Le Pape François a accordé un long interview à Il
Corriere della Sera. Les médias distillent quelques répliques au compte
gouttes. Ma traduction intégrale (5/3/2013)

Ma première année de Pape

     
«Benoît XVI n’est pas une statue. Il participe à la vie de l’Eglise»
Bergoglio et sa première année de Pape: «Grande attention aux divorcés. Sur les unions civiles, il faut évaluer au cas par cas »
http://www.corriere.it/cronache/14_marzo_04/vi-racconto-mio-primo-anno-papa-90f8a1c4-a3eb-11e3-b352-9ec6f8a34ecc.shtml 4 mars 2014
Ferruccio de Bortoli
(traduction benoit-et-moi)
—–

Un
an s’est écoulé depuis ce simple «buonasera» qui a ému le monde entier.
Une période de douze mois si intense – non seulement pour la vie de
l’Eglise – a du mal à contenir le grand nombre de nouveautés et les
signes profonds d’innovation pastorale de François.
Nous sommes dans
une petite pièce de Santa Marta. Une fenêtre donne sur une petite cour
intérieure qui découvre un minuscule coin de ciel bleu. C’est une très
belle journée, printanière, tiède. Le Pape débarque à l’improviste,
d’une porte avec un visage détendu, souriant. Il regarde, amusé, les
trop nombreux enregistreurs que l’anxiété sénile d’un journaliste (l’auteur de l’article fait sans doute de l’auto-dérision)
a placés sur une table. «Ils marchent tous? Oui? C’est bien». Le bilan
d’une année? Non, il n’aime pas les bilans. «J’en fais seulement une
fois tous tous les quinze jours, avec mon confesseur».

* * *

– Vous, Saint-Père, de temps en temps, vous téléphonez à des gens qui vous demandent de l’aide. Et parfois, qui n’y croient pas.

«Oui,
c’est arrivé. Quand quelqu’un appelle, c’est parce qu’il veut parler,
une question à poser, un conseil à demander. Comme prêtre à Buenos
Aires, c’était plus facile. Et pour moi, ça reste une habitude. Un
service. Je le sens à l’intérieur. Bien sûr, maintenant ce n’est pas
aussi facile à faire étant donné le nombre de personnes qui m’écrivent».

– Et il y a un contact, une rencontre dont vous vous rappelez avec une affection particulière?

«Une
dame veuve de quatre-vingts ans, qui avait perdu son fils. Elle m’a
écrit. Et maintenant, je l’appelle tous les mois. Elle est heureuse. Je
fais le prêtre. Ça me plaît».

– La relation avec votre prédécesseur. Vous arrive-t-il de demander un conseil à Benoît XVI?

«Oui.
Le pape émérite n’est pas une statue dans un musée. C’est une
institution. Nous n’étions pas habitués. Il y a soixante ou soixante-dix
ans, il n’existait pas d’évêque émérite. C’est venu après le Concile.
Aujourd’hui, c’est une institution. La même chose doit se produire pour
le pape émérite. Benoît XVI est le premier et peut-être qu’il y en aura
d’autres. Nous ne savons pas. Il est discret, humble, il ne veut pas
déranger. Nous en avons parlé et nous avons décidé ensemble qu’il
serait mieux quil voie des gens, qu’il sorte et participe à la vie de
l’Église
. Une fois, il est venu ici pour la bénédiction de la statue
de l’archange saint Michel, puis à déjeuner à ainte Marthe, et après
Noël, je lui ai adressé l’invitation à participer au Consistoire et il a
accepté. Sa sagesse est un don de Dieu. Certains auraient voulu qu’il
se retire dans une abbaye bénédictine loin du Vatican. J’ai pensé aux
grands-parents qui avec leur sagesse, leurs conseils donnent de la force
à la famille et ne méritent pas de finir dans une maison de retraite (!!)».


Votre manière de gouverner l’Église nous a semblé celle-ci: vous
écoutez tout le monde et décidez seul. Un peu comme le général des
jésuites. Le pape est un homme seul?

«Oui et non. Je
comprends ce que vous voulez me dire. Le pape n’est pas seul dans son
travail, car il est accompagné et conseillé par beaucoup de monde. Il
serait un homme seul s’il décidait sans entendre ou en faisant semblant
de ne pas entendre. Mais il arrive un moment, quand il s’agit de
décider, de mettre une signature, où il est seul avec son sentiment de
responsabilité».

– Vous avez innové, critiqué certaines des
attitudes du clergé, secoué la Curie. Avec une certaine résistance, une
certaine opposition. L’Eglise a déjà changé comme vous l’auriez voulu il
y a un an?

«En Mars dernier, je n’avais aucun projet pour changer l’Église. Je ne m’attendais pas à ce transfert de diocèse (de Buenos Aires à Rome?),
disons les choses comme ça. J’ai commencé à gouverner en essayant de
mettre en pratique ce qui avait émergé du débat entre cardinaux dans les
diverses congrégations. Dans ma façon d’agir, j’attends que le Seigneur
me donne l’inspiration. Je vous donne un exemple. On avait parlé du
soin spirituel des personnes qui travaillent à la Curie, et qui ont
commencé à faire des retraites spirituelles. Il fallait donner plus
d’importance aux Exercices spirituels annuels: tous ont droit à passer
cinq jours de silence et de méditation, tandis qu’avant, dans la Curie,
on écoutait trois prédications par jour et ensuite certains continuaient
à travailler» (le Pape explique ici pourquoi il a “délocalisé” les exercices spirrituels de Carême)

– La tendresse et la miséricorde sont l’essence de votre message pastoral …

«Et
de l’Évangile. C’est le centre de l’Evangile. Sinon, on ne comprend pas
Jésus-Christ, la tendresse du Père qui l’envoie pour nous écouter, nous
guérir, nous sauver».

– Mais ce message a-t-il été compris?
Vous avez dit que la françoismania ne durera pas longtemps. Il y a
quelque chose, dans votre image publique, que vous n’aimez pas?

«J’aime
être avec les gens, avec ceux qui souffrent, aller dans les paroisses.
Je n’aime pas les interprétations idéologiques, une certaine mythologie
du pape François. Quand on raconte, par exemple, que je sors la nuit du
Vatican pour aller pour nourrir les sans-abri dans la Via Ottaviano.
Cela ne m’est jamais venu à l’esprit. Sigmund Freud a dit, si je ne me
trompe pas, que dans chaque idéalisation, il y a une agression.
Dépeindre le pape comme une sorte de superman, une espèce de star, me
semble offensant. Le pape est un homme qui rit, qui pleure, qui dort
bien et qui a des amis comme tout le monde. Une personne normale. “

– De la nostalgie de votre Argentine?

«La
vérité est que je n’ai pas de nostalgie. Je voudrais aller rendre
visite à ma sœur, qui est malade, la dernière de nous cinq. J’aimerais
la voir, mais cela ne justifie pas un voyage en Argentine: je l’appelle
au téléphone et ça suffit. Je ne pense pas y aller avant 2016, car en
Amérique latine, je suis déjà allé à Rio. Maintenant, je dois aller en
Terre Sainte, en Asie et en Afrique».

– Vous venez de renouveler votre passeport argentin. Vous êtes pourtant toujours un chef d’Etat.

«Je l’ai renouvelé car il arrivait à expiration».

– Les accusations de marxisme, en particulier aux États-Unis, après la publication de Evangelii Gaudium, vous ont-elles déplu?

«Pas
du tout. Je n’ai jamais partagé l’idéologie marxiste, parce qu’elle
n’est pas vraie, mais j’ai connu beaucoup de bonnes personnes qui
professaient le marxisme».

– Les scandales qui ont troublé la
vie de l’Église sont heureusement derrière. Il vous a été adressé, sur
la délicate question des abus sur mineurs, un appel publié par Il Foglio,
signé entre autres par les philosophes Besançon et Scruton, pour que
vous fassiez entendre votre voix contre les fanatismes et la mauvaise
conscience du monde sécularisé qui respecte peu l’enfance.

«Je
veux dire deux choses. Les cas d’abus sont terribles parce qu’ils
laissent des blessures très profondes. Benoît XVI a été très courageux
et a ouvert une route. L’Eglise a beaucoup fait sur cette route.
Peut-être plus que quiconque. Les statistiques sur le phénomène de la
violence contre les enfants sont impressionnantes, mais elles montrent
aussi clairement que la grande majorité des abus se produit dans
l’environnement familial et le voisinage. L’Eglise catholique est
peut-être la seule institution publique à s’être remuée avec
transparence et responsabilité. Personne d’autre n’a fait plus.
Pourtant, l’Église est la seule à être attaquée».


Saint-Père, vous dites “les pauvres nous évangélisent”. L’accent mis sur
la pauvreté, l’impression la plus forte de votre message pastoral, a
été prise par certains observateurs comme une profession de paupérisme.
L’Evangile ne condamne pas le bien-être. Et Zachée était riche et
charitable.

«L’Evangile condamne le culte de la richesse. Le
paupérisme est l’une des interprétations critiques. Au Moyen Age, il y
avait beaucoup de courants paupéristes. Saint-François a eu le génie de
mettre lthème de la pauvreté dans le chemin évangélique. Jésus dit que
l’on ne peut servir deux maîtres, Dieu et la richesse. Et quand nous
serons jugés au jugement dernier (Mt 25), la proximité avec la pauvreté
sera prise en compte. La pauvreté éloigne de l’idolâtrie, elle ouvre la
porte à la Providence. Zachée fait don de la moitié de sa fortune aux
pauvres. Et à ceux qui tiennent les greniers remplis de propre égoïsme,
le Seigneur, à la fin, présentera les comptes. Ce que je pense de la
pauvreté je l’ai bien exprimée dans Evangelii Gaudium».

– Vous
avez indiqué dans la mondialisation, en particulier financière,
certains des maux qui agressent l’humanité. Mais la mondialisation a
arraché des millions de personnes à la pauvreté. Elle a donné l’espoir,
un sentiment rare à ne pas confondre avec l’optimisme.

«C’est
vrai, la mondialisation a sauvé beaucoup de gens de la pauvreté, mais
elle en a condamnés beaucoup d’autres à mourir de faim, car avec ce
système économique, elle devient sélective. La mondialisation à laquelle
pense l’Eglise ne ressemble pas à une sphère, dans laquelle chaque
point est équidistant du centre et donc où l’on perd la particularité de
chaque peuple, mais à un polyèdre, avec ses différentes faces, où
chaque peuple conserve sa propre culture, sa langue, sa religion et son
identité. La mondialisation actuelle “sphérique” économique, et surtout
financière, produit une pensée unique, une pensée faible. Au centre, il
n’y a plus la personne humaine, juste l’argent».

– Le thème de la famille est au cœur des travaux du
Conseil des huit Cardinaux. Depuis l’exhortation Familiaris consortio de
Jean-Paul II, beaucoup de choses ont changé. Deux synodes sont prévus.
On s’attend à de grandes nouveautés. Vous avez dit des divorcés: ils ne
doivent pas être condamnés, ils doivent être aidés.

«C’est un
long chemin que l’Eglise doit accomplir. Un processus voulu par le
Seigneur. Trois mois après mon élection, on m’a soumis les thèmes du
Synode, on a proposé de débattre sur ce qu’était l’apport de Jésus à
l’homme contemporain. Mais à la fin, avec des passages graduels – qui
pour moi étaient des signes de la volonté de Dieu – on a choisi de
discuter de la famille qui traverse une crise très grave. Il est
difficile de la former. Les jeunes gens se marient peu. Il y a beaucoup
de familles séparées dans lesquelles le projet de vie commune a échoué.
Les enfants souffrent beaucoup. Nous devons donner une réponse. Mais
pour cela, il faut beaucoup réfléchir, en profondeur. C’est ce que le
Consistoire et le Synode font. Il faut éviter de rester à la surface. La
tentation de résoudre tous les problèmes avec la casuistique est une
erreur, une simplification des choses profondes, comme le faisaient les
pharisiens, une théologie très superficielle. C’est à la lumière de la
réflexion profonde qu’on pourra sérieusement s’attaquer aux situations
particulières, y compris celles des divorcée, avec de la profondité
pastorale».

– Pourquoi l’exposé du cardinal Walter Kasper lors
du dernière consistoire (un abîme entre la doctrine sur le mariage et
la famille, et la vie réelle de beaucoup de chrétiens) a-t-il autant
divisé les cardinaux? Comment pensez-vous que l’Eglise pourra parcourir
ces deux années de chemin ardu pour atteindre un large et serein
consensus? Si la doctrine est ferme, pourquoi faut-il un débat?

«Le
cardinal Kasper a fait une présentation très profonde et belle, qui
sera bientôt publiée en allemand, et a affronté cinq points, le
cinquième était celui des seconds mariages. J’aurais été inquiet si lors
du Consistoire il n’ y avait eu aucun débat intense, cela n’aurait
servi à rien. Les cardinaux savaient qu’ils pouvaient dire ce qu’ils
voulaient, et ils ont présenté de nombreux points de vue différents, qui
enrichissent. Les confrontations fraternelles et ouvertes font croître
la réflexion théologique et pastorale. De cela, je n’ai pas peur, et
même je le recherche».

– Dans un passé récent, il était
habituel de faire appel à ce qu’on appelle les “valeurs non
négociables”, surtout en matière de bioéthique et de morale sexuelle.
Vous n’avez pas repris cette formule. Les principes doctrinaux et moraux
n’ont pas changé. Ce choix n’indique-t-il pas un style moins préceptif
et plus respectueux de la conscience personnelle?

«Je n’ai
jamais compris l’expression “valeurs non négociables”. Les valeurs sont
des valeurs, c’est tout, je ne peux pas dire que parmi les doigts d’une
main il y en a un de moins utile que l’autre. Donc, je ne comprends pas
en quel sens, il peut y avoir des valeurs non négociables. Ce que
j’avais à dire sur le thème de la vie, je l’ai écrit dans Evangelii
Gaudium».

– De nombreux pays légifèrent sur les unions civiles. C’est un chemin que l’Eglise peut comprendre? Mais jusqu’à quel point?

«Le
mariage est entre un homme et une femme. Les États laïcs veulent
justifier les unions civiles pour s’adapter aux différentes situations
de cohabitation, poussés par la nécessité de réglementer les aspects
économiques entre les personnes, comme par exemple assurer l’assistance
maladie. Ce sont des pactes de coexistence de différents types, dont je
ne saurais pas énumérer les différentes formes. Il faut voir les
différents cas et les évaluer dans leur variété».

– Comme sera promu le rôle de la femme dans l’Eglise?

«Encore
une fois, la casuistique n’aide pas. Il est vrai que la femme peut et
doivt être plus présente dans les lieux de décision de l’Eglise. Mais
j’appelerais cela une promotion de type fonctionnel. Seulement de cette
manière, on ne va pas bien loin. Nous devons plutôt penser que l’Église a
l’article féminin “la”: elle est féminine depuis ses origines. Le grand
théologien Urs von Balthasar a beaucoup travaillé sur cette question:
le principe marial guide l’Église à côté de celui pétrinien. La Vierge
Marie est plus importante que tout évêque ou tout apôtre.
L’approfondissement théologal est en cours. Le Cardinal Rylko, avec le
Conseil des Laïcs, travaille dans ce sens avec beaucoup de femmes
expertes dans diverses disciplines».

– A un demi-siècle
d’Humanae Vitae de Paul VI, l’Eglise peut-elle reprendre le thème du
contrôle des naissances? Le cardinal Martini, votre confrère, a estimé
que le moment était maintenant venu.

«Tout dépend de la façon
dont est interprété Humanae Vitae. Paul VI lui-même, à la fin,
recommandait aux confesseurs beaucoup de miséricorde, d’attention à des
situations concrètes. Mais son caractère génial a été prophétique, il a
eu le courage de s’opposer à la majorité, de défendre la discipline
morale, d’exercer un frein culturel, de s’opposer au néo-malthusianisme
présent et futur. La question n’est pas de changer la doctrine, mais
d’aller en profondeur et de veiller à ce que la pastorale prenne en
compte les situations et ce qu’il est possible de faire pour les
personnes. Cela aussi sera discuté dans le chemin du Synode».


La science évolue et redessine les frontières de la vie. Cela a-t-il un
sens de prolonger artificiellement la vie dans un état végétatif? Le
testament biologique peut-il être une solution?

«Je ne suis
pas un spécialiste en questions bioéthiques. Et je crains que chaque
phrase que je prononce puisse donner lieu à équivoque. La doctrine
traditionnelle de l’Eglise dit que nul n’est obligé d’utiliser des
moyens extraordinaires quand on sait qu’on est en phase terminale. Dans
mon travail pastoral, dans ces cas, j’ai toujours recommandé des soins
palliatifs. Dans les cas plus spécifiques, il est bon d’avoir recours,
si nécessaire, aux conseils de spécialistes».

– Le prochain
voyage en Terre Sainte portera-t-il à un accord d’intercommunion avec
les orthodoxes que Paul VI, il y a cinquante ans, était presque arrivé à
signer avec Athénagoras?

«Nous sommes tous impatients
d’obtenir des résultats “fermés”. Mais le chemin de l’unité avec les
orthodoxes, c’est avant tout de marcher et de travailler ensemble. A
Buenos Aires, dans les cours de catéchèse, venaient des orthodoxes. Je
passais les fêtes de Noël et le 6 Janvier avec leurs évêques, qui
parfois même demandaient conseil à nos bureaux diocésains. Je ne sais
pas si l’histoire que l’on raconte est vraie, qu’Athénagorasautait
proposé à Paul VI qu’ils envoient tous les théologienssur une île de
discuter entre eux. C’est une boutade, mais il est important que nous
marchions ensemble. La théologie orthodoxe est très riche. Et je pense
qu’ils ont en ce moment de grands théologiens. Leur vision de l’Église
et de la synodalité est merveilleuse».

– Dans quelques années,
la plus grande puissance mondiale sera la Chine avec laquelle le
Vatican n’entretient pas de relations. Matteo Ricci était jésuite, comme
vous.

«Nous sommes proches de la Chine. J’ai envoyé une
lettre au président Xi Jinping, quand il a été élu, trois jours après
moi. Et il m’a répondu. Les relations sont là. C’est un grand peuple que
j’aime».

– Pourquoi, Saint-Père, ne parlez-vous jamais de l’Europe? Qu’est-ce qui ne vous convainc pas dans le projet européen?

«Vous
vous souvenez du jour où j’ai parlé de l’Asie? Qu’est-ce que j’ai dit?
(Ici, le journaliste s’aventure dans des explications, rassemblant de
vagues souvenirs , avant de se rendre compte qu’il était tombé dans un
piège sympathique). Je n’ai parlé ni de l’Asie, ni de l’Afrique, ni de
l’Europe. Seulement de l’Amérique latine quand j’étais au Brésil, et
quand j’ai dû recevoir la Commission pour l’Amérique latine. Il n’y a
pas encore eu l’opportunité de parler de l’Europe. Cela viendra»

– Quel livre lisez-vous ces jours-ci?

«’Pietro e Maddalena’, de Damiano Marzotto sur la dimension féminine de l’Église. Un très beau livre».

– Avez-vous réussi à voir quelque bon film, une autre de vos passions? «La grande beauté» a remporté l’Oscar. Vous le verrez?

«Je
ne sais pas. Le dernier film que j’ai vu, c’était “La vie est belle” de
Benigni. Et avant, j’avais revu La Strada de Fellini. Un chef-d’œuvre.
J’ai aussi aimé Wajda …».

– Saint-François avait eu une jeunesse insouciante. Je vous le demande: avez-vous été amoureux?

«
Dans le livre “Le jésuite”, je raconte que j’ai eu une petite amie à 17
ans. Et j’en parle aussi dans “Sur la Terre comme au Ciel”, le livre
que j’ai écrit avec Abraham Skorka. Au séminaire, une fille m’a fait
tourner la tête pendant une semaine».

– Et comment cela a-t-il fini, si je ne suis pas indiscret?

«C’étaient des choses de jeunes. J’en ai parlé avec mon confesseur» (Grand sourire).

Que pense le pape des principes non négociables?
François nominé pour le Nobel de la paix

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