un rôle fondamental dans le développement de pays comme le Japon ou la Corée du Sud. Jusque dans les années 1970, l’objectif fondamental de la Réserve fédérale américaine était de favoriser la création d’emplois et la croissance économique ; c’est seulement avec les pressions inflationnistes du début des années 1970 que l’objectif de promouvoir la stabilité des prix a été ajouté au lot.

    La priorité donnée à la stabilisation des prix signifie également, en pratique, l’abandon des politiques visant à maintenir le plein emploi des ressources dans l’économie. Au point qu’au lieu d’atténuer les épisodes de récession et de chômage, la politique budgétaire, en comprimant sans cesse les dépenses, les aggrave.

    Les banques centrales dites « indépendantes » qui se soucient uniquement de stabilité monétaire font partie du problème, pas de la solution. Elles sont l’un des facteurs qui empêchent l’Europe de sortir de la crise plus rapidement.

    Les capacités européennes sont pourtant intactes. Vous disposez de tout : le talent humain, les ressources productives, la technologie. Je crois qu’il faut tirer de cela des conclusions fortes : il s’agit ici d’un problème de coordination sociale, c’est-à-dire de politique économique de la demande, ou comme on voudra l’appeler. En revanche, les relations de pouvoir à l’intérieur de vos pays et au niveau international sont toutes favorables au capital, notamment financier, raison pour laquelle les politiques appliquées sont contraires à ce qui serait socialement souhaitable.

    Matraqués par la prétendue science économique et par les bureaucraties internationales, nombre de citoyens sont convaincus qu’« il n’y a pas d’alternative ». Ils se trompent.

    Rafael Correa
    Président de la République de l’Equateur, docteur en économie. Auteur de l’ouvrage Equateur. De la république bananière à la non-république, Utopia, Paris, 2013.

    Sa solution:
    Le président équatorien, Rafael Correa, a lancé une monnaie d’Etat virtuelle. L’Equateur est ainsi le premier pays à créer une monnaie électronique émise par sa banque centrale pour le bien de ses citoyens.

    Le Sistema de Dinero Electronico, première monnaie électronique soutenue par un État, permet depuis février de payer des taxis en Équateur. Quito veut généraliser l’emploi de cette nouvelle devise destinée en priorité aux plus pauvres.

    L’Équateur compte reléguer les billets de banque et autre pièces de monnaie sonnantes et trébuchantes au placard. Progressivement, ce pays d’Amérique du Sud veut faire du Sistema de Dinero Electronico (SDE – Système d’argent électronique) un moyen de paiement complémentaire du dollar américain, qui est la devise officielle depuis 2000. Il devient, ainsi, le premier État au monde à promouvoir l’utilisation d’une monnaie dématérialisée, gérée par les autorités publiques.
    Et le plan du gouvernement socialiste de Rafael Correa débute par les taxis. Depuis le début du mois de février, il est possible de régler sa course en SDE dans tout le pays. Il suffit d’avoir ouvert un compte auprès de la Banque centrale équatorienne et de disposer d’une smartphone. Le paiement se fait ensuite en quelques clics. À compter du 15 février, les Équatoriens pourront utiliser ce nouveau mode de paiement pour d’autres services qui doivent encore être sélectionnés par l’État. Ils auront, en outre, le droit de s’envoyer de l’argent entre eux. Fin 2015, il devrait être possible de régler ses impôts et autres taxes grâce au SDE
    Pas du bitcoin
    Ça ressemble à du bitcoin, ça a le goût du bitcoin, mais pourtant ce n’en est pas. L’association d’idée avec la célèbre monnaie électronique qui défraie la chronique depuis deux ans se fait d’autant plus aisément que Quito a, justement, interdit l’utilisation du bitcoin en juillet 2014 pour préparer le terrain à son propre moyen de paiement dématérialisé.
    Contrairement au bitcoin, monnaie totalement décentralisée, la nouvelle devise équatorienne est gérée par la banque centrale. Il ne dépend pas non plus d’une autre monnaie, alors que le SDE est indexé au dollar à parité égale, c’est-à-dire qu’un dollar équivaut à un SDE. Son cours variera donc en fonction des fluctuations du billet vert et la banque centrale ne pourra pas laisser circuler davantage de cette nouvelle monnaie qu’elle n’a de dollars en réserve.
    Surtout, le Sistema de Dinero Electronico est avant tout un instrument politique. En janvier 2014,lorsque Rafael Correa a dévoilé son projet de monnaie électronique, il l’a présenté comme un outil de justice sociale. Dans un pays où, d’après la Banque mondiale, près de 40 % de la population n’a pas accès au système bancaire, ce serait l’outil idéal pour “réduire l’exclusion financière”, d’après la BCE.
    Cette monnaie électronique doit permettre aux plus démunis d’ouvrir un compte sans avoir à payer les frais de gestion traditionnels associés à un compte en banque. Il suffit de répondre à trois questions envoyées par SMS sur son téléphone portable – plus de 90 % de la population en est muni – et le tour est joué. Le gouvernement a même pensé à rédiger les questions aussi en quechua, une langue parlée par certains des Équatoriens les plus pauvres.
    Pour les pauvres ou pour la “dé-dollarisation” ?
    L’État a, également, tout intérêt à favoriser le succès du SDE. Il pourrait devenir une source de précieuses économies, a indiqué à la chaîne américaine CNBC, Diego Martinez, un économiste et conseiller au président Rafael Correa. Le pays dépense, en effet, trois millions de dollars par an pour changer les vieilles coupures usagées par des nouveaux billets verts. Ce coût “d’entretien” pourrait baisser sensiblement si la population ne payait plus que par smartphone.
    Certains, comme l’économiste américain Lawrence White, pensent que le gouvernement socialiste équatorien aimerait surtout en finir avec le dollar comme devise officielle du pays. “Il n’y a pas de raison économique valable, autre qu’ouvrir la voie à la ‘dé-dollarisation’ de l’économie, pour que l’État crée sa propre monnaie électronique”, assure-t-il sur le blog “Free Banking”. …
    Le site d’actualité économique argentin Infobae ajoute qu’il n’est pas illogique qu’un président socialiste en Amérique du Sud veuille s’affranchir du billet vert. Pourtant Rafael Correa a répété que la nouvelle monnaie n’avait pas vocation à court ou long terme de prendre la place du dollar.

    Mais le chef d’État équatorien peut difficilement affirmer le contraire. Actuellement, plus de 90 % des Équatoriens sont favorables au maintien du dollar comme monnaie officielle, rappellent plusieurs médias locaux. Le passage au billet vert à mis fin à l’inflation galopante qui a fait vaciller l’économie nationale dans les années 1990. La hausse des prix était passée de 90 % en 2000 à 9 % deux ans plus tard. “Le dollar est une monnaie en laquelle la population a confiance”, souligne Infobae. Reste à savoir si les Équatoriens feront également confiance au SDE. Jusqu’à présent 6 000 personnes, sur une population totale de 15 millions, ont accepté de tester cette monnaie.

    Gabriel Garcia-Moreno, Président catholique de l’Equateur

    Gabriel Garcia-Moreno,
    Président catholique de l’Equateur




    Gabriel GARCIA-MORENO (1821-1875)
    PRESIDENT CATHOLIQUE de la REPUBIQUE DE L’EQUATEUR

    Gabriel GARCIA-MORENO naquit la veille de Noël de l’an 1821, à Guayaquil, port principal de l’Equateur. Il était le huitième et dernier enfant d’une famille jadis opulente que les révolutions successives avaient réduit à la pauvreté.
    C’était un enfant peureux que tout épouvanté : l’orage, les ténèbres, la vue d’un cadavre… Son père réussit partiellement à le guérir de ses terreurs en l’obligeant tout jeune encore à en affronter les causes, dans une ville livrée aux horreurs, violences et dangers quotidiens. Il surmonta si bien ce handicap que, plus tard, il abordera les situations les plus dramatiques avec un sang froid et un courage devant lesquels ses pires ennemis durent s’incliner.
    Un charitable religieux ayant remarqué l’intelligence et les dons exceptionnels de cet enfant pauvre, s’intéressa à lui. Il commença son éducation puis le confia à deux dames sans fortune qui l’accueillirent chez elles, à Quito, la capitale du pays, afin qu’il put y poursuivre ses études à l’université. Il avait quinze ans et trouvait chez ces dames un foyer où le logement et la nourriture lui étaient offerts généreusement. Le jeune garçon reconnaissant, mena sous leur toit une vie austère, toute consacrée au travail, obtenant de si brillants résultats qu’ils attirèrent sur lui l’attention générale.
    D’une piété profonde, le jeune homme songea un moment à se consacrer à Dieu, mais il comprit vite qu’il était fait pour le combat. En attendant, l’étude était pour lui une véritable passion et son unique distraction, chaque matière nouvelle le reposant de la précédente. Il apprit ainsi les langues : le français, l’anglais, l’italien, qu’il parlait avec aisance. De toutes les disciplines abordées, ses préférences allaient vers les mathématiques et la chimie. Cette passion pour l’étude lui faisait limiter par trop son temps de sommeil et il fit une grave névrose qui lui imposa un long temps de repos.
    A la faveur de ces loisirs forcés, il fit la connaissance des salons qui s’ouvrirent tout grands devant ce beau jeune homme de 20 ans au visage régulier éclairé de grands yeux noirs, doué d’esprit et de qualités de cœur. Le renom de ses succès universitaires éclatants l’avait précédé. Recherché, fêté, flatté, il se prit à aimer les mondanités. Lorsqu’il en eût conscience, pour couper court à la tentation, il se rasa la tête et s’enferma à nouveau avec ses livres. Au bout de six semaines il reparut, mais il avait perdu définitivement le goût des frivolités. A 23 ans, le métier d’avocat ne le retint pas et il s’orienta vers la politique.
    On était en 1839 et le général Florès avait été élu premier président de la jeune république équatorienne pour un mandat de 4 ans. La situation lui plut et il tourna donc la constitution afin de prolonger de huit ans des pouvoirs quasi absolus, appliquant une politique anticléricale et absolument arbitraire aboutissant à une révolution qui le chassa du pays. Garcia-Moreno qui s’était engagé dans la lutte n’eut pas longtemps à se réjouir de ce succès car son successeur,  Roca, profita de sa situation pour s’enrichir au détriment de ses administrés. Indigné, Garcia-Moreno fonda le journal « Le Fouet » pour dénoncer tous les scandales du gouvernement. Or, trois mois n’étaient pas écoulés que la menace d’une invasion espagnole conduite par Florès interrompit la publication, remplacée par « Le Vengeur » destiné à informer le pays du danger, y intéresser anglais et américains qui s’interposèrent, évitant un conflit.
                                                     
                Les luttes d’influences ne tardèrent pas à se manifester à Guayaquil, la mettant à feu et à sang. Roca désemparé, fit appel à Garcia-Moreno. Malgré qu’il fut malade à ce moment, il n’hésita pas à arriver pour trouver une foule en délire à laquelle il sut si bien s’imposer que huit jours lui suffirent pour ramener l’ordre et le calme. Il refusa toute rétribution afin de garder les mains libres, sachant qu’il lui faudrait attaquer ce gouvernement corrompu sans tarder. Il avait 26 ans.
                Le journal « Le Fouet » fut remplacé par « Le Diable » dont la virulence ne corrigea pas les maîtres du jour et eut peu d’impact sur le peuple. Voyant ses efforts à sauver le pays inutiles, Garcia-Moreno quitta l’Equateur et pendant six mois, parcourut l’Angleterre, la France et l’Allemagne, tirant comme conclusion à ses observations qu’une nation sans religion oscille entre l’anarchie et la dictature. Il s’était promis de renoncer désormais à la politique, mais les circonstances en décidèrent autrement avec la rencontre qu’il fit de religieux jésuites expulsés de la Nouvelle Grenade sous régime maçonnique intolérant. Garcia-Moreno retrouvant sa pugnacité proposa aux exilés de les mener à Quito d’où leur Ordre avait été chassé depuis près d’un siècle et où leur enseignement serait bien utile. Cette initiative était audacieuse or, la Convention accueillit les religieux avec chaleur et la ville, avec enthousiasme.
                La franc-maçonnerie ne tarda pas à partir en guerre contre ces jésuites. Garcia-Moreno les défendit, sachant qu’après eux, c’était l’Eglise qu’ils viseraient, puis les prêtres, et enfin, tous les catholiques. Son énergique intervention ramena un calme momentané car, en 1851, un coup d’état porta à la présidence, Urbina, l’homme de toutes les traîtrises, inaugurant son mandat par la terreur et l’expulsion des jésuites.

                Garcia-Moreno entama donc une campagne de presse virulente contre le dictateur avec « La Nation » dont le premier numéro lui attira les menaces du nouveau président auxquelles Garcia-Moreno répondit :


                – « J’avais déjà de nombreux motifs de poursuivre mon action ; j’en ai maintenant un de plus, celui de ne pas me déshonorer en cédant à des menaces. »

    La parution du n°2 lui valut un arrêté d’expulsion mais, échappant à ses gardiens, il rentra secrètement à Quito. Faute de moyens, il dût cependant s’expatrier. Quelques semaines plus tard, les électeurs de Guayaquil  le nommaient sénateur et, à l’ouverture du congrès, il était présent. Bien que son nouveau titre l’ait rendu inviolable, Urbina se plaçant au-dessus des lois le fit déporter au Pérou, sur la plage déserte de Payta où il demeura 18 mois avec pour toute compagnie la lecture et l’étude. A la fin de cette période, il partit pour Paris, s’installa au quartier latin d’où il approfondit ses connaissances en chimie. Il avait 33 ans et les circonstances le ramenaient à une ardente pratique religieuse qu’il ne devait plus abandonner.
                En Equateur cependant, le mandat d’Urbina dont celui-ci avait profité pour persécuter l’Eglise, opprimer le peuple et dilapider l’argent des contribuables, se terminait. Dès son accession, son successeur, Roblez, rouvrit le pays aux exilés et, en 1856, après deux ans passés à Paris, Garcia-Moreno rentrait en Equateur où, à peine arrivé, il fut nommé recteur de l’université de Quito. Son activité et ses compétences lui permirent de créer une faculté des sciences où il donnait lui-même les cours de chimie tout en réorganisant l’enseignement.
                                                                                     
                                                                                    
                La politique pour Garcia-Moreno finissait toujours par reprendre ses droits et, en raison de l’approche des élections, il lançait « l’Union Nationale » pour tenter de regrouper les opposants au gouvernement. Malgré la majorité obtenue par l’opposition, on vit Urbina venir épauler Roblez. Selon son habitude, Garcia-Moreno refusa de se dérober et, entouré des tueurs qui n’attendaient qu’un signe pour agir, sans le moindre mouvement d’émotion, Garcia-Moreno parla avec une telle force et une telle éloquence que les « tauras » (assassins) déconcertés, sortirent en tremblant alors que lui-même était ramené chez lui en triomphe.
                La situation n’en fut pas pour autant clarifiée, Urbina et Roblez s’étant attribué tous les pouvoirs. Une période de violence inouïe obligea Garcia-Moreno à se réfugier précipitamment au Pérou laissant derrière lui un pays en effervescence, proclamant la déchéance de Roblez et un gouvernement provisoire dont lui-même était nommé le chef. Accourant, il lança un nouveau journal dont le titre annonçait le but : « A bas les tyrans » ; mais ces tyrans disposaient d’une armée et non le gouvernement provisoire.
                C’est alors que Franco, gouverneur de Guayaquil, éliminait le président en poste et, pour se donner une apparence de légalité, se présenta seul aux électeurs, obtenant 161 voix alors que 160 voix allaient spontanément à Garcia-Moreno qui ne s’était pourtant pas présenté, l’infime majorité obtenue par Franco se situant uniquement dans sa province et non dans le pays.
                Garcia-Moreno le voyant pactiser avec l’ennemi péruvien, s’occupa de recruter et de former une armée, de créer et de diriger une fabrique d’armes et de poudre, d’administrer les affaires et de tenter une activité prodigieuse et toujours sous la menace d’un assassinat. Un jour, d’ailleurs, il fut assailli par une troupe soudoyée par Franco pour l’éliminer. Poursuivi à travers les défilés montagneux, dans la forêt tropicale, cet homme extraordinaire franchit des escarpements réputés impraticables avec une rapidité qui découragea ses poursuivants. Arrivé enfin à Riobamba parmi des troupes fidèles, il éprouvait un urgent besoin de repos et dormait d’un profond sommeil lorsqu’il fut brutalement tiré par une révolte de la garnison. Un officier vint insolemment lui réclamer sa démission :
    – « Jamais ! » répondit-il et devant l’attitude menaçante de son interlocuteur :
              
    – « Vous pouvez briser ma vie, mais aucun d’entre vous n’est assez fort pour briser ma volonté ! » 

    Les insurgés le jetèrent donc en prison.
                Un ami lui envoya son serviteur, lui conseillant de s’évader par la fenêtre, un cheval scellé étant tenu à sa disposition :


                – « Dites à votre maître, répondit-il, que je sortirai par la porte comme j’y suis entré. »

    Et il tint parole.
    Au garde préposé à sa surveillance, il demanda :
    « A qui as-tu fait serment de fidélité ? »
    « Au chef de l’Etat. »
    « Eh bien, le chef légitime de l’Etat, c’est moi. Tes officiers sont des parjures. N’as-tu pas honte de leur prêter main forte et de trahir ainsi ton Dieu et ton pays ? »


    Le  soldat effrayé, tombant à genoux, demanda grâce.


    « Je te ferai grâce si tu veux m’obéir et faire ton devoir. »

    Quelques instants après, le prisonnier libéré galopait, bride abattue, retrouver 14 fidèles avec lesquels il retournait à la caserne de Riobamba où les mutins étaient ivres ou endormis. Leurs meneurs appréhendés furent immédiatement jugés sur la place publique. Constatant cependant la disparition de plusieurs compagnies, avec sa mince escorte renforcée de quelques braves, la nuit suivante, il se lançait à la poursuite des fuyards qu’il neutralisa dans le désordre et la confusion causés par la surprise de sa venue, nul n’ayant imaginé le si petit nombre des assaillants. Ainsi, grâce à son audace, à son sang froid et à un courage invincible, il avait, une fois encore, rétabli l’ordre.
                Le nouveau chef du gouvernement allait avoir besoin de son inébranlable énergie car, en novembre 1859, Franco venait d’ouvrir les frontières du pays à 6 000 péruviens auxquels il était prêt à céder une partie du pays en échange de leur aide contre Garcia-Moreno.
                La situation était si grave que celui-ci en fut effrayé, songeant même, un moment, à solliciter le protectorat de la France. La démarche n’ayant pas abouti, il prépara le pays à la défense. Par son énergie et un sens aigu de la stratégie, Garcia-Moreno, contournant des forces largement supérieures, les mit en fuite ne laissant plus que Guayaquil à Franco, lequel proposait le démembrement du pays au Pérou, toujours en échange de son aide militaire.
                La position de Guayaquil paraissait imprenable or, Garcia-Moreno simulant une attaque d’un côté, fit passer de nuit son armée entière avec ses canons, par des marais inextricables, réputés impénétrables. La surprise totale assura la victoire aux assaillants et Franco s’enfuit sur un navire péruvien. C’était le 24 septembre 1860, en la fête de N.D. de la Merci. Le pays était sauvé contre toute attente et Garcia-Moreno plaça l’armée sous la protection de N.D. de la Merci, le gouvernement et elle, devant désormais fêter solennellement cet anniversaire.
                Depuis 15 ans, Garcia-Moreno combattait sans relâche contre les factions qui déchiraient le pays. A 39 ans, il en était devenu le chef incontesté ; il fut élu à l’unanimité président de la République. Tout était à faire maintenant dans un pays dévasté et ruiné. Sa première décision fut de refuser la moitié du traitement qui lui était attribué, l’autre moitié étant réservée intégralement aux bonnes œuvres, vivant lui-même sur ses modestes revenus personnels.   
                L’armée dût se plier à une stricte discipline, inconnue jusqu’alors. Sans attendre, un concordat fut conclu avec Rome, consacrant l’indépendance de l’Eglise. La religion catholique devenait la religion de l’Etat à l’exclusion de toute autre, lui donnant toute autorité dans le secteur de l’enseignement. A ce stade, les sociétés secrètes se déchaînèrent contre le nouveau président, orchestrées par la presse américaine.
                De  l’étranger, Urbina intriguait pour renverser le pouvoir, trouvant, en Nouvelle Grenade, l’appui du président Mosquera, ennemi acharné de l’Eglise, qui rêvait de conquérir l’Equateur et le Venezuela à son profit. Le 15 août, il annonça son intention de remplacer « l’oppression théocratique » par les doctrines radicales.
                Il fallait donc recourir à nouveau à la force, mais l’armée était divisée. Trahie par des officiers, elle fut défaite et, cette fois encore, Garcia-Moreno se trouvait dans une situation angoissante. Dans une proclamation au peuple, il lui rendit courage et, contre toute attente, une nouvelle armée put s’opposer aux ambitions de Mosquera qui, en dépit de toutes ses tentatives, dût renoncer à s’emparer de l’Equateur.
                La guerre était terminée mais Garcia-Moreno, toujours en difficulté avec des éléments hostiles, envoya sa démission. Tout le pays, y compris ses adversaires effrayés, l’assurèrende leur adhésion à toute sa politique pour éviter de le voir abandonner la direction du pays qui sembla donc s’acheminer enfin vers le calme. Voyant l’échec de leurs entreprises de déstabilisation, les francs-maçons ne virent plus que la solution de l’assassinat. Ils trouvèrent des traîtres : le général Maldonado et l’aide de camp de Garcia-Moreno qui, averti à la dernière minute, échappa à la mort.
                   Urbina, pendant ce temps, avait conclu un accord avec le Pérou, introduisant une troupe de pirates dans une province de l’Equateur pendant que des vaisseaux péruviens débarquaient des troupes sur différents points de la côte. Dans ce moment critique, le général Maldonado qui s’était enfui, fut pris. Garcia-Moreno le fit immédiatement fusiller sur la grande place, intimidant par cette mesure les partisans d’Urbina. Les péruviens se retiraient ; les tentatives du Pérou avaient échoué. Le pays était à nouveau sauvé grâce à l’extraordinaire force de caractère de Garcia-Moreno dont l’autorité se trouvait renforcée. Il n’était cependant pas au bout de ses peines car les révolutionnaires furieux, arraisonnèrent par surprise l’unique bateau de guerre de l’Equateur.  
                   Garcia-Moreno, à ce moment-là était malade et au repos forcé. Cependant, à l’annonce de cette nouvelle, il partit immédiatement en pleine nuit pour Quito, en dépit de ses difficultés de santé. De Quito, il prit la direction de Guayaquil qu’il atteignit en trois jours, à marche forcée, à travers une région montagneuse, inextricable, dépourvue de voie de communication. Il arriva en pleine nuit, surprenant un conseil municipal urbiniste hostile. Le voyant, un employé affolé, fit irruption dans la salle du conseil en criant : « Garcia-Moreno ». La foudre n’aurait pas produit plus d’effet sur cette assemblée qui s’enfuit précipitamment s’enfermer chacun chez soi. Telle était l’aura de cet homme que, seul et désarmé, son nom suffisait à mettre ses ennemis en fuite. Le calme était revenu comme par enchantement dans la ville.
                   Puis on vit ce que peut faire la volonté et l’esprit de décision d’un homme d’une telle valeur : louant « le Talca », un vapeur anglais, Garcia-Moreno l’arma puis, au capitaine qui refusait de remplacer le drapeau anglais par celui de l’Equateur, il le ramena à l’obéissance en lui disant avec un regard terrible :


                  « Je vais vous faire fusiller sur le champ et votre drapeau vous servira de linceul ! »

    Précédé d’un petit vapeur qui servait d’éclaireur au « Talca », Garcia-Moreno partit pour une nouvelle expédition maritime d’une hardiesse folle, avec seulement 250 soldats déterminés, dont nul ne pensait qu’il reviendrait vivant.
                   Le lendemain, le « Talca » retrouvait les trois vaisseaux ennemis dont les capitaines dînaient joyeusement. La goélette fondit comme l’éclair sur le premier qui sombra sous le choc. Le reste de la flotte, prise au dépourvu tombait entre les mains de Garcia-Moreno. C’était une déconfiture totale de l’adversaire et, dès lors, Urbina cessa de s’attaquer à une personnalité de cette trempe.
                   Parti de Quito assez gravement malade, Garcia-Moreno y revenait guéri pour y être reçu en triomphe ; mais il désirait abandonner un pouvoir épuisant, maintenant qu’il avait écarté successivement de l’Equateur tous ses ennemis. Il nomma Carion pour le remplacer. Le nouveau président manquant d’énergie, laissa l’opposition reprendre pied dans le pays dont Garcia-Moreno avait été éloigné avec une mission diplomatique au Chili. Ses ennemis pensaient qu’on pourrait lui interdire son retour et trouver, sur place, des tueurs à gages. De fait, débarquant à Lima, Viteri, parent d’Urbina tira sur lui à bout portant, le blessant légèrement. Garcia-Moreno, avec sa rapidité de réaction habituelle, s’élançant sur lui, déviait la troisième balle. La franc-maçonnerie acquitta immédiatement son agresseur, cherchant par contre le moyen de le condamner sans cependant y parvenir.
    Sa mission accomplie et le pouvoir ne l’ayant pas enrichi, l’ex-président dût travailler, rejoignant son frère dans une branche commerciale, à Guayaquil. Le mandat de Carion fut un échec complet. Garcia-Moreno réussit à le convaincre de se démettre en faveur du scrupuleux Espinosa qui fut tout aussi incapable de diriger fermement le pays. Attristé de ne pouvoir trouver un homme énergique, Garcia-Moreno se retira à la campagne où sa santé avait bien besoin de se rétablir que tant de luttes avaient ébranlé. Veuf de sa première femme, il avait épousé l’une de ses nièces, Mariana de Alcazar qui vivait dans l’angoisse en raison des menaces permanentes qui pesaient sur son mari. Le ménage s’était retiré dans la province d’Harra, loin de la vie publique, dans une propriété agricole que Garcia-Moreno avait résolu d’exploiter lui-même.
                   Après un an de retraite, il refusa de se présenter à l’élection présidentielle ainsi qu’on le pressait de le faire. Cet homme exceptionnel s’estimait incapable de gouverner convenablement son pays mais lorsqu’un partisan d’Urbina se présenta, il sortit subitement de son isolement pour lui barrer la route. Le résultat fut immédiat : le candidat adverse se retira devant cet homme si fort. Les révolutionnaires ourdirent une nouvelle fois de le faire assassiner…
                   A Guayaquil, la situation était redevenue explosive. Garcia-Moreno y partait sans délai avec une poignée d’amis, mais c’est seul qu’il se présentait, de nuit à la caserne .

    « Qui vive » ! cria la sentinelle.
    « Garcia-Moreno. »
    Le soldat qui l’avait acclamé bien des fois se troubla, lui demandant ce qu’il voulait à pareille heure.


                   – « Je veux sauver la religion et la patrie. Tu me connais ; laisses-moi passer. »
    Et la sentinelle de crier :


                   – « Vive Garcia-Moreno » !

    En un instant, toute la caserne retentissait du même cri, répercuté quelques heures après dans toute la ville.
    Les projets d’Urbina étaient déjoués et Garcia-Moreno recevait le titre de président intérimaire, annonçant en même temps qu’une fois l’ordre rétabli, il quitterait le pouvoir. Ni les pressions, ni supplications ne le firent revenir sur cette décision. Son beau-frère, Manuel Ascabuti fut ainsi élu à  la présidence à titre provisoire, avec une convention nouvelle, élaborée par Garcia-Moreno, commençant ainsi :
    « Au nom de la Sainte Trinité, au nom de Dieu, Auteur, Conservateur et Législateur de l’univers… »

    L’Eglise recevait la protection officielle du pouvoir temporel. L’Etat se proclamait catholique, seule religion du pays, tout membre d’une société secrète était déchu de ses droits de citoyen. La pression populaire en faveur de Garcia-Moreno fut si forte et unanime que, malgré son opposition, il fut contraint d’accepter sa nomination à la présidence. Le 30 juillet 1869, il prêtait donc serment, y ajoutant :


                  « Si je tiens parole, que Dieu soit mon aide et ma défense ! Sinon, que Dieu et la patrie soient mes juges. »  
                
                   L’insurrection muselée n’avait plus que le poignard pour agir. Un complot fut découvert dont les protagonistes furent condamnés à mort. L’un deux, Cornejo, vint supplier Garcia-Moreno avec tant de pleurs et de cris, qu’ému par sa jeunesse et un repentir apparent si violent que le nouveau président le gracia. Or, à peine libéré, il passa la frontière, se répandant en pamphlets odieux contre lui. Instruit par ces faits, à une occasion suivante, Garcia-Moreno répondit par une sévère leçon aux pétitions en faveur des conjurés : 

    « Quand on reste sourd aux cris des victimes, on perd le droit d’invoquer la clémence en faveur des assassins. »
                                                                                                                                           
    Dès ce moment, un calme, inconnu du pays depuis tant d’années s’y établit, permettant enfin à Garcia-Moreno la réalisation de son vaste et ambitieux programme. Il put également mettre en application le souhait de sainte Thérèse qui disait :

    Oh ! Si  les chefs d’Etat faisaient une demi-heure d’oraison chaque jour, que la face de la terre serait renouvelée » !

    C’est bien ce qu’il fit : en dépit d’un programme de travail quotidien accablant qui aurait pu occuper plusieurs personnes, il se réservait une demi-heure chaque matin pour réfléchir sur ses devoirs, méditer le plus souvent sur un passage de l’Evangile, puis il entendait la messe. De même, il visitait chaque jour les malades de l’hôpital de la ville où il se trouvait, se préoccupant des soins qu’ils recevaient et de leur nourriture. A un malade qui trouvait à redire sur l’ordinaire, il fit la réponse suivante :

    « Mon ami, je ne suis pas si bien servi que vous, moi, le président de la République. »

    Il resta, effectivement, sa vie durant, d’une sobriété extrême, s’abstenant habituellement de vin.
    Un jour, trouvant de nombreux malades couchés par terre sur des nattes, il s’en étonnait auprès du gouverneur de la province qui l’accompagnait, lequel invoqua le manque de ressources :
    « Cela ne vous empêche pas de dormir confortablement, vous qui êtes bien portant, alors que ceux-ci qui souffrent doivent coucher par terre. »


                   Le gouverneur promit que le nécessaire serait fait dans quelques semaines.
    « Dans quelques semaines ! s’écria Garcia-Moreno. Ils n’ont pas le temps d’attendre. Vous coucherez ici, ce soir, à côté d’eux, sur une natte et il en sera ainsi jusqu’à ce que vous ayez procuré un lit à chacun d’eux. »


                   Avant la fin du jour, le gouverneur avait résolu le problème.
                   Au début de sa première présidence, sa femme essaya de le persuader d’offrir un grand banquet aux diplomates et aux ministres. Il prétexta de la modicité de ses ressources.
    « Qu’à cela ne tienne. Voici 500 piastres sur ma fortune personnelle. Allez donc et faites dignement les choses. »
    A son retour, elle lui demanda si la somme avait suffi ?
    « Parfaitement, répondit-il en riant. Je l’ai portée à l’hôpital où l’on a fait un magnifique festin en notre honneur. J’ai pensé qu’un bon dîner ferait plus de bien aux malades qu’aux diplomates. »
    Un autre jour, on le vit arriver à l’improviste chez les lépreux, s’asseoir à leur table pour juger lui-même de quelle manière ils étaient servis. Jugeant l’ordinaire insuffisant, il le fit améliorer. Autant on le vit intraitable sur des sanctions qui lui paraissaient nécessaires, autant les humbles trouvaient toujours en lui un défenseur. Un jour, une pauvre veuve vint en pleurant, se plaindre qu’un homme riche lui avait extorqué 10 000 piastres.
    « Donnez 10 000 piastres à cette femme », dit-il à son trésorier”
    « Et qui les remboursera » ? demanda ce dernier.”
    « Le voleur. Inscrivez la somme à son compte. »
    Il se préoccupa du sort des indiens, spoliés par des usuriers auxquels il faisait confisquer la chose prise, avant de les expulser du pays. La charité de cet homme s’étendait à tous les secteurs dont les prisonniers n’étaient pas exclus. En tout, il agissait en parfait chrétien, disant :
    « Puisque nous avons le bonheur d’être catholiques, soyons-le logiquement et franchement, dans la vie publique comme dans la vie privée. 
    En six ans, Garcia-Moreno transforma l’Equateur de fond en comble.
    Il commença par rendre l’école gratuite et obligatoire dans le primaire avec des enseignants catholiques. Il fit venir de France des jésuites qu’il chargea d’ouvrir des collèges pour les garçons des classes favorisées ; les dames du Sacré-Cœur étant chargées d’une tâche similaire pour les filles. A Quito, une école professionnelle formait des ouvriers qualifiés. Une faculté des sciences s’ouvrit à Quito ainsi qu’une faculté de médecine, une académie des Beaux-Arts, un observatoire pour les études astronomiques.
    Le président réussit à donner à ce peuple inculte, le goût de l’étude.
    Sur le plan du réseau routier, à son arrivée, l’Equateur était un véritable chaos de montagnes et de précipices entrecoupés de torrents, au milieu d’une végétation tropicale luxuriante et inextricable sans la moindre route or, après 10 ans d’efforts, d’énormes ponts et viaducs permettaient l’inauguration d’une route nationale reliant Quito à Guayaquil et à la mer. Quatre autres grandes voies de communication au nord et au sud, ouvraient au pays de riches perspectives au commerce et à la libre circulation.
    Garcia-Moreno avait trouvé le trésor vide et un pays aux abois. Or, des travaux considérables dans tous les secteurs, loin d’avoir endetté le  pays, grâce à une gestion méticuleuse, prudente et équilibrée, ennemie acharnée du gaspillage, était devenu florissant. Garcia-Moreno avait élevé le traitement des agents de l’Etat d’un tiers, sauf le sien, diminué de moitié. Le commerce connaissait  une merveilleuse extension ; les revenus de l’Etat avaient doublé en trois ans.
    Conscient de l’influence salutaire de la religion, Garcia-Moreno encourageait son extension, nommait des aumôniers dans les casernes pour l’instruction des soldats, envoyait des missionnaires chez les indiens, demandait que des curés s’installent dans les villes et les campagnes.
    Il surveillait étroitement le fonctionnement des services publics, n’hésitant pas à réprimer les abus ou complaisances coupables. Une si haute moralité s’instaura dans tout le pays que la prison neuve resta inoccupée. Il n’avait pas fallu plus de six ans, durée d’un mandat pour que la valeur exceptionnelle d’un tel homme obtint tous ces résultats. Tout le peuple le vénérait, conscient de l’immense travail accompli.
    En 1873 avait eu lieu la consécration officielle de cette jeune république au Sacré-Cœur dont la conséquence immédiate fut la condamnation à mort du président par la franc-maçonnerie des loges d’Allemagne dans ses assemblées secrètes, décision chaleureusement accueillie par les loges d’Amérique. Lima avait réuni des franc-maçons du Pérou, du Chili, de la Colombie et de l’Equateur qui n’avaient pu empêcher son élection. Une campagne de presse calomnieuse de leur fait n’ayant pas obtenu de meilleurs résultats, l’assassinat fut choisi, n’étant un secret pour personne. Garcia-Moreno en était informé de différents côtés. Sans s’émouvoir, il répondait :
    “Je crains Dieu mais Dieu seul », rajoutant :
    « Je pardonne de bon cœur à mes ennemis. Je leur ferai du bien si je les connaissais et si j’en avais l’occasion. »
    Il ajoutait encore qu’il était content d’être détesté et calomnié à cause de Dieu et le serait plus encore s’il lui était accordé la grâce de verser son sang pour Celui qui, étant Dieu, avait voulu verser le sien pour nous sur la croix .Le pressentiment du drame l’emplissait cependant d’une profonde tristesse. A un ami en partance  pour l’Europe, il lui disait en l’embrassant :
    « Nous ne nous reverrons plus, je le sens, c’est notre dernier adieu », puis se détournant pour cacher ses larmes, il répéta :
    « Adieu, nous ne nous reverrons plus. »
    Quelques mois plus tard, il confirmait ses pressentiments à ce même ami auquel il écrivait :
    « Je vais être assassiné. Je suis heureux de mourir pour ma foi. Nous nous reverrons au ciel. »
    Son mandat venait d’être renouvelé pour six autres. Le 5 août 1875, il fut pressé de prendre des précautions :
    « Les ennemis de Dieu et de l’Eglise peuvent me tuer, répondait-il. Dieu ne meurt pas. »
    Le soir même, on le prévint que l’attenta était programmé pour le lendemain. Il ne modifia rien de son programme quotidien très chargé puis, passa une partie de la nuit en prières.
    Le lendemain, 6 août, était à la fois le jour de la Transfiguration et premier vendredi du mois. Dès  six heures du matin, selon son habitude, il se dirigeait vers l’église saint Dominique pour assister à la messe et recevoir la sainte communion. Les groupes des conjurés l’épiaient sur la place, mais ils n’osèrent rien faire à ce moment. A 13 heures, passant devant la cathédrale, Garcia-Moreno y entra pour une adoration avant de se rendre au palais du gouvernement. Comme il s’y attardait, l’un des conjurés vint lui dire qu’on désirait lui parler au palais pour une affaire pressante ; il sortit donc. Arrivé à l’entrée du palais, Rayo qui le suivait le frappa d’un énorme coutelas, suivi aussitôt des coups portés par ses comparses, armes blanches et révolver. Rayo acheva le moribond en criant :
    « Meurs, bourreau de la liberté ! »
    ” Dieu ne meurt pas ! » furent les dernières paroles de Garcia-Moreno.
    La foule accourue, avait  entouré Rayo, lui faisant payer immédiatement son crime. Ses poches étaient bourrées des chèques du Pérou. La franc-maçonnerie s’était montré généreuse, comptant qu’une révolution renverserait le gouvernement abhorré pour acclamer les « libérateurs ». IL n’en fut rien et tout le peuple vint de tout le pays, rendre un dernier hommage au vénéré martyr. Beaucoup pleurait amèrement, disant :
    « Nous avons perdu notre père. Il a donné son sang pour nous. »
    Une heure avant de tomber sous les coups des tueurs, voici le message que Garcia-Moreno avait rédigé :

    « J’achève dans quelques jours la période du mandat qui m’a été confié en 1869. La république a joui de six années de repos et, durant ces six années, elle a marché résolument dans la voie du progrès sous la protection visible de la Providence. Bien plus grands eussent été les résultats obtenus si j’avais possédé pour la gouverner les qualités qui me manquent malheureusement ou, si pour faire le bien, il suffisait de le désirer avec ardeur.
    « Si j’ai commis des fautes, je vous en demande pardon mille et mille fois, et ce pardon, je le demande avec des larmes très sincères, à mes compatriotes, les priant de croire que ma volonté n’a jamais cessé de poursuivre leur bien. Si, au contraire, vous croyez que j’ai réussi en quelque chose, attribuez-en d’abord le mérite à Dieu et à l’Immaculée, dispensatrice de tous les trésors de sa miséricorde, puis à vous-même, au peuple, à l’armée et à tous ceux qui, dans les différentes branches du gouvernement, m’ont aidé avec tant d’intelligence et de fidélité, à remplir mes difficiles fonctions. »

    Ces lignes reflétaient bien la hauteur humaine, morale et spirituelles de cet homme exceptionnel, et de façon providentielle laissait un témoignage de son passage et un message exemplaire aux générations qui allaient se succéder.
    L’Equateur fit ériger une statue de marbre le représentant, sur son mausolée où fut gravée l’expression de l’amour et de la reconnaissance du pays. 

    G.T. – Toulouse, d’après le R.P. BERTHE


    Un mausolée est à Guayaquil et un autre à Quito

    L’avertissement du président équatorien

    « L’Europe endettée reproduit nos erreurs »

    Lors d’une conférence à la Sorbonne le 6 novembre dernier, le président équatorien Rafael Correa a interpellé ses homologues européens sur leur gestion de la crise de la dette. Celle-ci serait caractérisée par une seule obsession : garantir les intérêts de la finance. Il livre ici une synthèse de sa réflexion.
    Nous, Latino-Américains, sommes experts en crises. Non parce que nous serions plus intelligents que les autres, mais parce que nous les avons toutes subies. Et nous les avons terriblement mal gérées, car nous n’avions qu’une seule priorité : défendre les intérêts du capital, quitte à plonger la région dans une longue crise de la dette. Aujourd’hui, nous observons avec préoccupation l’Europe prendre à son tour le même chemin.
    Dans les années 1970, les pays latino-américains sont entrés dans une situation d’endettement extérieur intensif. L’histoire officielle affirme que cette situation a résulté des politiques menées par des gouvernements « irresponsables » et des déséquilibres accumulés en raison du modèle de développement adopté par le sous-continent après la guerre : la création d’une industrie susceptible de produire localement les produits importés, ou « industrialisation par substitution des importations ».
    Cet endettement intensif a, dans les faits, été promu — et même imposé — par les organismes financiers internationaux. Leur prétendue logique voulait que, grâce au financement de projets à haute rentabilité, qui abondaient à l’époque dans les pays du tiers-monde, on parviendrait au développement, tandis que le rendement de ces investissements permettrait de rembourser les dettes contractées.
    Cela dura jusqu’au 13 août 1982, quand le Mexique se déclara dans l’incapacité de rembourser les échéances. Dès lors, toute l’Amérique latine dut souffrir de la suspension des prêts internationaux, en même temps que de l’augmentation brutale des taux d’intérêt de sa dette. Des emprunts qui avaient été contractés à 4 % ou 6 %, mais avec des taux variables, ont soudain atteint 20 %. Mark Twain disait : « Un banquier est quelqu’un qui vous prête un parapluie quand il fait grand soleil et qui vous le reprend dès qu’il commence à pleuvoir… »
    Ainsi a débuté notre crise de la dette. Durant la décennie 1980, l’Amérique latine a opéré vers ses créanciers un transfert de ressources net de 195 milliards de dollars (près de 554 milliards de dollars en valeur actuelle). Dans le même temps, la dette extérieure de la région passait pourtant de 223 milliards de dollars en 1980 à… 443 milliards de dollars en 1991 ! Non pas à cause de nouveaux crédits, mais du fait du refinancement et de l’accumulation des intérêts.
    De fait, le sous-continent a vu s’achever la décennie 1980 avec les mêmes niveaux de revenu par habitant qu’au milieu des années 1970. On parle d’une « décennie perdue » pour le développement. En réalité, perdue, c’est toute une génération qui le fut.
    Bien que les responsabilités aient été partagées, les pays dominants, les bureaucraties internationales comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID), ainsi que les banques privées internationales, bien entendu, ont résumé la difficulté à un problème de surendettement des Etats (overborrowing). Jamais ils n’ont assumé leur propre responsabilité dans l’octroi déraisonnable de crédits (overlending), sa contrepartie.
    Les sévères crises budgétaires et d’endettement extérieur générées par le transfert net de ressources de l’Amérique latine vers ses créanciers ont conduit bon nombre de pays de la région à rédiger des « lettres d’intention » dictées par le FMI. Ces accords contraignants permettaient d’obtenir des prêts de la part de cet organisme, ainsi que sa caution dans la renégociation des dettes bilatérales avec les pays créanciers, réunis au sein du Club de Paris.

    Carence de dirigeants et d’idées

    Les programmes d’ajustement structurel et de stabilisation ont imposé les recettes de toujours : austérité budgétaire, augmentation du prix des services publics, privatisations, etc. Autant de mesures à travers lesquelles on ne cherchait pas à sortir au plus vite de la crise, ni à doper la croissance ou l’emploi, mais à garantir le remboursement des créances des banques privées. En fin de compte, les pays concernés étaient toujours endettés, non plus auprès de ces établissements, mais auprès des organismes financiers internationaux, lesquels protégeaient les intérêts des banques.
    Au début des années 1980, un nouveau modèle de développement a commencé à s’imposer en Amérique latine et dans le monde : le néolibéralisme. Ce nouveau consensus sur la stratégie de développement a été surnommé « consensus de Washington », ses principaux concepteurs et promoteurs étant les organismes financiers multilatéraux dont le siège était à Washington. Selon la logique en vogue, la crise en Amérique latine était due à une intervention excessive de l’Etat dans l’économie, à l’absence d’un système adéquat de prix libres et à l’éloignement des marchés internationaux — étant entendu que ces caractéristiques découlaient du modèle latino-américain d’industrialisation par substitution des importations.
    Conséquence d’une campagne de marketing idéologique sans précédent maquillée en recherche scientifique, ainsi que des pressions directes exercées par le FMI et la Banque mondiale, la région est passée d’un extrême à l’autre : de la méfiance envers le marché et de la confiance excessive en l’Etat au libre-échange, à la dérégulation et aux privatisations.
    La crise n’a pas été seulement économique ; elle a résulté d’une carence de dirigeants et d’idées. Nous avons eu peur de penser par nous-mêmes et nous avons accepté de façon aussi passive qu’absurde les diktats étrangers.
    La description de la crise qu’a traversée l’Equateur (lire « Equateur, 1998 ») sera sans doute familière à bien des Européens. L’Union européenne souffre d’un endettement produit et aggravé par le fondamentalisme néolibéral. Tout en respectant la souveraineté et l’indépendance de chaque région du monde, nous sommes surpris de constater que l’Europe, pourtant si éclairée, répète en tout point les erreurs commises hier par l’Amérique latine.
    Les banques européennes ont prêté à la Grèce en prétendant ne pas voir que son déficit budgétaire était près de trois fois supérieur à celui déclaré par l’Etat. Se pose à nouveau le problème d’un surendettement dont on omet d’évoquer la contrepartie : l’excès de crédit. Comme si le capital financier n’avait jamais la moindre part de responsabilité.
    De 2010 à 2012, le chômage a atteint des niveaux alarmants en Europe. Entre 2009 et 2012, le Portugal, l’Italie, la Grèce, l’Irlande et l’Espagne ont réduit leurs dépenses budgétaires de 6,4 % en moyenne, nuisant ainsi gravement aux services de santé et d’éducation. On justifie cette politique par une pénurie de ressources ; mais des sommes considérables ont été dégagées pour renflouer le secteur financier. Au Portugal, en Grèce et en Irlande, les montants de ce sauvetage bancaire dépassent le total des salaires annuels.
    Tandis que la crise frappe durement les peuples européens, on continue de leur imposer les recettes qui ont échoué partout dans le monde.
    Prenons l’exemple de Chypre. Comme toujours, le problème commence avec la déréglementation du secteur financier. En 2012, sa mauvaise gestion devient intenable. Les banques chypriotes, la Banque de Chypre et la Laiki Bank en particulier, avaient octroyé à la Grèce des prêts privés pour un montant supérieur au produit intérieur brut (PIB) chypriote. En avril 2013, la « troïka » — FMI, Banque centrale européenne (BCE) et Commission européenne — propose un « sauvetage » de 10 milliards d’euros. Elle le conditionne à un programme d’ajustement qui inclut la réduction du secteur public, la suppression du système de retraite par répartition pour les nouveaux fonctionnaires, la privatisation des entreprises publiques stratégiques, des mesures d’ajustement budgétaire jusqu’à 2018, la limitation des dépenses sociales et la création d’un « fonds de sauvetage financier » dont l’objectif est de soutenir les banques et de résoudre leurs problèmes, en plus du gel des dépôts supérieurs à 100 000 euros.
    Nul ne doute que des réformes soient nécessaires, ni qu’il faille corriger de graves erreurs, y compris originelles : l’Union européenne a intégré des pays avec des différentiels de productivité très importants que les salaires nationaux ne reflétaient pas. Reste que, pour l’essentiel, les politiques menées ne cherchent pas à sortir de la crise au moindre coût pour les citoyens européens, mais à garantir le paiement de la dette aux banques privées.
    Nous avons évoqué des pays endettés. Qu’en est-il des particuliers incapables de rembourser leurs créances ? Prenons le cas de l’Espagne. Le manque de régulation et l’accès trop facile à l’argent des banques espagnoles ont généré une immense quantité de crédits hypothécaires, lesquels ont galvanisé la spéculation immobilière. Les banques elles-mêmes cherchaient les clients, estimaient le prix de leur logement et leur prêtaient toujours davantage pour l’achat d’une voiture, de mobilier, d’électroménager, etc.
    Quand éclate la bulle immobilière, l’emprunteur de bonne foi ne peut plus rembourser son emprunt : il n’a plus d’emploi. On lui prend son logement, mais celui-ci vaut beaucoup moins que quand il l’a acheté. Sa famille se retrouve à la rue et endettée à vie. En 2012, on a recensé chaque jour plus de deux cents expulsions, ce qui explique une grande partie des suicides en Espagne…
    Une question se pose : pourquoi ne recourt-on pas à des remèdes qui semblent évidents, et pourquoi répète-t-on toujours le scénario du pire ? Parce que le problème n’est pas technique, mais politique. Il est déterminé par un rapport de forces. Qui dirige nos sociétés ? Les humains ou le capital ?
    Le tort le plus grand qu’on ait fait à l’économie, c’est de l’avoir soustraite à sa nature originelle d’économie politique. On nous a fait croire que tout était technique ; on a déguisé l’idéologie en science, et, en nous encourageant à faire abstraction des rapports de forces au sein d’une société, on nous a tous placés au service des pouvoirs dominants, de ce que j’appelle l’« empire du capital ».
    La stratégie de l’endettement intensif qui a engendré la crise de la dette latino-américaine ne visait pas à aider nos pays à se développer. Elle obéissait à l’urgence de placer les excès d’argent qui inondaient les marchés financiers du « premier monde », les pétrodollars que les pays arabes producteurs de pétrole avaient placés dans les banques des pays développés. Ces liquidités provenaient de la hausse des prix du pétrole consécutive à la guerre d’octobre 1973, ces prix ayant été maintenus à des niveaux élevés par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Entre 1975 et 1980, les dépôts dans les banques internationales sont passés de 82 milliards de dollars à 440 milliards (1 226 milliards de dollars actuels).
    Devant la nécessité de placer des quantités d’argent si importantes, le tiers-monde a suscité l’intérêt. Ainsi a-t-on commencé, à partir de 1975, à voir défiler les banquiers internationaux désireux de placer toutes sortes de crédits — y compris pour financer les dépenses courantes et l’acquisition d’armes par les dictatures militaires qui gouvernaient de nombreux Etats. Ces banquiers zélés, qui n’étaient jamais venus dans la région, même en touristes, ont également apporté de grosses valises de pots-de-vin destinées à des fonctionnaires afin de leur faire accepter de nouveaux prêts, quel qu’en fût le prétexte. Dans le même temps, les organismes financiers internationaux et les agences de développement ont continué de vendre l’idée selon laquelle la solution, c’était de s’endetter.

    Une idéologie déguisée en science

    Si l’indépendance des banques centrales sert, dans les faits, à garantir la continuité du système quel que soit le verdict des urnes, elle a été imposée comme une nécessité « technique » au début des années 1990, justifiée par de prétendues études empiriques démontrant qu’un tel dispositif générait de meilleures performances macroéconomiques. Selon ces « recherches », les banques centrales indépendantes pouvaient agir de façon « technique », loin des pressions politiques pernicieuses. Avec un argument aussi absurde, il faudrait également rendre autonome le ministère des finances, puisque la politique budgétaire devrait, elle aussi, être purement « technique ». Comme l’a suggéré Ronald Coase, lauréat du prix de la Banque royale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, les résultats de ces études s’expliquaient : on avait torturé les données jusqu’à ce qu’elles disent ce qu’on voulait leur faire dire.
    Dans la période qui a précédé la crise, les banques centrales autonomes se sont consacrées exclusivement à maintenir la stabilité monétaire, c’est-à-dire à contrôler l’inflation, en dépit du fait que des banques centrales avaient joué un rôle fondamental dans le développement de pays comme le Japon ou la Corée du Sud. Jusque dans les années 1970, l’objectif fondamental de la Réserve fédérale américaine était de favoriser la création d’emplois et la croissance économique ; c’est seulement avec les pressions inflationnistes du début des années 1970 que l’objectif de promouvoir la stabilité des prix a été ajouté au lot.
    La priorité donnée à la stabilisation des prix signifie également, en pratique, l’abandon des politiques visant à maintenir le plein emploi des ressources dans l’économie. Au point qu’au lieu d’atténuer les épisodes de récession et de chômage, la politique budgétaire, en comprimant sans cesse les dépenses, les aggrave.
    Les banques centrales dites « indépendantes » qui se soucient uniquement de stabilité monétaire font partie du problème, pas de la solution. Elles sont l’un des facteurs qui empêchent l’Europe de sortir de la crise plus rapidement.
    Les capacités européennes sont pourtant intactes. Vous disposez de tout : le talent humain, les ressources productives, la technologie. Je crois qu’il faut tirer de cela des conclusions fortes : il s’agit ici d’un problème de coordination sociale, c’est-à-dire de politique économique de la demande, ou comme on voudra l’appeler. En revanche, les relations de pouvoir à l’intérieur de vos pays et au niveau international sont toutes favorables au capital, notamment financier, raison pour laquelle les politiques appliquées sont contraires à ce qui serait socialement souhaitable.
    Matraqués par la prétendue science économique et par les bureaucraties internationales, nombre de citoyens sont convaincus qu’« il n’y a pas d’alternative ». Ils se trompent.
    Rafael Correa
    Président de la République de l’Equateur, docteur en économie. Auteur de l’ouvrage Equateur. De la république bananière à la non-république, Utopia, Paris, 2013.

    Vive le don, le gratuit, le bénévole. Au XXIème siècle, enfin possible !


    En Suisse, on appelle le peuple “le souverain”. Le premier devoir du souverain, c’est de battre une bonne monnaie pour son peuple. Nous disposons de deux outils de la démocratie directe que sont l’initiative populaire et le référendum



    Maître d’audience : Louis Aubert
    Retransmission en directe par NPS Radio


    Présentation du déroulement de la soirée en 3 parties :
    • 1ère partie : présentation de l’initiative populaire suisse “Pour un revenu de base inconditionnel” (RBI) par François de Siebenthal (FdS) ;
    • 2ème partie : réponses aux questions émises par les auditeurs dans le tchat ;
    • 3ème partie : débat ouvert et libre.

    Partie I : Intervention de François de Siebenthal


    En Suisse, on appelle le peuple “le souverain”. Le premier devoir du souverain, c’est de battre une bonne monnaie pour son peuple. Nous disposons de deux outils de la démocratie directe qui sont l’initiative populaire et le référendum. Nous sommes liés par un principe de droit constitutionnel suisse qui s’appelle l’unité de matière.

    En Suisse, nous avons 3 actions différentes :
    • L’initiative populaire fédérale RBI (appelé aussi le dividende)
    • L’initiative populaire fédérale “monnaie pleine”
    • Autre action “Participer à l’assemblée générale de la banque nationale suisse”


    Tous ces sujets nous permettent maintenant de rédiger une loi de toutes pièces qui peut intégrer tous les sujets. Nous ne sommes plus liés par l’unité de matière vu qu’on a fait deux initiatives avec unité de matière (principe juridique).

    Maintenant nous pouvons travailler directement sur une loi toute rédigée ouvert même aux anglophones, francophones, germanophones qui peuvent aider à participer à la rédaction de la meilleure loi possible dans le domaine financier, pour battre monnaie pour un peuple. Loi qui pourrait être reprise dans le reste du monde.


    Lecture du 1er texte :


    L’initiative populaire «Pour un revenu de base inconditionnel» a la teneur suivante :
    La Constitution est modifiée comme suit :
    Art. 110a (nouveau) Revenu de base inconditionnel
    1. La Confédération veille à l’instauration d’un revenu de base inconditionnel.
    2. Le revenu de base doit permettre à l’ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique.
    3. La loi règle notamment le financement et le montant du revenu de base


    Pour nous montrer les bienfaits du RBI sur l’ensemble de la société FdS emploie l’image de l’eau du robinet qui coule de manière certaine et qui est quasi gratuit dans nos sociétés développées. “Le progrès a fait que nous n’avons plus peur de manquer d’eau”, et bien en Suisse nous voulons avec ces différentes actions, RBI, monnaie pleine, et nouvelle loi sur la Banque Nationale Suisse, que sur le plan monétaire, nous n’ayons plus peur de manquer d’argent.”
    Il nous apprend que le thème du forum économique mondial, ayant lieu au même moment à Davos, est exactement celui couvert par ces différentes actions, “comment tirer bénéfice de la robotisation de la société ?”


    FdS cite Klauss Schwab, économiste d’origine allemande et fondateur du World Economic Forum (WEF), : “ Nous avons besoin de solutions qui garantissent un revenu de base à tous. Comment ça pourrait marcher ? Nous ne le savons pas encore. Mais une chose est claire, nous devons repenser tout le système complètement. Le développement humain ne doit pas nécessairement n’être qu’économique. Nous avons besoin aussi de valeurs culturelles et sociales ” […] “ La classe moyenne se dissout. Ceux qui font un travail administratif actuellement, comme dans le domaine bancaire vont perdre leur poste de travail. En Suisse, au moins 200000 personnes vont perdre leur poste de travail. Chaque personne individuelle doit être en désir constant d’améliorer son éducation et l’état doit créer des structures qui permettent à chacun de devenir des entrepreneurs. Le futur n’appartient plus à des grandes compagnies mais à des compagnies personnelles de quelques personnes propriétaires des entrepreneurs. ”


    Martin Ford, ajoute t-il, dit : Le revenu de base  est un coussin qui amortit les effets négatifs de l’automation. La puissance des robots et des ordinateurs va augmenter massivement dans les années prochaines. Chaque second emploi va être menacé et va être remplacé. Suivant une étude, les travailleurs dans les bureaux vont être remplacé par des ordinateurs plus rapidement qu’on le pense jusqu’à 90 % des employés de bureau vont perdre leur emplois.”


    A cause de ce fait, on aura des millions de consommateurs qui vont manquer puisque personne n’aura d’argent pour acheter des produits faits par les robots.


    Erik Brynjolfsson, professeur d’affaires à la MIT Sloan School of Management à Cambridge, directeur de la MIT Initiative on the Digital Economy,  “Nous devons utiliser les avantages de la technologie et les orienter de telle manière que ça crée une prospérité pour tous. Nous n’avons pas d’autres choix. Nous devons enseigner à tout le monde les faits parce que les machines peuvent apprendre les faits très facilement par coeur. Et d’enseigne aux personnes comment être créatifs, comment améliorer les conditions, les capacités sociales de travail en groupe, de direction, de leadership, de soins dans les hôpitaux ou dans les familles, de persuasion, de politique. Ceci est une tâche noble pour les êtres humains. La Suisse discute déjà de ces idées novatrices comme d’un revenu de base inconditionnel qui devrait être installé et même exigé dans les 10-20 années à venir pour amortir les effets de l’automation. La Suisse pourrait assumer ce nouveau modèle car ce pays est riche, productif et il utilise de manière très efficace la technologie. Je vois la Suisse comme un modèle futur pour le monde entier.”


    Quand on entends des politiciens dire, on va créer de l’emploi, ce n’est pas vrai, ce n’est plus possible. Il faut ouvrir les yeux. Ce qui compte maintenant, c’est la robotisation. Si on assume pas cette nouvelle forme de civilisation, on va vers une guerre mondiale. Qu’est-ce qui est le mieux ? Se partager les produits des robots ou faire la Guerre ? La Suisse est pour la paix mondiale. L’histoire des États-Unis,  c’est quasiment une histoire de guerre, leur industrie est essentiellement tournée vers la guerre mais maintenant avec la robotisation on a plus besoin de faire la guerre. Ce qu’il nous faut c’est ce qu’il s’est dit aussi à Davos, la seule solution, c’est de promettre des revenus de base, la liberté de créer des nouveaux emplois payés de  plus en plus par la productivité des robots et des machines.
    La politique de plein emploi doit être remplacé par une politique de liberté, de décider quoi faire hors de l’économie formelle. Grâce à la productivité et à la performance de l’économie, on peut financer ces revenus, ces biens.


    Le RBI est financé ni par des impôts, ni par des versements patronaux, ni par des dettes, mais par la création d’argent nouveau sans dette et ça c’est la 2ème initiative dont on pourra parler (Monnaie pleine vollgeld en allemand). Cette création monétaire qui est actuellement volée par le système bancaire, par les banquiers actuels qui sont en procès dans le monde entier. La Deutsche Bank a 7000 procès en cours. En Islande, ils ont eu le courage d’enfermer leurs banquiers. l’argent est créé ex nihilo à partir de rien. L’argent est créé par les crédits. Travailler plus est faux, c’est le contraire qui est vrai. Ce sont des idées conservatrices qui ne sont pas fondées sur la réalité économique actuelle. Nous devons parler de tâches mais plus de travail pour les êtres humains.


    On peut faire de l’argent nouveau sans dette sous forme de don à travers le dividende et le système de l’escompte compensée (technique bancaire).


    Les guerres mondiales et les récentes crises monétaires prouvent que cette création monétaire de masse est possible mais malheureusement en vue de gaspillage honteux et polluants. Si on peut le faire pour financer les guerres pourquoi ne pourrait-on pas le faire pour les familles, les personnes, sans dette, pour une paix social, pour la civilisation ? On doit se libérer des chaînes de la rareté. On veut de l’argent pour la production qui est sans intérêt au profit de tout comme des dons gratuits.
    On trouve l’argent pour financer la guerre pourquoi ne pourrait-on financer la paix sociale ?


    Si on accepte pas cette gratuité on nous la vole : “ Des productions automatisées, des robots qui distribuent, des choses gratuites, parce que sommes des héritiers du progrès technique, nous sommes des héritiers de nos parents qui ont inventé la roue, qui ont inventé le feu, le téléphone, les ordinateurs, les robots, et ce serait stupide de tout privatiser dans les mains de quelques personnes de plus en plus rares. Ce serait stupide de mendier des aides sociales parce que tout le progrès technique, tout notre héritage intellectuel a été volé par une petite coterie de banquiers cupides, rapaces et qui volent nos revenus de base.”


    Mon slogan : “Vive la robolution avec de vrais dividendes à tous !”


    Le RBI est rentré dans le parlement suisse, dans la politique suisse. Nous avons un journal qui s’appelle l’inconditionnel, consacré au revenu de base qui circule dans toute la francophonie. Nous pouvons le demander, le distribuer, le mettre dans toutes les salles d’attente des médecins, des dentistes, des avocats, des banquiers. Libérons-nous des chaînes de la rareté. La création monétaire, c’est un grand mystère. Le conseil fédéral suisse, le gouvernement suisse a reconnu par écrit que les créations monétaires du néant faites par les banques privées ne sont pas des francs suisses. En Suisse, les banques privées (7 ou 8) sont différentes des banques commerciales, sont indéfiniment responsables et ne font pas de création du néant. Les banques commerciales créent de l’argent du néant chaque fois qu’elles font un crédit. Toute la monnaie qui circule est de la monnaie-dette à intérêts composés. Le gouvernement suisse a reconnu que cette masse monétaire ne sont pas des francs suisses alors quelle porte le nom de franc suisse, c’est un abus de marque. Le conseil fédéral a reconnu les 65 milliards créés par la banque nationale, sont des francs suisses, toutes les autres sont des substituts et n’ont pas la garantie du gouvernement. n’ont pas de légitimité.


    Comment va être financé le RBI ?


    Le financement se fera par cette création monétaire, qui est fondée sur des statistiques raisonnées, des productions abondantes, de plus en plus robotisées.
    Dans nos travaux nous avons découverts des anomalies : même la banque nationale suisse cache les vrais chiffres. C’est pourquoi nous agissons du côté de la banque nationale suisse pour éviter les anomalies statistiques, se baser sur les chiffres réels des masses monétaires réellement crées, pour avoir des statistiques stables.


    Il y a une inflation qui est due à la dilution de l’argent par la création monétaire du néant.
    Il faut créer la quantité de biens de manière utile pour les gens qui en ont besoin.
    Chaque jour on vote dans les magasins en achetant.


    L’argent nous est volé pour nous maintenir dans la peur. On trouve 1500 milliards donnés aux banquiers, alors que le 1er ministre disait que la France était en faillite et qu’elle n’avait plus d’argent, mais pas pour les maternités, les hôpitaux, pour la police et l’armée qui est mal payée en France ? On veut la justice, on veut ce qui nous est due ! On abuse de notre nom, de notre temps, du temps de nos parents, de loisirs, de lire des livres, de faire de l’art. On a d’autres choses à faire : éduquer nos enfants, s’occuper de nos parents, des plus faibles, …, la paix sociale, la paix militaire, la paix économique, la paix monétaire.


    Partie II : réponses aux questions du tchat à 43 min.

    Q1: Dominique du 62 : “Monsieur de Siebenthal je vous ai contacté sur Facebook avec la commission économique du CNC (Conseil National des Citoyens), pouvons-nous collaborer autour de ce projet de loi et participer pour l’instaurer en France ?

    FdS: C’est oui, d’office. Je leur ai d’ailleurs envoyé des textes de propositions de lois rédigées, et nous avons besoins également de l’aide du monde entier pour rédiger les lois d’applications de tout ce dont je vous ai parlé maintenant.

    Q2: Christophe du 13 : “Nous sommes encore loin d’une automatisation à 100% et ce ne sera probablement jamais le cas. Comment conserve t-on une équité entre ceux qui bénéficieraient d’un revenu de base pas forcément suffisant pour vivre mais avec la liberté d’occuper un emploi qui n’existe pas, et ceux qui conservent un emploi donc un revenu du travail plus un revenu de base ?

    FdS: La réponse est assez simple. Premièrement, nous sommes d’accord que nous n’aurons pas une automatisation à 100%. Maintenant on a des robots qui font de opérations chirurgicales avec une précision infiniment supérieure à celle d’êtres humains. Donc, on est capable de faire des choses incroyables si on laisse l’imagination et la créativité humaine libre. On peut imaginer qu’on est à 90 % et la tendance fait que ces revenus seront de 2500 francs suisses (environ 2500 euros) par personne. Avec un RBI vous êtes libres de créer de nouveaux emplois, par exemple aller jardiner pour les autres personnes qui ont de l’épargne en plus, créer des logiciels, etc.


    Q3: Kraven du 13 : “Que se passerait -il si on décider de ne plus rembourser la dette ?

    FdS: Même DSK a dit à un moment donné, on  devra faire du write off (supprimer certaines dettes). Il y a certaines dettes qui sont de vraies dettes avec du vrai argent, de l’épargne, ex d’un italien qui s’est suicidé parce que sa banque a fait faillite. C’est ce vrai argent qu’on doit honorer. On doit respecter l’épargne des vraies personnes mais toutes les autres dettes qui sont créées du néant, c’est de la fumisterie, de la fumée. Et on peut même remettre en question tous ce que les banquiers ont acheté (salaires colossaux, primes colossales, achats immobiliers) avec notre argent, ils devront nous le rendre. Donc non seulement, on devra supprimer les dettes mais ils devront nous rendre ce qu’ils nous ont volé. Alors là c’est une question politique : si on veut gagner peut-être plus rapidement, on peut être gentils comme ils ont été gentils avec les pays de l’est, on tire un trait, on parle plus du passé, on regarde le futur et on fait pas de chasse aux sorcières. Mais les banquiers doivent comprendre que si o voulait on ferait une chasse aux sorcières en leur demandant de rembourser ce qu’ils nous ont volé depuis des siècles.

    Q4: Steffie du 44 : “Si l’on imprime davantage de monnaie pour financer le RBI de toute une population, cela ne risque t-il pas de créer une inflation énorme ? Y a t-il d’autres choses qui permettrait d’empêcher cette inflation ?

    FdS: Dans notre système, on a ce qu’on appelle l’escompte compensée et le dividende. Le prix, c’est une relation entre la masse monétaire sur la quantité des biens produits. le problème n’est plus un problème maintenant parce qu’on est capable de surproduire de tout (des tomates, du vin, du blé, des montres). Donc si on a une quantité de biens gigantesque surproduite par des robots ou produites juste par des robots, le problème de la masse monétaire pour distribuer ces biens ne fait qu’il n’y a pas d’inflation et même avec notre système, on va faire baisser les prix. Parce qu’actuellement avec la création monétaire du néant et les taux d’intérêts exponentiels composés, et l’écart qu’il y a entre les revenus et les coûts, ça fait que par exemple dans le domaine des maisons, il y a des économistes notamment qui ont fait le calcul Margrit Kennedy ou le professeur Helmut Creutz nous ont dit que nos maisons coûtent 80 % de trop. Donc si vous avez un système monétaire juste, vous pouvez habité une maison 80 % plus grande ou 80 % moins chère. Donc ce sera le contraire, vous aurez une baisse des prix. Certains économistes disent il ne faut pas de baisse des prix, c’est la déflation, mais ce sont des mensonges. La baisse des prix nous permet plus de liberté : exemple de la baisse des prix qui nous permet d’avoir des ordinateurs qui nous permet de parler sur un mumble !

    Q5: quel montant proposez-vous en Suisse pour le RBI et sur quel(s) critère(s) vous êtes-vous basés ?

    FdS: Nous avons l’ancien Chancelier de la confédération suisse qui est dans notre comité d’initiative et notamment il nous a parlé de 2500 euros par personne, donc un couple, c’est 5000 euros. C’est le calcul qu’on estime assez juste pour pouvoir vivre correctement en Suisse. Je suis certain que ce sera beaucoup plus, une fois que le système sera installé, et qu’on aura les vrais chiffres de la création monétaire, la productivité augmentant, la créativité augmentant, les économies augmentant, les gens voyant qu’ils tournent le robinet monétaire, l’eau arrive, ils n’auront plus besoin de faire de l’épargne, donc ça relance l’économie. Le système suisse sera le meilleur du monde.

    Q6: Kraven du 13 : “Quelles vont être les contreparties qu’il faudra refuser en cas de versement du revenu de base ?

    FdS: Non, c’est une revenu de base inconditionnel. Il y a une condition qu’on a du poser car les suisses ont peur d’être envahis par les étrangers, c’est qu’il y aura un délai de carence. C’est-à-dire que pour toutes les personnes qui habitent la Suisse y compris les étrangers, on va demander un délai de carence, c’est-à-dire que la personne devra habiter en Suisse depuis un certain temps.

    Q7: Nicoletta, qui nous écoute depuis la radio NPS en Italie : “Que pensez-vous de l’idée que l’origine de la fraude et de l’imbroglio actuel serait le fait que tout en nous trouvant dans un régime de monnaie-fiat comptabilisée comme si c’était de la monnaie-or comme si elle devait être couverte garantie par une réserve que ce soit un titre une garantie ou tout autre chose ? Autrement dit par une double écriture mal interprétée et mal appliquée ?

    FdS: Oui, vous pouvez prendre une image : on s’est fait roulé depuis des siècles. Vous pouvez prendre l’exemple de l’orfèvre. Il avait un coffre-fort et l’orfèvre a pris l’habitude de mettre des lingots d’or des clients à l’abri dans celui-ci. Il sortait des reçus “voilà, j’ai tant de lingots d’or comme reçu”. Et puis les gens ont pris l’habitude d’échanger des reçus au lieu des lingots d’or. L’orfèvre s’est rendu compte que les lingots d’or bougeait presque jamais.  Alors il a eu la malhonnêteté de créer plus de reçus qu’il n’y avait de lingot d’or dans le coffre-fort. Alors il en créait, créait, avec des intérêts composés assez confortables calculés sur la semaine ou le mois. Et il gagnait sur tous les tableaux : il gagnait de l’argent sur les intérêts et sur la création du néant, les reçus que les gens s’échangeaient. Il est devenu le maître du monde. Si vous faites l’expérience et que vous présentez un lingot d’or et un papier, et vous demandez aux gens quelle est la masse monétaire. Ils vous répondent 2 lingots d’or. En fait, il n’y en a qu’un, le papier représente le lingot d’or. C’est un abus de symbole. C’est un vol, des fausses comptabilités, des mensonges, des abus de confiance, de l’escroquerie en bande organisée. Ils ont légalisé le système dans des lois. mais ce n’est pas parce qu’il l’ont légalisé que c’est vrai, que c’est juste. Chaque fois qu’ils créent de la monnaie à partir du néant, ils vous volent votre biens réels à vous, ça fait grimper le prix des loyers, des appartements, des voitures, des maisons, ils vous prennent des impôts. Et quasiment tous les impôts sont la pour payer les intérêts des dettes publiques. Vous avez encore des communes, des régions qui ont de dettes chez Dexia, ou indexées sur le franc suisse, impayables ! Beaucoup de pays de l’est , on des dettes indexées sur le franc suisse impayables ! C’est un système inique de voleurs spécialisés !


    Q8: Sylvain du 83 : “Dans un monde où la production de biens dépendra de plus en plus de machines, le paradoxe de Jevons implique que le fait que le gain en productivité ne permettra pas des économies d’énergie mais au contraire une augmentation constante de la production et donc du prélèvement des matières premières nécessaires. L’électricité pouvant alimenter une partie de ces machines nécessite de toute façon des matières premières y compris pour ce qui relève de l’utilisation des énergies renouvelables. Or, la pénurie énergétique va être une contrainte forte durant le prochain siècle. Dans ce cas, peut-on corréler la patience du RBI sur la supposition un peu rapide d’un monde qui se robotisera à l’extrême alors qu’il est probable que bien au contraire le travail humain risque de devenir une logique importante durant les prochaines décennies pour compenser les limites technologiques liées aux contraintes des matières premières disponibles ?

    FdS: Déjà le paradoxe de Jevons, c’était en 1865, il parlait du charbon. Puis on est passé au Clean Air Act, puis après au pétrole, et on a eu le progrès technique et maintenant on passe à des voitures électriques. les allemands qui ont misé sur les panneaux solaires produisent des milliards de kilo watts d’énergie solaire. Le comble, c’est qu’on a des pays qui produisent des panneaux solaires bon marché, qu’on leur met des quotas, des taxes pour que les panneaux solaires coûtent plus chers pour favoriser le carbone où la Banque Nationale Suisse par exemple pour faire baisser le franc suisse va investir dans des industries polluantes aux États-Unis. Moi, je fais confiance au progrès technique et même grâce au RBI, on aura moins besoin de produire des produits de camelote, des produits d’obsolescence programmée pour donner des boulots stupides à des gens qui travaillent pour produire des choses qui tombent en panne une semaine après le délai de garantie. Le pape parle lui même de société de déchets, on jette les voitures, les ordinateurs. On vit avec des faux besoins, des produits de camelote alors que l’on pourrait se concentrer sur l’essentiel, et passer plus de temps avec ses amis.


    Q9: Mat du 90 : “selon vous pourquoi le RBI commence à arriver dans le paysage audiovisuel et politique français après avoir été passé sous silence depuis si longtemps ? Les accapareurs, banques et possédants, se trouvant à priori toujours derrière ces médias, et les hommes politiques ont-ils donc décidé de renoncer à l’accaparer au détriment du reste de la population ou le font -ils par dépit pour amortir les effets d’une crise économique dont ils craignent eux-mêmes les retombées? ”

    FdS: Toutes les personnes intelligentes, même à Davos, comprennent qu’on peux tous très bien vivre sur cette planète grâce aux robots. Si on continue à exploiter l’Afrique et l’Asie, c’est pas 10 millions, c’est mille millions qui vont débarquer chez nous. Ce qu’il faut faire, c’est apprendre à ces gens à utiliser les progrès techniques, créer leur propre masse monétaire, des alternatives.

    Q10: Dominique du 62 “Etes-vous en relation avec Bernard Friot ? Êtes-vous en accord avec ses travaux, remplacer la propriété lucrative avec la propriété d’usage par une cotisation complète du salaire grâce au PIB ?

    FdS: Premièrement le PIB, c’est un système ridicule, absurde. Plus il y a de catastrophes, plus il y a d’accidents, plus le PIB augmente. Pour moi, le PIB n’a aucune valeur. je préfère travailler sur le RBI tel qu’on le conçoit qui va grandir de plus en plus en fonction de la réalité de l’abondance qui est produite par des robots bien gérée. Il n’y a pas besoin de faire plus compliquer. Vous voyez un gâteau qui grandit, et bien chacun aura une part plus importante. Le PIB, c’est une manière de nous enfumer. Il faut arrêter de regarder ce PIB. Les agriculteurs produisent trop de lait, on coule des bateaux parce qu’il y a trop de pêches. On marche sur la tête. Il faut arrêter de discuter avec des gens qui brouillent les cartes.

    Q11: Ygor du 44 : ”Dans quelle interprétation vous situez-vous dans ce dispositif technique qu’est le RBI ? J’ai entendu qu’il existe plusieurs lectures idéologiques libérales, conservatrices, progressistes. Le RBI thématisé par Friot n’est pas celle d’un Jean-Marc Fery ou d’une Christine Boutin. Où vous situeriez-vous dans ce cadre ?

    FdS: Nous, nous sommes Suisse, on a un RBI à la Suisse, on sait faire des robots qui peuvent produire quasiment de tout. On exporte dans le monde entier. On a des milliers de PME. On a notre système à nous qui marche. On a pas de temps à perdre à étudier toutes ces propositions. C’est de la masturbation intellectuelle à perdre son temps sur des concepts qui n’ont ni queue ni tête. Maintenant, c’est urgent ! Il faut y aller ! Il faut profiter des robots sinon on a une guerre mondiale ! Il nous prépare la guerre en Ukraine. Ils envoient des missiles sur des gens innocents. On a pas le temps de discuter sur des subtilités de salon. Il faut partager la richesse, sinon on va partager des tranchées.

    Q12: Christophe du 13 “Je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse autant éluder la question environnementale en prétextant qu’on va se mettre automatiquement à produire et à consommer rationnellement du jour au lendemain sous prétexte qu’on aura un RBI ?

    FdS: Je vous donne un exemple tout simple : les produits suisses sont d’extrême qualité. Le canif de l’armée suisse, vous en avez un, il coupe toute votre vie, vous n’en faites qu’un et il ne pollue pas. récemment, j’ai donné une lampe de poche à LED suisse avec une batterie suisse, à un évêque en Afrique. Il l’a eu pendant 5 ans sans changer la batterie. C’est ça qui pollue les batteries de camelote produites en Chine qu’on jette à la poubelle, qu’on brûle après dans un incinérateur et produisent de la dioxine. C’est ça qui coûte cher !

    Q13: Christophe du 13 “Je n’ai pas dit que nous n’étions pas capable de faire de la qualité mais comment obliger les entreprises à faire de la qualité ?”

    FdS: Premièrement, si tout le monde a un revenu de base, il y aura moins d’entreprises stupides qui sont là pour donner du travail. C’est toujours ce problème de refus de la gratuité. L’air et le soleil sont gratuits. C’est une vieille mentalité judéo-chrétienne ou stoïcienne ou Dieu sait quoi. Il faut sortir de la caverne ! Accepter qu’il y ait des choses gratuites. Les très riches vont jouer au golf, fument leur cigares. Eux ont le droit d’avoir des dividendes, des bonus, des cadeaux, et pas les autres ? Nous en suisse nous sommes tous des rois, des prophètes, des prêtres depuis des siècles. On a le droit à un respect absolu.  Il y a certaines personnes qui sont traitées pire que des bêtes dans certains pays. Il faut arrêter.

    Q14: Daniel du 38 “Comment nous les français pouvons aider les suisses à avoir un oui à la votation de juin afin que les suisses libérés de l’obligation de travailler viennent aider leurs voisins français à obtenir le leur ?”

    FdS: C’est une très bonne question qui me fait très plaisir. Donnant/donnant, très bien ! Déjà participez à la rédaction de notre loi. C’est sur Internet “Monnaie Pleine” “Projet de loi”, sur mon blog. D’ailleurs on a été beaucoup aidé par votre prix nobel économique Maurice Allais avant qu’il décède. Vous pouvez nous aider en discutant avec des suisses. Une fois que la loi fonctionne, le reste du monde va nous copier.


    Partie III : débat libre

    Question de Sylvain Baron : “Comment tu finances le RBI en prenant certaines mesures fiscales ? La monnaie pleine pourra -t-elle être appliquée à d’autres pays ?


    FdS: Il faut oublier les symboles. Les biens réels, ce sont des bâtiments, des banques, des villas, des voitures, que les banquiers ont acquis de manière malhonnête. Ces biens réels, des supers bâtiments à Paris, à la Défense, à New York, à Londres, Le réel, c’est qu’il y a trop de viandes, de beurre, de tout. Il y a de la surproduction, les gens baissent les prix parce qu’il n’y a pas de demande solvable. La chose la plus facile à créer, c’est des symboles qu’on appelle l’argent. On se bloquerait à créer de l’argent. Pourquoi on crée des milliards pour faire des guerres ? Faisons des milliards pour faire la paix.


    Question de Dominique du 62 : “En Suisse, vous avez des outils de démocratie directe qu’en France nous n’avons pas et on connaît la puissance des lobbies qui ont tendance à faire pression sur nos gouvernements et la loi. Comment pourrait-on appliquer cette loi, quand on sait que la robotisation servirait toujours au profit de quelques uns au niveau d’un gouvernement ?


    FdS: Déjà la démocratie directe, ce sont des initiatives fédérales et des référendums. On a plusieurs outils, au niveau fédéral, au niveau cantonal, au niveau communal. La démocratie suisse est un pays qui vote tout le temps. Plus de 80% des votations ayant lieu dans le monde ont lieu en Suisse. On a eu par exemple une initiative fédérale qui limite les salaires. Tous les grands partis suisses, tous les lobbies étaient contre cette initiative et malgré tout le peuple suisse a voté. Si le peuple suisse veut un RBI malgré les spin doctors payés pour influencer l’opinion, on aura un RBI.


    La première chose que vous pourriez faire pour avoir ce système de démocratie, c’est de le faire au niveau de la commune, localement. Et la chose la plus forte à faire, c’est de faire un système d’argent  alternatif local, soit avec des simples fiches, des cartes comptables entrées/sorties ou avec des logiciels informatiques comme “Cyclos” en Suisse. En perçant cette baudruche de la création monétaire du néant et en la confiant à des citoyens qui commenceront à comprendre comment ils se font voler et de proche en proche ça peut aller très vite comme un buzz sur Internet.


    Mat du 90 : “Serait-il intéressant de lever le propriété intellectuelle et libérer les énergies pour que les gens ne soient pas obligés d’être bloqués par des gens qui ont déposés des brevets il y a 10 ans ?


    FdS: Ceci est une autre discussion mais de toute façon, le grand dynamisme c’est dans le domaine informatique avec les logiciels open source.


    Kraven du 13 : “Est-ce qu’à l’avenir nous pourrons éliminer le concept de l’argent ?”


    FdS: Je vous recommande de lire le livre de science-fiction de Robert Heinlein “For us, the living “, écrit avant la 2nde guerre mondiale, mais retrouvé par sa femme et publié à la fin des années 90 dans lequel il y décrit une société dans laquelle tout le monde reçoit des tickets, de quoi vivre. En Suisse, nous avons plusieurs systèmes monétaire, notamment le Vir, qui veut dire “nous” en allemand. Notre ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault est très intéressé par ce système et venu avec des collaborateur à Bâle pour l’étudier. Il permet d’entrer en compétition avec le système officiel et grâce à ça la suisse résiste mieux aux crises mondiales qui prend le relais en cas de crises (étude de la Harvard Business School.


    Gérard Foucher du 75 “L’initiative “Monnaie Pleine”, même si elle ne passe pas cette fois-ci, elle commence à faire beaucoup de bruit et ces gens qui possèdent ce pouvoir monétaire vont réagir. Dans ce combat, quels armes vont-ils utiliser et quelles peuvent être nos stratégies de défense, de contre-attaque ?


    FdS: Ces gens ont un pouvoir colossal, avares et le plus cupides, pas de scrupules, ils ont un pouvoir quasi infini. Le meilleur moyen de se défendre c’est de rendre les choses le plus publique possible et de diffuser l’information.


    Nous clôturons le débat avec les remerciements de Paul du 75 en particulier mais aussi de tous les auditeurs présents.


    Pour réécouter la conférence intégralement : https://youtu.be/To49otuwXYA




    L’initiative populaire «Pour un revenu de base inconditionnel» a la teneur suivante :
    La Constitution est modifiée comme suit :
    Art. 110a (nouveau) Revenu de base inconditionnel
    1. La Confédération veille à l’instauration d’un revenu de base inconditionnel.
    2. Le revenu de base doit permettre à l’ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique.
    3. La loi règle notamment le financement et le montant du revenu de base


    Commentaire:


    Blaise Rossellat
    20 février, 11:26
    Joli témoignage d’une amie FB:

    “Bonjour les amis,

    Je voulais vous parler un peu de la vie que nous avons eue jusqu’à présent! Nous pensions être dans des États démocratiques et on nous faisait croire que nous avions de la chance de vivre dans nos pays industrialisés. On faisait confiance aux dirigeants, et depuis la crise de 2008, petit à petit certaines personnes ont pris conscience et ont compris comment fonctionnait le système monétaire de notre planète
    dont je fait partie! J’ai compris beaucoup de choses en peu de temps et ça ma fait pleurer rien qu’en pensant à tout le temps que j’ai passé au travail alors que du travail avec trois enfants, j’en avais bien assez! On m’a privé du droit d’élever mes enfants sans avoir toujours peur du lendemain!

    Dans ma génération, en plus, nos parents nous disaient, si tu veux de l’argent, il n’y a que par le travail que tu en auras… Jamais, on ne m’avait dit que l’Etat pourrait un peu m’aider pour que je puisse rester quelques temps à la maison à élever mes 3 enfants! Je n’osais pas demander de l’aide car j’aurais eu l’impression d’être mal jugée et de passer pour une profiteuse et une flemmarde!

    Alors je suis allée comme tout le monde, comme un mouton au turbin, pour gagner quelques sous qui nous manquaient pour faire tourner les comptes de la famille! J’ai eu beaucoup de peine vu que mon petit salaire s’ajoutait aux salaires de mon mari et que les frais de garde était pas déductibles des impôts… Du coup, tout ce que je gagnais en plus, je devais le redonner aux impôts! Alors quand je me suis rendue compte que je ne gagnais rien, je me suis mise a travailler au noir! En travaillant comme ça, au moins si je gagnais 20 CHF il me restais 20 CHF à la fin du mois…

    J’ai laissé mes enfants seuls à la maison pour ne gagner rien du tout, je m’en serait passé! Je me suis torturée toute ma vie à cause de l’argent! Je me suis privée de tout et le pire, c’est que je n’ai pas vu grandir mes enfants qui sont mes biens les plus précieux!

    Maintenant que je sais que c’était une escroquerie, j’en pleure… Si je n’avais pas eu peur de ne pas arriver à gagner ma vie! “Gagner ma vie” comme on nous le disait souvent: “va gagner ta vie, si tu ne travailles pas, tu n’as pas le droit de vivre!” C’est quoi ça, cette phrase qu’on nous a mis dans le crâne?!? Mais notre vie on nous l’a donnée!

    Et de nos jours, vu que l’homme a inventé les machines, nous n’avons plus besoin de tant d’ouvriers pour faire les travaux répétitifs, les travaux lourd, les machines s’en chargent!
    Je vous rappelle les amis que les machines ont été créées pour soulager les travaux de l’homme et non pas, pour le faire travailler dix fois plus pour arriver au même résultat! Les machines doivent être aux service des humains et non pas les humains au service des machines! Actuellement, les machines servent à faire gagner plus d’argent aux plus riches… Nous n’avons plus besoin d’autant de main d’œuvre et c’est très bien ainsi.
    Maintenant, il n’y a plus assez de travail pour tout le monde, alors ceux qui sont au chômage ou à l’hospice, nous en faisons des cas sociaux, des feignants et des parasites de la société! Nous leur donnons juste de quoi survivre et quand il faut se serrer la ceinture, c’est encore à eux que l’on coupe le robinet! Je me rappelle que dans les 1970, il n’y avait aucun chômeur et pas de feignants…

    Réfléchissez, nous pouvons et avons le droit à une vie plus juste et meilleure sans se torturer tous les jours de notre vie à penser au lendemain.

    N’ayez pas peur, ce changement-là, c’est une idée de génie!
    Merci à François de Siebenthal, grâce à lui, j’ai compris qu’ensemble nous pouvons changer de paradigme.

    Commençons par voter OUI au Revenu de base inconditionnel pour un monde plus juste et meilleur!

    Merci de m’avoir lu. Je vous souhaite à tous un très bon week-end et un gros bec à tous!”

    Nadine Hoffmeyer


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