Initiative suisse pour un revenu de base, 17’063 signatures.

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Initiative suisse pour un revenu de base, récolte de signatures, dates et lieux. 

http://www.inconditionnel.ch/index.php?id=80&L=1

Sammelinfos: Bedingungsloses Grundeinkommen

Chers amis et complices d’une vraie redistribution des pouvoirs.La Suisse est actuellement en quasi léthargie, parce que, dans de nombreux endroits, il règne une ambiance de vacances. Cela
présente l’avantage que beaucoup de gens sont tellement détendus et
ouverts, qu’ils donnent facilement leur signature : 17’063 l’ ont déjà
fait.
L’esprit des Fêtes  ( jazz festival, Paléo Festival…), permet la collecte sous le ciel étoilé ou sous un  soleil mitigé. Par exemple, certains matins à sept endroits en même temps dans toute la Suisse:



NyonSamedi 21 Juillet, 10:00 à 20:00 Récolte de signatures au Paléo Festival Dimanche 22 Juillet, 10:00 à 20:00 Récolte de signatures au Paléo Festival LuzerneSamedi 21 Juillet, 9h00-14h00 théâtre de Lucerne page Groupe SchaeferJeudi 26 Juillet, 17:00-20:00 Bureau de poste principalVendredi 27 Juillet, 14h00-18h00 Bureau de poste principalEstSamedi 21 Juillet, 10h00-16h00 Saint-Gall MarktgasseSamedi 28 Juillet, 10h00-16h00 Saint-Gall MarktgasseSamedi 21 Juillet, 10:30 – 14:00, Winterthur TibitsSamedi 28 Juillet, 10:30 – 14:00, Winterthur TibitsBerneSamedi 21 Juillet, 8:30-12:00 Märit devant un tribunal fédéralSamedi 28 Juillet, 08 heures 30-11h00 Märit devant un tribunal fédéralGrisonsSamedi 21 Juillet, 11h00-17h00 Stradun Scuol Festa SulSamedi 28 Juillet, 10h00-18h00 Guarda GuardissimoZurichSamedi 21 Juillet, 10h00-14h00 BellevueJeudi 26 Juillet, 10h00-14h00 BellevueSamedi 28 Juillet, 10h00-14h00 BellevueEn
outre la collecte de données et d’information est disponible à
www.bedingungslos.ch / calendrier ou sur Facebook. 
http://15850.cleverreach.de/c/7785442/4dd27ad92fa5
S’il vous plaît aidez-nous.  
Feuilles de signature peuvent être commandées à tout moment.
info@bedingungslos.chFeuilles de signature dans les journaux et les magazines.

L’hebdomadaire
“WOZ”, le magazine de l’union Syna http://www.syna.ch/nos-enjeux/revenue-de-base-inconditionnel.html , le Bulletin de la Banque  alternative et son journal  “moneta” http://www.bas.ch/fr/a-propos-de-la-bas/ et d’autres ont intégré la feuille de
signature dans leurs publications.
Cette opportunité  est pratique parce que les personnes sont ciblées par ces envois qui  peuvent
être adressés à des militants qui sont plus ouverts à l’initiative populaire.
S’il
vous plaît faîtes-nous savoir à info@bedingungslos.ch si vous avez des idées ou des relations
avec l’ une ou l’autre de ces publications qui pourrait faire de même et faciliter ainsi les signatures – merci!
Nous vous souhaitons bonne chance à tous – et surtout du plaisir tout en la collecte de signatures! 
 Au revoir, 
pour le comité d’initiativeDaniel Straub et Christian Müller
 Liebe Machtumverteilungskomplizen

Die
Schweiz dreht zur Zeit etwas langsamer, weil vielerorts Ferienstimmung
ist. Das hat den Vorteil, dass viele Leute entspannter und damit offener
sind, ihre Unterschrift für eine gute Sache zu geben: 17’063 haben es übrigens schon getan. Wir
lassen uns von der Ferienstimmung nicht einlullen – sondern nutzen den
Sommer für das Sammeln draussen. Morgen zum Beispiel gleich an sieben
Orten:

 Diese und weitere Sammeldaten der nächsten Tage hier auf einen Blick. Schliesse dich an, wenn in deiner Nähe gesammelt wird:

Nyon
Samstag, 21. Juli, 10:00 – 20:00 Récolte de signatures au Paléo Festival
Sonntag, 22. Juli, 10:00 – 20:00 Récolte de signatures au Paléo Festival

Luzern
Samstag, 21. Juli, 09:00 – 14:00 Luzerner Theater Seite Schäfergruppe
Donnerstag, 26. Juli, 17:00 – 20:00 Hauptpost
Freitag, 27. Juli, 14:00 – 18:00 HauptpostOstschweiz
Samstag, 21. Juli, 10:00 – 16:00 St.Gallen Marktgasse
Samstag, 28. Juli, 10:00 – 16:00 St.Gallen Marktgasse
Samstag, 21. Juli, 10:30 – 14:00, Winterthur Tibits
Samstag, 28. Juli, 10:30 – 14:00, Winterthur Tibits


Bern
Samstag, 21. Juli, 08:30 – 12:00 Märit Bundesplatz
Samstag, 28. Juli, 08:30 – 11:00 Märit Bundesplatz
Graubünden
Samstag, 21. Juli, 11:00 – 17:00 Scuol Festa sül stradun
Samstag 28. Juli, 10:00 – 18:00 Guarda Guardissimo


Zürich
Samstag, 21. Juli, 10:00 – 14:00 Bellevue
Donnerstag, 26. Juli, 10:00 – 14:00 Bellevue
Samstag, 28. Juli, 10:00 – 14:00 Bellevue

Weitere Sammeldaten und Infos findest du unter www.bedingungslos.ch/kalender oder bei der Sammler-Facebookgruppe. Bitte dazustossen und mitsammeln. Unterschriftenbogen können jederzeit hier bestellt werden.

Unterschriftenbogen in Zeitungen und Zeitschriften

Die
Wochenzeitung «WOZ», das Gewerkschaftsmagazin der Syna, das
Kundenbulletin der Alternativen Bank «moneta» und weitere haben den
Unterschriftenbogen bereits einmal in einer Ausgaben beigelegt. Das ist
praktisch, weil über solche Kanäle gezielt Menschen angesprochen werden
können, die eher offen für unsere Volksinitiative sind. Bitte teile uns mit,
wenn du Ideen oder Beziehungen hast zu einer weiteren Publikation, die
den Unterschriftenbogen ebenfalls beilegen könnte – herzlichen Dank!


Wir wünschen allen viel Erfolg – und vor allem Freude beim Unterschriften Sammeln! Auf Wiedersehen, für das Initiativkomitee
Daniel Straub & Christian Müller

www.bedingungslos.ch/kalender

Syna salue l’initiative pour le RBI

L’initiative fédérale pour un revenu de base inconditionnel (RBI) était lancée en avril. A l’occasion de leur Congrès d’octobre 2010,
les déléguées et délégués du syndicat interprofessionnel Syna avaient
décidé de suivre l’évolution du concept de RBI. L’activité syndicale
jusqu’ici essentiellement axée sur les salariées et salariés a besoin de
nouvelles stratégies pour faire face à la déstabilisation mondiale des
conditions de travail.


«Syna ne craint pas de formuler et de discuter d’utopies sociales ni
d’encourager ses membres à réfléchir et à agir contre la tendance
actuelle», précisait le dossier du Congrès Syna de 2006. Forts de ce mot d’ordre, nous avons longuement débattu du revenu de base inconditionnel (RBI) lors du Congrès 2010.
Il garantit un revenu minimal à tous les citoyens et citoyennes et
constitue une chance pour les travailleuses et travailleurs de pouvoir
exercer sans contrainte une activité utile qui leur plaise.

L’instauration du RBI renforce la position de la population active.
Les travaux simples ou actuellement mal payés devront obligatoirement
être mieux rémunérés. Le RBI engendrera une véritable garantie de revenu
qui contribuera à éradiquer la pauvreté et à renforcer la dignité de la
personne. Le RBI est un instrument qui favorise la créativité et, dès
lors, stimule l’innovation économique.

Pas un substitut des assurances socialesL’initiative
pour un revenu de base inconditionnel a été lancée le 11 avril 2012.
Elle a été saluée par le Comité de Syna qui estime que cela permettra
d’élargir les débats et de préciser une idée considérée aujourd’hui
encore comme plus que visionnaire. Le texte de l’initiative
volontairement bref demande à la Confédération l’instauration du RBI
afin que l’ensemble de la population puisse mener une existence digne et
participer à la vie publique. Le financement et le montant du revenu de
base inconditionnel seront fixés dans la loi: On estime le RBI à 2500
francs par adulte, il sera évolutif pour les enfants et les jeunes.

Le RBI serait un complément indispensable mais ne se substituerait en
aucun cas aux assurances sociales existantes. Le RBI n’est pas une
mesure d’économie de l’Etat social. L’AVS s’intègre parfaitement dans un
revenu de base de 2500 francs. Toutefois, il y a de nombreux droits
légitimes dans l’Etat social qui vont au-delà du montant du RBI et qu’il
faut absolument préserver.

Une économie qui met l’accent sur l’exclusion et la répression a
besoin de nouvelles solutions. Syna salue l’idée du RBI. Le syndicat
veut s’associer activement aux discussions et contribuer à l’éclosion de
la vision d’un avenir plus juste.

Pour ou contre le revenu de base inconditionnel ?

lundi 6 juin 2011


Un revenu minimal d’existence ; sans
lien avec le travail ; pour tout le monde. L’idée est si simple qu’elle
secoue tous les schémas de pensée. REISO lance le débat en donnant la
parole à Albert Jörimann qui défend ce principe. Il définit le revenu de base et répond aux critiques émises jusqu’ici.


Thomas Moore par Holbein

L’idée d’un revenu de base a été émise par Thomas More (portrait par Holbein) qui en a conçu une forme embryonnaire dans son Utopia
en 1516 déjà. Des penseurs rationalistes, dont quelques pères
fondateurs des Etats-Unis, ont creusé ce concept repris dans les années
1930 après la Grande Dépression. Le revenu de base occupe à nouveau les
esprits depuis les années 1980. C’est effectivement en 1986, en Belgique
et sur l’impulsion de l’économiste-philosophe Philippe Van Parjis, qu’a
été fondée BIEN, acronyme de Basic Income European Network (aujourd’hui
Basic Income Earth Network). Parmi les autres activistes de la première
heure, signalons Guy Standing et Eduardo Suplicy (portrait), qui
a joué un rôle important lors de l’introduction du revenu de base dans
la Constitution brésilienne en 2004. En Allemagne, les professeurs
Michael Opielka (portrait), Claus Offe, Georg Vobruba travaillent
sur ce thème depuis des décennies. Des Prix Nobel d’économie, des
Hautes Ecoles et des Universités se penchent dorénavant sur le sujet.

En Suisse, la filiale de BIEN [1]
s’est constituée en 2001 pour préparer le congrès européen à Genève. En
Suisse alémanique, c’est surtout autour de l’« Initiative
Grundeinkommen » de Bâle – proche des milieux anthroposophiques autour
de l’entrepreneur allemand Goetz Werner – que se sont développées de
nombreuses activités depuis 2006, notamment l’essai cinématographique Le revenu de base – une impulsion culturelle [2]. BIEN-Suisse, de son côté, vient de publier le livre Le financement d’un revenu de base [3].
Depuis l’automne dernier, deux positions politiques importantes ont été
officialisées en Suisse : le syndicat Syna (second syndicat du pays,
d’orientation chrétienne-sociale) s’est déclaré favorable au revenu de
base lors de son Congrès à Saint-Gall ; le Parti socialiste l’a inscrit
dans son programme de fond lors de son Congrès (après Les Verts qui se
sont prononcés en faveur d’un revenu de base depuis 1999).

En Suisse, le débat va encore gagner en intensité puisque
l’« Initiative Grundeinkommen » a annoncé le lancement, en 2012, d’une
initiative populaire pour l’introduction d’un revenu de base. Il est
donc grand temps de définir cette idée, en soi pas si nouvelle que cela,
mais qui n’a pour autant rien perdu de sa force novatrice.

Une définition si simple et si radicale


L'économiste brésilien Eduardo Suplicy


Le revenu de base est un paiement de transfert de l’Etat à tou-te-s les
habitant-e-s du pays ; il est payé aux individus, sans rabais ou
pénalités pour les couples ; il doit être d’une hauteur suffisante pour
couvrir les besoins de base ; il est versé indépendamment d’autres
sources de revenu ou de la fortune ; et il est payé sans conditions ou
contre-prestations requises.

Le revenu de base permet donc à tout un chacun de mener une vie
modeste, mais digne, sans aucune obligation d’exercer une activité
lucrative. En cela, il rompt le lien classique entre revenu et travail –
au moins partiellement. Il remplace les prestations des assurances
sociales jusqu’à hauteur de son montant. Au-delà, les assurances
sociales restent en vigueur au titre d’« assurances complémentaires ».
Dans le cas de l’invalidité par exemple, l’assurance continue de couvrir
tout ce qui concerne les mesures de réadaptation, de qualification, de
réinsertion, les moyens auxiliaires, etc.

La « beauté » de l’idée saute aux yeux : pour la première fois dans
l’histoire de l’humanité, une vie autonome et souveraine est à la portée
de tous les individus et pas seulement le privilège de ceux et celles
qui bénéficient de grandes fortunes ou gagnent des revenus faramineux.
Bien que l’on puisse mettre en question le degré d’autonomie et de
souveraineté des individus (sont-ils capables d’en user à bon escient et
de les développer de façon à en profiter au maximum ?), le revenu de
base incarne le rêve de l’autonomie individuelle généralisée. Le fait
qu’il soit versé à tous les membres de la société, donc aussi aux
riches, témoigne de sa dimension profondément démocratique et
républicaine.

Une grande idée, une utopie… et donc une illusion ? Certes, des
questions de fond se posent à plusieurs niveaux. Abordons d’abord le
domaine de l’économie et du financement. Le fait que, jusqu’à présent,
cinq Prix Nobel d’économie se sont prononcés en faveur d’un revenu de
base peut être interprété comme un premier indice de sa viabilité
économique. En pratique, les calculs développés dans Le financement d’un revenu de base apportent la preuve qu’un tel revenu serait réalisable et financièrement viable.

Les arguments de l’opposition

D’autres questions se posent autour des effets du revenu de base sur
la motivation au travail ou sur les bas salaires. Dans un pays moderne,
post-industrialisé et basé sur le savoir-faire et les services, ces deux
types de conséquences ne devraient pas affecter la création de valeur
dans sa substance. Quant à l’effet macro-économique le plus important du
projet, il consiste sans doute dans la stabilisation de la
consommation, un aspect important pour nos économies qui dépendent de
façon importante de la consommation interne (elle représente deux tiers
du Produit intérieur brut en moyenne).

Un autre type de remarques critiques émane de spécialistes en
sciences sociales ainsi que de professionnels des services sociaux des
communes, des villes et des cantons. Pour lutter contre le démantèlement
social, ils donnent la priorité à la lutte contre les défauts du
système actuel de protection sociale ainsi qu’au combat contre les
pressions fortes de la droite politique visant à réduire la quote-part
sociale du Produit intérieur brut. En filigrane, ils craignent que le
revenu de base soit utilisé par la droite afin de diminuer les
prestations sociales. Ils prétendent aussi – et pas entièrement à tort –
que notre système fonctionne et que les buts de la politique sociale
sont en principe atteint.


Le sociologue allemand Michael Opielka

En effet, s’il fallait réinventer toute la protection sociale
pour concrétiser le revenu de base, son introduction serait très
difficile. Mais dans les faits, le revenu de base peut s’appuyer sur
cette fameuse quote-part sociale qui n’est plus à justifier (même si
elle fait quotidiennement l’objet de guéguerres politiques). Cette
quote-part constitue la base essentielle de financement du système. Le
reste doit être prélevé – de la façon la plus efficace et organique qui
soit – chez les personnes qui gagnent suffisamment d’argent, surtout par
leurs salaires, tout en veillant à ce que, pour la grande majorité, il
n’y ait pas de modifications.

Le principe de la neutralité des coûts

Dans ce contexte, le but de BIEN-Suisse a toujours été de calculer
les modèles selon le principe de la neutralité des coûts. Cet objectif
ne peut toutefois pas entièrement être atteint parce que, par rapport au
système en vigueur actuellement, une large couche de la population
toucherait sensiblement plus de moyens financiers, notamment les enfants
et les jeunes adultes. Il est prévu qu’ils reçoivent un demi revenu de
base au lieu des maigres allocations familiales d’aujourd’hui (coût
supplémentaire d’environ 15 milliards de francs).

Dans l’organisation actuelle, les sommes versées sont en général
« satisfaisantes ». Dès lors, les défauts du système n’en restent que
plus encombrants. Ainsi, les personnes ayant besoin d’aide sociale sont
soumises à des procédures souvent humiliantes. Pour avoir accès aux
prestations, elles doivent d’abord avoir dépensé tout ce qu’elles ont pu
épargner (même si c’est un tout petit pécule) au cours de leur vie
professionnelle antérieure. Ensuite, l’aide reste soumise à une série de
conditions (concernant surtout la recherche d’emploi) qui confinent
souvent à l’absurde. Sur ce point, le système a un urgent besoin de
réforme. Il s’agit de transformer le caractère de l’aide sociale : au
lieu d’être une aumône, elle devrait devenir un droit fondamental. Et
c’est justement, à nos yeux, le revenu de base qui offre la méthode la
plus radicale et satisfaisante d’atteindre cet objectif.


Tiré du film de Daniel Häni et Enno Schmidt

Dans la société moderne, il est inconcevable que le droit
d’existence d’un individu soit soumis à des conditions imposées ou
contrôlées par des fonctionnaires. Ce droit d’existence est un droit
fondamental, inaliénable et inconditionnel. En toute logique, le revenu
de base inconditionnel en est sa forme monétaire. Le revenu de base doit
par conséquent être versé durant toute la vie et à toutes les couches
de la population (pauvres ou aisées). Il constitue un socle, un
fondement qui n’est ébranlé ni par d’éventuelles phases économiquement
critiques de la vie des personnes ni par les crises qui secouent notre
système capitaliste dans le cadre de son évolution (ou parfois
révolution) structurelle.

Petits et gros sous

Rappelons-le : on ne peut pas faire fortune avec le revenu de base.
Dans son livre, BIEN-Suisse suggère un revenu d’environ 2500 francs par
personne et par mois (chiffres pour l’année 2007). La « liberté » dans
ce contexte est donc une notion assez différente de la « liberté » dont
peuvent jouir les personnes qui gagnent 100’000, 200’000, 500’000 ou 1
million de francs par année. Avec le revenu de base, le volume de
redistribution augmenterait dans le principe, mais il n’y aurait pas
grand-chose qui changerait dans les chiffres pour l’économie, pour
l’Etat ou pour les individus.

Soulignons deux aspects à l’intention des spécialistes impliqués dans
le travail social ou dans les bureaux des assurances sociales :

  1. Il est grand temps de transformer en « droit » les
    prestations conçues jusqu’ici comme « aides » ou prestations de
    solidarité. Ce changement du statut juridique et éthique de la
    solidarité passe nécessairement par un changement structurel profond. Et
    seul un changement profond permettra d’éradiquer la pauvreté.
  2. Nous sommes pleinement conscients que nous ne parlons ici que de
    l’aspect financier. Le revenu de base ne résout pas tout les problèmes
    et il ne rend pas tous les gens capables de jouir de la nouvelle liberté
    qu’il met à leur portée. Par la suite, il faudra maintenir et peut-être
    même – durant un certain temps – renforcer les services d’assistance
    dans les villes et les cantons. Le revenu de base est un processus, une
    nouvelle donne que la société et les individus doivent assimiler au fil
    du temps.

Une multitude d’autres aspects sont en débat autour du revenu de
base. Sur le droit d’accès au système pour les immigrés par exemple, les
dispositions légales actuelles permettent d’introduire un délai de
carence – entre 2 et 5 ans – durant lequel les personnes concernées
auront accès aux assurances sociales, mais pas au revenu de base. Par
ailleurs, des mesures devront être prises afin que toute la population
soit en mesure de vraiment profiter des nouvelles libertés que le revenu
de base met en perspective. Enfin, il faudra beaucoup de travail de
conviction pour relativiser un peu cette pensée productiviste qui domine
encore et toujours une bonne partie des cerveaux.

Pour le reste, le revenu de base est un projet parti d’une utopie. Il
a récemment évolué en direction d’une proposition concrète de réforme
qui pourrait être mise en œuvre dans un futur très proche.

Albert Jörimann, président de BIEN-Suisse, Genève

Proposer un commentaire à cet article.


Vignette du sommaire tirée du film de Daniel Häni et Enno Schimdt.


[1] B.I.E.N – Suisse, ou BIEN-Suisse :
association fondée à Genève en 2001 dans le but de promouvoir le projet
du revenu de base en Suisse. Appartient au réseau mondial pour un
revenu de base (en anglais : « basic income earth network » dont les
initiales constituent l’acronyme BIEN.

[2] Ce film de Daniel Häni et Enno Schimdt est disponible en visualisation directe ou téléchargement sur cette page internet.

[3]


Couverture du livre de BIEN-Suisse

« Le financement d’un revenu de base », Seismo, 204 pages, octobre
2010. CHF 38.– Trois contributions suisses, dont l’« Initiative
Grundeinkommen », et cinq contributions internationales (France,
Grande-Bretagne, Allemagne et Afrique du Sud).


Commentaires

Logo de Marc

mardi 20 mars 2012
à 13h19
– par  Marc

oui rien ne vaut l’avis de quelqu’un qui se
trouve entre l’usager/demandeur et la politique/décideur des lois :
l’assistante sociale ou le professionnel de l’action sociale doivent
être mieux entendu. Comme ici dans le “ras le bol” .

encens

Logo de Sophie

mardi 31 janvier 2012
à 16h56
– par  Sophie

Je suis parfaitement d’accord avec ce coup de gueule ! Il est grand temp de tout remettre à plat. porno mature

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Logo de Jean-Baptiste Carré

samedi 5 novembre 2011
à 21h03
– par  Jean-Baptiste Carré

Je suis ravi que l’idée d’un revenu de base
inconditionnel se répande autour du globe, comme c’est le cas ces
dernières années. Ce changement de paradigme a été proposé il y a
longtemps déjà et nous n’avons que trop attendu pour l’appliquer alors
qu’il est une des meilleures réponses aux diverses crises que nous
traversons (environnementale, sociale, économique, ). J’encourage les
lecteurs de cet article qui veulent en savoir plus à consulter le blog
de Stanislas Jourdan (http://www.tetedequenelle.fr/)
qui est un très bon complément sur ces sujets et leurs pertinences dans
notre monde d’aujourd’hui. Merci à BIEN-Suisse et Albert Jörimann pour
cet article !

Logo de REISO

mercredi 3 août 2011
à 09h35
– par  REISO

La rédaction de REISO a reçu ce commentaire :

Ras le bol !

J’en ai assez d’aider des usagers à remplir des formulaires impossibles à comprendre sans une formation supérieure.

J’en ai assez de les pousser à se plier aux exigences de l’aide
sociale – par exemple informer scrupuleusement sur tous les faits de
leur vie privée et familiale.

J’en ai assez d’encourager des malades à supplier leurs médecins de
prouver qu’ils sont suffisamment malades pour avoir droit à la rente et
aux prestations complémentaires – alors qu’ils voudraient tant consacrer
toutes leurs forces à guérir et redevenir actifs.

J’en ai assez d’expliquer à des personnes profondément dépressives
qu’il faut accepter le refus de l’AI et rester durablement à l’aide
sociale.

J’en ai assez d’aider à obtenir les allocations familiales à chaque
fois que le parent change de statut – de salarié à chômeur, de chômeur à
assisté, d’assisté à indépendant… puis de nouveau travailleur mais dans
un autre canton…

J’en ai assez de chercher des fonds pour aider des familles
nombreuses, parce que les prestations d’assistance ne permettent pas de
payer les chaussures des enfants.

Notre système de protection sociale construit au 20e siècle avait
atteint une assez grande efficacité. Mais le monde a changé, et ça ne
fonctionne plus, ni pour les prestations, ni pour le financement.. Je ne
crois pas qu’il soit possible de d’améliorer ici ou là, d’ajouter des
prestations ciblées, de combler les déficits, de jongler entre les
niveaux fédéraux, cantonaux et communaux.

Ayons le courage de changer de système. Il existe une seule
proposition réaliste, pour le financement comme pour les objectifs
sociaux : le revenu de base inconditionnel.

Elisabeth Di Zuzio

 

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