Islande, un nouveau Président pro-suisse

Il est pour des initiatives et référendum populaires à la suisse…

En Islande, Gudni Johannesson revendique sa victoire à l’élection présidentielle

Le Monde.fr avec AFP | 25.06.2016 à 17h26 • Mis à jour le 26.06.2016 à 07h35

A peine plus de 24 heures après le « Brexit », la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), et en plein Euro de football, les Islandais se choisissaient un nouveau président de la République, samedi 25 juin, après six mandats consécutifs du sortant. La scène politique de cette petite île de 330 000 habitants avait été ébranlée, en avril, par le scandale des « Panama Papers », qui avait conduit à la démission d’Olafur Ragnar Grimsson, à la tête du pays depuis 1996.

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Gudni Johannesson, un universitaire sans étiquette de 47 ans qui concourait pour la première fois à une élection, a revendiqué la victoire dans la nuit de samedi à dimanche. « Tous les suffrages n’ont pas été comptés, mais je pense que nous avons gagné », a lancé l’historien devant un groupe de ses partisans. Après le dépouillement de près d’un tiers des votes, M. Johannesson était en tête avec 37,8 % devant la femme d’affaires Halla Tomasdottir (29,7 %), elle aussi sans étiquette.

Sa neutralité a séduit les électeurs : fin avril, le président démissionnaire semblait pourtant bien parti pour être réélu, malgré le scandale des « Panama Papers ». Ilréunissait plus de 50 % des intentions de vote. M. Johanesson s’est déclaré candidat très tardivement, début mai et a rattrapé son retard, bien aidé par le retrait de la course de M. Grimsson.

En revanche, les électeurs ont sanctionné l’ancien premier ministre conservateur, David Oddsson, qui arrive quatrième dans ces résultats partiels (13,2 %), tout près de l’écrivain Andri Snaer Magnason (14,0 %). A 68 ans, M. Oddsson reste trop souvent associé aux excès de la finance qui ont conduit à la crise de 2008.
L’Euro de football vole la vedette

S’il est bel et bien élu, M. Johannesson compte moderniser les institutions, entre autres en permettant des référendums d’initiative populaire. « Je m’efforcerai d’être non politique dans le champ politique », avance-t-il.

Si la neutralité apparente de ce candidat a séduit les Islandais, la presse s’est parfois agacée de ses réponses sibyllines. « M. Johannesson n’est pas parvenu àorienter le débat vers le présent et l’avenir, peut-être en raison de sa formationd’historien », ironisait samedi le journal Frettabladid, proche du centre gauche.

Pour les Islandais, l’Euro de football, qui se déroule actuellement en France, a largement volé la vedette à l’élection, qui, il est vrai, vise à désigner un président au rôle avant tout protocolaire. M. Johanesson a assuré que « la première chose »qu’il ferait s’il était élu était de se « rendre en France, lundi, pour voir l’Islande jouercontre l’Angleterre », en huitième de finale de l’Euro.

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Le pays avait d’ailleurs installé neuf bureaux de vote en France pour les dizaines de milliers de fans qui ont fait le déplacement dans l’Hexagone, dont un pour ses seuls footballeurs.

La situation économique rayonnante du pays – le tourisme, florissant, dope les résultats de l’économie, offrant le plein-emploi et une hausse du pouvoir d’achat – n’incite pas non plus les Islandais à se passionner pour l’élection.
Une fin de campagne sous le signe du « Brexit »

Le Brexit s’est invité à la dernière minute dans la campagne. Comme la majorité des électeurs, le probable futur président est hostile à une adhésion de l’Islande à l’UE. La sortie du Royaume-Uni « change beaucoup de choses dans le bon sens pour les Islandais » qui peuvent envisager des alliances avec des Etats européens « indépendants » comme la Norvège et la Suisse, a réagi vendredi soir M. Johannesson.

En 2015, l’Islande avait retiré sa candidature, déposée en 2009, après des négociations peu fructueuses et le retour aux affaires du centre droit, eurosceptique. Et pour le ministre des finances et patron du parti de l’Indépendance, Bjarni Benediktsson, le Brexit éloigne un peu plus la perspective d’un rapprochement entre Reykjavik et Bruxelles. Il « oblige l’Europe à repenser les termes de sa coopération », a-t-il assuré, cité par le quotidien Morgunbladid.

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