11h00 puis notamment achats au marché pour montrer notre soutien aux producteurs locaux

14h00 stationnaire devant la gare

15h00 puis cortège avec les jeunes du climat.


Les investissements de la BNS dans le monde hors de la Suisse polluent plus que toute la Suisse, sic, en violation de nos accords internationaux, des sociétés concurrentes de nos industries favorisés par milliards, notamment horlogers, montres Apple…)   ! 
Les francs suisses sont aux suisses. 
Or, nous devons les louer pour les utiliser !  
Trop, c’est trop !

Comment faire, quelques pistes !

Démonstration !

Vidéo très populaire sur plusieurs sites:



Explications:

https://micro-taxe.blogspot.com/2019/01/micro-dons-rbi-sans-taxes-ni-impots-ni.html


https://www.artisansdelatransition.org/rapports.html

https://www.facebook.com/events/2218496451697338/?active_tab=about

Y A LE FEU AU LAC !

Y A LE FEU AU LAC !

Des personnalités de Suisse romande se mobilisent pour le climat et invitent leurs concitoyen.ne.s à marcher ensemble le samedi 2 février.

Avec AlioseBlaise Bersinger, Claude Marthaler, Cosey, Dominique Bourg, Gaël Métroz, Henri Dès, Jean Rosset, Jean-Philippe Rapp, Jonas Schneiter, Julien Perrot, Léa Sprunger, Leïla Rölli, Lila Ribi,Marc Aymon, Marc Müller, Maria Mettral, Olivia PedroliPhanee de Pool, Pierrick Destraz, Virginia Markus , Zep.

Ecrit, produit et réalisé par Nikola et Pablo Sanz.
Musique par FRZ Prod.

—————

LES ÉVÉNEMENTS FACEBOOK PAR VILLE :

Lausanne : https://www.facebook.com/events/2371517026257087/
Genève : https://www.facebook.com/events/533738053806187/
Neuchâtel : https://www.facebook.com/events/787474731611637/
Delémont : https://www.facebook.com/events/319153785388455/
Fribourg : https://www.facebook.com/events/365520784038854/
Berne : https://www.facebook.com/events/297878407536006/
Zürich : https://www.facebook.com/events/366203014181053/
Bâle : https://www.facebook.com/events/374596816650449/
Lucerne : https://www.facebook.com/events/371359136781397/
St-Gall : https://www.facebook.com/events/610738756045872/
Soleure : https://www.facebook.com/events/342211483058353/
Bienne : https://www.facebook.com/events/231669664404376/
Bellinzone : https://www.facebook.com/events/1038218553032172/

Site officiel de la manifestation :https://www.klimademo.ch/fr?fbclid=IwAR1KyU4b4UEffyuZkeuWfa995sur2iZUvh2fnt8rPwNn_W6_w-eUAWa-rWI

Les investissements de la BNS dans l’industrie des énergies fossiles sont contraires aux intérêts de la Suisse

Mardi 24 avril 2018, les Artisans de la transition publient une nouvelle étude sur les placements de la Banque nationale suisse dans l’industrie des énergies fossiles aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Alors que cette institution gère l’une des plus importantes fortunes au monde, elle n’a toujours pas de politique climatique. Ce faisant, la BNS est en retard sur l’évolution de la finance internationale, en contradiction avec les politiques climatiques fédérales et nuit aux intérêts de la Suisse.
Rapport 1
Les investissements de la BNS dans l’industrie fossile aux Etats-Unis : une catastrophe financière et pour le climat
Jeudi 16 décembre, les Artisans de la transition publient un rapport sur les placements de la Banque nationale suisse aux Etats-Unis. Pour les Artisans de la transition, South Pole Group a passé en revue les 2535 titres que la BNS possède aux Etats-Unis, évalué les émissions de CO2dont ils sont responsables et l’évolution de leur valeur du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015, date du dernier exercice pour lequel les émissions de CO2 des entreprises sont connues.
Les résultats sont éloquants : avec moins de 10 % de sa fortune placés à la Bourse des Etats-Unis, soit 61,5 milliards de dollars/francs (les deux monnaies sont à parité), la Banque nationale suisse (BNS) émet autant de CO2 que la Suisse entière et contribue à placer le monde sur une trajectoire de +4°C à +6°C de hausse de la température. Très loin, donc, de l’objectif de l’accord de Paris qui vise à limiter cette hausse bien en dessous de 2°C. Et au lieu d’obtenir de solides rendements financiers, la BNS a perdu, avec ses placements dans l’industrie fossile aux Etats-Unis, 4 milliards de dollars/francs en trois ans.
Cette étude ne vise pas à stigmatiser la BNS, mais à attirer l’attention de tous les investisseurs, c’est-à-dire de tout le monde, sur le fait que la place financière helvétique ignore la bulle carbone et que cela nuit tant au climat qu’à ses rendements financiers. En conséquence, les Artisans de la transition interpellent le Conseil fédéral et le Parlement fédéral pour qu’ils demandent à la BNS de modifier sa politique de placements qui, sur le chapitre du climat, ne respecte à l’évidence pas l’intérêt général du pays comme le demande la loi sur la BNS. Cette politique est, de plus, en totale contradiction avec l’objectif du Conseil fédéral de réduire de 20 % les émissions de CO2de la Suisse par des projets à l’étranger.
Les Artisans de la transition interpellent en outre tous les gestionnaires d’actifs, en particulier les responsables des placements des caisses de prévoyance, pour qu’ils évaluent leur exposition à l’industrie fossile et les pertes que cette exposition engendre. L’exemple de la BNS montre que ces pertes sont déjà très importantes. La priorité est de désinvestir des 200 entreprises les plus lourdement impliquées dans l’industrie fossile, le CU200, avec pas ou peu de chances de se reconvertir. Et de se tourner vers des services financiers qui analysent les portefeuilles d’actifs pour les rendre compatibles avec le respect de l’accord de Paris.
Télécharger le rapport 1 (pdf)

1) Le portefeuille d’actions connu de la Banque nationale suisse
(95,6 milliards de dollars, 92 milliards de francs, soit l’équivalent
de 60 % des placements en actions de la banque) est à l’origine
des émissions de 48,5 millions de tonnes de CO2 en 2017. Une quantité
supérieure aux émissions totales imputées à la Suisse en 2016
(48,3 millions de tonnes), dernière année où ce chiffre est disponible.
2) Si elle avait pris la décision de désinvestir les 7,4 milliards de francs
qu’elle a placés dans les entreprises les plus émettrices de CO2, et
les avait réinvestis dans les entreprises les plus vertueuses du point
de vue du climat, la BNS aurait divisé par
deux les émissions liées
à son portefeuille d’actions. Et aurait amélioré son résultat financier
de 20 milliards de francs durant ces trois dernières années (du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017).
3) La BNS gère une fortune de 843,3 milliards de francs. Par comparaison,
les 1700 institutions de prévoyance professionnelle actives en Suisse
fin 2017 géraient une fortune globale de 824 milliards de francs.
Le poids de la BNS pour orienter la place financière helvétique vers
le respect de l’accord de Paris et influencer le cours de la transition
énergétique et écologique est donc immense.
4) La BNS sous-investit dans le secteur des énergies renouvelables :
seuls 11 % de ses actions dans la production électrique sont placés
dans des entreprises orientées vers les énergies renouvelables alors
qu’un scénario compatible avec un réchauffement de 2°C exigerait
le double. De même, la BNS reste figée sur le moteur à combustion :
94 % de ses titres dans le secteur automobile concernent cette technologie alors qu’un scénario à 2°C abaisserait sa part à 75 %.
5) Certaines des entreprises les plus nocives pour le climat dans
lesquelles la BNS investit sont aussi responsables de violations
des droits de l’homme et de graves dommages écologiques locaux.
6) De plus, de profondes contradictions entre la politique de la BNS et les
politiques publiques fédérales entraînent un gaspillage de moyens et
nuisent à l’efficacité des mesures qui aideraient à réduire le problème
alors que le temps manque. Voici trois exemples de contradictions
flagrantes auxquelles il faudrait mettre un terme :
Messages clefs
4 ArtisansdelaTransition
– En 2017, la Suisse a contribué à fonder l’Alliance Past Coal qui milite
pour la fin des centrales à charbon conventionnelles d’ici 2030.
La BNS, en revanche, soutient cette filière électrique, la plus polluante qui soit, en investissant plus de deux milliards de francs
dans ce secteur.
– Le projet de loi sur le CO2 en discussion au Parlement fédéral
prévoit de dépenser jusqu’à 3,75 milliards de francs à l’étranger
entre 2021 et 2030 pour compenser 50 millions de tonnes de CO2
dues au trafic automobile en Suisse. Or, la BNS investit au moins
6,2 milliards de francs pour aider les entreprises pétrolières
à extraire toujours plus de ce combustible pour que toujours plus
de voitures puissent rouler en Suisse.
– La Suisse dépense chaque année près de deux milliards de francs
pour aider les pays pauvres. Or, 80 % des pays où la coopération
suisse concentre son action sont sur la liste des pays les plus affectés par le changement climatique. La politique d’investissements
de la BNS affecte en priorité précisément ces mêmes pays.
7) Une gestion de fortune de la BNS cohérente avec les politiques
fédérales de lutte contre le réchauffement climatique et la pauvreté
décuplerait leur efficacité. Elle montrerait la voie à toute la place
financière helvétique qui favorise aujourd’hui, comme la BNS, une
trajectoire de +4°C à +6°C.
8) Au niveau mondial, les initiatives pour aligner les flux financiers
sur l’accord de Paris se multiplient : huit banques centrales ont initié
un réseau d’échange et de réflexion sur les moyens d’orienter les
marchés financiers vers la lutte contre le changement climatique.
La Banque mondiale arrêtera tout financement d’infrastructures
d’exploitation de gaz et de pétrole à partir de 2019. La Commission
européenne a publié sa feuille de route « pour amener le système
financier à soutenir les actions de l’UE en matière de climat et de
développement durable ».
9) La BNS dispose de toute la légitimité et de tous les outils pour
adopter une politique climatique responsable. Si elle refuse
de le faire, le Conseil fédéral et le parlement doivent intervenir
pour l’amener à agir de manière cohérente avec ses politiques
en faveur de la protection du climat.
Les investissements
de la BNS
dans l’industrie des énergies fossiles
sont contraires
aux intérêts de la Suisse
Susana Jourdan et Jacques Mirenowicz*
Le portefeuille d’actions connu de la
Banque nationale suisse (95,6 milliards de dollars, 92 milliards de
francs, soit l’équivalent de 60 % des
placements en actions de la banque)1
est à l’origine des émissions de 48,5
millions de tonnes de CO2 en 20172
.
Une quantité supérieure aux émissions totales imputées à la Suisse en
2016 (48,3 millions de tonnes), dernière année où ce chiffre est disponible.
Si elle avait pris la décision de désinvestir les 7,4 milliards de francs identifiés qu’elle a placés dans les entreprises les plus émettrices de CO2,
et les avait réinvestis dans les entreprises les plus vertueuses du point
de vue du climat, la BNS aurait divisé
par deux les émissions liées à son portefeuille d’actions. Et aurait amélioré
son résultat financier de 20 milliards
de francs durant ces trois dernières
années (du 1er janvier 2015 au
31 décembre 2017). Voilà les principales données qui ressortent de l’analyse que les ArtisansdelaTransition
ont demandée au cabinet ISS-Ethix,
basé à Zurich.
Ces chiffres confirment ceux publiés,
en décembre 2016, dans le premier
rapport des ArtisansdelaTransition
sur les investissements de la BNS
dans l’industrie des énergies fossiles
aux Etats-Unis (ArtisansdelaTransition, 2016). Si, cependant, le montant du portefeuille a fortement augmenté – passant de 61,5 à 92 milliards
de francs –, c’est en grande partie à
cause de l’appréciation des bourses
et des devises entre les dates retenues pour l’analyser : 31 décembre
2015 pour le premier rapport, 30 septembre 2017 pour le présent rapport.
De plus, la présente analyse inclut les
placements de la BNS à la Bourse de
Londres et dans quelques autres entreprises européennes, données qui
n’étaient pas disponibles lorsque le
premier rapport a été rédigé.
Poids immense
Pour compléter l’analyse d’ISS-Ethix,
les ArtisansdelaTransition ont demandé à 2 Degrees Investing d’évaluer le
portefeuille de la BNS au regard de
l’objectif inclus dans l’accord de Paris de ne pas dépasser 2°C de hausse
de la température moyenne sur Terre
par rapport à l’époque préindustrielle.
Cette association basée à Paris,
ArtisansdelaTransition 5
* Susana jourdan
et Jacques Mirenowicz
sont codirecteurs
de l’association
Artisans de la transition
www.artisansdelatransition.org
1) La BNS ne publie aucune donnée sur ses placements. L’analyse présentée ici est fondée sur les recherches
du cabinet néerlandais Profundo, qui a accès à des bases de données spécialisées.
2) Sont considérées dans ce montant les émissions sur la totalité du cycle de vie des biens ou des services
que fournit l’entreprise. Ce que les spécialistes appellent les Scope 1,2 et 3.
Londres, Berlin et New York a pour
mission de mettre au point une métrique standard pour évaluer la compatibilité des placements financiers
avec cet objectif international.
L’Office fédéral de l’environnement
a notamment mandaté 2 Degrees Investing en 2017 pour évaluer les portefeuilles des caisses de pension
suisses qui en ont fait la demande.
Selon l’analyse de 2 Degrees Investing effectuée pour les Artisansde6 ArtisansdelaTransition
Un portefeuille « assaini » aurait émis deux fois moins
de CO2 et récolté 20 milliards de francs en plus
ISS-Ethix a simulé l’évolution de la valeur du portefeuille de la BNS si elle
avait désinvesti le 1er janvier 2015. Pour effectuer ce calcul, il a retiré du
portefeuille toutes les entreprises de l’indice Carbon Underground 200
que vise la campagne mondiale de désinvestissement et celles qui obtiennent 30 % ou plus de leur chiffre d’affaires de l’extraction ou de l’utilisation de charbon.
Puis il a placé les montants retirés de l’industrie des énergies fossiles
dans des entreprises qui se sont clairement engagées à créer un avenir
aligné sur l’accord de Paris : des entreprises qui font partie du Clean 200
ou qui se donnent des objectifs de réduction des émissions fondés sur des
données scientifiques. Le Clean 200 est la liste des plus grandes sociétés
cotées en Bourse qui tirent leurs revenus totaux d’énergies propres ou
qui construisent les infrastructures et les services nécessaires à la transition énergétique.
ISS-Ethix a ensuite calculé l’évolution de la valeur du portefeuille « assaini » du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017. Résultat : la différence entre
les deux portefeuilles est de 20 milliards de francs de gains en faveur du
portefeuille assaini. Et ce portefeuille nettoyé émet moitié moins de CO2
que le portefeuille actuel. Autrement dit, la BNS pourrait faire pencher la
balance du côté de la transition énergétique au lieu de peser de tout son
poids du côté du verrouillage de cette transition. Et cela sans coût. Mieux,
avec un bénéfice très substantiel.
Tous les milieux financiers, y compris la BNS, sont habitués à voir des secteurs sous-performer pendant un moment, qui peut durer des années,
avant de remonter. D’où l’intérêt de panacher son portefeuille, de le diversifier pour compenser les pertes momentanées dans certains secteurs
par des gains dans d’autres secteurs. Certes, la BNS a perdu 20 milliards
de francs en trois ans en conservant ses placements dans l’industrie des
énergies fossiles. Mais sans doute se demande-t-elle : pourquoi ce secteur ne finirait-il pas, comme tant d’autres, par remonter ?
Le problème est que dans le cas présent, tout doit être fait, au niveau
politique – et de plus en plus est effectivement fait – pour que le cours
des actions dans le secteur des énergies fossiles ne remonte plus jamais.
Et tout acteur responsable, sur les plans politique et financier, se doit de
concourir à la rétraction irréversible de ce secteur au profit, notamment,
des secteurs des énergies renouvelables et des économies d’énergie.
laTransition, plus d’un quart (26 %)
du portefeuille de la BNS est investi dans des secteurs très émetteurs
de gaz à effet de serre : industrie
des énergies fossiles, industrie automobile, production de ciment et
d’autres matériaux de construction,
acier, aluminium et aviation.
En revanche, la BNS sous-investit dans le secteur des énergies renouvelables : seuls 11 % de ses actions dans la production électrique
sont placés dans des entreprises
orientées vers les énergies renouvelables, alors qu’un scénario à 2°C
exigerait le double. De même pour
les investissements dans le secteur
automobile : la BNS reste attachée
aux fabricants figés sur le moteur à
combustion : 94 % de ses titres dans
le domaine automobile concernent
cette vieille technologie, alors qu’un
scénario à 2°C prévoit de baisser
ce chiffre à 75 %.
ArtisansdelaTransition 7
Samedi 14 octobre 2017, un habitant de Bondo rentre chez lui.
Le mercredi 23 août, un éboulement d’environ quatre millions
de mètres cubes de roches du Piz
Cengalo a contraint les habitants
de ce village du massif du Bergell
à le quitter pendant près de deux
mois. Selon l’Académie suisse des
sciences, le pergélisol de haute
montagne va continuer de fondre
dans les Alpes jusque dans ses
couches les plus profondes, multipliant les chutes de pierres et
les éboulements.
8 ArtisansdelaTransition
Les graves dommages à l’environnement
de l’industrie des énergies fossiles
Les ArtisansdelaTransition ont demandé à ISS-Ethix de
passer le portefeuille de la BNS au crible des normes
établies dans les dix principes du Pacte mondial des
Nations unies. Ces principes concernent le respect des
droits de l’homme et des travailleurs, la protection
de l’environnement et la corruption. Ce standard est
le plus basique de tous les standards de responsabilité sociale disponibles. Résultat : environ 1 % des entreprises dans lesquelles la BNS investit sont connues
pour ne pas respecter ce standard minimal.
Fait remarquable : sur les quinze entreprises mises en
cause, la moitié est active dans l’industrie des énergies
fossiles. Ce qui n’est guère surprenant : l’exploration,
l’extraction, le raffinement et le transport des matières fossiles exigent d’énormes infrastructures qui
ont une très forte emprise sur les territoires et causent
de lourds dégâts aux écosystèmes, dont la survie des
plus pauvres dépend.
Loin de la Börsenstrasse, à Zurich, où la BNS siège, des
millions de personnes subissent les effets parfois particulièrement nocifs de l’exploitation du sous-sol que cette
institution finance sans suffisamment de discernement.
Ainsi, l’entreprise pétrolière Royal Dutch Shell est
connue pour son échec avéré à prévenir et à nettoyer
la pollution de l’eau et du sol et à remédier aux impacts environnementaux de ses activités au Nigeria.
Amnesty International accuse en outre sa filiale nigériane de se servir de l’armée pour faire taire ses critiques. L’entreprise française Total est aussi active au
Nigeria, où elle est sous le feu des critiques pour la pollution du delta du Niger.
Chevron est une autre entreprise pétrolière parmi les
plus irresponsables du monde en matière des droits
environnementaux et humains. Le cas le plus emblématique des violations des droits concerne l’Equateur. Chevron y a été condamné en 2011 à verser une
amende de 9,5 milliards de dollars pour les dégâts causés à la forêt amazonienne entre 1964 et 1990. Mais
l’entreprise refuse de payer.
Plus grande entreprise pétrolière au monde, ExxonMobil est synonyme d’action irresponsable. Avec
Royal Dutch Shell, Chevron et deux autres entreprises,
elle fait l’objet d’une investigation judiciaire suite à la
plainte déposée le 20 septembre 2017 par les villes de
La BNS gère une fortune de 843,3 milliards de francs. Par comparaison, les
1700 institutions de prévoyance professionnelle actives en Suisse fin 2017
géraient une fortune globale de 824
milliards de francs. Le poids de la BNS
pour orienter la place financière helvétique vers le respect de l’accord de
Paris et influencer le cours de la transition énergétique et écologique est
donc immense.
Réponses de la BNS
et du politique
Suite à la parution de son premier
rapport sur les placements de la
BNS dans l’industrie des énergies
fossiles aux Etats-Unis, les ArtisansdelaTransition ont écrit le 22 décembre 2016 à la direction de la BNS
pour lui demander de pouvoir présenter en interne les résultats de
cette étude.
Dans sa réponse du 8 février 2017,
le secrétaire général de la BNS,
Peter Schöpf, explique pourquoi la
BNS ne désinvestira pas de l’industrie des énergies fossiles et juge
une telle présentation inutile.
Son argumentaire se déploie en
trois points. En premier lieu, relève
Peter Schöpf, la politique de placement de la BNS est « subordon-
ArtisansdelaTransition 9
San Francisco et d’Oakland pour leur participation à la
diffusion du doute à propos de la contribution de l’activité humaine au réchauffement climatique.
Dans le cas d’ExxonMobil, des documents internes
prouvent qu’elle prenait des mesures pour protéger ses
infrastructures du changement climatique. ExxonMobil
est en outre impliquée dans plusieurs procès en cours
pour sa responsabilité dans la pollution de sites d’exploitation de sables bitumineux au Canada et en Russie.
TransCanada : cette entreprise porte le projet d’oléoduc Keystone XL qui est au cœur d’une mobilisation sans
précédent aux Etats-Unis depuis 2012. Face au refus de
délivrer un permis d’extension de l’Administration Obama, l’entreprise a attaqué en justice le Gouvernement
des Etats-Unis en exigeant 15 milliards de dollars de
compensation. L’oléoduc Keystone en exploitation depuis 2010 est la cause de fuites d’hydrocarbures importantes et répétées.
Suncor et Pétrolière impériale sont responsables de
graves pollutions autour du complexe Syncrude, en Alberta, au Canada.
Enbridge Inc, Marathon Petroleum et Phillips 66 sont
confrontés à maintes controverses sur les droits de
l’homme aux Etats-Unis en rapport avec leur oléoduc
Dakota Access Pipeline (DAPL) entré en service en avril
2017. Les Indiens sioux qui habitent la réserve de Standing Rock continuent de se battre pour faire fermer
cette infrastructure.
BHP Billiton est active dans l’extraction du charbon et
de bien d’autres minerais. Elle est mise en cause pour
sa gestion de la mine de Samarco à l’origine d’une des
pires catastrophes écologiques de l’histoire du Brésil.
Le 19 novembre 2015, le barrage qui retenait les déchets d’extraction du minerai de fer a cédé, déversant
une coulée de boue chargée de métaux lourds qui a tué
19 personnes, détruit le domicile de 600 autres, privé
d’eau 280 000 habitants de deux Etats et pollué 650 kilomètres de rivière.
Vedanta est une autre entreprise minière qui possède
en outre des installations d’extraction de pétrole et gaz
et des usines électriques à charbon. Le quotidien britannique The Independent l’a qualifiée d’entreprise « minière la plus haïe au monde ». Elle fait régulièrement la
une des journaux britanniques et indiens pour la pollution qu’elle génère, des cas de violation des droits des
communautés locales en Inde et en Afrique, ainsi que
des affaires de corruption.
née aux impératifs de sa politique
monétaire ». A ce titre, « ses placements doivent obéir aux critères de
la sécurité, de la liquidité et du rendement ». En outre, ajoute Peter
Schöpf, étant donné le volume très
important des titres en jeu, il est fondamental « d’assurer leur diversification optimale ». Et aussi :
« Au sein même des différentes catégories de placements, [la BNS] s’efforce de couvrir autant que possible
l’ensemble du marché.»
En deuxième lieu, continue Peter
Schöpf, la BNS pratique, pour ses investissements en actions, une gestion indicielle : elle gère ses actions
« de manière passive et conformément à des règles préétablies, sur la
base d’un indice de référence stratégique combinant divers indices boursiers sur plusieurs marchés et dans
différentes monnaies ». Le secrétaire
général de la BNS assure que « ce
mode de gestion permet à la Banque
nationale d’agir de manière aussi neutre que possible sur les différents marchés ».
Troisième point : Peter Schöpf affirme que la BNS exclut de ses placements, depuis 2013, les titres « des
entreprises qui causent de manière
systématique de graves dommages
à l’environnement ». Mais soutient
que la BNS ne peut pas exclure une
branche économique entière. Cela serait contraire au principe de diversification et « créerait un précédent, car
l’activité de nombreuses branches a
des conséquences qui, selon les priorités fixées par les uns et les autres,
pourraient être considérées comme
socialement indésirables ou nuisibles ».
En résumé, la BNS prétend que le climat ne fait pas partie de son champ
de compétence ni d’intervention,
qu’il n’y a pour elle pas d’enjeu particulier avec ce secteur, que ses choix
d’investissements sont neutres au
regard des marchés et qu’elle exclut déjà les entreprises qui causent
de manière systématique de graves
dommages à l’environnement.
La BNS affirme ainsi qu’il est juste et
pertinent pour elle de tourner le dos
à l’accord universel de Paris sur le climat et de délibérément continuer de
favoriser un réchauffement de +4°C à
6°C. C’est là un positionnement choquant, qui n’est pas acceptable.
Tout d’abord, il n’est tout simplement
pas vrai que la BNS exclut déjà toutes
les entreprises « qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement » : la présente étude des ArtisansdelaTransition montre que la BNS détient
des titres d’entreprises pétrolières
et minières dont les méfaits
environnementaux systématiques
sont bien documentés.
En complément à la ligne d’arguments de Peter Schöpf, Mme Andréa
Maechler, membre de la direction de
la BNS, faisait une remarque très importante en réponse au journaliste
de la RTS qui, le 15 décembre 2016,
l’interpellait pour le téléjournal sur
les résultats du rapport des ArtisansdelaTransition sorti le jour même.
Andréa Maechler estimait que les
placements de la BNS dans l’industrie des énergies fossiles sont une
question politique et qu’il revient au
pouvoir politique d’établir des règles
sur ce plan, que la BNS appliquera.
Les ArtisansdelaTransition ont donc
rédigé et envoyé une lettre, le 22 décembre 2016, à Mme Doris Leuthard,
directrice du Département fédéral
de l’environnement, des transports,
de l’énergie et de la communication
(DETEC) et présidente de la Confédération en 2017, pour lui demander
d’intervenir auprès de la BNS sur la
question politique majeure des placements de la BNS dans l’industrie
des énergies fossiles.
Les ArtisansdelaTransition ont interrogé la conseillère fédérale et future
présidente de la Confédération en
ces termes : « Le Conseil fédéral estil d’accord que l’argent des Suisses
contribue au désastre climatique ?
Est-il d’accord de tirer un bénéfice financier de la destruction irréparable
du climat ? »
Dans sa réponse datée du 23 mai
2017, Doris Leuthard observe qu’« en
ce qui concerne les investissements
de la BNS, ni le Conseil fédéral ni le
Parlement n’a le droit d’influencer
les décisions ou de donner des instructions. L’indépendance sur le plan
fonctionnel, financier et personnel
est ancrée dans la Constitution et garantit ainsi l’autonomie budgétaire. »
Cependant, la présidente de la Suisse
signale aussi que « la Confédération veut assumer un rôle de soutien
à une démarche générale, coordonnée au plan international, pour la détermination des indices référentiels
servant à comparer différents paramètres de la comptabilité climatique.
[…] Cette démarche permettra de définir les bases d’un futur rapport sur
la compatibilité des flux financiers
avec le climat, qui devra être établi
par la Suisse à l’intention du Secrétariat des Nations unies sur les changements climatiques, conformément à
l’accord de Paris. »
En clair, la Confédération est engagée dans la définition de standards
internationaux sur le climat auxquels
la BNS pourrait se conformer, en
toute indépendance, si elle le juge
10 ArtisansdelaTransition
ArtisansdelaTransition 11
Piste de ski à Celerina, en Engadine,
le 12 décembre 2016.
Selon l’Académie suisse des sciences,
la saison de la neige va encore
se raccourcir de plusieurs semaines
durant les prochaines années et la
limite pluie-neige s’élever de plusieurs
centaines de mètres.
opportun, le jour où ces standards
exerceront leurs effets sur l’ensemble de la place financière
internationale.
La position des Artisans, au vu de
l’évolution alarmante du climat, est
que le temps presse trop pour qu’on
puisse se permettre d’attendre une
telle évolution des règles internationales : la BNS a d’ores et déjà le pouvoir de faire infiniment mieux, sans
tarder, sur cette question décisive
du climat qu’elle ne le fait actuellement. Les signes que le milieu de la
finance avance sur le climat se multiplient depuis quelque temps. La BNS
devrait se joindre à cet élan en train
de grandir.
Quant au politique, la question se
pose de manière aiguë : peut-il vraiment se retrancher derrière une
Constitution qui se révèle défaillante
en l’empêchant d’exercer une légitime pression sur la BNS au regard
des données disponibles sur l’évolution du climat et la responsabilité
gigantesque de cette institution au
mandat – la politique monétaire du
pays – éminemment politique ?
Chacun de ces deux points – l’évolution de la place financière internationale sur le climat et la possibilité
d’exercer une pression politique sur
la BNS – mérite d’être examiné de
plus près.
La place financière mondiale
bouge
Sur la scène mondiale, plusieurs
actions récentes de grands acteurs
de la sphère financière révèlent la
montée de la volonté d’une partie
de ce milieu de respecter les objectifs de l’accord de Paris. Cet accord
est entré en vigueur avec une rapidité inédite, le 4 novembre 2016, moins
d’un an après son approbation,
à Paris, le 12 décembre 2015, par les
parties de la 21e
Conférence des
parties de la Convention-cadre des
Nations unies sur les changements
climatiques (COP 21).
A l’instigation de la France, des Nations unies et de la Banque mondiale,
une cinquantaine de chefs d’Etat
et de gouvernement se sont à nouveau réunis dans la capitale française
lors du One Planet Summit, le 12 décembre 2017, afin de faire perdurer
l’élan généré à Paris deux ans plus tôt
malgré le retrait des Etats-Unis de
cet accord, le 1er juin 2017, à l’initiative de leur président Donald Trump.
Depuis Paris, huit banques centrales
ont annoncé, le 12 décembre 2017,
initier un réseau d’échange et de réflexion sur les moyens d’orienter
les marchés financiers vers la lutte
contre le changement climatique.
Ce consortium, appelé Réseau des
superviseurs et des banques centrales pour le verdissement du système financier, réunit la Banque du
Mexique, la Banque d’Angleterre,
la Banque de France, l’Autorité de
contrôle prudentiel et de résolution,
la Banque des Pays-Bas, la Banque
fédérale d’Allemagne, la Finansinspektionen suédoise, l’Autorité monétaire de Singapour et la Banque populaire de Chine.
Le même jour, la Banque mondiale
(qui avait informé se désengager du
charbon dès 2010) annonçait sa décision d’arrêter tout financement d’infrastructures d’exploitation de gaz et
de pétrole à partir de 2019 afin de tenir compte « de l’évolution rapide du
monde ». Et dévoilait une série d’initiatives pour améliorer la transparence de ses activités au regard de la
situation du climat et pour s’engager
dans le financement de la transition.
Toujours durant le One Planet Summit, la coalition Climate Action 100+
a vu le jour. Le but de ce rassemblement de 256 grands investisseurs
institutionnels, qui totalisent plus
de 28 000 milliards de dollars
d’actifs sous gestion, est de coordonner l’action de ses membres visà-vis des cent entreprises cotées en
Bourse les plus émettrices de gaz à
effet de serre – dont presque toutes
font partie du portefeuille de la BNS.
Cet effort collectif vise à inciter ces
entreprises à présenter une stratégie de réduction de leurs émissions
conforme aux objectifs fixés dans
l’accord de Paris.
12 ArtisansdelaTransition
nancières et étatiques précitées reconnaissent qu’un tel choix n’est pas
neutre et prennent des mesures ou
cherchent des moyens d’aller dans
le sens d’une prise de responsabilité supérieure aux
« lois du marché ».
De même, l’analyse
de Doris Leuthard,
qui se réfère à la
Constitution pour
laisser la BNS promouvoir une trajectoire de réchauffement de la planète de + 4°C à + 6°C en attendant
des décisions au niveau international – sur lesquelles son pouvoir d’influence est d’autant plus faible que
la Suisse ne montre pas l’exemple
chez elle – est un aveu d’extrême impuissance.
Au final, cette relative démission
du politique, incapable d’exercer
une vigoureuse et légitime pression
sur la stratégie et les décisions
de la BNS qui ne prend pas ses responsabilités sur le climat malgré
l’urgence absolue qu’il y a à le faire,
rend d’autant plus remarquable et
pertinente la prise de responsabilité de la conseillère nationale Verte
Adèle Thorens Goumaz.
Avec quinze autres conseillers nationaux, elle a déposé, le 15 juin 2017,
une initiative parlementaire pour
modifier la loi sur la BNS afin de
Cette énumération appelle deux
constats. Le premier : la BNS brille
par son absence de cette évolution
positive du monde de la finance. Elle
ne comprend à l’évidence pas que la
branche entière des énergies fossiles
soulève un problème inédit, qui appelle un sens des responsabilités et
des réponses tout aussi inédits de
la part de tous les investisseurs, des
banques centrales notamment.
Le second constat est que si la BNS
toute seule ne parvient pas à comprendre l’évidence sur le chapitre du
climat, sur qui d’autre compter hormis le politique pour l’amener à plus
de raison ?
Changement climatique :
rappel des faits
Des montagnes d’encre ont été versées depuis deux ans pour commenter l’impact économique en Suisse de
l’abandon du taux de change plancher par la BNS en janvier 2015.
Or, l’impact pour la Suisse sur tous
les plans, y compris économique, d’un
réchauffement de 4°C à 6°C sera sans
commune mesure avec les effets de
cette décision sur le taux de change.
Plus le réchauffement climatique
sera important, plus le pays subira des vagues de chaleur intenses
et fréquentes, des sécheresses, de
fortes précipitations susceptibles
de dégénérer en inondations et de
« lentes transformations – en partie
irréversibles – des paysages et des
écosystèmes, telles que la fonte des
glaciers ou des changements de la
biodiversité, de la qualité de l’eau et
de l’incidence des
ravageurs et des
maladies » (Académies suisses des
sciences, ProClim,
2016).
La Suisse échappera d’autant moins
à de fortes dégradations des conditions climatiques en cas de hausse
marquée de la température que sur
l’arc alpin, le réchauffement est deux
fois plus fort qu’en moyenne mondiale : entre 1864 et 2016, la hausse
moyenne de la température atteint
+ 1,8°C en Suisse alors que la hausse
moyenne mondiale est de + 0,85°C.
Et bien entendu, une hausse de la
température de 4°C à 6°C par rapport à l’époque préindustrielle n’aura pas seulement des effets délétères
en Suisse. Le monde entier subira
ses effets dévastateurs et en sortira
bouleversé.
Un tel horizon rend particulièrement
baroque ou décalé le discours de la
BNS sur la neutralité de son positionnement sur les différents marchés
pour justifier de continuer d’investir
dans l’industrie des énergies fossiles.
Toutes les institutions bancaires, fiArtisansdelaTransition 13
La BNS brille
par son absence
de l’évolution positive
du monde
de la finance
en renforçant un problème que le
Gouvernement helvétique a le devoir
impérieux de combattre et ne combat qu’en partie par des politiques publiques ciblées sur le climat, la politique de la BNS accentue l’incohérence, le « schisme » qui traverse la politique fédérale sur le climat. Un schisme particulièrement flagrant en ce qui
concerne la loi sur le CO2 et la politique
de coopération internationale.
14 ArtisansdelaTransition
préciser la notion d’intérêt général
qui y figure en introduisant une référence à l’article 2 de la Constitution.
Cet article évoque la durabilité
et la préservation des ressources
naturelles.
Tout indique que cette avancée est la
voie à suivre : les investissements de
cette institution centrale de la Suisse
qu’est la BNS dans l’industrie des
énergies fossiles contribuent directement et massivement à aggraver
le réchauffement du climat alors que
le pays, en ratifiant l’accord de Paris
le 6 octobre 2017, s’est bel et bien
engagé à combattre le changement
climatique.
Mais pour l’heure, pour reprendre
l’éclairage des historiens des sciences
Amy Dahan et Stefan Aykut (2015),
De face, Anna Giacometti, maire de Bregaglia, salue une habitante de Bondo. Après deux mois d’exil dus
aux laves torrentielles qui ont traversé leur village suite à un éboulement de montagne, les villageois
retrouvent leur lieu de vie le 14 octobre 2017. En Suisse comme partout dans le monde, les femmes sont
les premières victimes du changement climatique.
Schisme helvétique :
une politique incohérente
sur le climat
Incohérence sur le charbon
En marge des négociations de la
COP 23, à Bonn, un groupe de
dix-neuf pays, dont le Canada, le
Royaume-Uni, la France et la Suisse,
a créé l’Alliance Past Coal qui milite pour la fin, d’ici 2030, du charbon conventionnel (sans capture et
séquestration) dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
et l’Union européenne, et d’ici 2050
ailleurs dans le monde. Il va de soi
qu’il faut ardemment souhaiter que
cette alliance obtienne gain de cause
et fasse dévisser le cours des entreprises actives dans le charbon.
Pourtant, la BNS a directement placé
environ deux milliards de dollars
– au bas mot – dans le charbon ou
dans des entreprises électriques fortement dépendantes du charbon.3
Ce simple choix de placement de la
BNS est en conflit avec une action internationale officielle juste et fondée
de la Confédération. Certes, l’Alliance
Past Coal mettra du temps à changer les règles internationales sur le
charbon. Mais la BNS pourrait anticiper une évolution aussi souhaitable
qu’inéluctable, prendre les devants,
montrer la voie et l’exemple à l’instar
d’autres institutions financières dans
le monde.
Incohérence sur le gaz
et le pétrole
Le projet de révision de la loi sur le
CO2 actuellement en discussion au
parlement propose de diminuer les
émissions de CO2 de la Suisse de
50 % d’ici 2030 par rapport à leur
niveau de 1990. Sous prétexte qu’il
n’y aurait plus assez de marge de
manœuvre à l’intérieur du pays (ce
qui est loin d’être prouvé, mais n’est
pas l’objet du propos ici), la version actuelle du projet prévoit pour
y parvenir de réaliser 30 % des réductions en Suisse et d’acheter des
certificats de réduction à l’étranger pour les 20 % restants. Ces certificats de réduction à l’étranger
serviront surtout à « compenser »
les émissions dues au transport en
Suisse, qui dépend à 95 % du pétrole.
Au total, selon ce projet de loi, la
Suisse devrait acheter pour 50 millions de tonnes de CO2 à l’étranger
entre 2021 et 2030. Comme le prix
plancher d’un certificat de bonne
qualité – qui garantit une vraie économie de CO2 réalisée aux meilleurs
standards – se situe à 75 dollars la
tonne de CO2 (WWF, 2017), la Suisse
envisage donc de dépenser 3,75 milliards de francs pour réduire les
émissions de CO2 à l’étranger entre
2021 et 2030 afin de compenser son
utilisation de pétrole dans la mobilité en Suisse.
Et c’est dans ce contexte que la BNS
investit au moins 6,2 milliards 4 de
francs pour aider des entreprises
pétrolières à extraire toujours plus
de ce combustible dans des conditions en outre toujours plus dommageables et plus risquées pour les
écosystèmes et leurs riverains.
Il paraît pourtant pour le moins absurde d’investir avec la main gauche
des milliards à l’étranger qui vont accroître les émissions de CO2 mondiales tout en dépensant avec la
main droite des milliards en certificats pour compenser à l’étranger les
émissions de CO2 dues aux importations de pétrole que ces investissements encouragent.
Il est bien sûr possible d’être plus
cohérent. Mais pour cela, il faudrait
une volonté politique pleinement assumée de saisir tous les leviers disponibles pour désamorcer le péril climatique. Malheureusement, la liste
des incohérences au sein des plus
ArtisansdelaTransition 15
3) C’est sans doute là une sous-estimation puisqu’on ne connaît pas les placements de la BNS dans le charbon en dehors
des Etats-Unis et du Royaume-Uni.
4) Cet argent est placé dans le secteur « Oil & Gas », c’est-à-dire sans le charbon et les centrales électriques. En réalité, la BNS
investit beaucoup plus dans ce secteur puisqu’on ne connaît pas ses placements en dehors des Etats-Unis et du Royaume-Uni.
16 ArtisansdelaTransition
hautes instances du pays auxquelles
la BNS apporte une contribution majeure ne s’arrête pas là.
Incohérence sur l’aide
au développement
Une étude de la Banque mondiale
montre que le réchauffement climatique est générateur de pauvreté
et que les pauvres sont plus vulnérables à ce phénomène. Cette étude
estime que 100 millions de personnes en plus pourraient plonger
dans la pauvreté d’ici 2030 à cause
du changement climatique si des
politiques de développement adéquates ne sont pas immédiatement
adoptées (Hallegatte et coll., 2016).
Le réchauffement climatique aura
les répercussions les plus sévères
dans le secteur de l’agriculture.
Les deux régions les plus pauvres
du monde – l’Afrique subsaharienne
et l’Asie du Sud – en souffriront le
plus. A l’horizon 2030, la baisse des
rendements des cultures agricoles
pourrait renchérir les produits alimentaires de 12 %, en moyenne, en
Afrique subsaharienne. Les ménages
pauvres, qui consacrent jusqu’à 60 %
de leur revenu pour se nourrir, risquent d’en pâtir considérablement.
En sus, le paludisme affectera plus
de 150 millions de personnes en plus.
Le réchauffement du climat affecte
les personnes pauvres de manière
disproportionnée parce qu’elles sont
plus exposées et plus vulnérables
aux chocs climatiques, ont moins de
ressources et bénéficient moins de
soutien de leur famille, de leur communauté, du système financier et
même des filets de sécurité sociale
pour prévenir, faire face et s’adapter.
Lutter contre la pauvreté et ses
conséquences humaines. C’est précisément le mandat de la Direction
du développement et de la coopération (DDC) qui, à ce titre, a défini une
liste de 35 pays prioritaires pour son
action et bénéficie d’une enveloppe
de deux milliards de francs par an
pour y mener ses programmes.
Or, que constate-t-on à mettre ensemble ce mandat avec ce que dit ce
rapport de la Banque mondiale ?
Que la carte des pays les plus affectés par les effets du réchauffement
climatique recoupe à 80% celle de
ces 35 pays prioritaires pour la DDC :
en clair, la Suisse dépense donc environ deux milliards de francs par an
pour améliorer les conditions de vie
– notamment pour aider à mieux gérer les problèmes écologiques – dans
des pays dont les populations sont
les premières victimes des placements de la BNS dans l’industrie des
énergies fossiles.
Sur cette incohérence entre la politique de coopération au développement et le laisser-faire vis-à-vis de
la BNS, le Conseil fédéral et le parlement se limitent pour le moment à
chercher à éluder les responsabilités
de la Suisse.
Selon l’accord de Paris, en tenant
compte de son empreinte climatique
totale et de sa part à la capacité économique de l’OCDE, la Suisse devrait
soutenir les populations des pays
en développement par des mesures
de protection du climat et d’adaptation à partir de 2020 à hauteur d’un
milliard de dollars par an (Staudenmann, 2018). Mais le Conseil fédéral, suivi par la Commission compétente du Conseil national, propose
de ne verser que 450 à 600 millions
et, au lieu de dégager des ressources
additionnelles, d’aller puiser cette
somme dans le budget de la coopération au développement déjà alloué
à la DDC.
Ainsi, d’un côté, on attise le problème
via les investissements de la BNS.
Et de l’autre, on rechigne à payer
les pots cassés de cette politique.
Les personnes les plus vulnérables
aux effets du changement climatique seraient mieux loties si la communauté internationale intensifiait
sa lutte contre ce phénomène et
ses politiques d’aide au développement pour y faire face. L’étude de la
Banque mondiale montre que l’ajout
de 100 millions de pauvres d’ici 2030
n’est pas une fatalité (Hallegatte et
coll., 2016).
Pour la Suisse, l’urgence serait
d’imaginer comment caler la gestion de sa monnaie par la BNS avec
sa volonté affichée de contribuer à
la résolution internationale du problème climatique.
La BNS n’est pas la seule instance ni
le seul canal institutionnel par lequel
la Confédération mène une politique
économique contradictoire avec sa
volonté de répondre au problème climatique. Mais avec elle, il serait extrêmement simple de mettre fin à
cette incohérence : il suffirait que la
BNS adopte une stratégie pour réduire au minimum son impact sur
le climat. Voilà pourquoi cette entité est un maillon si important d’une
évolution hautement souhaitable de
la politique suisse en phase avec le
respect de l’accord de Paris.
Enormes espaces d’action
inexplorés
La campagne mondiale de désinvestissement de l’industrie des énergies
fossiles a vu le jour lorsqu’une poignée de fondations philanthropiques
ont compris l’absurdité qu’il y avait à
financer les meilleurs militants de la
cause climatique avec les revenus de
leurs placements dans l’industrie des
énergies fossiles, c’est-à-dire dans
l’origine même du problème qu’elles
prétendaient combattre (LaRevueDurable, 2015).
Désinvestir des énergies fossiles ne
résoudra bien sûr pas tout. Mais c’est
une pièce essentielle du puzzle et
une étape importante qui attire l’attention sur le besoin de placer un
couvercle sur les gisements de gaz
et de pétrole et les mines de charbon, c’est-à-dire sur la source du problème. Pour rappel, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec)
estime qu’il faut laisser 80% des gisements d’énergies
fossiles dans le soussol pour respecter l’accord de Paris
(Giec, 2013).
Les profondes
contradictions entre
la politique de la
BNS et les politiques
publiques fédérales entraînent un
gaspillage de moyens et nuisent à
l’efficacité des mesures qui aideraient à réduire le problème alors
que le temps manque.
Une gestion de la fortune de la BNS
cohérente avec des politiques fédérales plus déterminées sur le climat
aiderait à mieux lutter contre la pauvreté et serait gagnante sur tous les
plans : la présente étude montre que
loin de coûter, une telle cohérence
serait financièrement bénéfique.
Ce qui est en jeu dépasse la seule
gestion de la BNS. Toute la place financière helvétique souffre du même
travers : mais comment espérer voir
les caisses de pension, les assureurs
et tous les investisseurs institutionnels et privés tourner la page de l’industrie des énergies fossiles si la plus
haute institution financière du pays
ne donne aucune
impulsion pour aller dans ce sens ?
Il est fort probable
que si la BNS venait à adopter une
politique climatique, une grande
partie de la place
financière helvétique suivrait son
exemple.
L’ampleur des périls climatiques et
la multiplication d’initiatives au plus
haut niveau pour aligner la finance
sur les objectifs de l’accord de Paris
justifient que la BNS initie une politique climatique. Et si elle s’obstine
à ne pas le faire, les plus hautes instances politiques du pays se doivent
de le lui imposer. L’immobilisme actuel de cette institution sur ce plan
est choquant et inacceptable. Le laisser-faire du politique à son égard ne
l’est pas moins. ●
ArtisansdelaTransition 17
Une gestion
de la fortune
de la BNS cohérente
avec des politiques
fédérales plus déterminées sur le climat
serait gagnante
sur tous les plans
18 ArtisansdelaTransition
Pour une Union européenne de la transition
La finance climat avance dans l’Union européenne. Le
31 janvier 2018, un groupe d’experts a publié un rapport
pour la Commission européenne avec trente idées pour
aligner la finance sur les objectifs de l’accord de Paris.
Le 8 mars, la Commission européenne a publié sa feuille
de route « pour amener le système financier à soutenir
les actions de l’UE en matière de climat et de développement durable ».
La Banque centrale européenne (BCE), qui s’est elle aussi
fait remarquer pour son indifférence au sujet du climat,
sera progressivement contrainte de se mettre au diapason de cette évolution. Le 21 novembre 2017, le Parlement européen a adopté une résolution sur la BCE qui
relève qu’elle est, « en tant qu’institution européenne,
liée par l’accord de Paris ».
La majeure partie de la fortune de la BNS (68 % de son
bilan) est placée dans des obligations d’Etat, dont une
très grande partie en euros. A l’heure où la Commission
européenne affirme qu’environ 180 milliards d’euros
d’investissements supplémentaires par an seront nécessaires pour que l’UE atteigne ses objectifs de baisse
des émissions d’ici 2030, et où la société civile européenne se mobilise au sein de la campagne « Climat
2020 »5
pour que la création monétaire de la BCE serve à
financer la transition énergétique (Grandjean et Martini,
2017-2018 ; LaRevueDurable, 2017-2018), la BNS serait
un partenaire de choix, au cœur de l’Europe, pour aider à
mettre en place une stratégie de financement de la transition écologique et énergétique.
On peut même rêver que le projet d’unification européenne, né autour du marché du charbon et de l’acier,
se mute en un projet autour de la transition écologique
et énergétique.
5) https://climat-2020.eu
Le coût des installations photovoltaïques a baissé de 73 % et celui de l’éolien terrestre a reculé
de 25 % de 2010 à 2017. Les investissements, cependant, ne sont pas à la hauteur du potentiel
de rentabilité de ces technologies. La capacité électrique renouvelable installée dans le monde a certes
bondi de 8,5 % par an durant cette période, mais elle aurait pu croître plus vite encore si les investisseurs avaient privilégié l’industrie des énergies renouvelables et de l’efficience énergétique au lieu
de continuer de surinvestir dans l’industrie des énergies fossiles.
ArtisansdelaTransition 19
Les chiffres clefs de la BNS
La BNS est forte d’un bilan de 843,3
milliards de francs suisses. Depuis
2009, son bilan ne cesse de grossir.
Pour faire face au mouvement de
reflux vers le franc suisse, monnaie
refuge, elle doit créer des montants
astronomiques de francs qu’elle
vend contre des dollars, des euros et
d’autres devises afin de freiner
le renchérissement du franc suisse.
Le résultat est une fortune qui
a quadruplé entre 2009 et 2017.
Montant du bilan de la BNS en fin d’année,
en milliards de francs
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
200
400
300
500
600
700
800
843
746
640
562
490
499
346
270
207
Source : BNS.
Selon la BNS, qui ne publie pas
le détail de ses placements,
93 % de son bilan sont placés
en devises, le reste est composé
de réserves d’or et de créances
en francs.
Les ArtisansdelaTransition ont
demandé à l’entreprise ISS-Ethix
d’analyser un portefeuille d’une
valeur totale de 95,6 milliards de dollars de la BNS – soit 92 milliards de
francs au cours de la fin septembre
20 ArtisansdelaTransition
Les placements en devises
sont répartis ainsi :
Composition du portefeuille
analysé par devise :
obligations
d’Etat
obligations
d’entreprises
actions
68%
12%
20%
en dollars
en livres sterling
1,5 %
en diverses
monnaies
européennes
68%
12%
20%
91% 7,5%
Investissements de la BNS dans l’industrie des énergies fossiles
Emissions totales de CO2 en tonnes*
Exposition aux énergies fossiles en pourcentage
de la valeur totale du portefeuille
Exposition au CU200 en pourcentage de la
valeur totale du portefeuille
* Sont considérées ici les émissions sur la totalité du cycle de vie du bien ou du service que fournit l’entreprise.
Ce que les spécialistes appellent les Scope 1, 2 et 3.
48 444 746
8,9%
5,9%
Source : ISS-Ethix pour les Artisans de la transition, 2018.
2017, date du portefeuille – qui
représente 60 % de ses placements
en actions. Ce portefeuille est le
résultat d’une recherche faite à partir des données du cabinet spécialisé
Profundo, basé à Amsterdam.
ArtisansdelaTransition 21
L’étude du portefeuille de la BNS
par l’association 2 Degrees Investing montre l’inadéquation entre les
choix d’investissement de la BNS et
l’objectif de rester sous la barre des
2°C de réchauffement. Pour ce faire,
cette association compare la part
Investissements de la BNS dans la production électrique
Investissements de la BNS dans l’industrie automobile
Charbon
Gaz
Nucléaire
Hydraulique
Energies renouvelables
0 20% 40% 60% 80% 100%
BNS
SCÉNARIO 2°
Période 2017-2022
26
20
47
45
10
8
11
21
6
6
Moteur
à combustion
Hybride
Electrique
0 20% 40% 60% 80% 100%
BNS
SCÉNARIO 2°
Période 2017-2022
94
75
4
20
2
5
des technologies dans le portefeuille
au scénario de l’Agence internationale de l’énergie compatible avec
un tel réchauffement. Ce scénario
offre seulement 50 % de chances de
respecter le seuil des 2°C, mais fait
référence. ●
Source : 2 Degrees Investing pour les Artisans de la transition.
Source : 2 Degrees Investing pour les Artisans de la transition.
22 ArtisansdelaTransition
Artisans de la transition. Les investissements de la BNS dans l’industrie
fossile aux Etats-Unis : une catastrophe financière et pour le climat,
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Aykut SC, Dahan A. Gouverner le climat ? Vingt ans de négociations
internationales, Les Presses de Sciences Po, Paris, 2015.
Coup de projecteur sur le climat suisse, Etat des lieux et perspectives,
Académies suisses des sciences, ProClim, Vol. 11, n°5, 2016.
Grandjean A, Martini M. Créer de la monnaie pour financer la transition
énergétique, LaRevueDurable n°60, hiver-printemps 2017-2018, pp. 32-35.
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
Climate Change 2013: The Physical Science Basis, Genève, 2013.
Hallegatte S et coll. Shock Waves :
Managing the Impacts of Climate Change on Poverty. Climate Change
and Development, Washington, DC: World Bank, 2016.
LaRevueDurable. Histoire de la bulle carbone, LaRevueDurable n°55,
août-septembre-octobre 2015, pp. 36-39.
LaRevueDurable. Monnaie pleine : une opportunité en Suisse
pour changer la monnaie, LaRevueDurable n°60, hiver-printemps 2017-
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LaRevueDurable. L’argent de la Banque centrale européenne
profite aux riches et détruit le climat, LaRevueDurable n°60,
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Staudenmann J. Le Conseil fédéral élude l’accord de Paris.
Article du 26 janvier 2018 consulté en ligne sur www.alliancesud.ch.
WWF. Schweizerische CO2-Emissionen im Ausland kompensieren:
Zu teuer, zu unsicher oder de facto wirkungslos. 2017.
Sites
www.artisansdelatransition.org
www.larevuedurable.com
www.issgovernance.com

home

www.profundo.nl/en
Bibliographie
ArtisansdelaTransition 23
La transition
vers une société écologique
viendra de personnes déterminées
qui se retroussent les manches
et les méninges…
DÉSINVESTISSEMENT
ENERGIE CITOYENNE
COOPÉRATIVES D’ÉNERGIE
CONVERSATIONS CARBONE
GRANDS-PARENTS POUR LE CLIMAT
LE CLIMAT ENTRE NOS MAINS
LAREVUEDURABLE
photo©
N.ScottTrimble
Greenpeace

Les investissements de la BNS dans l’industrie des énergies fossiles © Artisans de la transition, Fribourg, avril 2018 www.artisansdelatransition.org Ce rapport repose sur une recherche menée par ISS-Ethix www.issgovernance.com Ce rapport s’appuie sur un complément de travail de 2 Degrees Investing : https://2degrees-investing.org La version allemande est publiée en collaboration avec Fossil Free Suisse www.fossil-free.ch La version en français fait foi Traduction en allemand : Sandro Leuenberger et Markus Keller Traduction en anglais : Thomas Guibentiff et Vanessa Haines-Matos Graphisme : www.ventdouest.ch Crédits photos : Couverture, Stefan Meyer/Keystone ; p.7, Gian Ehrenzeller/Keystone ; p.11, Gian Ehrenzeller/Keystone ; p.14, Gian Ehrenzeller/Keystone, p.18. Fraunhofer-Institut für Windenergie und Energiesystemtechnik Photographie de couverture : Vue du centre-ville de Saint-Ursanne, canton du Jura, mardi 23 janvier 2018. Après de fortes précipitations, le Doubs est sorti de son lit et a inondé la ville. Le débit de la rivière était au moins cinq fois supérieur à la normale. ArtisansdelaTransition 3

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