Rendre les autres joyeux, sans politiques d’austérité, de rigueur, de mensonges. On doit avoir la vie en abondance.


Les manipulateurs veulent vous faire croire que tout est rare et cher, mais nous sommes dans une société de L’ABONDANCE.


Les robots et les machines doivent être nos esclaves et nous libérer des tâches ingrates.


la solution ci-dessous.


Les machines, robots, ordinateurs rendent le “travail humain rémunéré ” (dans chaque industrie) de plus en plus rare, c’est un fait.

Promettre des emplois classiques est un gigantesque mensonge, une promesse impossible à tenir au niveau mondial, et une cause de guerres économiques impitoyables mondialisées.

Ce sont des gaspillages stupides . La seule solution est de promettre des revenus de base et la liberté de créer des emplois nouveaux payés de plus en plus par des robots et des machines.

La politique de plein emploi doit être remplacée par une politique de liberté de décider quoi faire hors de l’économie formelle pour de plus en plus de personnes, parce que l’économie formelle ne nécessite plus le travail de tous les adultes – le revenu de base et le dividende créditiste pourraient être deux choses différentes car le dividende peut changer selon la performance de l’économie et le financement qui est aussi différent.

En effet, le dividende universel n’est financé ni par les impôts, ni par des versements patronaux, ni par des dettes, car il est financé par la création d’argent nouveau sans dettes. MONNAIE PLEINE OU VOLLGELD.


Le sujet est primordial pour le salut des âmes comme le dit le Pape Benoît XV, «c’est sur le terrain économique que le salut des âmes est en danger». Saint Jean-Paul II a mentionné à plusieurs reprises la nécessité de changer les systèmes économique et financier: «Une réforme structurelle du système financier mondial est sans nul doute une des initiatives les plus urgentes et nécessaires.» (Message aux Nations unies, 26 septembre 1985).

Je dois apporter les précisions suivantes:


Le Conseil Fédéral suisse admet le risque systémique



Selon le Conseil Fédéral suisse : « L’argent au sens du droit constitutionnel ne comprend pas cette monnaie scripturale des banques qui, contrairement aux avoirs à vue auprès de la BNS, connaît un risque d’insolvabilité. 

La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution. »



Démonstration ci-dessous basée notamment sur les publications de la Banque nationale suisse ( BNS ou SNB ).

Ces dettes venues du néant écrasent les comptes publics de sommes devenues impayables par le jeu exponentiel des intérêts composés, qui obligent les plus pauvres et les familles nombreuses à enrichir les plus riches et les banquiers par notamment les impôts à la consommation ( TVA etc…).

Création de monnaie 

Les banques créent de la monnaie en accordant des crédits. Les dispositions légales régissant les réserves minimales et la politique de la Banque nationale, généreuse ou restrictive, en matière d’approvisionnement en monnaie influent sur leurs possibilités de créer de la monnaie.

Les banques créent donc de la monnaie en accordant des crédits. Elle ne doivent obtenir de la Banque nationale suisse qu’un petit pourcentage ( seulement 2 % en Suisse, ils peuvent créer du néant 98 % d’argent sous forme de crédits…, rien notamment au Canada, 0 %, donc “création” illimitée, de liquidité qu’il leur permet de fabriquer du néant un multiple des fonds en garantie. Les dispositions légales régissant les réserves minimales et la politique de la Banque nationale, généreuse ou restrictive, en matière d’approvisionnement en monnaie influent sur leurs possibilités de créer de la monnaie du néant.

Si la BNS veut augmenter la quantité de monnaie à la disposition de l’économie, elle rend ses prêts plus avantageux en abaissant les intérêts que les banques lui versent. Les banques disposent alors de davantage de réserves de liquidités, avec lesquelles elles peuvent à leur tour octroyer des crédits à leurs clients et, partant, déclencher le mécanisme de création monétaire du néant. Si la Banque nationale veut réduire la quantité de monnaie, elle augmente les taux d’intérêt, ce qui renchérit les crédits.

Au Canada, il n’y a plus le limites pour cette création, si ce n’est de trouver des personnes prêtes à emprunter. 


Autres pays sans limites légales…

Australia
None
Canada
None
United Kingdom
None
Mexico
None
New Zealand
None
Sweden
None

etc… in USA, souvent 0 %…sic…).









23 févr. 2010 – Le système bancaire à couverture fractionnaire est totalement ….. l’association historique du Mouvement des Créditistes du Canada


27 avr. 2010 – Voici un exemple d’un pays, le Canada, sic, qui ne met plus aucune limite à ces  est détruit automatiquement par le systèmefractionnaire


3 avr. 2010 – L’impossibilité de contrôler un système à couverture fractionnaire étant ….. l’association historique du Mouvement des Créditistes duCanada

5 févr. 2010 – François de Siebenthal. “D’abord ils nous …. Voici un exemple d’un pays, le Canada, qui ne met plus aucune limite à ces créations monétaires. 




Une autre forme d’usure vorace qui pèse sur les plus pauvres, surtout par les impôts de consommation ( TVA etc…)
Crise provoquée inexorablement simplement pour maintenir à flot la masse monétaire du pays concerné…empirée chaque année exponentiellement et aggravée car à chaque remboursement de crédit, le montant correspondant est détruit automatiquement par le système fractionnaire…
dette du Canada
Le système bancaire actuel cause la pauvreté en face de
l’abondance en endettant tous les pays et personnes. Les prêts à intérêts ne sont pour la plupart que de simples écritures tirées du néant, c’est à dire de la fausse monnaie, 
selon Maurice Allais, Prix Nobel d’économie en 1988
dans « La crise mondiale aujourd’hui »
(Ed. Clément Juglar 1999).
.
Pollution www.m-c-s.ch
L'EFF utilise le ruban bleu pour symboliser leur défense de la liberté d'expression


Tout coûte plus cher, mais l’essentiel du budget va aux banquiers qui gagnent des sommes folles en regardant leur montre, jour et nuit, y compris les jours fériés.
Le capital prêté a bien été créé à partir de rien, puisqu’aucune monnaie n’a circulé. Il ne s’agit pas de l’argent de Pierre, Paul et Jacques qu’on a prêté à Robert puisque les trois compères peuvent toujours vider leur compte à l’aide de leur carte de crédit, de leur chéquier ou d’une évasion de capitaux (ça s’appelle virement quand la destination est connue).
Le capital emprunté par Robert devra être remboursé, le plus souvent il faut le rappeler, par son travail (l’économie réelle qui crée les vrais richesses, palpables), et bien que cet argent ait surgi de la sphère financière. Le-dit capital une fois remboursé, sera annihilé. Il disparaîtra de l’économie. Cela renforce le problème des crises voulues par leur système, à savoir qu’il n’y a jamais eu, et qu’il n’y aura jamais assez de monnaie (sous quelque forme que ce soit) pour rembourser toutes les dettes contractées.
Le scandale selon moi c’est que la seule monnaie véritablement créé, les intérêts, va toujours dans la poche du banquier (qui en reverse quand même une partie à ses épargnants). Il me semble inadmissible que le pouvoir de création monétaire soit détenu par des privés, je trouve cela incroyable dans une société qui se dit démocratique.
Accessoirement, si c’était un établissement public qui créait la monnaie, l’Etat ne pourrait jamais être endetté (il ne se verserait pas à lui-même des intérêts). De braves économistes ont soutenu que l’Etat ne savait pas user sagement du pouvoir de créer la monnaie et qu’il était responsable de la crise de 74. Tout le monde trouva cette réflexion lumineuse et s’empressa de confier le pouvoir monétaire aux privés, nonobstant les avertissements de l’histoire. Je trouve ça complètement fou. La crise du subprime et ces mille milliards de $ écrasent les familles et les citoyens, pour engraisser quelques renards rusés aux salaires honteux.
Kennedy a dénoncé les sociétés secrètes qui profitent de ce système de voleurs.
“Le bureau présidentiel a été utilisé pour mettre sur pied un complot d’anéantissement de la liberté du peuple américain, et avant de quitter ce bureau, je dois informer les citoyens de cet état critique.”
John F. Kennedy, (A l’université de Columbia, 12th Nov. 1963 – 10 jours avant son meurtre le 22 Novembre 1963.)
Le chauffeur est mort 3 semaines après d’un étrange cancer foudroyant. Nombreux impliqués dans cette affaire seront victimes d’une mort brutale peu de temps après les faits (accidents de la route notamment).
Il y a donc des complots, not. financiers, voir Ferraye, 9-11, UBS, Or suisse etc…
Le 4 Juin 1963, le President Kennedy a signé un document
présidentiel nommé l’Ordre Exécutif 11110 ( toujours applicable), lequel a modifié l’Ordre Exécutif 10289 de 19 Septembre 1961.
Le Président des États Unis a exercé le droit juridique de produire l’argent, sans intérêts et libre de dettes. Il avait déjà
imprimé les billets des États Unis en ignorant complétement les billets de la Réserve Fédérale des banques privées (le FED est une organisation privée, sic.) Les registres montrent que Kennedy avait imprimé § 4,292,893,825.
Quelques mois après, en Novembre 1963, on l’a assassiné.
Le President Kennedy avait réduit l’Acte de la Fédéral Reserve voté la veille de Noël 1913 et redonné au Congrès des États Unis le droit de créer son propre argent.
“L’ordre exécutif 11110 a été limité par le Président Lyndon Baines Johnson, trente-sixième président des Etats-Unis – de 1963 à 1969 – alors qu’il se trouvait dans l’avion présidentiel AirForce One, entre Dallas et Washington, le jour même de l’assassinat du Président Kennedy ” écrivait un chroniqueur ( il serait encore applicable en quelques minutes par le Président Obama) .
Le décret présidentiel n’a jamais été officiellement abrogé, mais son application fut suspendue.
Fut abrogée l’autorisation d’imprimer de nouveaux billets et de frapper de nouvelles pièces, si bien que l’Executive Order n° 11110 demeure officiellement en vigueur … dans la stratosphère. On a donc retiré de la circulation ou détruit tous les billets des États Unis imprimés par Kennedy, par suite d’un ordre exécutif du nouveau President Lyndon Johnson, le même qui a donné l’ordre de couler le USS Liberty au large d’Israël et par Israël…

Cet assassinat était peut-être un avertissement aux futurs Présidents qui auraient voulu emboîter le pas à Abraham Lincoln et à Jahn Fitzgerald Kennedy et priver les banquiers de leur rente en éliminant le système de la monnaie-dette. Jahn Fitzgerald Kennedy aurait payé de sa vie cette provocation à la puissance de la finance internationale. Mais nous sommes là dans le domaine des innombrables coïncidences troublantes qui ont jalonné la vie de ce Président même si la célérité de la décision du Président Johnson donne du crédit à cette supposition. Eustace Mullins rappelle que le Président Abraham Garfield avait lui aussi été assassiné le 2 juillet 1881 après avoir fait une déclaration sur les problèmes de la monnaie. Que de coïncidences !
Depuis le Président Kennedy, aucun successeur ne s’est avisé d’apporter la moindre réforme au fonctionnement de la FED.

C’est le moment de le faire, yes, we can, yes, you can, notamment en mettant en pratique l’encyclique oubliée de Vix pervenit ( 4 pages A4 ).http://www.de-siebenthal.com/Vix%20pervenit.htm


Citations sur la création monétaire

(par ordre alphabétique des auteurs) “Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents.” Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Économiques en 1988.
“Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. […] L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain.” Napoléon Bonaparte, Empereur Français, (1769-1821).
“Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin.” Henry Ford. (1863-1947)
“Le procédé par lequel les banques créent de l’argent est tellement simple que l’esprit en est dégoûté.” John Kenneth Galbraith, Économiste. (1908-2006)
“Celui qui contrôle le volume de la monnaie dans notre pays est maître absolu de toute l’industrie et tout le commerce… et quand vous réalisez que le système entier est très facilement contrôlé, d’une manière ou d’une autre, par une très petite élite de puissants, vous n’aurez pas besoin qu’on vous explique comment les périodes d’inflation et de déflation apparaissent.” James A. Garfield, Président des États-Unis, assassiné (1831-1881)
“Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise.” Thomas Jefferson. (1743-1826)
“Le gouvernement devrait créer, émettre, et faire circuler toutes les devises et tous les crédits nécessaires pour satisfaire les dépenses du gouvernement et le pouvoir d’achat des consommateurs. En adoptant ces principes, les contribuables économiseraient d’immenses sommes d’argent en intérêts. Le privilège de créer et d’émettre de la monnaie n’est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement, mais c’est aussi sa plus grande opportunité.” Abraham Lincoln, Président des États-Unis, assassiné (1809-1865)
“Le système financier est devenu la Banque centrale américaine (Federal Reserve Board). Cette banque centrale gère un système financier au moyen d’un groupe de purs profiteurs. Ce système est privé et son seul objectif consiste à réaliser les profits les plus énormes possibles en utilisant l’argent des autres. Cette loi (de la Réserve fédérale) démontre la plus grande preuve de confiance au monde. Lorsque le président signe cet acte, il légalise le gouvernement invisible par le pouvoir monétaire. Les personnes ne s’en rendent peut-être pas compte pour le moment mais le jour du jugement n’est plus qu’à quelques années, le jour du jugement de cet Acte qui représente le pire crime de tous les temps commis au nom de la loi par l’intermédiaire d’un projet de loi.” Charles A. Lindbergh. (1902-1974)
“Jusqu’à ce que le contrôle de l’émission de devises et de crédit soit restauré au gouvernement et reconnue comme sa responsabilité la plus flagrante et la plus sacrée, tout discours sur la souveraineté du Parlement et la démocratie est vain et futile… Une fois qu’une nation abandonne le contrôle de ses crédits, il n’importe plus qui fait ses lois… L’usure, une fois aux commandes, coule n’importe quelle nation.” William Lyon Mackenzie King, Ex-premier ministre du Canada. (1874-1950) ”Les banquiers Illuminati gouvernent le monde grâce à la dette qui correspond à l’argent créé à partir du néant. Ils ont besoin de gouverner le monde pour s’assurer qu’aucun pays ne faiblisse ou ne tente de les renverser. Aussi longtemps que les banques privées, au lieu des gouvernements, contrôleront la création de l’argent, la race humaine sera condamnée. Ces banquiers et leurs alliés ont tout acheté et tout le monde.” Henry Makow. Ecrivain Canadien né en 1949.
“Je n’ai jamais vu personne ayant pu, avec logique et rationalité, justifier que le gouvernement fédéral emprunte pour utiliser son propre argent… Je pense que le temps viendra où les gens demanderont que cela soit changé. Je pense que le temps viendra dans ce pays où ils viendront nous accuser, vous, moi, et toute personne liée au Congrès, d’être resté assis sans rien faire et d’avoir permis à un système aussi stupide d’être perpétué.” Wright Patman, Membre démocrate du Congrès US, de 1928 à 1976, Président du comité de la Banque et de la Monnaie de 1963 à 1975.
”Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au magazine Time, et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans. Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale des siècles passés.” David Rockefeller, Commission Trilatérale, 1991
“Permettez-moi d’émettre et de contrôler les ressources monétaires d’un pays et je me moque de celui qui écrit ses lois.” M.A. Rothschild. (1744-1812)
“Les quelques personnes qui comprennent le système (argent et crédits) seront soit tellement intéressés par les profits qu’il engendre, soit tellement dépendantes des faveurs qu’il conçoit, qu’il n’y aura aucune opposition au sein de cette classe. D’un autre côté, les personnes incapables d’appréhender l’immense avantage retiré du système par le capital porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts.” Rothschild Brothers of London
“Le système bancaire moderne fabrique de l’argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l’iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais laissez-leur le pouvoir de créer l’argent et en un tour de mains ils créeront assez d’argent pour la racheter. Otez-leur ce pouvoir, et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais si vous voulez continuer à être les esclaves des banques et à payer le prix de votre propre esclavage laissez donc les banquiers continuer à créer l’argent et à contrôler les crédits.” Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre (1880-1941) (Réputé 2e fortune d’Angleterre à cette époque 1920.)
“Les banquiers détiennent la Terre. Si vous souhaitez rester leurs esclaves et payer le coût de votre propre esclavagisme, alors laissez les continuer à créer de l’argent.” Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre, (1880-1941)
“Chaque fois qu’une banque accorde un prêt, un nouveau crédit bancaire est créé. Ce sont de nouveaux dépôts, de l’argent entièrement nouveau.” Graham F. Towers, Directeur de la banque du Canada de 1934 à 1955


Avec mes meilleures salutations.
François de Siebenthal


Annexes:
Réserves minimales



Les banques doivent détenir des réserves minimales sous forme de pièces, de billets de banque et d’avoirs en comptes de virement. La loi sur la Banque nationale fait obligation aux banques de couvrir, par des réserves minimales, un certain pourcentage de leurs engagements (notamment dépôts à vue, dépôts à terme et dépôts d’épargne). Les réserves minimales que les banques détiennent sous forme d’avoirs en comptes de virement à la Banque nationale jouent un rôle déterminant dans la gestion de l’approvisionnement en monnaie (avoirs en comptes de virement, liquidités).



Approvisionnement en monnaie

L’économie doit être approvisionnée en monnaie pour bien fonctionner. La quantité de monnaie ne doit être ni trop abondante ni trop faible pour éviter de courir le risque d’une inflation ou d’une déflation (politique monétaire). La gestion de l’approvisionnement en monnaie se fait à travers le système bancaire: la Banque nationale approvisionne les banques en monnaie ou en liquidités en mettant en œuvre ses instruments de politique monétaire. La monnaie passe ensuite du système bancaire vers le reste de l’économie. La création de monnaie par les banques joue ici un rôle capital.


Outre quelques définitions de la Banque Nationale Suisse, la transcription d’un courriel de Christian Gomez, un extrait d’un article de Frédéric Lordon, et d’un extrait de “l’argent” de John Kenneth Galbraith que vous trouverez ci dessous, j’ai inclus sur http://www.societal.org/monnaie/ un certain nombre “d’images” de pages de différents livres (surtout universitaires) que vous pourrez donc télécharger et lire afin de comprendre ce principe de la création monétaire, qui est loin d’être évident , mais qui est surtout peu enseigné en secondaire (et parfois oublié aussi bien par les banquiers que par les étudiants des universités)

Vous y trouverez (entre autres) des pages de:

“La monnaie et ses mécanismes” (ref: Plihon)
“Economie monétaire et financière” (ref: Amphi)
“La Banque de France et la monnaie” (ref: BDF)
“Théorie de la monnaie et de la banque” (ref : shumpeter)
“La monnaie” (ref : Brana)
“Déchiffrer l’économie” (ref : Clerc – Fondateur de “Alternatives économiques” )
“La fin du capitalisme… et après?” (ref: Pfeiffer – Inventeur du crédit-bail, il dirigea l’Union des Banques à Paris)
En anglais: “Modern Money Mecanisms” ( ref : MMM.pdf)

Vous trouverez également dans ce dossier une page web qui explique ce qu’il faut au moins savoir sur la création monétaire que vous pouvez également retrouver en word http://www.societal.org/monnaie/creation_monetaire.doc

Ajout du 13 avril: Certains lecteurs ayant trouvé cet article ” ce qu’il faut au moins savoir sur la création monétaire ” parfois trop difficile, j’ai écrit un autre article que j’espère plus accessible: “La création monétaire pour les nuls ” (ne croyez pas, cher lecteur, que je puisse vous considérer ainsi: c’est un clin d’œil à la série de livres biens connus..)
Vous pouvez les télécharger ici en 3 formats au choix en format pdfen format worden format odt d’open office.


Quelques définitions de la Banque Nationale Suisse

En commençant par http://www.snb.ch/f/welt/glossary/a.html#a4 et en suivant les liens
(la « Banque Nationale » est la banque centrale suisse. BNS)

Approvisionnement en monnaie

L’économie doit être approvisionnée en monnaie pour bien fonctionner. La quantité de monnaie ne doit être ni trop abondante ni trop faible pour éviter de courir le risque d’une inflation ou d’une déflation (politique monétaire). La gestion de l’approvisionnement en monnaie se fait à travers le système bancaire: la Banque nationale approvisionne les banques en monnaie ou en liquidités en mettant en œuvre ses instruments de politique monétaire. La monnaie passe ensuite du système bancaire vers le reste de l’économie. La création de monnaie par les banques joue ici un rôle capital.

Système bancaire

Ensemble des banques et de la banque centrale d’un pays (approvisionnement en monnaie).


Instruments de politique monétaire

Instruments avec lesquels les banques centrales influent sur la quantité de monnaie et les taux d’intérêt sur le marché monétaire. La Banque nationale recourt principalement aux pensions de titres. Elle peut aussi utiliser les swaps devises contre francs et la facilité pour resserrements de liquidité (pensions de titres au taux spécial).

Marché monétaire

Marché sur lequel des fonds sont placés et empruntés pour de courtes durées (entre un jour et douze mois). Quand les durées sont plus longues, on parle de marché des capitaux. Le marché monétaire sert avant tout à équilibrer l’offre et la demande de liquidités entre banques (liquidités). Les banques centrales et les banques comptent parmi les principaux opérateurs sur le marché monétaire.

Liquidités

Les banques, en vertu des dispositions de la loi sur les banques, sont tenues de détenir suffisamment de liquidités. Ces dernières sont constituées des réserves minimales (notamment les avoirs en comptes de virement à la Banque nationale) et d’autres actifs disponibles (notamment des titres facilement réalisables). En recourant à ses instruments de politique monétaire, la Banque nationale influe sur les liquidités des banques et, partant, sur les taux d’intérêt appliqués sur le marché monétaire (approvisionnement en monnaie).

Réserves minimales

Les banques doivent détenir des réserves minimales sous forme de pièces, de billets de banque et d’avoirs en comptes de virement. La loi sur la Banque nationale fait obligation aux banques de couvrir, par des réserves minimales, un certain pourcentage de leurs engagements (notamment dépôts à vue, dépôts à terme et dépôts d’épargne). Les réserves minimales que les banques détiennent sous forme d’avoirs en comptes de virement à la Banque nationale jouent un rôle déterminant dans la gestion de l’approvisionnement en monnaie (avoirs en comptes de virement, liquidités).

Réserves monétaires

Actifs en monnaies étrangères (placements de devises) et or d’une banque centrale. Les réserves monétaires constituent une grande part des actifs de la Banque nationale; une autre part importante est formée des créances résultant de pensions de titres.

Banques

Etablissements qui acceptent en dépôt les fonds d’épargne du public et accordent des crédits (création de monnaie). En plus de cette fonction d’intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs, les banques jouent, à côté de la Poste et des banques centrales, un rôle important dans le trafic des paiements sans numéraire. Elles fournissent également des prestations dans les opérations de financement et de placement.

Bénéfice de la Banque nationale

Les titres et les devises que la Banque nationale achète aux banques et qu’elle paie en créant de la monnaie (avoirs en comptes de virement et billets de banque) génèrent des revenus. Avec ces revenus, la Banque nationale couvre ses frais d’exploitation et constitue des provisions pour divers risques. Sur le bénéfice net restant, elle verse aux actionnaires un dividende dont le montant maximal est fixé dans la loi. Le solde est distribué à la Confédération et aux cantons: en vertu de la Constitution fédérale et de la loi sur la Banque nationale, il revient pour deux tiers aux cantons et pour un tiers à la Confédération.

Billets en circulation

Somme de tous les billets de banque émis par une banque centrale et en circulation à un moment donné.


Système bancaire

Ensemble des banques et de la banque centrale d’un pays (approvisionnement en monnaie).

Dépôts à terme

Fonds qui sont déposés pendant une durée déterminée auprès d’une banque. Jusqu’à l’échéance convenue, le déposant ne peut généralement plus en disposer.

Dépôts à vue

Avoirs qui peuvent immédiatement et sans limitation être transférés sur un autre compte ou convertis en numéraire.

Dépôts d’épargne

Fonds que des particuliers ou des entreprises déposent dans une banque, le plus souvent sur un compte d’épargne, et qui rapportent des intérêts.

Numéraire

Pièces et billets de banque. Le numéraire est mis en circulation par les instituts d’émission ou banques centrales, et le public s’en sert surtout dans ses transactions quotidiennes courantes, généralement de faibles montants.

Institut d’émission

Expression désignant une banque jouissant du monopole d’émission des billets de banque. En Suisse, il s’agit de la Banque nationale suisse. Au lieu d’institut d’émission, on utilise également souvent le terme de banque centrale. Dans les deux cas, les établissements ainsi désignés mènent la politique monétaire.

Banque centrale

Synonyme d’institut d’émission. Le terme de «banque centrale» évoque un organe central qui émet la monnaie, gère l’approvisionnement du pays en monnaie et joue un rôle clé dans le trafic des paiements. Le terme d’«institut d’émission» met l’accent sur le monopole d’émission des billets de banque.

Monopole d’émission

Droit exclusif d’émettre les billets de banque d’un pays. En Suisse, le monopole d’émission est exercé par la Banque nationale. Les instituts d’émission de la zone euro ont transféré à la Banque centrale européenne leur ancien monopole, qui les autorisait à émettre des billets dans leur monnaie nationale.

Masse monétaire

Plusieurs masses monétaires ou agrégats monétaires peuvent être constitués à partir des moyens de paiement disponibles dans une unité monétaire, par exemple le franc. Selon leur degré de liquidité, soit la rapidité avec laquelle elles peuvent être mobilisées, les diverses formes de monnaie sont attribuées à l’un ou à l’autre des agrégats (masse monétaire M0 ou masses monétaires M1, M2 et M3).

Masse monétaire M0

Monnaie créée par la banque centrale. En Suisse, il s’agit de la monnaie centrale, et cet agrégat comprend les billets en circulation et les avoirs en comptes de virement, soit les avoirs à vue que les banques détiennent à la Banque nationale. Elle est parfois appelée également «base monétaire». La Banque nationale a une influence directe sur la masse monétaire M0.

Masses monétaires M1, M2 et M3

Outre la monnaie centrale M0, la Banque nationale suisse distingue trois autres agrégats, à savoir M1, M2 et M3. La masse monétaire M1 englobe la monnaie qui peut être utilisée en tout temps comme moyen de paiement, soit le numéraire en circulation et les dépôts à vue en francs suisses dans les banques et à la Poste. La masse monétaire M2 est formée de M1 et des dépôts d’épargne en francs suisses: jusqu’à une certaines limite, les dépôts d’épargne peuvent être convertis en numéraire de manière simple et rapide. La masse monétaire M3 est formée quant à elle de M2 et des dépôts à terme en francs suisses. Contrairement à la monnaie centrale, les agrégats M1, M2 et M3 sont constitués essentiellement de monnaie créée par les banques (création de monnaie).

Monnaie

Instrument de paiement et d’échange accepté comme tel par le public. La monnaie sert également de réserve de valeur et d’unité de compte. Elle peut revêtir de nombreuses formes. Elle doit exister en quantités juste suffisantes pour bénéficier de la confiance générale (politique monétaire).

Monnaie centrale

Somme des billets en circulation et des avoirs en comptes de virement, soit les avoirs à vue que les banques détiennent à la Banque nationale (masse monétaire M0).

Monnaie scripturale

Monnaie détenue sur des comptes, dans les banques et à la Poste, et virée d’un compte à un autre par de simples jeux d’écritures.



Un courriel de Christian Gomez


Faites attention et souvenez vous des paroles de Gladstone: “Il y a plus d’hommes qui sont devenus fous en étudiant les problèmes monétaires qu’il n’y en a qui ont perdu l’esprit par amour….”

…/…

1) il n’y a pas un banquier qui vous dira qu’il crée de la monnaie, car… il ne le sait pas ( sauf s’il a été un bon élève de l’IEP ou des facs d’Eco , et encore……)
2) le banquier de base (agences du réseau) vous dira plutôt qu’il se bat tous les jours pour attirer de nouveaux clients et donc de nouveaux dépôts…
3) il n’y a aucun “complot” dans cette attitude, aucune “omerta”, car il n’y a aucun besoin de connaitre le processus de création monétaire pour être un bon banquier ( il vaut bien mieux être un bon analyste financier pour évaluer les risques liés au crédit)

…/…

Pour comprendre le processus de création monétaire, il faut “déconstruire” le processus qui part du crédit accordé et se boucle par son “financement” au niveau de la banque et du système bancaire global en essayant de bien déterminer ce qui est génération d’un pouvoir d’achat ex-nihilo sur l’économie (création monétaire) ou un transfert d’épargne (intermédiation financière).

Accorder un crédit, c’est d’abord, par un simple jeu d’écriture, inscrire une somme au crédit d’un compte avec laquelle on pourra faire des paiements. Ensuite, l’histoire commence….. en fonction de ce que deviennent les flux d’argent, la banque va faire face à des besoins de financement différenciés.

CAS LE PLUS SIMPLE POUR COMPRENDRE LA PROBLEMATIQUE

Supposez qu’il n’y ait qu’une seule banque X et qu’une monnaie ( les dépôts à vue gérés par cette banque), on voit immédiatement que le crédit effectué trouve immédiatement son financement qui est le dépôt à vue créé lui-même puisque :

– toute dépense, cad tout transfert d’argent du récepteur du crédit (débit du compte dans la banque X et donc diminution du depot à vue dans cette banque)
– …va se retrouver comme reception d’une recette pour un autre agent ( crédit du compte dans la banque X et donc augmentation du dépôt à vue dans la même banque)

Globalement, on aura donc au niveau du bilan de la banque:

– à l’actif : une créance
– au passif: un dépôt à vue détenue par Durand alors que le crédit avait été accordé à Dupont.

Peut-on dire que la créance a été financé par Durand ? certainement pas car pour Durand, cet argent est immédiatement disponible et va entrer dans son plan de dépenses et ainsi de suite.
L’augmentation globale de la dépense et donc du revenu à la fin du process sera: delta (Dépenses) = V (vitesse de circulation de la monnaie) * delta (depots à vue).

CAS PLUS COMPLEXES POUR SE RAPPROCHER DU FONCTIONNEMENT REEL:

a) cas de 2 banques

Maintenant supposez qu’il y ait 2 banques qui se partagent le marché et que les dépôts se répartissent entre elles selon un certain rapport (parts de marché). Il est facile de montrer que si les augmentations de crédit et donc de dépôts se font selon ce rapport, la création de crédit/ monnaie n’a aucune limite car le “refinancement” des 2 banques sera “automatique”, les dépôts partant à la concurrence étant exactement compensés par les versements venant du concurrent.

b) Introduction d’une Banque Centrale pour gérer les déséquilibres de trésorerie entre les deux banques

Si ce n’est pas le cas, il faut un troisième “larron” (sans jeu de mots) : la Banque Centrale, car, s’il y a un déséquilibre entre les entrées et les sorties de fonds pour chacune de ces banques vis à vis de l’autre, il faudra que cela se règle par virements sur leurs comptes à la BC. Et, là l’affaire se COMPLIQUE…un peu……car, il y a désormais deux sortes de monnaies:

– la monnaie bancaire (les dépôts à vue détenues par les banques)
– la monnaie de base (Banque centrale)

c) système monétaire en économie fermée avec :

– monnaies bancaires ( depots à vue des banques)
– comptes des banques auprés de la banque Centrale (réserves)
– billets et pieces émis pour le compte du Trésor par la Banque centrale.

A partir de là, il est facile de reconstituer les notions jumelles/complémentaires de:

-multiplicateur de crédit ( une injection de monnaie banque centrale conduit à un multiple de monnaie en circulation via le mécanisme du crédit bancaire))
-diviseur de crédit: (une addition de nouveaux crédits entraine une demande supplémentaire de refinancement en monnaie banque centrale.)


INTRODUCTION DES DÉPÔTS A TERME.

Là , je vais m’arrêter car cela pourrait devenir trés complexe. En effet, il y aura création monétaire ou non selon la nature (substituabilité plus ou moins grande à l’encaisse) du dépôt en question.
Mais, si cela vous intéresse, il faudra y revenir.



Ancien Prof à l’Université de Rennes avant de devenir banquier d’investissement, je viens de me remémorer ce qui faisait la base des cours que je donnais en deuxième année de fac.
Je m’excuse auprés de ceux qui connaissent la matière et qui n’ont sans doute rien appris.

Mais, …/… il faut repartir de la base pour bien faire comprendre les notions essentielles.
– Mécanisme du crédit bancaire et création monétaire
– comportement d’encaisse et vitesse de circulation de la monnaie
– différence encaisse / épargne
etc…etc….





Où la question des institutions bancaires croise celle de la création monétaire

On ne peut qu’être étonné – et réjoui – de l’ampleur prise par ce débat qui a d’abord fait son chemin sur Internet à partir de la vidéo de Paul Grignon, Money as debt, mais qui reçoit un fameux coup de main de la crise financière – a-t-on jamais autant parlé qu’aujourd’hui de banques et de liquidités ?… Trop habitués à la parlotte entre initiés mais surtout persuadés de leur monopole « naturel » sur la chose économique, les économistes ne pouvaient imaginer un seul instant voir débarquer dans les cénacles bien propres de l’académie une horde de mal-élevés décidés à se saisir de la question monétaire. Mais les manants ne respectent rien et eux qui ont été si longtemps et si soigneusement tenus à l’écart des débats économiques ont décidé d’un coup que ces choses-là les concernaient aussi et qu’à défaut de se les voir expliquer ils s’en saisiraient eux-mêmes. Seul un réflexe d’ordre, hélas trop prévisible, peut avoir conduit certains économistes, nouvelle noblesse de robe, à s’être scandalisés et à avoir pris pour une insupportable intrusion dans le champ de leurs questions réservées ce qui devrait être tenu pour le plus admirable des réflexes démocratiques : le tiers-état s’intéresse. À la décharge des clercs, il faut bien reconnaître que ce débat « parallèle » sur la création monétaire a été lancé de la plus maladroite des manières et que le sens commun académique a quelques bonnes raisons de renâcler aux accents légèrement paranoïaques de la vidéo de Paul Grignon qui, sur fond de musique inquiétante, dévoile la formidable conspiration : la monnaie est créée ex nihilo par les banques… Évidemment le goût du sensationnel en prend un coup sitôt découvert que la conspiration de la création monétaire ex nihilo fait l’objet des enseignements de première année universitaire, et même des lycées, à l’occasion desquels la « révélation » a jusqu’ici provoqué peu d’évanouissements. Une bonne moitié de la vidéo-scoop de Grignon était donc déjà en vente libre et disponible dans n’importe quel manuel pour classes de Terminale SES…

Le principe symétrique du droit absolu de saisine des « amateurs », et de leur droit d’effraction dans les débats des « professionnels », devrait donc consister en un minimum de respect pour la division du travail et une obligation, non pas bien sûr d’avoir préalablement accumulé une connaissance « professionnelle », mais au moins de ne pas imaginer « tout inventer », de cultiver le doute méthodique que « la » question (n’importe laquelle) a dû être déjà travaillée, et de faire l’effort minimal « d’y aller voir avant » – manière d’éviter les boulettes du type « complot monétaire »… On pourrait cependant aussi imaginer que la position même du « savoir » devrait valoir à ceux qui l’occupent une sorte de devoir d’indulgence, pour mettre tout ça de côté. Et en venir plus rapidement aux vraies questions. Quitte à résumer grossièrement, il semble que l’objet du tumulte tourne autour des éléments suivants :

1. On croyait la création monétaire le fait de l’Etat – l’Etat n’était-il pas réputé « battre monnaie » ? – ; on découvre que c’est plutôt l’affaire des banques privées.

2. Non contente d’être privée, l’émission monétaire-bancaire s’effectue ex nihilo. Or ce qui ne coûte rien à « produire » (l’octroi de lignes de crédit) est facturé quelque chose : le taux d’intérêt. La chose n’est-elle pas profondément illégitime ? Nul ne questionne le privilège de quelques institutions privées, seules détentrices du droit de création monétaire, et encore moins les conditions réelles de leurs profits.

3. Un qui sait combien l’intérêt lui coûte, c’est l’Etat. Le service de la dette publique n’engloutit-il pas bon mal an l’équivalent des recettes de l’impôt sur le revenu ? Certes, ce ne sont pas des banques qui le lui facturent (l’Etat s’endette sur les marchés), mais – retour au point 1 – si l’Etat disposait du droit de création monétaire, il pourrait en profiter – lui, c’est-à-dire la collectivité des citoyens-contribuables – et, pour peu qu’il soit raisonnable, réserver « sa » création monétaire au financement de l’avenir, c’est-à-dire des biens d’équipement de la nation, le tout bien sûr à intérêt nul, donc avec les économies qu’on imagine.

4. Or il se trouve que les facilités monétaires que lui accordait la Banque de France ont été interdites par la loi de 1973, et que le verrouillage est devenu quasi définitif avec l’article 123 du Traité européen (Lisbonne) qui prohibe formellement toute avance de la BCE aux Etats membres.

Il faut bien reconnaître que l’idée de la création monétaire ex nihilo est suffisamment contre-intuitive et suffisamment contraire aux représentations spontanément formées par le sens commun en matière monétaire pour justifier l’effet de stupéfaction qu’entraîne presque systématiquement son énoncé. Car le sens commun se figure le banquier comme l’homme aux écus – il n’a pas totalement tort… – assis sur un tas d’or préalablement accumulé et par conséquent disponible pour être ensuite prêté. C’est là, au sens strict des termes, confondre la finance, où des détenteurs de capitaux déjà accumulés prêtent à des demandeurs de fonds, et la banque, dont l’action caractéristique est le crédit, qui procède par simple écriture et met des fonds à disposition hors de toute accumulation préalable, et sous la forme de la bien nommée monnaie scripturaire, simplement en créditant des comptes d’agent.



Source : « L’argent », John Kenneth Galbraith, Folio Histoire,

« Les banques de Venise et de Gênes furent les précurseurs reconnus des banques commerciales de notre vie quotidienne moderne. Celles de la plaine du Pô étaient à peine moins avancées et lorsque le prêt d’argent s’institutionnalisa à Londres, il s’installa tout naturellement dans Lombard Street.

Le processus par lequel les banques créent de l’argent est si simple que l’esprit en demeure confondu. Quand il s’agit de choses aussi importantes, on est en droit de s’attendre à un mystère plus profond. Les dépôts de la Banque d’Amsterdam dont on vient de parler pouvaient, sur instruction de leur propriétaire, être transférés à d’autres pour régler des comptes. (Un service qui avait longtemps été rendu par les précurseurs privés de la banque.)

Les pièces déposées ne servaient pas moins d’argent par le simple fait d’être enfermées dans une banque et susceptibles de transfert sous le seul effet d’un trait de plume.
Il était inévitable que l’on découvre — comme le firent les échevins conservateurs d’Amsterdam en se penchant avec un intérêt coupable sur leurs propres besoins en tant que directeurs de la Compagnie des Indes orientales — qu’un autre trait de plume permettrait à un débiteur de la banque, et non plus à un créditeur du titulaire du dépôt, de recevoir un prêt sur ce dépôt inemployé. Et bien sûr, c’était la banque qui percevrait des intérêts sur le prêt ainsi consenti ! On pouvait prévenir les auteurs de dépôts que ces derniers étaient susceptibles d’une telle utilisation — peut-être même les payer pour cela. Le dépôt original restait au crédit de son auteur. Mais il existait désormais un nouveau dépôt constitué par le prêt. Les deux dépôts pouvaient être utilisés pour effectuer des paiements, comme de l’argent. De l’argent avait donc bien été créé. La découverte de cette capacité des banques à ainsi créer de l’argent se produisit très tôt dans l’histoire de la banque. C’est qu’il existait cet intérêt à gagner sur les prêts. Avec ce genre de stimulant, les hommes ont un naturel instinct de novateur.

Il existait une autre possibilité faisant appel à des billets de banque et qui serait un jour merveilleusement exploitée par la future république américaine. L’emprunteur recevait non plus un dépôt, mais un billet rachetable dans les espèces qui avaient été placées à la banque comme capital ou comme dépôt sédentaire. Avec ce billet, l’emprunteur pouvait effectuer ses paiements ; le bénéficiaire d’un tel paiement, plutôt que de changer son billet pour de l’argent liquide, pouvait fort bien l’utiliser pour ses propres paiements, et ainsi de suite à l’infini. Entre-temps, la banque continuait de recevoir des intérêts sur le prêt original. Un jour, peut-être, le billet reviendrait à la banque pour être échangé contre du liquide. Mais alors l’emprunteur aurait déjà remboursé son emprunt, en liquide lui aussi. Tout serait pour le mieux, et l’on aurait gagné un intérêt. Il y avait aussi une chance pour que le billet continue de passer de main en main sans jamais être reconverti. Le prêt qui avait conduit à son émission produirait des intérêts puis serait remboursé. Le billet continuerait sa ronde. Personne ne viendrait jamais réclamer les liquidités originales qui avaient permis le prêt original. Dans les années 1960, M. George Bail, diplomate, politicien et avocat, chéri du succès, quitta le service public pour s’associer aux Lehman Brothers, la grande firme de Wall Street. « Pourquoi diable, l’entendit-on demander un peu plus tard, est-ce que personne ne m’avait parlé plus tôt de la banque? »



Une autre explication

Une banque A gère le compte d’un client “a” . Celui-ci dépose 100 € sur son compte. Nous ne préjugeons pas de l’origine (billets, virement, encaissement de chèques …) de ces 100 €. Nous supposons seulement que l’opération est faite dans les règles.

Cela veut dire que ce Dépot à Vue (DAV) de 100 est comptabilisé en M1, au passif de la banque A, et qu’ en plus cette banque A dispose de 20 € en monnaie centrale ( M0) sur son compte en Banque Centrale pour couvrir statistiquement les retraits en monnaie fiduciaire . Le client “a” va tirer disons 20 € en monnaie fiduciaire ( le DAV est diminué de 20, et 20 sont extraits de M0 et passent dans M1 ; M1 n’est pas changé car – 20 + 20 = 0) et payer un fournisseur “b” titulaire de compte dans une banque B, avec les 80 € restants, par virement ou chèque. ( N.B. Le cas où “b” serait aussi client de A est plus trivial et sans intérêt pour notre explication). M1 qui est la somme de tous les billets et pièces (monnaie fiduciaire) et de tous les DAV (monnaie scripturale) n’est toujours pas modifié mais le mouvement du chèque entre les banques A et B entraine un mouvement de compensation au niveau de M0 .

La banque A voit son compte à la Banque Centrale diminuer de 80 € et la banque B le sien augmenter de 80 € . (On sait bien qu’en réalité le mouvement ne se fait que sur les différences en fin de journée, mais conceptuellement c’est exactement comme si les mouvements s’effectuaient pour chaque chèque individuellement). Donc non seulement ce chèque est bien “couvert” en Banque Centrale mais il est “sur-couvert” car il suffit pour cela de 80 * 20 %= 16 €.

La banque B dispose donc de 80 – 16 = 64 € en monnaie centrale M0. Que peut-elle en faire ?

Hypothèse 1

Soit accorder – si elle trouve des emprunteurs – de nouveaux crédits en M1 jusqu’à une valeur totale de 64/0,20 = 320 € de M1 ! Voilà donc M1 qui, à partir des 100 € initiaux est devenu : 20€ en billets retirés par le titulaire “a” du crédit initial + 80€ du premier bénéficiaire “b” du chèque + 320€ des autres emprunteurs ultérieurs = 420 € de M1 soit une augmentation de 320 % …Il y a bien création monétaire.

Hypothèse 2

Soit les reprêter à la banque A qui, de toute façon, en a besoin. En effet elle n’avait attribué que 20€ de M0 à la couverture du dépôt initial de 100 € de M1, or elle a sorti de M0 les 20 € du retrait en billets et les 80 € du fait de la “fuite” du chèque de 80 € . Elle a donc son compte en Banque Centrale en déficit de 80 € ! Elle doit se “refinancer” d’urgence en monnaie de base M0 ! Pour cela elle peut se tourner vers la Banque Centrale ( seule émettrice de M0) et lui emprunter au taux directeur prévu moyennant des garanties en titres sérieux (éligibles au refinancement ) à moins que la banque B ne lui prête elle-même à un taux légèrement légèrement inférieur au taux directeur ce qui arrange tout le monde (aussi bien la banque A que la banque B qui n’a pas nécessairement trouvé des emprunteurs dans l’instant).

Ce ne sont donc pas les 80 € de M1 qui sont reprétés (ils sont toujours sur le compte de « b » dans la banque B) mais ce sont eux qui permettent à la banque B de disposer de 80 € de M0 pour d’une part couvrir le compte de « b » ( 16 € ) et d’autre part bénéficier de la capacité d’attribuer de nouveaux crédits sur la base des 64 € de M0 supplémentaires. Cette capacité autorise d’émettre jusqu’à 64/ 0,20 = 320 € nouveaux dans M1. Il n’y a pas de “reprêt” ; il n’y a que des prêts nouveaux adossés à la masse M0 en Banque Centrale , masse M0 qui va croissant par le “refinancement ” des banques auprès de la Banque Centrale. Ce refinancement se fait à la demande des banques sur la base de titres qu’elles ont acquis précédemment en créant de la monnaie dans M1 pour les acquérir (Il s’agit de la monétisation des actifs).

On pourrait donc dire que la monnaie M1 ( les moyens de paiements ) se déplace ( elle peut avancer (augmenter) mais aussi reculer (diminuer ) sur deux pieds : un fort (en volume) M1 et un plus faible M0. Les banques commerciales émettent, sous contraintes réglementaires, la monnaie M1 utilisée par l’économie et la finance et la Banque Centrale émet, sur requête des banques commerciales, la monnaie M0 qui leur est nécessaire. Le rapport de force qui peut apparaitre entre les parties n’implique jamais l’intérêt général si, du moins, la Banque Centrale est totalement indépendante de l’Etat comme le requiert l’orthodoxie actuelle.

On pourrait paraphraser Allais ainsi :

« Fondamentalement, le mécanisme du crédit aboutit à une création de moyens de paiement ex nihilo, car le détenteur d’un dépôt auprès d’une banque le considère à juste titre comme une encaisse disponible en billets , alors que, dans le même temps sur la base de la “monnaie centrale” reçue avec ce dépôt et, s’il le faut, d’un “refinancement” complémentaire adéquat , la banque a pu créer et prêter l’équivalent de la plus grande partie de ce dépôt qui, redéposé ou non dans une banque, est considéré à son tour et également à juste titre comme une encaisse disponible en billets par son récipiendaire. Mais les banques prennent ainsi des engagements qu’elles ne peuvent tenir autrement qu’en moyenne. À chaque opération de crédit il y a ainsi réplication monétaire partielle . Au total, le mécanisme du crédit aboutit à une création ex nihilo de monnaie effective M1 par de simples jeux d’écriture dans et par les banques commerciales, à un niveau qui dépasse très largement celui de la monnaie de base M0».


L’effet multiplicateur du crédit est un effet inhérent à l’émission de crédit.

Toute création de monnaie par la banque centrale d’un pays aboutit par un processus itératif à une émission supplémentaire de crédits dans l’économie, par les établissements de crédit, qui peut être bien plus importante que la monnaie émise initialement. Cette émission, qui se produit par effet multiplicateur, est une création supplémentaire de monnaie.

Cependant, comme l’explique Dominique Plihon, deux approches du processus de création monétaire peuvent être distinguées. Le multiplicateur monétaire repose sur l’hypothèse que la masse monétaire est exogène car elle est déterminée par la monnaie centrale, contrôlée par la banque centrale. L’approche dite du “diviseur” considère au contraire que la monnaie est endogène, c’est-à-dire que son évolution est déterminée par les besoins de financement des agents non bancaires; la causalité est alors inverse dans le sens M => MC. La banque centrale intervient in fine pour satisfaire les besoins de financement du système bancaire.





How Does the Central Bank Control the Money Supply ( and destruction)?to be seen…http://paulgrignon.netfirms.com/MoneyasDebt/The_Un-payability_of_Interest.html

In 1998 the average cash reserve ratio across the entire United Kingdom banking system was 3.1%. ( Now = 0 )
Other countries have required reserve ratios (or RRRs) that are statutorily enforced.



 On  Wikipedia pages that there is a lot of discussion and disagreement about what the details really are. However, the section of my movie being questioned ends with the statement:

“So…while the rules are complex the common sense reality is actually quite simple.
Banks can create as much money as we can borrow.”…il n’y a plus le limites pour cette création, si ce n’est de trouver des personnes prêtes à emprunter. )

 (sourced from Lecture 8, Slide 4: Central Banking and the Money Supply, by Dr. Pinar Yesin, University of Zurich, Switzerland (based on 2003 survey of CBC participants at the Study Center Gerzensee

  1. ^ Monetary Macroeconomics by Dr. Pinar Yesin [1]
  2. http://www.iew.unizh.ch/study/courses/downloads/lecture8_467.pdf
  3. http://desiebenthal.blogspot.com/2009_12_01_archive.html



Australia
None
Canada
None
United Kingdom
None
Mexico
None
New Zealand
None
Sweden
None
Eurozone
2.00
Slovakia
2.00
Switzerland
2.50
Poland
3.50
Chile
4.50
Pakistan
7.00
Latvia
8.00
India
5.00
Burundi
8.50
Hungary
8.75
Ghana
9.00
United States
10.00
Sri Lanka
10.00
Bulgaria
12.00
China
15.50
Estonia
15.00
Zambia
17.50
Hong Kong
18.00
Croatia
19.00
Tajikistan
20.00
Surinam
35.00
Jordan
80.00
Note that the chart above gives the USA cash reserve ratio as 10% when the actual ratios stated in the text above the chart are more complex, significantly lower and with many cases of zero reserve. I have no idea how significant the exceptions to the stated percentages for other countries might be.
I notice on these Wikipedia pages that there is a lot of discussion and disagreement about what the details really are. However, the section of my movie being questioned ends with the statement:

“So…while the rules are complex the common sense reality is actually quite simple.
Banks can create as much money as we can borrow.”

Monetary Macroeconomics
Lecture 8:
Central Banking and
the Money Supply
Dr. P³nar Ye»sin
December 16, 2005
University of Zurich
1
plus see the wir bank at 
www.wir.ch

No cash reserve ratio means no limits and krachs :

dette du Canada






Posted by François de Siebenthal at 23:54:00 0 comments   Links to this post

Resistance in 4 drawings


The FED is a private bank ( sic )

If it was a real bank for the people, as Presidents Kennedy were planning to do.

Lettre du Pape pour l’obtention de l’indulgence jubilaire

Cité du Vatican, 1 septembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a envoyé une lettre à Mgr.Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, à l’occasion du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, dans laquelle il fait part de son souhait que l’indulgence jubilaire parvienne à chacun comme une “expérience authentique de la miséricorde de Dieu”, et explique comment les prisonniers peuvent également l’obtenir. Il accorde également à tous les prêtres pour l’Année jubilaire, la faculté d’absoudre du péché d’avortement, aussi pour ceux qui l’ont provoqué et qui le cœur repenti en demandent pardon, et dispose qu’au cours de l’Année sainte de la Miséricorde, ceux qui s’approcheront des prêtres de la Fraternité saint Pie X pour célébrer le sacrement de la réconciliation, recevront l’absolution valide et licite de leurs péchés. Voici le texte intégral:
“L’approche du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde me permet de me concentrer sur certains points sur lesquels je considère qu’il est important d’intervenir afin de permettre que la célébration de l’Année Sainte soit pour tous les croyants un véritable moment de rencontre avec la miséricorde de Dieu. Je désire en effet que le Jubilé soit une expérience vivante de la proximité du Père, permettant presque de toucher du doigt sa tendresse, afin que la foi de chaque croyant se renforce et que le témoignage devienne ainsi toujours plus efficace.
Ma pensée va, en premier lieu, à tous les fidèles qui, dans chaque diocèse ou comme pèlerins à Rome, vivront la grâce du Jubilé. Je désire que l’indulgence jubilaire soit pour chacun une expérience authentique de la miséricorde de Dieu, qui va à la rencontre de tous avec le visage du Père qui accueille et pardonne, oubliant entièrement le péché commis. Pour vivre et obtenir l’indulgence, les fidèles sont appelés à accomplir un bref pèlerinage vers la Porte Sainte, ouverte dans chaque cathédrale ou dans les églises établies par l’évêque diocésain, ainsi que dans les quatre basiliques papales à Rome, comme signe du désir profond de véritable conversion. De même, j’établis que l’on puisse obtenir l’indulgence dans les sanctuaires où est ouverte la Porte de la Miséricorde et dans les églises qui sont traditionnellement identifiées comme jubilaires. Il est important que ce moment soit uni, avant tout, au sacrement de la réconciliation et à la célébration de la sainte Eucharistie par une réflexion sur la miséricorde. Il sera nécessaire d’accompagner ces célébrations par la profession de foi et par la prière pour ma personne et pour les intentions que je porte dans mon cœur pour le bien de l’Eglise et du monde entier.
Je pense, en outre, à ceux qui, pour divers motifs, n’auront pas la possibilité de se rendre à la Porte Sainte, en premier lieu les malades et les personnes âgées et seules, que leurs conditions empêchent souvent de sortir de chez eux. Pour ces personnes, il sera d’une grande aide de vivre la maladie et la souffrance comme expérience de proximité au Seigneur qui, dans le mystère de sa passion, mort et résurrection, indique la voie maîtresse pour donner un sens à la douleur et à la solitude. Vivre avec foi et espérance joyeuse ce moment d’épreuve, en recevant la communion ou en participant à la Messe et à la prière communautaire, également à travers les divers moyens de communication, sera pour elles la façon d’obtenir l’indulgence jubilaire. Ma pensée va aussi aux détenus, qui font l’expérience de la restriction de leur liberté. Le Jubilé a toujours constitué l’opportunité d’une grande amnistie, destinée à toucher de nombreuses personnes qui, bien que méritant une peine, ont toutefois pris conscience de l’injustice qu’elles ont commise, et désirent sincèrement s’insérer à nouveau dans la société en apportant leur contribution honnête. Qu’à toutes ces personnes parvienne de façon concrète la miséricorde du Père qui désire être proche de ceux qui ont le plus besoin de son pardon. Dans les chapelles des prisons, elles pourront obtenir l’indulgence et, chaque fois qu’elles passeront par la porte de leur cellule, en adressant leur pensée et leur prière au Père, puisse ce geste signifier pour elles le passage de la Porte Sainte, car la miséricorde de Dieu, capable de transformer les cœurs, est également en mesure de transformer les barreaux en expérience de liberté.
J’ai demandé que l’Eglise redécouvre en ce temps jubilaire la richesse contenue dans les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle. L’expérience de la miséricorde, en effet, devient visible dans le témoignage de signes concrets comme Jésus lui-même nous l’a enseigné. Chaque fois qu’un fidèle vivra l’une ou plusieurs de ces œuvres en première personne, il obtiendra certainement l’indulgence jubilaire. D’où l’engagement à vivre de la miséricorde pour obtenir la grâce du pardon complet et total en vertu de la force de l’amour du Père qui n’exclut personne. Il s’agira donc d’une indulgence jubilaire plénière, fruit de l’événement lui-même qui est célébré et vécu avec foi, espérance et charité.
Enfin, l’indulgence jubilaire peut être obtenue également pour les défunts. Nous sommes liés à eux par le témoignage de foi et de charité qu’ils nous ont laissé. De même que nous les rappelons dans la célébration eucharistique, ainsi, nous pouvons, dans le grand mystère de la communion des saints, prier pour eux afin que le visage miséricordieux du Père les libère de tout résidu de faute et puisse les accueillir dans ses bras, dans la béatitude qui n’a pas de fin.
L’un des graves problèmes de notre temps est sans aucun doute le changement du rapport à la vie. Une mentalité très répandue a désormais fait perdre la sensibilité personnelle et sociale adéquate à l’égard de l’accueil d’une vie nouvelle. Le drame de l’avortement est vécu par certains avec une conscience superficielle, qui semble ne pas se rendre compte du mal très grave qu’un tel acte comporte. Beaucoup d’autres, en revanche, bien que vivant ce moment comme un échec, considèrent ne pas avoir d’autres voies à parcourir. Je pense, en particulier, à toutes les femmes qui ont eu recours à l’avortement. Je connais bien les conditionnements qui les ont conduites à cette décision. Je sais qu’il s’agit d’un drame existentiel et moral. J’ai rencontré de nombreuses femmes qui portaient dans leur cœur la cicatrice de ce choix difficile et douloureux. Ce qui a eu lieu est profondément injuste; pourtant, seule sa compréhension dans sa vérité peut permettre de ne pas perdre l’espérance. Le pardon de Dieu à quiconque s’est repenti ne peut être nié, en particulier lorsqu’avec un cœur sincère, cette personne s’approche du sacrement de la confession pour obtenir la réconciliation avec le Père. C’est également pour cette raison que j’ai décidé, nonobstant toute chose contraire, d’accorder à tous les prêtres, pour l’Année jubilaire, la faculté d’absoudre du péché d’avortement tous ceux qui l’ont provoqué et qui, le cœur repenti, en demandent pardon. Que les prêtres se préparent à cette tâche importante en sachant unir des paroles d’authentique accueil à une réflexion qui aide à comprendre le péché commis, et indiquer un itinéraire de conversion authentique pour pouvoir obtenir le pardon véritable et généreux du Père qui renouvelle tout par sa présence.
Une dernière considération s’adresse aux fidèles qui, pour diverses raisons, désirent fréquenter les églises où les offices sont célébrés par les prêtres de la Fraternité Saint Pie X. Cette Année jubilaire de la Miséricorde n’exclut personne. Certains confrères évêques m’ont fait part en plusieurs occasions de leur bonne foi et pratique sacramentelle, unie toutefois à la difficulté de vivre une situation pastorale difficile. J’espère que dans un proche avenir, l’on pourra trouver les solutions pour retrouver une pleine communion avec les prêtres et les supérieurs de la Fraternité. Entre temps, animé par l’exigence de répondre au bien de ces frères, j’établis, par ma propre disposition, que ceux qui, au cours de l’Année Sainte de la Miséricorde, s’approcheront, pour célébrer le sacrement de la réconciliation, des prêtres de la Fraternité saint Pie X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés. M’en remettant à l’intercession de la Mère de la Miséricorde, je confie à sa protection la préparation de ce Jubilé extraordinaire”.


La Cupidité ou l’avarice

La Cupidité : son sens et son extensionCupidité et avarice sont des termes pratiquement équivalents. Tous deux signifient un désir immodéré des richesses ou de l’argent. Cependant, le terme cupidité, qui vient du latin ” cupere “, désirer, porte en lui-même une insistance plus marquée sur le désir, c’est-à-dire sur l’aspect formel de l’avarice, qui est essentiellement un désordre affectif. Par ailleurs, la cupidité a une extension plus large que l’avarice, car l’avarice concerne un vice personnel par rapport à l’usage de l’argent, tandis que la cupidité embrasse, avec celle des individus la soif immodérée des richesses, qui peut se concrétiser dans des sociétés qui exploitent de toutes sortes de manières la confiance populaire. Comme il s’agit de ces nuances entre les termes cupidité et avarice, tout ce que nous disons de l’avarice s’applique à la cupidité, en retenant que la cupidité a une portée plus générale, comme lorsque l’Écriture, parlant des crimes de Jérusalem, dit que “les chefs au milieu d’elle étaient comme des loups qui déchirent leur proie cherchant à répandre le sang et à faire des gains” (Ézech. 22, 27).

La Cupidité : son objetLa cupidité a pour objet toutes les richesses, c’est-à-dire tous les biens extérieurs utiles à la conservation de la vie, au bien-être et à l’épanouissement humain complet des personnes et des familles qui composent la société. Ces richesses sont donc bonnes en elles-mêmes; leur usage raisonnable en fait même un élément important du bonheur humain temporel. L’extrême pauvreté, l’expérience le prouve, engendre habituellement de déplorables désordres. Voilà pourquoi il y a un désir naturel des richesses qui ne comporte en lui-même rien de désordonné; ce désir naturel agit comme un stimulant intérieur qui pousse à se procurer, de manière raisonnable, tout ce qui est nécessaire à notre subsistance et utile à notre perfectionnement humain. Mais, en raison d’un certain déséquilibre affectif, dont tous les hommes sont plus ou moins marqués à la suite de la faute originelle, les richesses ordonnées par le Créateur au bonheur de l’homme sont devenues des biens ambigus, car mal utilisées, elles ne peuvent causer que de grands maux.

Le caractère ambigu des richessesBiens ambigus, les richesses le sont, puisque suivant l’usage que nous en faisons, elles peuvent être ou instruments d’amour ou instruments de haine, ou instruments de liberté ou instruments d’esclavage, ou instruments de service ou instruments de domination, ou instruments de paix ou instruments de guerre. Les richesses, étant des biens d’échange, fondent une foule de relations entre les personnes, les sociétés, les nations. Elles peuvent aussi bien soulager la misère que l’augmenter et même la causer.

Dans le système économique primitif, les richesses étaient échangées par le troc; il y avait alors l’échange direct d’un bien contre un autre. Les échanges de biens avaient, dans cette économie, un caractère à la fois beaucoup plus personnel et objectif. Les hommes cupides pouvaient frauder sur la qualité et la quantité de leurs produits mais sur une échelle moindre et avec beaucoup moins de facilité que dans un système où l’argent, de plus en plus impersonnel, constitue le moyen d’échange universel. En raison de l’évolution de la société et de la complication des rapports sociaux qui s’en est suivie, les richesses se sont monétisées. De sorte qu’avec de l’argent, “propre ou sale”, il est maintenant possible de tout acheter : biens, services et même malheureusement personnes considérées comme des objets. Avec l’argent, on peut se procurer tout ce dont on a besoin en fait de logement, vêtement, nourriture, soins de santé, services éducatifs et culturels, et même satisfaire à tous ses caprices en fait de plaisirs. À la mesure de sa fortune, on peut surtout posséder un véritable pouvoir sur autrui.

En raison du pouvoir qu’il donne, l’argent devient symbole de puissance. Élevé en signe extérieur de pouvoir sur les individus et les peuples, l’argent en vient à exercer une incroyable séduction sur les esprits. D’où la tentation, personnelle et sociale, d’accumuler le plus d’argent possible pour être plus puissant, pour étendre son influence et sa domination. Dans cette optique, l’argent s’affirme comme un dieu tout-puissant, devant qui plient les genoux de ses adorateurs, qui eux-mêmes cherchent à se faire adorer, c’est-à-dire à mettre leur puissance matérielle au-dessus de tous les droits et de toutes les libertés. Il est donc clair que les richesses transformées en argent sont des biens ambigus.

Le rôle de l’argentNécessaire, dans certaines limites, au bonheur humain temporel, “l’argent, comme dit le proverbe, ne fait pas le bonheur mais y contribue”. La finalité de l’argent est de contribuer au bonheur, lequel est inconcevable sans le service de Dieu, qui doit toujours conserver sa primauté absolue sur tout le reste. Ordonné au service de Dieu, l’argent est aussi ordonné au service des hommes, au service de tous les hommes et de leurs besoins. Or, l’argent, convertisseur universel des richesses, cesse de contribuer au bonheur personnel et social, lorsqu’il devient une fin en soi, lorsqu’il s’affirme comme source de pouvoir indépendante de toute règle morale, lorsqu’entre les mains d’êtres et d’organisations cupides et sans coeur, il tend à se soumettre l’immense majorité des hommes. À cet égard, Jésus le qualifie d’argent inique; il l’identifie au Mammon d’iniquité. Alors, mieux vaut être pauvre et spirituellement libre que de se soumettre au pouvoir tyrannique de cet argent trompeur. C’est ce qu’avaient compris de leur temps certains philosophes et poètes païens comme Sénèque, Cicéron et Virgile.

En regard de notre temps il est un passage toujours très actuel de la lettre encyclique Quadragesimo Anno du pape Pie XI, qui dénonce avec la plus grande fermeté l’argent inique, c’est-à-dire l’argent détourné de sa fin et devenu essentiellement instrument de pouvoir :

Ce qui, à notre époque, frappe tout d’abord le regard, ce n’est pas seulement la concentration des richesses, mais encore l’accumulation d’une énorme puissance, d’un pouvoir économique discrétionnaire, aux mains d’un petit nombre d’hommes qui d’ordinaire, ne sont pas les propriétaires, mais les simples dépositaires et gérants du capital qu’ils administrent a leur gré.

Ce pouvoir est surtout considérable chez ceux qui, détenteurs et maîtres absolus de l’argent, gouvernent le crédit et le dispensent selon leur bon plaisir. Par là, ils distribuent en quelque sorte le sang à l’organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que sans leur consentement nul ne peut plus respirer.

Cette concentration du pouvoir et des ressources, qui est comme le trait distinctif de l’économie contemporaine, est le fruit naturel d’une concurrence dont la liberté ne connaît pas de limites; ceux-là seuls restent debout, qui sont les plus forts, ce qui souvent revient à dire, qui luttent avec le plus de violence, qui sont le moins gênés par les scrupules de conscience.

À son tour, cette accumulation de forces et de ressources amène à lutter pour s’emparer de la puissance, et ceci de trois façons : on combat d’abord pour la maîtrise économique ; on se dispute ensuite le pouvoir politique, dont on exploitera les ressources et la puissance dans la lutte économique ; le conflit se porte enfin sur le terrain international, soit que les divers États mettent leurs forces et leur puissance politique au service des intérêts économiques de leurs ressortissants, soit qu’ils se prévalent de leurs forces et de leur puissance économiques pour trancher leurs différends politiques.

De la sagesse païenne à la sagesse chrétienneLa mentalité païenne, très centrée sur les jouissances physiques et matérielles et sur la recherche des honneurs, donnait une grande importance à l’avoir et au pouvoir. Cette mentalité foncièrement matérialiste déteignait fortement sur ceux des Juifs qui s’adonnaient au commerce ou étaient constitués en autorité, comme les docteurs de la Loi, dont l’Évangile nous dit qu’ils aimaient l’argent, c’est-à-dire qu’ils étaient cupides (Lc. 16.14). Aux païens devenus chrétiens et aux juifs convertis, saint Paul inculque, sous le nom de piété, une religion vraie, sincère, désintéressée, non considérée ou pratiquée comme une source de profits, mais toujours jointe à la modération :

“Elle est d’un grand profit, la piété jointe à la modération, écrit-il à Timothée (I Tim. VI, 6-10). Car nous n’avons rien apporté dans le monde, et nous n’en pouvons non plus rien emporter. Ayant la nourriture et les vêtements, contentons-nous en. Quant à ceux qui veulent s’enrichir, ils tombent dans la tentation et le piège, et dans beaucoup de convoitises insensées et honteuses, qui précipitent les hommes dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux est l’amour de l’argent : quelques-uns, pour s’y être livrés, ont erré loin de la foi et se sont infligés à eux-mêmes des douleurs nombreuses.”

En accord avec les sages de l’Antiquité, mais avec beaucoup plus de profondeur, la sagesse chrétienne a dénoncé le grand désordre moral de la cupidité ou avarice. Jamais sage n’a condamné le mal de la cupidité en termes plus clairs et plus précis que Jésus-Christ dans l’Évangile.

L’enseignement lumineux de Jésus-Christ

Autant par l’exemple de sa vie que par sa doctrine, Jésus, dès sa naissance dans une étable à Bethléem, s’attaque à l’attachement aux richesses comme à une source principale de malheur pour les hommes. Il commence son sermon inaugural où il expose son programme spirituel, par la béatitude de la pauvreté :”Bienheureux, vous qui êtes pauvres, proclame-t-il, car le royaume des cieux est à vous”… En contrepartie, il veut faire comprendre que la voie du désir et de l’accumulation des richesses est une voie de malheur : “Malheur à vous, les riches, car vous avez reçu votre consolation” (Lc 6, 20-24). Non que Jésus méprise les riches et les condamne, car il est venu pour sauver les pauvres et les riches. C’est l’attachement aux richesses qu’il condamne, c’est-à-dire l’amour de l’argent, la cupidité ou avarice. Il y voit le premier obstacle pour entrer dans le royaume des cieux, pour vivre en enfants de Dieu et pour marcher à sa suite dans l’humilité et l’obéissance d’amour au Père ; il voit donc dans la cupidité l’obstacle premier à cette conversion du coeur qui ouvre le ciel.

Il ne faut pas se méprendre sur le langage de Jésus. Lorsqu’il dit : “Bienheureux les pauvres”, ce n’est pas aux pauvres de biens matériels qu’il pense, car il y a beaucoup de pauvres qui sont très attachés aux biens de la terre. Il s’adresse à tous ceux qui ont l’esprit de pauvreté, qu’ils soient démunis ou comblés, ceux dont le coeur est détaché des richesses, et qui sont ainsi disposés à tout quitter pour le suivre, si telle est la volonté de Dieu sur eux. Dans la bouche de Jésus, la béatitude de la pauvreté est la béatitude de la sagesse de ceux qui sont libres intérieurement vis-à-vis de l’argent, et que la crainte de manquer de quoi que ce soit ne retient pas de faire part de leurs biens aux indigents. Ces hommes détachés de leurs biens et au coeur miséricordieux sont incomparablement plus sages que les plus habiles des hommes d’affaires qui ne pensent qu’à augmenter leur avoir, car ils savent se servir de l’argent, si souvent mal employé, pour se faire des amis qui les accueilleront dans les demeures éternelles. (Lc. 16, 9).

L’anathème que porte Jésus contre les riches – ceux qui aiment l’argent – sonne comme l’annonce du malheur irréparable que se préparent les insensés qui sont attachés à des biens qui passent et qui ne pourront jamais leur procurer le vrai bonheur. Les cupides sont insensés, parce que, pensant et voulant être heureux sur la terre, ils compromettent leur bonheur éternel. Ainsi, pour Jésus, la victoire sur la cupidité par le détachement des richesses n’est pas seulement, comme pour les philosophes grecs, la condition d’une félicité naturelle ; c’est une condition pour obtenir le bonheur éternel.

C’est la seule perspective de ce divin bonheur, qui consiste en la vie éternelle, qui préoccupe Jésus, lorsqu’il prêche, par la parole et l’exemple, le détachement des richesses, et donc la nécessité de triompher de toutes les formes possibles d’avarice. Ainsi, bien malheureux le jeune homme, qui refusa de suivre Jésus, à cause de son attachement à ses grand biens. À cette occasion, Jésus dira :”Avec quelle difficulté ceux qui possèdent des richesses entrent dans le royaume de Dieu ! Il est, en effet, plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu” (Lc 18,24-27). Les riches qui ne font pas du bonheur éternel le but de leur vie sont insensés, car leurs richesses leur seront bientôt enlevées, et avec elles le bonheur éphémère qu’ils se seront fabriqué. C’est la grave leçon qui se dégage de la parabole du riche insensé (Lc 12, 16-21). Cet homme s’est construit de nouveaux greniers pour y amasser les excédents de ses récoltes, car il croit son bonheur assuré pour de très nombreuses années. Mais Dieu lui dit : “Insensé! Cette nuit, on va te réclamer ton âme. Et ce que tu as préparé, pour qui sera-ce?” (Lc 12, 20). Et encore, insiste Jésus : “Que sert à l’homme de gagner l’univers entier, s’il vient à perdre son âme? L’homme, que peut-il donner en échange de son âme?” (Mt 16, 26). Ainsi, c’est à la suprême sagesse que Jésus appelle tous les hommes, lorsqu’il cherche à les guérir de l’avarice.

De cette perspective de sagesse concernant l’obstacle premier au bonheur que constitue l’attachement aux richesses, passons maintenant à l’analyse de l’avarice, comme maladie de l’âme.

L’avarice, une maladie de l’âmeIl y a, certes, différents degrés dans l’avarice. Elle peut être une tendance, venant de l’insécurité, à accumuler des biens plus qu’il ne se doit, et elle peut être un vice profond qui rend esclave de l’argent. Quand elle affecte habituellement le comportement, on peut parler d’une maladie de l’âme : une maladie d’ordre affectif, comme le remarque saint Thomas d’Aquin. Car “l’avarice implique un dérèglement concernant les affections intérieures que l’on a pour les richesses, comme quand on les aime ou qu’on les recherche, ou qu’on se délecte en elles immodérément” (IIa IIae, q. 118, a.2). À ce point de vue affectif, l’avare se fait mal à lui-même, il pèche d’abord contre lui-même par son avarice, car “tout l’ordre de ses sentiments se trouve déréglé, quoique son corps ne le soit pas, comme il l’est par les vices charnels”. (ibid). Les vices charnels sont, comme l’avarice, des maladies affectives, c’est-à-dire des maladies du désir, qui ne s’arrêtent cependant pas au désir, mais ont un effet direct sur le corps.

L’avarice est une maladie dangereuseLes désirs charnels sont, dans un certain sens, moins dangereux que le désir de l’argent, car les désirs charnels s’apaisent par leur satisfaction et leur excès engendre le dégoût, tandis que le désir immodéré de l’argent, lorsqu’il ronge et domine le coeur, ne connaît pas de limite et est insatiable.

À la question posée si l’avarice est un vice incurable, saint Thomas d’Aquin répond que “l’avarice n’est pas un vice incurable en lui-même, mais qu’il l’est relativement, par suite des faiblesses de la nature humaine qui vont toujours croissant. Car plus un individu est faible, plus il a besoin du secours des choses extérieures, et c’est pour cela qu’il est plus porté à l’avarice, comme nous pouvons l’observer chez les vieillards. Par conséquent, ce qu’il y a d’irrémédiable dans ce vice ne prouve pas qu’il soit le plus grave, mais qu’il soit d’une certaine façon le plus dangereux. Ce qui rend aussi ce vice dangereux, ajoute saint Thomas, c’est qu’on se fait illusion facilement à son sujet. On trouve tant de prétextes pour l’excuser qu’on peut en être atteint sans le savoir”.

Les vertus que détruit l’avariceC’est par les vertus que la santé de l’âme est assurée. En détruisant les vertus ou en les affaiblissant, les vices sont les agents premiers de toutes les maladies de l’âme. Pour savoir jusqu’à quel point un vice rend l’âme malade, il faut voir à quelles vertus il s’oppose. Or, l’avarice s’oppose d’abord à la vertu naturelle de libéralité, puis aux vertus théologales et à l’amour du prochain, et elle porte aussi facilement et gravement atteinte à la justice.

1 – L’avarice s’oppose à la libéralité

Aristote dit très justement que l’avarice s’oppose à la libéralité, qui est la vertu morale naturelle qui règle, conformément à la raison, l’usage des richesses. En tant que vertu régulatrice de l’usage des richesses, la libéralité dispose à acquérir et à conserver raisonnablement les biens extérieurs, de manière à s’en départir aisément pour subvenir à ses justes besoins et à ceux de sa famille. L’acte le plus important de la vertu de libéralité est de donner de ses biens, dans une juste mesure, pour satisfaire d’abord à ses propres besoins et contribuer aussi au bien commun de la société. L’avare pèche contre la vertu de libéralité par son appétit effréné du gain, par le désir qui le brûle d’accumuler le plus de richesses possible, et de les conserver bien au-delà de ses besoins et des exigences de sa condition sociale. L’avare veut recevoir le plus possible et il éprouve une grande répugnance à donner de ses biens, même parfois pour acheter ce dont il aurait besoin. Sa passion de l’argent le rend capable de s’imposer à lui-même et d’imposer à sa famille de dures privations pour ne pas diminuer son patrimoine, comme on le voit dans le roman de Claude-Henri Grignon “Un homme et son péché”.

2 – L’avarice s’oppose aux vertus théologales

Dans la mesure où quelqu’un est esclave de l’argent, il préfère les biens temporels au bien éternel et ainsi il pèche contre Dieu. “Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres, dit Jésus. Car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent”. (Lc 16, 13). L’avarice ou cupidité, par l’attachement excessif du coeur aux richesses, s’oppose évidemment à la foi en la Providence de Dieu. Elle s’oppose en même temps à l’espérance, car l’avare tend à ne rechercher de soutien et de secours que dans la sécurité que lui offrent ses biens, dont la conservation lui cause souvent de grandes inquiétudes. L’avarice s’oppose par-dessus tout à la charité envers Dieu, parce que, pour acquérir et conserver son argent, il ne craint pas d’agir de mille manières contre sa volonté, en violant ses commandements. L’appât du gain non combattu ne s’arrête devant aucun crime.

L’avarice ne fait pas que s’opposer aux vertus théologales, elle s’oppose à Dieu lui-même, l’argent prenant dans le coeur de l’avare la place due à Dieu. C’est pourquoi saint Paul voit dans la cupidité une forme d’idolâtrie. (Col. 3,5). “Le cupide est un idolâtre” affirme-t-il (Éph. 5,5). À sa suite, plusieurs Pères stigmatisent ainsi l’avarice. S.Jean Chrysostome va jusqu’à dire que l’avare immole son âme à ses richesses : “On immole aux idoles des boeufs et des moutons ; mais l’avarice veut un autre sacrifice ; elle dit : immolez-moi votre âme, et l’avare lui immole son âme”.

(Commentaires sur St-Jean – Homélie LXV, 3 – Voir texte complet en appendice)

3 – L’avarice s’oppose à la justice et à la charité à l’égard du prochain

Est-il possible d’être attaché excessivement à l’argent, sans être injuste? Oui. Est-ce qu’être avare signifie nécessairement être injuste? Non. Quelqu’un peut être avare sans être injuste, si son vice ne le pousse pas à employer des moyens malhonnêtes pour amasser de l’argent et le conserver. Hélas, c’est le contraire qui se produit le plus souvent. La passion de l’argent fait habituellement sauter tous les interdits, toutes les règles morales. La cupidité est le chemin par excellence des pires injustices. C’est elle qui inspire toutes les formes imaginables de fraudes, de vols, et d’abus de confiance, et cela dans tous les secteurs de l’activité humaine. La soif insatiable de l’argent, non seulement chez les requins de la finance mais aussi chez tous ceux qui sont atteints de cette maladie morale, ne connaît dans la pratique d’autre loi que la fourberie et l’habilité pour s’emparer du bien d’autrui ou le retenir. Les profiteurs au coeur ténébreux et insensibles à la souffrance de leur victimes sont un véritable fléau.

Si l’avarice ne comporte pas nécessairement de faute contre la justice, par ailleurs, elle porte toujours atteinte à la charité à l’égard du prochain,. Ainsi, le mauvais riche qui fut condamné pour ne pas avoir secouru le pauvre Lazare n’avait pas péché contre la justice, mais contre la charité. Car les richesses, acquises légitimement, nous sont données par Dieu pour subvenir à nos besoins et aussi pour venir en aide aux indigents. Ce sont des moyens qui, dans l’intention du Créateur, nous sont confiés afin de nous aider à aimer et servir Dieu ainsi qu’à aimer et servir nos frères. L’avarice ou cupidité tue dans l’âme toute compassion, car son mouvement propre est de conserver ses biens, et tout au plus de les dépenser exclusivement pour soi, plutôt que d’en faire part aux nécessiteux.

Les symptômes de la maladie de l’avariceL’avarice est une maladie de l’âme. D’où la nécessité de déceler les symptômes de cette maladie très dangereuse parce qu’insidieuse et portée à se voiler sous des dehors très raisonnables de sécurité, d’avancement social, d’amélioration de sa qualité de vie, de prospérité économique et même d’une certaine générosité. Car l’avare, celui qui manie des sommes colossales, aime à être considéré comme un philanthrope : les largesses auxquelles il consent justifient sa soif de posséder davantage, son insatiable cupidité. C’est ainsi qu’il arrive que l’avarice puisse s’accompagner de prodigalité, comme le remarque saint Thomas.

Comme l’avarice est une maladie affective, et donc d’ordre spirituel, l’avare pense constamment à l’argent et aux richesses : sa pensée est habituellement tournée vers l’argent. Les désirs qui naissent de sa pensée ainsi orientée l’obsèdent. C’est un obsédé de l’argent et des biens matériels. L’argent fait l’objet de ses plus hautes préoccupations : il est surtout anxieux de faire profiter sa fortune. La perspective d’une perte ou de certaines dépenses à faire l’attriste, et même l’irrite. Son désir de gagner toujours plus d’argent dicte son comportement. L’argent a une telle place dans sa pensée et dans son coeur que cela occasionne d’incessants conflits avec son entourage : sa famille, ses proches, ses compétiteurs dans les affaires. Comme l’illustre “l’Avare” de Molière, il ne veut pas faire les dépenses qui seraient nécessaires au bien-être de sa famille. Il cherche tous les moyens pour éviter de payer sa quote-part de taxes et d’impôts, qui serait sa juste contribution au bien commun de la société. Tels sont les principaux symptômes de la triste maladie de l’avarice.

Les filles de l’avariceDe l’avarice, qu consiste dans le désir immodéré des richesses, découlent en fait une multitude d’autres vices. C’est pourquoi elle est un vice capital. L’amour de l’argent, du dieu-argent qui promet à ses sujets de combler tous leurs désirs, engendre sept filles qui, selon saint Grégoire le Grand, sont les vices issus de l’avarice. (Moral. XXI, c.17).

Les sept filles qui naissent de l’avarice sont : la trahison, la fraude, la tromperie, le parjure, l’inquiétude, la violence, la dureté de coeur ou insensibilité à l’égard des misères d’autrui. Comment naissent de l’avarice ces différents vices? Saint Thomas nous l’explique ainsi : “L’avarice étant un amour déréglé des richesses, elle tombe dans deux sortes d’excès :

1o Elle tient trop à conserver les biens qu’elle possède, et il en résulte qu’elle rend insensible à la misère d’autrui, parce que le coeur n’est pas adouci par la compassion et excité à user de ses richesses pour venir au secours des malheureux.

2o L’avarice tient trop à acquérir des biens. Sous ce rapport, on peut la considérer de deux manières. D’abord, d’après ce qu’elle est dans l’affection. À cet égard, elle produit l’inquiétude, parce que l’homme se donne des soucis et des soins superflus; car l’avare n’est jamais rassasié, comme dit l’Écriture (Eccles. V, 9). Ensuite, on peut la considérer effectivement. Pour avoir le bien d’autrui, tantôt elle emploie la force, ce qui appartient à la violence, tantôt le dol, ce qui prend le nom de tromperie, quand il se pratique par parole simplement et celui deparjure, si on y ajoute la foi du serment. Mais si le dol se commet par des actes, il y a fraude relativement aux choses, et il y a trahison relativement aux personnes, comme on le voit par l’exemple de Judas, qui trahit le Christ par avarice” (IIa IIae, q. 118.a8).

La dépendance de l’argent – avec le désir du pouvoir qui l’accompagne – ferme donc le coeur à la compassion, le durcit, le rend inhumain. C’est l’effet de l’avarice qui a le plus frappé saint Jean Chrysostôme ; il n’a pas d’expressions assez fortes pour dénoncer cette inhumanité. La dépendance de l’argent remplit l’âme d’inquiétude. Elle inspire la violence, car pour s’emparer des biens d’autrui, on est prêt à éliminer ses légitimes possesseurs, et même à lancer de vastes opérations de guerre, si les richesses convoitées en valent la peine. Il faudra, bien entendu, cacher ses véritables intentions sous les nobles prétextes d’un combat nécessaire pour la liberté, pour la démocratie, pour le progrès de la civilisation. La soif exécrable de l’argent et du pouvoir utilise, sans sourciller, avec le sourire même, le mensonge, le parjure, la fraude à petite et grande échelle, comme dans certains scandales boursiers et cette soif démoniaque ne recule devant aucune trahison. C’est ce qui faisait dire au grand orateur Cicéron, vivant dans un milieu politique corrompu, qu’il n’y a pas de devoir si saint et si solennel que l’avarice n’ait coutume d’avilir et de violer”. (De officio)

Les remèdes à l’avariceQuels sont les remèdes à l’avarice?

1. En prendre conscience

Il faut d’abord en prendre conscience. Ce qui est beaucoup moins facile qu’on puisse le penser, comme l’avait remarqué saint François de Sales. “Hélas, Philothée, écrit-il, jamais nul ne confessera d’être avare ; chacun désavoue cette bassesse et vilité de coeur : on s’excuse sur la charge des enfants qui presse, sur la sagesse qui requiert qu’on s’établisse en moyens ; jamais on n’en a trop, il se trouve toujours certaines nécessités d’en avoir davantage ; et même les plus avares, non seulement ne confessent pas de l’être, mais ils ne pensent pas en leur conscience de l’être : non car l’avarice est une fièvre prodigieuse qui se rend d’autant plus insensible qu’elle est plus violente et ardente. Moïse vit le feu sacré qui brûlait un buisson, et ne le consumait nullement : mais au contraire le feu profane de l’avarice consume et dévore l’avaricieux, et ne brûle aucunement; au moins au milieu de ses ardeurs et chaleurs plus excessives, il se vante de la plus douce fraîcheur du monde, et tient que son altération insatiable est une soif toute naturelle et suave”.

Puis, saint François de Sales donne ces signes qui permettent de diagnostiquer la maladie de l’avarice ou cupidité :

“Si vous désirez longuement, ardemment, et avec inquiétude les biens que vous n’avez pas, vous avez beau dire que vous ne les voulez pas avoir injustement, pour cela vous ne cesserez pas d’être vraiment avare. Celui qui désire ardemment, longuement et avec inquiétude de boire, quoiqu’il ne veuille pas boire que de l’eau, ne témoigne-t-il pas d’avoir la fièvre”? (Introduction à la vie dévote, 3o partie, ch. XIV). Ainsi l’avarice est une fièvre de l’âme se rapportant à son intense désir des richesses. C’est de cette fièvre dont souffrait le roi Achab, dans son désir impatient de posséder la vigne de Naboth (I Rois, ch. 21).

2. La prièreLa maladie de l’avarice ne se guérit pas par le seul effort de la volonté. Après en avoir pris conscience à partir de ses symptômes il faut certes vouloir en guérir, mais la guérison du désir immodéré des richesses, qui obsède l’imagination et la pensée, ne peut s’obtenir que par la grâce de Dieu. La raison en est que cette maladie enveloppe l’âme de ténèbres si épaisses, par l’attachement aux biens extérieurs qu’elle implique, que seul le Seigneur peut de sa lumière divine percer l’épaisseur de ces ténèbres. C’est donc vers Lui qu’il faut se tourner par des supplications incessantes pour vaincre l’aveuglement derrière lequel se cache l’avarice, cet aveuglement étant le milieu favorable à la persistance et à la croissance de la maladie.

3. L’exemple et la doctrine de Jésus-ChristLa prière au Seigneur pour vaincre la terrible maladie de l’avarice doit s’éclairer des exemples extrêmement forts que nous a donnés notre divin Sauveur Jésus durant tout le cours de sa vie terrestre, dans sa naissance, sa vie cachée et publique, sa passion et sa mort. Jésus, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, à qui tout appartient en tant que Créateur, a voulu vivre dans un tel détachement et une telle pauvreté qu’il n’avait même pas une pierre où reposer la tête, comme il l’a dit lui-même : “Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des abris, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête” (Lc 9, 58). Juste le fait de regarder souvent Jésus pauvre et si humble, avec le désir de l’aimer et de compter parmi ses disciples, est un remède à l’avarice et à toutes les formes de cupidité. Tout l’enseignement de Jésus concernant le bon usage des richesses et en particulier cette prudence supérieure qui consiste à se servir des biens matériels dont on est pourvu pour soulager la misère d’autrui, nous montre en quelle direction il faut aller pour trouver les meilleurs remèdes à l’avarice.

Pour acquérir les vertus de libéralité, de compassion et de charité fraternelle, opposées à l’étroitesse et à la dureté de coeur que cause l’avarice, il n’y a pas de plus haute sagesse que la doctrine enseignée et vécue par Jésus-Christ, les apôtres et tous les saints, parmi lesquels le Poverello d’Assise, saint François, brille d’un éclat particulier.

4. Les sacrements de Pénitence et d’EucharistieÀ la considération de l’enseignement et de l’exemple de Jésus-Christ et des saints, qui nous montrent la voie à suivre pour vaincre l’avarice, il faut joindre la fréquentation des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. Par ces sacrements, Jésus le divin médecin, agit directement dans l’âme malade pour la délivrer de son aveuglement et de son endurcissement, et pour la guérir en profondeur de ses attachements désordonnés. Dans la mesure où l’âme, consciente de sa misère, se laisse purifier par Jésus dans le sacrement de Pénitence, elle se dispose à être envahie par l’ardente charité du Coeur de Jésus dans la Sainte Eucharistie, qui est l’antidote le plus puissant de l’avarice.

5. La Réflexion

Avec les moyens surnaturels, qui sont absolument indispensables pour guérir de l’avarice, il faut recourir aux moyens naturels à notre portée dont le premier et le plus nécessaire est la réflexion. Il faut réfléchir sur la condition des avares, qui s’accrochent sans cesse à une illusion de bonheur : une illusion, car le bonheur qu’ils cherchent dans les richesses s’éloignera toujours de plus en plus d’eux, à la mesure que grandira leur désir de l’argent. La passion de l’argent qui dévore le coeur est en effet insatiable. L’avare ne peut pas être vraiment heureux. Il se fatigue, s’impose mille privations sans même pouvoir jouir de sa fortune. Il vit dans une inquiétude perpétuelle de perdre ce qu’il a amassé. Il se rend odieux à tout le monde, néanmoins le pouvoir que lui confère son argent, car ce pouvoir est détestable, en tout cas il n’est jamais aimable. Une autre réflexion qu’on peut faire concerne la folie de s’attacher à des biens qui, de toute façon, nous seront violemment arrachés au moment de la mort. “Si vous êtes inclinée à l’avarice,écrit saint François de Sales à une dame, pensez souvent à la folie de ce péché qui nous rend esclaves de ce qui n’est créé que pour nous servir; qu’à la mort, aussi bien faudra-t-il tout quitter et le laisser entre les mains de tel qui le dissipera ou auquel cela servira de ruine et de damnation.”

6. L’accompagnement psychologique et spirituel

Pour guérir de la dépendance à l’argent, surtout chez ces grands malades que sont le joueurs compulsifs, l’aide de personnes-ressources qui connaissent bien la maladie en cause est toujours très utile et parfois nécessaire. Ces personnes en qui on peut mettre sa confiance si, avec l’expérience professionnelle, elles ont une foi éclairée et vivante, agiront comme des thérapeutes spirituels, soucieux de comprendre leurs malades, de leur prescrire les remèdes les plus appropriés à leur condition, et de les soutenir dans le travail intérieur qu’ils ont à faire pour leur rétablissement. Toute dépendance à vaincre met dans une position de combat spirituel, pour lequel il faut apprendre les meilleures stratégies qui conduiront l’âme à sa libération. Il s’agit de se défaire d’une vieille mentalité d’esclave pour en acquérir une nouvelle d’homme libre. Comme l’enseigne le plus illustre des psychologues qui est Jésus-Christ, il faut, pour devenir intérieurement libre en face de l’argent, soumettre complètement le désir des richesses matérielles à un désir plus profond et plus ardent des richesses spirituelles, au point que ce soit ce désir qui détermine toute la conduite.

“N’amassez pas pour vous des trésors sur la terre, où les vers et la teigne les consument, où les voleurs percent les murs et dérobent. Amassez-vous plutôt des trésors au ciel, où ni les vers ni la teigne ne consument, où les voleurs ne percent pas les murs, ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi est ton coeur”. (Mt 6, 19-21)

Un trésor est toujours source de joie, et c’est pour cela qu’on s’y attache. Mais la joie des trésors matériels si fragiles est fugace et illusoire ; elle se change vite en peine et douleur. Seul le souverain trésor des richesses infinies de Dieu mérite que notre coeur s’y attache.

7. L’aumôneOn guérit une maladie par son contraire. Les dispositions les plus contraires à l’avarice et à la cupidité sont la compassion et la charité à l’égard du prochain, qui se traduisent en actes par l’aumône. L’aumône, qui n’est vraiment aumône que lorsqu’elle est faite par compassion et pour l’amour de Dieu, est une oeuvre de miséricorde, qui attire sur soi la miséricorde de Dieu. Le mot lui-même “aumône” vient du grec eleèmozunè qui signifie miséricorde. Le retour de la miséricorde divine sur le coeur miséricordieux, qui ouvre sa bourse aux pauvres, est affirmé en plusieurs endroits de l’Écriture, en particulier au livre de Tobie (IV, 7) : “Faites l’aumône de votre bien, et ne détournez votre visage d’aucun pauvre ; la conséquence sera que le Seigneur ne détournera non plus son visage de vous”.Notre Seigneur proclame cette béatitude : “Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde” (Mt 5, 7).

La miséricorde de l’aumône, tel est le remède à l’avarice, que prescrivait ce grand maître spirituel que fut saint François de Sales :

“Violentez-vous à faire souvent des aumônes et des charités. L’aumône a une double efficacité pour la guérison de cette maladie de l’âme qu’est l’avarice : l’une directe, car elle réagit, par sa nature même contre la tendance de ce vice ; l’autre indirecte, car elle est une oeuvre méritoire qui obtient de la bonté de Dieu, pour celui qui l’accomplit, des grâces de conversion et de sanctification”.

J.R.B.

L’avarice selon St-Jean Chrysostome”L’avarice est un horrible, oui, un horrible fléau : elle ferme les yeux, elle bouche les oreilles de celui qui en est possédé et le rend plus cruel que les bêtes féroces : elle ne lui permet d’avoir nulle attention, nulle considération pour quoi que ce soit, ni pour la conscience, ni pour l’amitié, ni pour la société, ni pour son propre salut ; elle le détache de tout pour l’asservir au joug pesant de sa propre autorité. Et ce qu’il y a de pire dans cet esclavage, c’est qu’elle persuade à ceux dont elle fait ses esclaves qu’ils sont ses obligés ; c’est qu’on s’y complaît d’autant plus qu’on est plus asservi. Voilà par où l’avarice devient une maladie incurable : voilà par où cette bête sauvage est si difficile à prendre et à apprivoiser. Par elle, Giézi, de disciple et de prophète, devint lépreux ; elle perdit Ananie, elle fît un traître de Judas. L’avarice a corrompu les princes des prêtres et les sénateurs, leur a fait recevoir des présents, et les a mis au rang des voleurs : elle a engendré une multitude de maux, inondé les chemins de sang, rempli les villes de pleurs et de gémissements : c’est elle qui souille les repas et y introduit les mets défendus. Voilà pourquoi saint Paul appelle l’avarice une idolâtrie (Éphés, v.5) : et encore, par cette qualification, il n’en a point détourné les hommes.

Mais pourquoi l’apôtre appelle-t-il l’avarice une idolâtrie ? C’est parce que bien des riches n’osent se servir de leurs richesses, qu’ils les gardent précieusement et les remettent à leurs neveux et à leurs héritiers sans y avoir touché, qu’ils n’osent même pas y toucher, comme à des offrandes faites à Dieu. Et s’ils sont quelquefois obligés de s’en servir, ils le font avec réserve et avec respect, comme s’ils touchaient à des choses sacrées auxquelles il ne leur serait point permis de toucher. Mais encore comme un idolâtre garde et honore son idole, vous de même vous enfermez votre or sous de bonnes portes et de fortes serrures; votre coffre, vous vous en faites un temple, vous vous en faites un autel où vous déposez votre trésor et le mettez dans des vases d’or. Vous n’adorez pas l’idole comme lui, mais vous lui prodiguez les mêmes soins. Un homme ainsi préoccupé de la passion d’avarice, donnera plutôt ses yeux et sa vie que son idole. Voilà ce que font les avares qui sont passionnés pour l’or.

Mais, direz-vous, je n’adore point l’or. Le gentil non plus n’adore point l’idole, mais le démon qui demeure en elle. Vous, de même, vous n’adorez pas votre or; mais le démon qui, par vos yeux avidement fixés sur l’or et par votre cupidité, est entré dans votre âme, vous l’adorez. Car l’amour des richesses est pire que le démon : c’est un dieu à qui plusieurs obéissent avec plus de zèle que les gentils n’obéissent à leurs idoles. Ceux-ci n’obéissent pas aux leurs en bien des choses, mais les autres leur sont soumis en tout, et font aveuglément tout ce qu’elles leur prescrivent.

Que commande l’avarice? Soyez, dit-elle, ennemi de tout le monde, oubliez les devoirs de la nature, négligez le service de Dieu : vous-même, sacrifiez-vous à moi : et ils lui obéissent en tout. On immole aux idoles des boeufs et des moutons ; mais l’avarice veut un autre sacrifice ; elle dit : immolez-moi votre âme, et l’avare lui immole son âme. Ne voyez-vous pas quels autels on élève à l’avarice, quels sacrifices elle reçoit? Les avares ne seront point héritiers du royaume de Dieu (I Cor. VI, 10) ; et ils ne craignent et ils ne tremblent point. Mais toutefois cette passion est la plus faible de toutes : elle n’est point née avec nous, elle ne nous est point naturelle : si elle venait de la nature, elle aurait établi son règne dès le commencement du monde. Or, au commencement il n’y avait point d’or, personne n’aimait l’or.

Mais voulez-vous savoir d’où naît cette passion? comment elle a crû, comment elle s’est étendue? Le mal s’est propagé parce que les hommes ont porté envie aux riches qui avaient vécu avant eux, et le spectacle de la prospérité d’autrui a stimulé jusqu’à l’indifférence. Voyant que d’autres ont eu de magnifiques maisons, de vastes domaines, des troupes de valets, des vases d’argent, des armoires pleines d’habits, on n’épargne rien pour les surpasser ; de sorte que les premiers venus irritent la cupidité des seconds, et ainsi de suite. Mais, si les premiers avaient voulu vivre dans la modération et dans la frugalité, ils n’auraient pas servi de maîtres et de modèles à ceux qui sont venus après eux. Toutefois, ceux qui les suivent, et qui imitent leur luxe, ne sont pas pour cela excusables, ils ont d’autres modèles ; il se trouve encore des gens qui méprisent les richesses. Et qui est-ce qui les méprise? direz-vous. Effectivement, ce qui est le plus fâcheux, c’est que ce vice a tant de force et d’empire qu’il semble invincible : on croit que tout est soumis à ses lois, et qu’il n’est personne qui suive la vertu contraire, je veux dire la modération, la tempérance.

Je pourrais néanmoins, en compter plusieurs, et dans les villes et sur les montagnes : mais de quoi cela vous servirait-il? Vous ne changeriez point, vous n’en deviendriez pas meilleurs. De plus, je ne me suis pas proposé de traîter aujourd’hui cette matière, et je ne dis pas qu’il faille répandre ses richesses et s’en dépouiller. Je le voudrais pourtant bien, mais parce que cela paraît trop difficile, je ne vous y obligerai pas. Seulement je vous exhorte à ne point désirer le bien d’autrui, et à faire part aux pauvres des biens que vous possédez.”

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S. Jean Chrysostome, Commentaire sur Saint-Jean, Homélie LXV,3.

J.R.B. 

YT  Source http://www.lumenc.org/yt/malcupidite.html

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