L’ usure tue, invitation à tous pour résister.

                                  Conférence du Docteur Osvaldo CIRNIGLIARDO,
                                                       de Tucumán, Argentine

20 %, celui de collectivités locales en France en 2011 ( Dexia ), des crédits revolving ou des cartes de crédit. Si 10 % sur 50 ans, en faisant le jeu du banquier, on doit jusqu’à 117 fois le capital initial…

Votre Éminence Cardinal Bernard Agré,

Messeigneurs les Évêques, les Directeurs des Pèlerins de Saint Michel et les autres participants.

J’ai le grand honneur d’être présent en cette semaine d”Études, en
en premier lieu, je désir être le transmetteur du salut des habitants
de la Province de Tucumán, Argentine, qui m’ont élu comme législateur du
Parti Travailliste (Partido Laborista).

Ainsi, je crois que je suis l’unique homme politique à participer à
cet événement ici avec l’espoir d’apprendre des méthodes alternatives
qui puissent soulager les maux des peuples. Vous me voyez ravi par tout
ce que j’entends ici, et de constater que lorsque nous pratiquons les
mêmes thèmes et avons des conceptions identiques, nous agissons de la
même manière en n’importe quel endroit du monde, même sans nous
connaître.

Ces jours-ci, nous avons appris ce singulier mécanisme du
Crédit-Spécial qui confirme ce que nous pensons avec d’autres que le
développement intégral de l’homme doit être anthropocentrique, donc le
centre de nos savoirs. En ce sens, aucune doctrine politique,
religieuse, économique ou sociale ne peut avoir d’autre objectif.

Les réalités du manque de ressource et de la pauvreté que j’ai
écouté ici me touchent particulièrement. Mais je dois vous avouer que
quoique je vienne d’un pays riche de toutes sortes de ressources
naturelles, la pauvreté le touche de la même façon. L’Argentine, qui a
la capacité d’alimenter 380 millions d’habitants en est habitée par 40
millions, dont 25 millions vivent sous le seuil de la pauvreté. Parmi
ceux-ci, 10 millions sont indigents.

Alors je me demande pourquoi donc tous les pays ont tant de pauvres
et d’indigents, indépendamment de leurs dotations en ressources
naturelles?

Quelle en est la raison? Y-a-t-il inefficience dans
l’application et l’usage de toutes ces ressources? Existe-il des
problèmes techniques que l’homme ne sache résoudre? Ou peut-être un
système politique, économique ou social injuste qui fait que plus de la
moitié des habitants de la planète sont dans l’impossibilité de
satisfaire leurs besoins minimum de survie?

En tant que professionnel d l’économie, je propose de retourner aux
sources où j’ai étudié, et je me rappelle d’un livre classique, que
tous les étudiants américains en économie ont du étudier. Paul Samuelson
fut un professeur qui laissa gravé dans nos esprits le fruit de ses
meilleurs efforts à nous enseigner que l’économie est une science qui
étudie le comportement humain par la transformation des ressources rares
en biens et services qui seront distribués entre les membres d’une
communauté

Et en outre, il précisa que les problèmes de base que doit résoudre
une société sont: QUE PRODUIRE? COMMENT PRODUIRE? POURQUOI PRODUIRE?
Les réponses à ces interrogations servent pout évaluer si la société a
été capable de résoudre les problèmes centraux que propose n’importe
quelle économie.

Nous savons que se sont développées des techniques tel que produire
tout ce qu’on propose, la seconde question y répond par elle-même. La
réponse à la première question: QUE produire? est plus complexe, car
elle dépend des décisions politiques des peuples; tandis que la
troisième question: POUR QUI PRODUIRE a une réponse qui se base sur
l’injustice plus absolue DU SYSTÈME ÉCONOMIQUE en vigueur. Cette société
est capable de dépenser des quantités colossales d’argent pour la
recherche spatiale et de doter quelques nations d’armements capable de
détruire la planète en une minute. Mais elle exhibe alors le stigmate
déshonorant de laisser mourir de faim des peuples entiers. Cette
conclusion catégorique nous dit que le système a échoué.

Les deux mécanismes qui servent à lier l’existence de ressources
rares face aux besoins des peuples: le libéralisme et le socialisme ont
échoué. Ils ont échoué parce que dans ces deux propositions existe un
effort de domination et d’exploitation de l’homme. Jamais l’on propose
de résoudre les problèmes. Au contraire, le libéralisme et le socialisme
ont démontré un mépris pour la condition humaine, à tel point que
beaucoup de peuples ont succombé par la faim, la guerre, les
déprédations, les tortures et les génocides de masse.

Cela se doit au fait que ces deux doctrines ont une base crûment
matérialiste et régressent par le pouvoir de ce pouvoir lui-même et non
dans la recherche d’une solution. Pour ce type de pouvoir, tout se
concentre dans la force et non dans la raison. Une société humaine qui
nie la Justice, entame un processus inexorable qui la conduit à sa
propre destruction.

À l’intérieur des mécanismes développés, surtout par le
capitalisme, celui du système financier a produit un résultat pervers.
L’usure a servi comme moyen habituel de domination en faisant de
l’argent un instrument satanique de perdition.

L’argent survient pour faciliter le troc des marchandises, il sert
pour exprimer, par des unités déterminées, les valeurs que les choses
ont déjà. L’argent devrait aussi avoir une fonction de réserve de
valeur, c’est à dire que la personne qui a obtenu cet argent possède un
pouvoir d’achat qu’elle pourra matérialiser au moment qu’elle
estime opportun. Et enfin, l’argent sert également comme moyen de
paiement des charges pécuniaires et de transfert de pouvoir d’achat.

Maintenant, nous allons mettre à découvert là où se trouve le piège
des usuriers. L’argent étant un bien intermédiaire, il ne devrait pas
avoir de valeur en lui-même. C’est une condition essentielle que le pain
qui coûte 5 dollars et le lait 2 dollars conservent cette valeur. Je
répète, c’est une condition essentielle que l’argent n’ait pas de prix.
Quant à l’argent qui a un prix, pour beaucoup, c’est le taux d’intérêt.
Nous subissons donc directement de la part de ceux qui manipulent les
fluctuations du prix de l’argent, la manipulation directe de la valeur
de tous les biens produits au monde.

Je ne vais pas m’arrêter sur l’endettement de tous les pays par
l’usure internationale alors que j’ai le droit de le faire, parce que
quand j’exerçais la fonction de ministre de l’économie de Tucumán, je
pus diminuer la dette publique externe de cet État-là de 35% en
seulement dix huit mois de fonction. Si, en tant que ministre de
l’économie, j’aurais cédé aux pressions usuraires et que j’aurais
pratiqué l’endettement de l’État comme action permanente de gouvernement
ainsi que le firent tous mes autres collègues, je dis bien TOUS, je ne
serais pas ici en face de vous en train de vous en parler.

Cela est la raison par laquelle, dans mon pays, pour le
développement et la mise en pratique de ces idées, je fus un politique
poursuivi par la dernière dictature militaire et par l’actuelle
narcodémocratie en vigueur.

Je vous raconte que j’assumai le Ministère dans des moments où l’on
s’endettait jusqu’à cinq moid de salaire personnel de l’État, où les
besoins de financement exédaient les possibilités et il pleuvait alors
des offres des banques du pays et de l’extérieur avec des taux
d’intérêts exagérés, mais avec de bonnes commissions… Alors j’ai
procédé à la création d’argent, ce qui était impensable dans un État
provincial. Et si en plus cet État-là était libéral, créer de l’argent
sans la permission des maîtres, des patrons de l’économie, c’était une
cause d’excommunication. Bon, depuis lors, je suis excommunié de
l’église de Lucifer.

Je m’en tiens à expliquer son fonctionnement de cet argent. J’émis
dix millions de pesos. Je payais les salaires le 30 du mois et ces
bons-là pouvaient être présentés à la banque qui était une
banque d’État, à partir du 18, jusqu’au 28 du mois suivant.

La presse du système nous attaqua furieusement et le peuple
acceptait, méfiant, ces papiers signés par le Gouverneur et par
moi-même. Quand arriva le jour du 18, une multitude se rua sur la banque
et le premier jour les gens changèrent 80% de ces bons pour de l’argent
liquide, mais ils commencèrent à croire que ce mécanisme là
fonctionnait. Les banques et le gouvernement national, qui restaient au
service de l’usure et de l’endettement, me harcelaient. Le mois suivant,
le premier jour donc d’échange, l’on changea seulement 40% du montant
émis. Deux mois après, tout était déjà mélangé, l’argent national et les
bons. Nous avions prouvé que le bon était un instrument de crédit
populaire avec un taux d’intérêt égal à 0.

Durant le temps de ma fonction, le peuple de la Province de Tucumán
épargna 1.750.000 dollars (un million sept cent cinquante mille) qui
autrement auraient été dans les mains des usuriers. Quel a donc été la
base de cette réussite? LA CONFIANCE, comme l’est la base de la réussite
par le Crédit-Social que je suis venu apprendre.

Mais une hirondelle ne fait pas le printemps dit-on chez-moi.

L’Église
Catholique a fait un formidable effort tout au long de deux millénaires
pour racheter l’homme en cherchant à lui arracher son cœur de pierre
pour y mettre un cœur de chair et d’Esprit saint. J’ai lu avec beaucoup
d’attention le COMPENDIUM DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE paru en
avril 2004, qui, avec un esprit généreux, nous donne à nous les hommes
et les femmes de notre temps une œuvre merveilleuse.

Je me sens fier d’appartenir à l’Église du Christ et de pouvoir
développer ma mission politique dans le Mouvement National Justicialiste
(Movimiento Nacional Justicialista) qui, en tant qu’impulseur d’une
révolution de paix, trouve sa base en une doctrine qui considère l’homme
comme cause et fin de la Vie communautaire, c’est une théorie politique
qui a contribué à mettre cette doctrine en chemin vers des réalisations
pratiques. Le Justicialisme fut le promoteur responsable de la
transformation sociale la plus impoprtante de l’histoire de l’Argentine.

Son initiateur, le Général Juan Domingo Perón, concevait l’homme
comme un être dans ses frontières, en relation vers plus haut que lui.
Avec Dieu. Dans une action portant À SE RELIER à plus haut que soi. Ce
qui signifie l’ouverture de l’homme à la Vie éternelle céleste dans le
déploiement d’une œuvre auto-perfectionnante, qui atteint sa plénitude
par le culte. Ici bas, l’homme se lie au monde des choses de son domaine
avec la nature que Dieu le Créateur y a mis, et ceci dans une relation
de RESPECT obligé.

Aussi l’homme se met en relation avec les autres hommes dans une
action d’INTÉGRATION qui est le fondement et l’origine d’une Communauté
Organisée.

La rupture des relations portant À SE RELIER à plus
haut que soi, de RESPECT, d’ACCEPTATION et d’INTÉGRATION génère une
crise sociale pour avoir détruit l’homme. En ce sens, le Justicialisme
propose une SOLUTION COMPLÈTE qui, restaurant ces relations en relevant
l’homme de ses ruines jusqu’à l’élever aux plus hauts niveaux de son
éminente dignité humaine.

La COMMUNAUTÉ ORGANISÉE est la société intégrée de bas en
haut, qui partage le nœud primaire qui est celui de la famille,
harmonise en un critère de justice les relations individuelles et des
groupes sociaux offrant les conditions nécessaires pour que son mode
d’action soit équilibré et rende possible la concrétisation du BIEN
COMMUN.

Nous devons transformer les habitants d’un territoire comme des personnes intégrantes d’un peuple transcendant.

Je
suis conscient que la mission que Le Christ confia à son Église – ainsi
que le confirme le Compendium de la Doctrine Sociale – n’est pas
d’ordre politique, économique ou social. Le but que Le Christ assigna
est d’ordre religieux. Mais précisément, de cette même mission
religieuse découlent des fonctions, des lumières et des énergies qui
peuvent servir pour établir et consolider la communauté humaine selon la
loi divine. L’Église a la compétence qui lui vient de l’Évangile: du
message de la libération de l’homme annonçant et témoignant par Le Fils
de Dieu fait homme. Pour cela, il doit servir de guide à l’organisation
sociale, économique et politique des peuples.

Cependant malgré tant d’efforts créatifs, développés et propulsés à
travers l’histoire, l’homme et la société sont confrontés aujourd’hui à
une crise des valeurs la plus profonde qu’enregistre son évolution.
Victime d’un profond relativisme sur son échelle des valeurs, l’homme
traverse plein d’angoisse et de désenchantement une vie qu’il se trouve
obligé de vivre. En celle-ci, il ne vit pas, elle dure; en celle-ci, il
ne trouve pas la paix, mais vit angoissé, il ne trouve pas de liberté
car il vit en esclave; il ne reconnaît pas ses semblables et à cause de
cela il vit isolé; ni la beauté, ni l’harmonie n’attirent son attention,
alors il détruit; ses instincts se développent et s’exacerbent comme un
centaure furieux; ses affects ne trouvent ni la paix, ni sa
réalisation, ni dans son travail, ni dans sa famille, il en reçoit de la
prise de drogue en petites doses létales qui l’endorment et le
tranquillise par moment. Sentimental et désespéré, il cherche de vagues
sensations, confondu qu’il est en un état de profonde dégradation. Ni le
sexe débridé, ni la luxure toute puissante ne suffisent à le calmer. Ni
même la douleur que provoque son attitude. Il transite désorienté,
déambulant parmi les morts qu’il provoque, qui lui balisent le chemin de
sa propre mort. Il a perdu irrémédiablement le sentiment de son
immortalité. Déjà il ne veut pas vivre, en aucune manière.

L’homme actuel rendu esclave, désorienté et exclu d’un système
économique cruellement compétitif a besoin de s’incorporer à la vie
sociale, de s’intégrer dans sa communauté et de restaurer ses liens
sociaux. Il lui faut une action décisive de l’État, mais pas de l’État
prédateur actuel existant dans les pays Latino-Américains, ou bien
l’État  confiscatoire du monde développé, mais de l’État organisateur et
promoteur de la vie sociale, économique et politique d’un Peuple dans
le besoin de restaurer son existence.

Cette action de l’État ne doit pas être isolée parce qu’il ne
s’agit pas seulement d’améliorer les conditions économiques du Peuple,
sinon de l’orienter inexorablement vers un chemin de progrès soutenu
et durable.

Les usuriers firent perdre à l’homme son sens de l’immortalité,
tous nous avons le devoir de lui rendre la foi en sa nature infinie.

Je voudrais terminer avec quelque paroles du Pape Jean-Paul II toujours présent dans nos mémoires:

“C’ EST LA NUIT.  JE CONTEMPLE LE CHRIST MORT SUR LA CROIX, JE
PENSE À TOUTES CES INJUSTICES ET CES SOUFFRANCES QUI PROLONGENT SA
PASSION DANS TOUS LES COINS DE LA TERRE.  JE PENSE À TOUS LES ENDROITS
OÙ L’ÊTRE HUMAIN EST OFFENSÉ ET HUMILIÉ, MALTRAITÉ ET EXPLOITÉ.  EN
CHAQUE PERSONNE BLESSÉE PAR LA HAINE ET LA VIOLENCE , OU MARGINALISÉ PAR
L’ÉGOÏSME ET L’INDIFFÉRENCE, LE CHRIST SOUFFRE ENCORE ET MEURE.  SUR
LES VISAGES DES VAINCUS DE LA VIE SE DESSINE LES TRAITS DU VISAGE DU
CHRIST QUI MEURE SUR LA CROIX.
AVE, CROIX, (SPES) ESPOIR UNIQUE. DE LA CROIX POUSSE AUSSI L’ESPÉRANCE POUR TOUS”.

Merci beaucoup

Dr. Osvaldo CIRNIGLIARO
Argentine

 CONGRÈS International des Pèlerins de saint Michel qui a lieu chaque année de la fin août au début du mois de septembre
                              
    précédé de la Semaine d’Études du CRÉDIT-SOCIAL

en 2012, du 23 août au 5 septembre.

                                               28 août au 7 septembre 2009

et en plus une autre Semaine d’Études du CRÉDIT-SOCIALavec un Jéricho en mars-avril de chaque année.

                                          Maison de l’immaculée des Pèlerins de Saint Michel

                            Rougemont, Québec-Canada

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Traduction »