Enfumage contre Monnaie pleine


Enfumage de l’UPR (Vincent Brousseau) sur la votation fédérale suisse “Monnaie pleine” de 2018
Entretien en direct avec Vincent Brousseau, responsable UPR des questions monétaires – 13/12/17https://www.youtube.com/watch?v=eHFN4u-XZIo

Voir à partir d’1h 14 mn 51 sec, la question publique posée par M. Gérard Foucher à M. Vincent Brousseau, et les tentatives embrouillées et détournées de ce dernier de noyer le poisson(*)…..pour préconiser finalement le rejet d’une telle mesure (c’est la méthode britannique du “Project Fear” appliquée à la votation fédérale suisse de 2018).



C’est clair : l’UPR ne veut pas entendre parler de “Monnaie pleine“….et refuse en pratique de traiter au cours d’un véritable débat public équilibré de cette prochaine votation fédérale suisse de 2018 !

La question s’impose POURQUOI ?

PBC

(*) évoquant ici ou là quelques objections auxquelles il a déjà été répondu très précisément sur le site du Comité de pilotage de cette prochaine votation fédérale http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/ (…par exemple, sur le gonflement du bilan de la BNS une fois la réforme constitutionnelle mise en place).

La réforme «Monnaie Pleine» est-elle un risque ou une opportunité?

L’économiste et ancien banquier Christian Gomez répond à l’article de Jean-Pierre Roth du 28 février 2017 qui critiquait l’Initiative «Monnaie pleine»




Une offre de crédit en diminution, des taux d’intérêt plus élevés? 

Faux!

Le premier argument de Jean-Pierre Roth est classique: si la réforme est appliquée, l’économie manquera de crédit car l’épargne est insuffisante et la création monétaire des banques est indispensable. Bien entendu, il n’en est rien et l’argument cache l’enjeu: l’accaparement du bénéfice de cette création

.
Dans le système actuel, les banques créent de la monnaie nouvelle en faisant du crédit et prélèvent au passage l’intérêt sur des sommes qu’elles ont elles-mêmes créées «ex nihilo». Les faits montrent que cette création finance prioritairement la spéculation immobilière et financière, qui constitue la source principale des crises.

Dans le cadre de la réforme, l’injection de nouvelle monnaie se ferait sous la direction de la Banque nationale suisse (BNS) par des distributions aux collectivités publiques, ce qui se traduirait par des baisses d’impôts ou une hausse des dépenses publiques, c’est-à-dire une injection directe dans l’économie réelle – et non plus dans les marchés spéculatifs – avec pour conséquence une hausse du revenu global pour la consommation et une hausse de l’épargne globale pour les investissements.
On ne voit donc pas en quoi l’offre de crédit utile au développement de l’économie réelle pourrait être diminuée dès lors que la monnaie serait prioritairement au service de l’économie productrice de biens et services et que l’épargne courante pourrait largement financer les investissements.
Les taux d’intérêt risqueraient-ils d’être plus élevés avec la monnaie pleine? Certainement pas: l’épargne déjà surabondante de la Suisse ne pourrait qu’augmenter en ligne avec le revenu, et donc les taux d’intérêt resteraient structurellement bas; par ailleurs, le meilleur contrôle de l’inflation et la plus grande sécurité contre les risques de crises financières apportés par la réforme diminueraient les primes de risque, et donc les taux d’intérêt.

Un danger pour la solidité des banques? Faux!

Un second argument porte sur les pertes que subirait le système bancaire. En fait, les pertes des banques en termes d’intérêts perdus sur la création monétaire qu’elles ne pourraient plus faire seraient parfaitement supportables, car déjà aujourd’hui, selon les dires mêmes de Jean-Pierre Roth, ces revenus ne représentent pas la majeure partie de leurs bénéfices.
Par contre, ce que ne dit pas Jean-Pierre Roth, c’est que les pertes limitées des banques seraient sans commune mesure avec le gain collectif procuré par la réforme: entre 10 et 15 milliards dès la première année. Y aurait-il des problèmes pour les institutions très spécifiques comme Postfinance? Nous ne le pensons pas.
Postfinance devrait sortir de son bilan les dépôts de nature monétaire. Mais il serait possible de ménager la transition sur une période de temps à déterminer pour que son compte d’exploitation ne soit en rien affecté. Restant un acteur majeur dans la gestion des moyens de paiement, elle aurait ainsi tout le temps pour déployer son offre de dépôts d’épargne (pour financer ses immobilisations financières) et développer toutes les sources possibles de commissions.

L’explosion du bilan de la BNS du fait de l’application de la réforme? Faux!

Le dernier argument de Jean-Pierre Roth, l’augmentation possible du bilan de la BNS, est réellement surprenant alors que la BNS est devenue un gigantesque Hedge Fund (fonds alternatif), d’une taille supérieure au produit intérieur brut (PIB) suisse, du fait des conséquences des dysfonctionnements du système actuel. Toute augmentation liée à la réforme ne pourrait être que marginale et assise sur des prêts à des banques que Jean-Pierre Roth nous présente déjà comme très sûres et qui le seraient encore plus dans le cadre de la réforme.
Par contre, un point non soulevé par Jean-Pierre Roth est pourtant capital: dans le bilan de la BNS, les réserves bancaires aujourd’hui pléthoriques se dégonfleraient au profit du compte du public, contrepartie de la monnaie pleine. Du coup, les excès du passé seraient épongés et la banque centrale pourrait retrouver ses marges de manœuvre pour construire une nouvelle politique monétaire. Un retournement miraculeux après des années de politique très aventureuse!
Contrairement à ce que dit Jean-Pierre Roth, la réforme proposée est bien une opportunité pour la Suisse, car elle ne vise pas seulement l’immunisation contre les crises financières, mais aussi une régulation monétaire plus efficace, un fonctionnement optimisé de l’économie et une équité plus grande en redonnant aux citoyens suisses la maîtrise et les bénéfices de la création monétaire.
* Economiste et ancien banquier
et

1 C.GOMEZ 9/05/2014 DU SYSTÈME DE RÉSERVES …

www.initiative-monnaie-pleine.ch/fa/img/Vertiefung_francais/Bilan_Christian_2.pdf

9 mai 2014 – Du point de vue de la BNS, son bilan se présente comme suit : BANQUE NATIONALE SUISSE. •. Réserves de changes. : 100. •. Créances sur les banques. : 50. •. Titres et immobilisations. : 50. •. Billets en circulation. : 50. •. Comptes de règlement des banques (Réserves) :100. •. Confédération. : 10.


de M. Thomas Mayer, thomas.mayer at vollgeld-initiative.ch, juin 2014 
Passage à la monnaie pleine – 

Bilans des banques et de la BNS 
Avec le passage à la monnaie pleine, l’argent scriptural des banques sera supprimé et il n’y
aura plus que de l’argent de la Banque nationale pour tout le monde. Les avoirs des comptes
privés et de transaction seront convertis en monnaie centrale de la Banque nationale. De ce
fait, la totalité de l’argent scriptural aura le même statut juridique que les billets.
Bilan d’une banque après le passage à la monnaie pleine
Echange de passifs : les obligations exigibles de la banque envers ses clients, c’est-à-dire les
avoirs des comptes privés et de transaction, seront transférées à la Banque nationale. La
banque ne devra donc plus s’en acquitter auprès de ses clients, mais auprès de la Banque
nationale. L’argent des comptes clients sera toujours géré par la banque, mais en dehors de
son bilan.
Bilan de la banque
Actif Passif
Autres actifs Autres passifs
Créances clients Comptes clients – 1’000
Crédit BNS +1’000
Capital propre
Hors bilan Avoirs comptes clients +1’000
Que se passe-t-il au même moment dans le bilan de la Banque nationale ?
Accroissement de la somme du bilan : Les créances envers les banques augmentent de
concert avec la circulation de l’argent scriptural. Le compte ”Circulation d’argent scriptural”
n’existait pas avant, car la monnaie centrale ne sortait pas de la Banque nationale. Cela va
changer avec la réforme monnaie pleine. L’argent scriptural de la Banque nationale va
voyager dans le monde, comme les billets. Ces derniers sont actuellement inscrits au bilan
dans le compte ”Circulation de billets” qui comprend toutes les ressources en argent liquide
des privés, des entreprises et des établissements publiques. Le nouveau compte ”Circulation
d’argent scriptural” contient la totalité de l’argent scriptural des comptes clients des banques.
Ces dernières continuent à gérer ces comptes, mais en dehors de leur bilan.
Bilan de la BNS
Actif Passif
Autres actifs Autres passifs
Créances banques +1’000 Circulation argent scriptural + 1’000
Capital propre
Avec le passage à la monnaie pleine, les crédits des banques auprès de la Banque nationale
vont s’élever jusqu’à hauteur de la masse monétaire M1 (en Suisse CHF 537 Mia en 2012).
Une phase de transition raisonnable, par exemple de 10 à 20 ans, permettra aux banques de
rembourser ces crédits. Chaque remboursement à la Banque nationale réduit d’autant la
somme de son bilan, car l’argent disparaît (p. ex : Créances banques -1’000 = Circulation
d’argent liquide -1’000). Mais afin que la masse monétaire de diminue pas, la Banque
nationale doit en même temps créer de la nouvelle monnaie pleine et la mettre en circulation.
Elle peut aussi faire de nouveaux crédits aux banques, par exemple si l’approvisionnement
en crédit s’avérait insuffisant dans certains secteurs de l’économie. La règle est que l’argent
nouvellement créé est mis en circulation par une distribution gratuite à la Confédération, aux
cantons ou aux citoyens.
Dispositions pertinentes du texte constitutionnel de l’Initiative Monnaie Pleine :
Art. 99 al. 2 : Elle seule (la Confédération) émet de la monnaie, des billets de banque et de la
monnaie scripturale comme moyens de paiement légaux.
Art. 99 al. 5 : Les prestataires de services financiers gèrent les comptes pour le trafic des
paiements des clients en dehors de leur bilan. Ces comptes ne tombent pas dans la masse
en faillite.
Art. 99a al. 3 : Dans le cadre de son mandat légal, elle (la Banque nationale) met en
circulation, sans dette, l’argent nouvellement émis, et cela par le biais de la Confédération ou
des cantons ou en l’attribuant directement aux citoyens. Elle peut octroyer aux banques des
prêts limités dans le temps.
Art. 197 ch. 12 al. 1 : Les dispositions d’exécution prévoiront que, le jour de leur entrée en
vigueur, toute la monnaie scripturale figurant sur les comptes pour le trafic des paiements
deviendra un moyen de paiement légal. Il en résultera des engagements correspondants des
prestataires de services financiers vis-à-vis de la Banque nationale suisse. Cette dernière
veillera à ce que les engagements résultant de la conversion de la monnaie scripturale soient
honorés au cours d’une phase de transition raisonnable. Les contrats de crédit existants
resteront inchangés. 
Thomas Mayer : 
Bilanzierung von Bankengeld und von Vollgeld
Was passiert bilanziell bei der heutigen Geldschöpfung der Banken, beim Zahlungsverkehr
und beim Sparen? Was bedeutet die Vollgeldreform für die Buchhaltung von Bankkunden,
Banken und der Nationalbank? Wie kann die Nationalbank schuldfrei in Umlauf gebrachtes
neues Geld verbuchen? 36 Seiten.
Prof. Dr. Jürgen Kremer : Vollgeld – Darstellung mit Bilanzbuchungen, Mai 2014, 17 Seiten

 Initiative Monnaie Pleine
Réponse à Vincent Brousseau (UPR)

L’UPR a publié une vidéo comprenant une attaque contre l’Initiative Monnaie Pleine:
“Entretien en direct avec Vincent Brousseau, responsable UPR des questions monétaires – 13/12/17”
 
Site internet : https://www.upr.fr/
Vidéo complète originale : https://www.youtube.com/watch?v=eHFN4u-XZIo
Passage concerné : de 1:15:09 à 1:25:22
L’intervention de M. Vincent Brousseau au format texteExtrait vidéo principal ci-dessus: de 1:14:57 à 1:22:13
… et quelques réponses en faveur de l’Initiative Monnaie Pleine
En fait François Asselineau est déjà au courant de l’existence du site Initiative Monnaie Pleine, on en a déjà parlé.
La question présume qu’il ne semble ne pas y avoir de grandes difficultés, mais enfin, ce sont des choses qui arrivent, on peut ne pas voir qu’une difficulté existe. Alors, il y en a plusieurs.
50 scientifiques et le Conseil consultatif scientifique Initiative Monnaie Pleine n’auraient pas étudié les questions que M. Brousseau signale ?
Comme nous le verrons ci-dessous, M. Brousseau n’est pas dans le concret, mais dans l’ignorance ou le mensonge.
Si l’initiative Monnaie Pleine se faisait – autant en parler de manière concrète puisque c’est un projet qui existe en réalité, ce n’est pas juste une vue de l’esprit – si l’initiative Monnaie Pleine donnait lieu à une votation positive et qu’elle s’appliquait, il se produirait la chose suivante, qui est que le bilan de la banque centrale de la Suisse, au lieu d’être ce qu’il est maintenant, devrait englober tout ce qui est sur tous les comptes chèques des gens qui habitent en Suisse. Donc ce serait un bilan beaucoup plus grand.
La Banque nationale suisse (BNS) a actuellement un bilan d’environ 750 mia CHF. Cela est dû à sa politique de parité du CHF avec l’Euro qui lui fait acheter des grandes quantités de devises en Euro. La BNS a annoncé qu’elle continuerait à mener cette politique et donc à augmenter son bilan. Ce bilan astronomique n’a rien à voir avec la monnaie pleine. De plus, au passif du bilan de la BNS, se trouvent près de 500 mia CHF correspondant aux comptes de virement des banques suisses. Ce montant est à peu près le même que celui des avoirs des comptes à vue en Suisse. Avec la monnaie pleine, ces 500 mia CHF seraient simplement convertis en avoir de la BNS. Le passage à la monnaie pleine n’augmentera donc pas le bilan de la BNS. Il s’agit d’un simple changement dans la composition de la monnaie de base devenue la seule monnaie en circulation.
Et en plus, il n’y aurait plus de fusible pour si jamais il y avait un mauvais payeur. C’est-à-dire que pour l’instant, quand quelqu’un fait un chèque en bois, il est pourchassé par la police, c’est entendu, il va être puni, mais le risque financier est supporté par la banque commerciale qui l’a fait.
L’internaute qui a fait cette question a fort justement mentionné que les agents de la Banque de France peuvent avoir un compte à la Banque de France – c’est un privilège très rare et  très demandé, mais qui implique de manière très stricte qu’on ne soit jamais en négatif d’un seul centime. Vous ne pouvez pas faire un chèque en bois à la Banque de France sous peine de pénalités hors de proportion, parce que ça correspondrait à une émission monétaire involontaire de la Banque de France, et ça, évidemment, c’est un tabou absolu pour la banque centrale.
D’abord, un chèque à découvert n’est pas payé par la banque. C’est au créancier à poursuivre son débiteur et le créancier n’est pas la banque.
Ensuite, on ne fait plus des chèques de nos jours. Les paiements se font par virements ou par cartes avec une technologie qui permet de ne pas accepter la transaction lorsque le compte est à découvert.
Par ailleurs, ces problèmes seront gérés au niveau des « custodians » des moyens de paiement (comme aujourd’hui les conservateurs en cas de « failed settlements »)et la BC ne sera pas plus impliquée dans la circulation de la monnaie électronique qu’elle ne l’est dans la circulation des billets.
Par contre, avec leur possibilité de créer de la monnaie scripturale, les banques peuvent prendre des risques inconsidérés pour augmenter leurs profits et en cas de catastrophe, c’est l’Etat (donc le contribuable) qui doit payer pour les sauver.
Dans un système de monnaie pleine, la BNS ne fait pas de prêts aux particuliers (comme aujourd’hui) et ne risque donc pas de devoir assumer un défaut de paiement. Les comptes privés en monnaie pleine ne peuvent pas être à découvert. Un chèque en bois, comme aujourd’hui, reste un paiement non valable, c’est-à-dire un non paiement. La BNS n’a pas à l’assumer avec la monnaie pleine, comme les banques aujourd’hui ne l’assument pas non plus avec leur monnaie scripturale.
Avec des comptes de transaction en monnaie pleine, il n’y aura plus besoin de sauver les banques, car ces comptes ne tomberont plus dans la masse en faillite de la banque et ainsi le trafic des paiements ne sera plus affecté même par la faillite d’une grande banque. Les grandes banques cesseront d’être systémiques et l’Etat (le contribuable) n’aura plus à les sauver.
Le fait est qu’on ne peut pas demander ce niveau de sécurité au compte chèque de tout le monde. C’est pas pour rien que ce n’est accordé qu’à certains fonctionnaires de la Banque de France qui un: sont conscients de ce qu’ils font, et deux: en général n’ont pas les mêmes problèmes financiers que la majeure partie de la population. Mais faire ça pour l’ensemble des gens, ça reviendrait à avoir une constante émission monétaire involontaire de la part de la banque centrale. Et donc ce [ne] serait pas vraiment le paradis du point de vue des banquiers centraux.
Emmanuel Macron a-t-il un nouveau concurrent au sein de l’oligarchie bancaire reconvertie en politique élitiste ?
Vincent Brousseau affiche un insupportable mépris envers le peuple de France, surprenant venant d’un membre de la hiérarchie de l’UPR.
Contrairement aux fonctionnaires qui sont conscients de ce qu’ils font, les citoyennes et citoyens de ce pays sont pauvres et font des chèques en bois !
Et sinon je mentionnais que le bilan de la banque centrale de Suisse, si jamais ça se produisait, devrait augmenter dans des proportions très importantes. Mais vous savez qu’un bilan, ça contient un actif et un passif, et le côté actif doit augmenter autant que le côté passif. Alors le côté passif augmenterait parce que la monnaie qui pour l’instant est sur les comptes chèques des Suisses se retrouverait sur les comptes, enfin deviendrait de la monnaie centrale et se retrouverait au passif de la Banque Nationale Suisse, et pour équilibrer,  qu’est-ce qu’il y aurait de l’autre côté, c’est-à-dire côté actifs, eh bien la banque centrale de Suisse aurait une créance d’un montant équivalent sur les banques commerciales de la Suisse.
Au jour de la transition, la BNS aura effectivement une créance contre les banques suisses du montant des comptes à vue de leurs clients. Comme dit ci-dessus, les banques pourront compenser cette créance par les avoirs qu’elles ont aujourd’hui en comptes de virement auprès de la BNS et qui correspondent à peu près au même montant que la créance de la BNS.
Les banques suisses pourront choisir de rembourser cette créance de suite, ou de le faire petit à petit. Au vu des intérêts négatifs, le remboursement immédiat serait plus favorable pour elles, car elles ne devraient plus payer les intérêts négatifs qu’elles paient aujourd’hui sur leurs avoirs à la BNS.
Alors les défenseurs du projet disent que cette créance, les banques commerciales de la Suisse arriveront à la repayer sous dix ans, en étalant les paiements, mais on se demande avec quoi elles pourraient payer puisqu’elles auraient perdu finalement [ricanement] l’activité qui  jusqu’à présent les faisait vivre. Il y a quelque chose d’un petit peu étrange dans cette idée. En réalité, il est vraisemblable qu’elle ne serait jamais repayée et qu’on se retrouverait dans une situation un peu analogue à la situation des Targets si jamais l’Italie sortait de la zone Euro, ce qui n’est pas souhaitable.
Nous savons que les banques ont des réserves à la BNS qui permettraient de payer cette créance (voir ci-dessus).
De quelle activité perdue nous parle-t-on ?
Et qu’est-ce qui fait vivre les banques ?
Le système de monnaie pleine ne fait perdre aux banques que la possibilité de créer elles-mêmes de la monnaie. Or, aujourd’hui, avec les intérêts à taux zéro, les banques ne font plus de bénéfice, depuis quelques années déjà, sur leur création monétaire (étude ”Making money from making money – Seigniorage in the modern economy”). Et elles ne s’en portent pas plus mal. Les banques continueront à faire les mêmes bénéfices qu’aujourd’hui avec leur service de crédit, de paiement et de gestion de patrimoine. Elles auront même un avantage concurrentiel supplémentaire sur le marché international, car le franc suisse sera la monnaie la plus sûre du monde, ce qui attirera de nombreux nouveaux clients.
Cette réponse montre l’incompréhension totale du sujet de la part de Mr Brousseau.
Dans le cas où un prêt serait nécessaire (ce qui n’est pas le cas de la Suisse, répétons-le), la collectivité se crée un actif sur les banques qui correspond à « une véritable nationalisation de la monnaie dans son ensemble» (mais pas des banques !) et sur lequel elle pourrait progressivement lever un intérêt (le même que sur les dépôts d’épargne par exemple).
Dans ce que dit Brousseau, on comprend que le prêt serait remboursé sur les profits des banques (c’est possible mais si VB comprenait ce qu’il dit, cela voudrait dire qu’elles financent par capitaux propres) alors que la levée de fonds sur le marché est quand même le propre des intermédiaires financiers (rappelons que ce prêt remplace le passif à vue des banques !). mais, pour qu’il y ait levée de fonds sans difficultés, il faut que les liquidités existent sur le marché. Pour cela, il faut comprendre la mécanique générale :
1) Tout remboursement des banques de leur dette à la BC implique une diminution de la monnaie en circulation, ce qui n’est pas acceptable pour la BC
2) Donc, en compensation, la BC doit injecter des fonds par achat d’actifs sur le marché
3) Par le jeu des taux d’intérêt relatifs, ces fonds pourront être empruntés par les banques en remplacement de la créance publique.
Bien sûr, tout ceci doit se faire progressivement et en coordination pour qu’il n’y ait aucune « disruption » des marchés.
Pour les français seuls: Il suffit d’imaginer l’achat par la BC de titres représentatifs de la dette publique (OAT)…. Je laisse à VB et à l’UPR ce sujet de réflexion !
Par ailleurs, la réflexion de VB sur les profits des banques est proprement consternante :
1) Il jugerait normal que tous les profits des banques viennent de l’octroi d’un privilège exorbitant du droit commun: Battre monnaie
2) Heureusement, les banques sont aussi des intermédiaires financiers qui lèvent des fonds d’épargne sur les marchés et se rémunèrent par une marge d’intermédiation
3) Probablement, VB n’a jamais entendu parler des « non-bank banks » et des organismes de crédit qui, tout en ne gérant aucun dépôt à vue, arrivent à bien vivre et même à être plus compétitives que les banques classiques.
Tout ceci est réellement lamentable !!!
Donc la raison pour laquelle l’argent qu’on utilise n’est pas purement de l’argent central, la raison pour laquelle il y a des banques commerciales, c’est une façon de limiter le risque que prend la Banque de France ou la banque de Suisse, enfin la banque centrale, et c’est un fusible qui est probablement bien venu.
Cet argument, comme nous venons de le voir, n’a aucun fondement. C’est en fait précisément le contraire qui est vrai : avec la monnaie pleine, les banques assument elles-mêmes les risques qu’elles prennent et ne pourront plus les reporter sur l’Etat et le contribuable selon le principe actuel de la ”privatisation des bénéfices et collectivisation des pertes”.
Mais, en plus de ça, c’est quelque chose qui va intrinsèquement contre la force de la monnaie. Donc le franc suisse est pour l’instant l’une des deux plus grandes, l’une des deux monnaies les plus fortes de la planète, l’une étant le yen et l’autre étant donc le franc suisse, précisément parce que la banque centrale de la Suisse a la capacité de maintenir la masse monétaire de la Suisse petite et de la réduire. Si la banque centrale de Suisse mettait en action le projet qui est prévu par l’initiative Monnaie Pleine, elle perdrait ce pouvoir parce qu’elle n’aurait pas la possibilité, enfin elle créerait de la monnaie qu’elle n’aurait plus la possibilité de détruire par la suite.
Que l’auteur de ces propos nous explique comment la BNS a aujourd’hui la capacité de maintenir la masse monétaire petite et de la réduire ! La BNS, comme toutes les autres banques centrales dans le système actuel, ne fait que suivre les banques commerciales qui décident librement de la quantité de monnaie qu’elles émettent. En effet, le seul outil actuel à disposition des banques centrales pour piloter la masse monétaire est le taux directeur. Or, dans une économie monétaire où les taux directeurs tournent autour de zéro, les banques centrales n’ont plus de marge de manœuvre pour influencer par ce moyen la production monétaire. A l’inverse, avec la monnaie pleine, la BNS aura un moyen direct et efficace de le faire. La monnaie pleine donne le pouvoir à la banque centrale de réellement piloter la masse monétaire, pouvoir qu’elle n’a pas aujourd’hui.
La BNS aurait le même pouvoir de détruire la monnaie si elle devenait excédentaire : l’initiative Monnaie Pleine laisse la possibilité à la BNS de mettre la nouvelle monnaie en circulation par des prêts aux banques, qu’il suffirait de ne plus renouveler pour que cela diminue la masse monétaire. D’autres moyens, que nous ne développerons pas ici sont encore possibles.
Dans le cadre de la réforme, la BC garde tous les moyens d’agir sur la monnaie en circulation et c’est une pure élucubration de Brousseau que de prétendre le contraindre. Elle aura des moyens :
1) Directs: la modulation de ses apports au budget et le remboursement des avances si nécessaires
2) Indirects par les techniques habituelles de l’open-market
Il est clair que VB n’a rien compris à la nouvelle organisation résultant de la réforme. Il y a un point sur lequel, on peut être d’accord avec lui : il faut que la BC garde le contrôle total sur l’offre de monnaie avec capacité de la détruire si nécessaire.
Or ses moyens sont renforcés dans MP. Les banques centrales les ont-elles aujourd’hui ? la Réponse est NON !!!
C’est-à-dire que la condition primordiale qui fait que le franc suisse est une monnaie forte disparaîtrait et on aurait un changement assez radical, puisque d’une des deux monnaies les plus fortes de la planète on arriverait à une monnaie qui aurait peut-être de la faiblesse de la livre ou de la peseta.
Ici, l’auteur confirme sans s’en rendre compte que la monnaie pleine maintiendrait un franc suisse fort, contrairement à ce qu’il dit, car si selon ses affirmations c’est une petite masse monétaire qui est la cause du franc fort, l’initiative Monnaie Pleine permettrait précisément d’atteindre cet objectif en donnant à la BNS une vraie possibilité d’agir sur la masse monétaire. La monnaie pleine pourrait donc sans difficulté maintenir un franc suisse fort, mais cette question relève de la politique monétaire de la BNS, dont les moyens seront élargis avec la monnaie pleine.
Encore une fois, VB dévoile sa totale incompétence. Pour qu’une monnaie soit forte, il faut :
1) Un contrôle de l’offre de monnaie (or celui-ci est renforcé avec MP)
2) Un budget sous contrôle (ce qui est le cas en Suisse)
3) Une balance des paiements en équilibre (elle est en suréquilibre en Suisse)
Tout le reste est de la littérature …et de la très mauvaise littérature à la Brousseau.
L’annonce apocalyptique de l’écroulement du franc suisse relève de la même méthode de manipulation de masse par la peur utilisée par les adversaires du Brexit ou du Frexit.
Cette considération fait d’ailleurs qu’il est assez peu vraisemblable que l’électorat suisse vote le projet en question, et donc nous discutons là de l’initiative monétaire mais je ne voudrais pas donner l’impression que c’est parce qu’il y a une chance que ça se produise. En fait il est très improbable que le vote des Suisses valide le projet en question.
(1:22:13) […]
La prévision de l’échec de l’initiative est une méthode manipulatoire de prophétie auto réalisatrice. Si l’initiative Monnaie Pleine était rejetée par le peuple suisse, ce serait à cause de désinformation qu’il subit. Car le bon sens du peuple, quand il n’est pas détourné par une propagande mensongère, est favorable à la monnaie pleine, comme le montrent plusieurs sondages.(www.initiative-monnaie-pleine.ch/sondages)
Spontanément, le peuple suisse est instinctivement du coté de la MP (comme ses ancêtres de 1891 quand il s’était agi de supprimer l’émission de billets par les banques pour donner l’exclusivité de leur émission à une Banque centrale- Cette réforme est strictement identique sur le plan économique).   Mais Brousseau devrait comprendre, instruit par son expérience à l’UPR ; ce qu’est la lutte du pot de fer contre le pot de terre. Il est évident que les intérêts en place ont infiniment plus de moyens de propagande pour affoler et tromper le peuple suisse. D’autant plus qu’ils sont aidés par tout un tas de soi-disant experts qui parlent d’autorité sur des matières auxquelles ils ne comprennent goutte. Les remarques de Brousseau en sont un parfait exemple.

Extraits vidéo complémentaires
Jusqu’à présent les banques ont pu faire des affaires juteuses avec de l’argent fabriqué par elles-mêmes. Ce sont d’abord les banques d’investissement et les grosses banques qui en profitent le plus, car elles ont un avantage concurrentiel par rapport aux petites banques et aux autres entreprises de financement comme les assurances ou les fonds.
Comme les banques d’investissement et les grosses banques sont habituées à ce favoritisme que l’Etat leur a concédé, elles vont sans surprise se défendre contre la perte de cette subvention.
Avec le soutien de M. Vincent Brousseau…

Thomas Mayer : “L’Association des banquiers induit sciemment le public en erreur.”



Article de François Asselineau
au sujet de l’initiative Monnaie Pleine, 30 décembre 2015
“Le lobby des banques et des euro-atlantistes fera tout pour faire échouer le référendum”

Reste qu’il faut sortir de l’euro
Mais pourquoi éclaterait-il ?
L’endettement des états est une méthode bien connue d’asservissement… ou destruction.
Ruinés par l’euro, les états se résoudront bientôt à se dissoudre dans l’UE des régions.
Attendre l’éclatement de l’euro est peut-être un piège de plus…

Une Initiative pour la monnaie pleine en 15 secondes
La plupart des personnes ne sont absolument pas conscientes d’une des causes principales de la crise financière – la production autonome de monnaie électronique par les banques. L’initiative pour la monnaie pleine veut que seule la Banque Nationale fasse de la monnaie, comme c’est en principe prévu par la constitution fédérale. Il avait été interdit aux banques, depuis plus de cent ans, d’imprimer de la monnaie en papier. La même chose est maintenant nécessaire pour la monnaie scripturale, car elle représente aujourd’hui 90 pour cent de la monnaie. La monnaie pleine a de grands avantages : le franc suisse deviendra la monnaie la plus sûre du monde, des bulles financières et de l’inflation seront empêchées, et la création de monnaie bénéficiera exclusivement à tout le monde : la monnaie pleine est géniale et “swiss” !
En Savoir plus: Info en 2 minutes …

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