Démocratie ? Achats de voix pour deux millions d’Euros.
Dans l’enquête qui porte sur des soupçons d’achat de voix aux
élections municipales de Corbeil-Essonnes, fief de Serge Dassault,
Younes Bounouara, un proche de l’industriel, s’explique sur une
fusillade pour laquelle il est recherché pour tentative de meurtre.
L’homme a aussi prévu de se rendre à la police pour s’expliquer.
Younes Bounouara, le chef d’entreprise au cœur de nombreuses
spéculations sur un système d’achat de vote à Corbeil-Essonnes, fief de
Serge Dassault et suspect n°1 dans une tentative d’assassinat en février
dernier, vient de se rendre à la justice française, révèle en
exclusivité Jean-Michel Décugis, spécialiste Police/Justice d’i>TELE.
M. Bounouara qui avait pris la fuite en Algérie a été interpellé à sa
sortie d’avion à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaules et conduit
devant le trio de juges d’instruction chargé de cette affaire au
Tribunal de grande instance d’Evry.
Le 19 février, Younes Bounouara, 41 ans, avait tiré sur Fatah O., 32
ans, un boxeur amateur, par ailleurs co-auteur de l’enregistrement
clandestin diffusé par Mediapart dans lequel Serge Dassault, l’ancien
maire de Corbeil-Essonne, reconnaissait avoir donné 1,7M d’euros à un
certain Younes.
Selon nos informations, Younes Bounouara devrait expliquer s’être
senti menacé par un gang qui pense que Dassault (lui) a donné beaucoup
d’argent pour qu'(il) redistribue.
Dans le cadre de cette affaire, le sénateur et industriel Serge
Dassault a été entendu, lundi 14 octobre, en qualité de témoin assisté.
C’est la dernière révélation du site Mediapart: Serge Dassault, sénateur UMP «admet dans un enregistrement clandestin réalisé fin 2012» — dont des extraits sont en ligne sur le site —
«avoir payé pour s’assurer de la victoire de son successeur à la mairie
de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, lors de la campagne
municipale de 2010». Grâce à cet enregistrement, ce serait «tout un système de corruption aux conséquences criminelles qui se fait jour».
Mediapart explique que l’enregistrement correspond à une conversation
dans laquelle deux hommes, citoyens de Corbeil-Essonnes (fief de
Dassault) ayant obtenu rendez-vous avec le milliardaire, se «plaignent
qu’un acteur clé du “système Dassault” n’ait pas redistribué comme
prévu 1,7 million d’euros destinés à des personnes qui ont participé à
la campagne victorieuse de 2010 dans des quartiers populaires du sud de
Corbeil.»
En février dernier, Le Point avait rapporté l’affaire, mais sans
posséder l’enregistrement. L’hebdomadaire évoquait ainsi les deux
auteurs de l’enregistrement, précisant: «la rumeur populaire les désigne comme maîtres chanteurs.
Leur forfait: avoir enregistré à l’aide d’une caméra cachée le
sénateur Serge Dassault à propos de l’achat de voix des électeurs de
Corbeil. Les corbeaux auraient alors cherché à monnayer l’enregistrement
sous la menace d’en divulguer le contenu au Canard enchaîné. Serge
Dassault aurait refusé le chantage.» Le Canard avait bien, par la suite, publié une partie du contenu de l’enregistrement.
Des soupçons pèsent depuis longtemps sur Serge Dassault. En octobre 2010 par exemple, on pouvait lire dans Libération:
«Depuis plusieurs années, l’avionneur, milliardaire et sénateur
UMP est soupçonné de distribuer des enveloppes à ses électeurs de
Corbeil-Essonnes. L’achat de votes n’a jamais pu être prouvé
formellement et Dassault le nie mordicus, mais Libération a rencontré un
habitant de la cité des Tarterêts qui, pour une fois, apporte des éléments tangibles pouvant éclairer le prochain scrutin municipal.» …
http://www.slate.fr/france/77744/mediapart-serge-dassault-admet-avoir-paye-victoire-electorale
“Là je ne peux plus rien donner”. En lâchant cette phrase, fin 2012,
Serge Dassault, l’ancien maire de Corbeil-Essonnes, ne pouvait pas se
douter qu’il était enregistré. C’est pourtant bien sa voix qui a été
authentifiée et publiée par le site Mediapart dimanche après-midi (lien payant). Un enregistrement qui, selon le site d’information, constituerait “l’aveu de la corruption”.
Serge Dassault est en effet soupçonné d’avoir mis en place un large système d’achats de voix dans sa ville,
pour faire élire son successeur, Jean-Pierre Bechter, lors des
élections municipales de 2010. Dans trois extraits sonores, enregistrés
clandestinement, on entend l’homme d’affaires affirmer qu’il “ne peut
plus donner d’argent à qui que ce soit”. Il fait également référence à
une “surveillance de la police”, ainsi qu’à des opérations financières
“au Liban”.
Deux enquêtes distinctes
La justice
enquête à Corbeil-Essonnes, ville dont le sénateur UMP a été maire une
quinzaine d’années (1995-2009), sur deux affaires, une concernant des
soupçons d’achats de voix aux élections, et une autre des tentatives d’homicide qui pourraient être liées.

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