Le président de la banque du Vatican démissionne

Le président de la banque du Vatican, l’IOR, désavoué, démissionne

CITE DU VATICAN –

Le président de la Banque du Vatican, l’Institut pour
les oeuvres religieuses (IOR), Ettore Gotti Tedeschi, a remis sa
démission a annoncé jeudi soir le Vatican
dans un communiqué.

Le Conseil d’administration de la Banque a
adopté à l’unanimité un vote de défiance du président à qui il a été
demandé de remettre son mandat, précise le communiqué.

L’ IOR a été critiqué notamment par les
médias italiens depuis des années, par exemple dans un livre publié en Italie, Sua
Santita, par le journaliste Gianluigi Nuzzi.

Cette démission
intervient alors que des fuites de documents confidentiels ont révélé
depuis janvier la corruption dans l’administration vaticane.

Fondé en 1942 par le pape Pie XII, l’IOR a connu plusieurs scandales
dont le plus célèbre est la faillite de la banque Ambrosiano, dont il
était l’actionnaire majoritaire.

L’enquête avait démontré que la banque Ambrosiano recyclait l’argent de la
mafia sicilienne de manière usuraire, en relation avec la loge maçonnique illégale P2.

Roberto Calvi, le “Banquier de Dieu“, directeur de l’Ambrosiano, fut retrouvé pendu sous le pont Blackfriars de Londres en 1982.

On sait aujourd’hui que le banquier a été
assassiné pour l’empêcher “d’exercer un pouvoir de chantage envers les
référents politico-institutionnels de la maçonnerie, de la Loge P2 et du
IOR, avec lesquels il avait géré des investissements et des
financements de fortes sommes d’argent”, soutient aujourd’hui le
ministère public. …

“Un grand nombre
de gens ont un tas de comptes à rendre, dans cette affaire”, avait
menacé Calvi avant de s’enfuir. Le banquier, qui se vantait d’avoir aidé
le Pape au cours des opérations financières en faveur de Solidarnosc en
Pologne, ne voulait visiblement pas jouer le rôle d’un simple fusible.

Le 5 juin 1982, 13 jours avant sa mort, Calvi écrit directement au pape Jean-Paul II, Karol Woytila:
“Votre
Sainteté, c’est moi qui me suis chargé du lourd fardeau des erreurs
ainsi que des fautes commis par les représentants actuels et passés du
IOR… C’est moi qui, ayant été chargé avec précision par vos
représentants autorisés…” (…)

“L’Affaire Boffo” ressurgit…

Texte en italien sur L’Avvenire du 16 avril (grâce à Raffaella).
Ma traduction.

Goebbels et l’opération des prêtres pédophiles

En 1937,
le ministre de la propagande nazi a organisé une campagne pour
discréditer l’Eglise catholique, en réponse à l’encyclique “Mit
brennender Sorge”. Et le chef du contre-espionnage militaire allemand,
Wilhelm Canaris, fit parvenir à Pie XII les documents du plan.
Massimo Introvigne
——————

“Il y a des cas d’abus sexuels qui sont révélés tous les jours contre un grand nombre de membres du clergé catholique.
On
ne peut malheureusement plus parler de cas individuels, mais d’une
crise morale collective qui n’a peut-être jamais connu dans l’histoire
culturelle de l’humanité une dimension si effrayante et si
déconcertante. De nombreux prêtres et religieuses se sont reconnus
coupables. Il ne fait aucun doute que les milliers de cas portés à
l’attention de la Justice ne représentent qu’une petite fraction du
total authentique, puisque de nombreux délinquants ont été couverts et
cachés par la hiérarchie”.
Un éditorial paru dans un grand
journal laïque de 2010? Non: un discours prononcé le 28 mai 1937 par
Joseph Goebbels (1897-1945), ministre de la Propagande du IIIe Reich. Ce
discours, de grande résonance internationale, est le point culminant
d’une campagne lancée par le régime nazi pour discréditer l’Eglise
catholique dans un scandale des prêtres pédophiles.
276 religieuses et 49 prêtres séculiers sont arrêtés en 1937.
Les
arrestations se succèdent dans tous les diocèses allemands, de manière à
toujours garder les scandales sur la première page des journaux.
Le 10 Mars 1937 avec l’encyclique Mit brennender Sorge, le Pape Pie XI (1857-1939) condamne l’idéologie nazie.
À
la fin du mois, le ministère de la Propagande dirigé par Goebbels lance
une campagne contre les abus sexuels des prêtres. La planification et
la gestion de cette campagne sont connues grâce à des documents dont
l’histoire est digne des meilleurs romans d’espionnage.
En 1937, le
chef du contre-espionnage militaire allemand est l’amiral Canaris
Wilhelm (1887-1945). Il est devenu graduellement anti-nazi, et a mûri
les convictions qui l’amèneront à organiser l’attentat manqué contre
Hitler en 1944, à la suite de quoi il sera pendu en 1945. Canaris
désapprouve les manœuvres de Goebbels contre l’Église catholique et
charge l’avocat Josef Müller (1878-1979) de porter à Rome une série de
documents secrets sur le sujet.
À diverses reprise, Müller – avant
d’être arrêté et interné dans le camp de concentration de Dachau, dont
il survivra, devenant après la guerredministre de la Justice de Bavière –
apporte des documents secrets à Pie XII (1876-1958), qui demande à la
Compagnie de Jésus de les étudier.
Avec l’approbation de la
Secrétairerie d’État, les enquêtes sur la conspiration nazie contre
l’Église sont confiées au jésuite Allemand Walter Mariaux (1894-1963),
qui, après avoir animé l’organisation allemande anti-nazie Pauluskreis a
été prudemment envoyé comme missionnaire au Brésil et en Argentine. Là,
comme directeur de la Congrégation Mariale, il exerce son influence sur
toute une génération de laïcs catholiques, y compris le célèbre penseur
catholique brésilien Plinio Corrêa de Oliveira (1908-1995), qui
fréquente l’un de ses groupes de Sao Paulo. Mariaux publie en 1940 à
Londres en anglais, et en 1941 à Buenos Aires en espagnol, sous le
pseudonyme de «Testis Fidelis», deux livres sur la persécution
anti-catholique du Troisième Reich: plus de sept cents pages de
documents commentés qui suscitent une grande émotion dans le monde
entier.
L’expresssion «panique morale»
n’a été forgé par les sociologues que dans les années 1970, pour
identifier une alarme sociale conçue tout exprès en amplifiant les faits
réels et en exagérant leur nombre à travers des statistiques
folkloriques, tout en “découvrant” et présentant comme “nouveaux” des
événements en réalité déjà connus et éloignés dans le temps. A la base
il y a des événements réels, mais leur nombre est systématiquement
déformé. Même sans disposer des outils de la sociologie moderne, Goebbels répond à l’encyclique Mit brennender Sorge de 1937 avec une opération digne d’un manuel pour créer une panique morale.
Comme toujours, dans les paniques morales, les faits ne sont pas entièrement fictifs.
Avant
l’encyclique, il y avait eu en Allemagne quelques cas d’abus sur des
mineurs. Mariaux lui-même reconnaissait coupable un religieux d’une
école de Bad Reichenhall, un enseignant laïc, un jardinier et un
concierge, condamnés en 1936, tout en notant que la peine imposée par le
ministère de l’Éducation de Bavière – la révocation de l’autorisation
de gérer des écoles à quatre ordres religieux – était totalement
disproportionnée et se reliait à la volonté du régime d’écraser les
écoles catholiques. Egalement sur le cas de plusieurs franciscains de
Waldbreitbach en Rhénanie, Mariaux est ouvert à l’idée d’une culpabilité
des accusés, bien que plus tard les historiens n’aient pas exclu
l’ypothèse d’un montage nazi.
Les cas – très peu nombreux, mais réels – avaient conduit à une réaction très ferme de l’épiscopat.

Le
2 Juin 1936, l’évêque de Münster, le Bienheureux Clemens August von
Galen (1878-1946) – l’âme de la résistance catholique au nazisme,
béatifié en 2005 par Benoît XVI – fait lire une déclaration à la messe
dominicale, où il exprime “la douleur et la tristesse” pour “les crimes
abominables” qui “couvrent de honte notre sainte Eglise. ”
Le 20
août 1936 après les événements de Waldbreitbach, l’épiscopat allemand
publie une lettre pastorale collective dans laquelle ils “condamnent
fermement” les dirigeants de l’Église et mettent l’accent sur la
collaboration avec les tribunaux de l’État.
À la fin de 1936, les
mesures strictes sont prises – devant quelques rares cas, parmi lesquels
certains douteux – les évêques allemands semblent avoir résolu les
problèmes réels.
D’une voix étouffée, les Évêques font aussi
remarquer que parmi les enseignants des écoles publiques et dans
l’organisation de jeunesse du régime elle-même, la Hitlerjugend, les cas
de condamnations pour violences sexuelles sont beaucoup plus élevés que
dans le clergé catholique.
C’est l’encyclique de Pie XI contre le
nazisme qui détermine la grande campagne de 1937. Mariaux le prouve en
publiant les instructions très détaillées envoyées par Goebbels,
quelques jours après la publication de Mit brennender Sorge à la
Gestapo, la police politique du Troisième Reich, et en particulier
aux journalistes, invités à «découvrir» les affaires jugées en 1936, et
même les épisodes plus anciens, les représentant en permanence au
public.
Goebbels ordonne à la Gestapo de trouver des témoins
pour accuser plusieurs prêtres, les menaçant d’arrstation immédiate
s’ils ne coopèrent pas, même lorsqu’il s’agit d’enfants.
L’expression
proverbiale “il y a un juge à Berlin”, qui dans la tradition allemande
indique une confiance dans l’indépendance de la magistrature face aux
puissances en place, vaut aussi – dans certaines limites – pour le
Troisième Reich. Sur les 325 prêtres et religieux qui ont été arrêtés
après l’encyclique, seuls 21 sont condamnés. Il est presque certain que
parmi eux il y a les innocents calomniés. Presque tous finissent dans
les camps d’extermination, où beaucoup meurent.
La tentative de
discréditer l’Église catholique à l’échelle internationale grâce à des
accusations d’immoralité et de prêtres pédophiles va toutefois échouer.

© Copyright Avvenire, le 16 avril 2010

  1. Vix pervenit, les contrats justes – pavie.ch

    www.pavie.ch/articles.php?lng=fr&pg=337

    + Hommage au Professeur Jean de Siebenthal …. Voilà ci-dessous reproduite l’encyclique Vix pervenit adressée au clergé italien mais par la suite étendue à

  2. François de Siebenthal: Stiglitz, Draghi, Tietmeyer au Vatican

    desiebenthal.blogspot.com/…/stiglitz-draghi-tietmeyer-au-vatican.htm…

    28 avr. 2012 – Voilà ci-dessous reproduite l’encyclique Vix pervenit adressée au clergé italien mais par la E. Posted by François de Siebenthal at 07:55:00

  3. François de Siebenthal: Vatican: les fumées de Satan en économie

    desiebenthal.blogspot.com/…/vatican-les-fumees-de-satan-en-econom…

    13 mai 2012 – la résistance aux corruptions – Compendium – Vix pervenit, les . François de Siebenthal: Stiglitz, Draghi, Tietmeyer au Vatican

  4. François de Siebenthal: Pour la paix mondiale

    desiebenthal.blogspot.com/2012/05/pour-la-paix-mondiale.html

    17 mai 2012 – François de Siebenthal: Rencontre St-Nicolas et Dorothée de Flüe la résistance aux corruptions – Compendium – Vix pervenit, les .

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Traduction »