M. Oskar Freysinger au Conseil d’Etat valaisan

Chers compatriotes,
Chers amis, Je me souviens…..

 

Je me souviens lorsque nous avons fondé l’UDC, c’était il y a 12 ans
!! Je me souviens de la réprobation des médias, des autres partis qui
nous traitaient de tous les noms d’oiseaux, nous insultant ainsi
gravement, parce que nous osions simplement nous référer aux valeurs
traditionnelles de la Suisse.
Je me souviens de l’incendie de ma maison familiale.
Je me souviens de l’affiche me comparant à Hitler par des gens prétendument si respectueux.
Je
me souviens de la caricature de Vigousse me présentant en nazi envoyant
des enfants à la chambre à gaz, simplement parce que je demandais que
les plus faibles soient pris plus particulièrement en charge par le
système scolaire.

Oui, je me souviens de tout cela. Et pourtant, aujourd’hui plus que
jamais, ces agressions me poussent à continuer car, en m’insultant,
c’est vous que l’on insulte, c’est le peuple et nos institutions que
l’on insulte !!!

Malgré l’opprobre, je continue à penser aux victimes auxquelles on ne veut pas rendre justice.
Je pense à l’ouvrier qui perd son emploi parce qu’il ne compte pas pour l’économie globalisée.
J’entends
les agriculteurs soumis à une concurrence déloyale et qui ne
parviennent plus à vivre décemment du fruit de leur labeur.
J’entends les patrons des PME écrasés par les impôts et les taxes.
J’entends les policiers condamnés alors qu’ils faisaient leur travail pour garantir notre sécurité.
J’entends
cette jeune fille qui s’est fait agresser dans le train à Viège et qui
n’a échappé à un viol collectif que grâce à l’intervention de deux
militaires.
J’entends les citoyens qui se soucient de la délocalisation des hôpitaux.
J’entends nos jeunes qui s’inquiètent pour leur avenir professionnel.
Je pense à cet agriculteur de Collombey-Muraz dont le terrain fut occupé illégalement avec l’accord d’autorités complaisantes.

Nous devons réagir et faire en sorte que la solidarité n’aille pas sans la responsabilité,
que les droits soient toujours assortis de devoirs,
que celui qui n’a jamais travaillé et cotisé ne soit pas favorisé au détriment de celui qui a travaillé et cotisé toute sa vie.
Nous devons faire en sorte que les criminels et les tricheurs soient punis comme ils le méritent.
Nous
devons surtout renforcer les contrôles à nos frontières pour empêcher
la criminalité internationale de sévir impunément chez nous.

La coupe est pleine, chers amis, et le peuple en a assez !!!

Si nous continuons à être laxistes, ce pays risque de perdre sa qualité de vie et pire encore, son âme.

Si rien ne change, les conditions humaines, politiques, économiques
et sociales de notre société vont se détériorer de manière
irrémédiable.

Ce sont les valeurs du travail, de l’effort et du mérite qui ont rendu ce pays et ce canton prospères. Ne les bradons pas !!!

Nous devons agir pour que la formation professionnelle soit revalorisée.
Nous
voulons une école où l’autorité du maître et du savoir est reconnue
parce que nous ne pouvons pas éduquer nos enfants sans un minimum
d’exigence et de rigueur.
Le laxisme ne rend pas service aux enfants !
Nous voulons qu’ils deviennent des êtres responsables, car sans la responsabilité, la liberté est un leurre.

Si je suis élu au gouvernement Valaisan, je m’engage à : maintenir,
voire renforcer la qualité de l’enseignement public en soutenant les
enseignants dans leur métier.
J’encouragerai les PME à créer des postes de travail.
Je soutiendrai le foisonnement de la culture, car elle est le ferment d’une civilisation.

Je continuerai à lutter pour la liberté d’expression, base de toute
démocratie. Je défendrai une justice sévère avec les criminels et
respectueuse des victimes.
Je prendrai toutes les mesures
nécessaires pour renforcer la sécurité. En tant que membre du
gouvernement, je m’engagerai pour la construction d’une gaine technique
le long du Rhône, véritable colonne vertébrale du futur de notre canton.

Je veillerai à ce que le Valais ne soit pas spolié de ses
ressources naturelles et défendrai le patrimoine en combattant toute
taxe sur les successions.
Finalement, je ferai tout mon possible
pour que le deuxième tube du Lötschberg soit construit et que
l’autoroute dans le haut Valais soit enfin terminée.

Ce ne sont là que quelques lignes générales, mais elles donnent le ton.
Si
vous me faites confiance, si le peuple me fait confiance, je ferai
l’impossible pour que le Valais, ce canton qui m’a vu naître et que je
chéris plus que tout, sache surmonter ses difficultés et exploiter au
maximum ses forces et ses vertus.

Ensemble, nous vaincrons et nous transmettrons à nos descendants un canton prospère !
Ensemble, nous réaliserons les rêves qui sommeillent sous les paupières de nos enfants.
Ensemble, nous dessinerons le Valais de demain.

Vive le Valais !

Dix projets pour le Valais du futur

1. Rhône 3

Un fleuve au service de l’homme

Dans
ce dossier crucial, je soutiens la solution des communes qui se
caractérise par une faible emprise sur le patrimoine foncier.

Le
Rhône est la ligne la plus directe qui permet de construire une gaine
technique à travers le canton comprenant l’enterrement des lignes à
haute tension, la sécurisation du fleuve, un espace détente pour les
citoyens ainsi que l’aqueduc (turbinage, vente d’eau potable) et une
autoroute informatique pour ainsi renforcer notre indépendance
énergétique et miser sur le développement de notre potentiel
hydraulique. En détournant les eaux de turbinage dans un aqueduc, les
valaisans pourraient acquérir les avantages suivants : suppression des
marnages,  production d’électricité de 400 millions de KWh nets avec une
production de pointe et de super pointe, vente d’eau potable de
qualité. Cette réalisation offre aussi la possibilité d’évacuer 600
m3/sec à hauteur de Riddes en cas de crues.

L’élargissement prévu
par Rhône 3 tourne autour de 2,5 milliards. La solution des communes ne
coûte que 600 millions. Les milliards économisés pourraient être
utilisés pour le deuxième tube du Lötschberg et l’autoroute dans le haut
Valais. De plus, une grande partie des travaux pourrait être effectuée
par les gravières gratuitement dans le cadre de leur concession
d’extraction. Peu de travaux seraient nécessaires.

La durabilité
des éoliennes et du solaire (30 ans) est limitée. La RPC (rétribution
prix coûtant) pose un problème. Le courant vert ne peut se vendre qu’à 5
centimes et devrait être vendu à 30 centimes pour que ce soit rentable.
Une installation comme l’aqueduc doit être amortie en 60 ans, mais
après, c’est du bénéfice pur pour 2 à 300 ans. (Aqueduc : 10 centimes de
valeur et 20 de revente).

En encaissant 25 centimes par mètre
cube d’eau potable au départ du Bouveret, on aurait un rendement 15 fois
supérieur que si l’on utilisait la même chute pour produire de
l’électricité.

Il faut absolument éviter la technique du salami :
tranche par tranche, on introduit l’élargissement qui rend la gaine
technique à terme impossible. La politique doit prendre une option
claire immédiatement. Les paramètres de l’élargissement sont connus :
terre arable perdue, pénuries énergétiques et alimentaires, destruction
d’infrastructures, coûts très élevés.

2. Éducation, enseignement, culture

Travail, excellence et imagination

Dans ce domaine, un éventail de mesures s’impose :

Renforcer l’enseignement des compétences fondamentales.

Construire une base de savoir cohérente (grille de lecture globale du monde).

Favoriser le plus possible l’existence de référents stables (maîtres de classe).

Renforcer
la prise en charge d’élèves avec de graves déficits dans des classes
spéciales jusqu’à leur insertion dans les classes régulières.

Mieux axer l’enseignement de la HEP sur l’application de méthodes pratiques et applicables dans le réel.

Eviter la fonctionnarisation et la bureaucratisation des enseignants.

Favoriser et flexibiliser les échanges linguistiques. Immersion le plus tôt possible où c’est possible.

Finalement
construire rapidement un campus pour la recherche et le développement
en lien avec l’EPFL (santé, énergies) et améliorer les collaborations et
la flexibilité dans la chaîne des formations CFC, ES (car il y a un
besoin de personnel, mais il n’y a pas d’offre de formation, raison pour
laquelle on va chercher ailleurs la main d’œuvre) et HES. Il faut
accroître l’offre dans la formation pour les différents métiers de la
santé.

Côté culture, il s’agit de renforcer les liens entre le
monde culturel valaisan (musique, théâtre, littérature) et l’école. Les
subventions doivent être le plus possible transformées en contribution
pour une prestation.

Il faut également faciliter l’accès des troupes amateur à des infrastructures scéniques, salles de concert etc.

3. Tourisme, économie

Une économie alpine prospère

En
contrepartie de ce que la Confédération impose au canton (lex Weber,
LAT et demain, qui sait, dans le domaine du droit des successions et les
droits d’eau), je propose :

La réalisation sans retard de la sortie en Y du Lötschberg,

La
création d’un fonds d’infrastructure financé par la Confédération d’au
minimum un mil-liard de francs : 200 millions de francs par année pour
rénover et remettre à niveau les infrastructures touristiques dans les
communes proscrites ( >20% de résidences secondaires ) pour la
période 2013-2017. Puis renouvellent de ce fonds en fonction des besoins
planifiés par période quinquennale.

L’introduction d’une
obligation légale pour les instituts financiers suisses de financer les
projets touristiques hôteliers et équivalents ( hôtels – restaurants –
chambres d’hôtes – établissements locatifs touristiques conformes à la
loi Weber) sur le territoire des communes proscrites,  avec la caution
de la Confédération et à des taux équivalents au marché hypothécaire
local.

4. Décloisonnement, transports

Le Valais à la croisée des chemins

Le
but central, dans ce domaine consiste à renforcer l’attractivité
générale du canton pour inciter les entreprises et les touristes à venir
en Valais. Cela exige le DECLOISONNEMENT du canton ! Il faut mettre fin
au terme « région périphérique ». Géographiquement, le Valais est au
centre de l’Europe, pas en périphérie. À nous d’exploiter cet avantage.

Pour cela, il faut :

Diminuer
l’impact de l’éloignement (région périphérique) par l’amélioration des
voies de communication et de transport : finir rapidement l’autoroute
dans le haut Valais, terminer l’achèvement du 2ème tube du tunnel du
Lötschberg pour exploiter pleinement  ses capacités, mettre en valeur
l’aéroport de Sion dans ses activités civiles, rehausser le tunnel de la
ligne CFF à St-Maurice (possibilité de faire venir le TGV à Brigue),
soutenir la ligne du Tonkin.

Elaborer un concept favorisant le
home-working (marketing démontrant les avantages du cadre qu’offre le
Valais pour les familles, la qualité de vie des employés). Il faut aussi
généraliser l’introduction de la fibre optique pour que ce créneau
puisse être exploité. Cela permettrait de désengorger les axes routiers
et les transports publics.

Favoriser la jonction par le Grimsel
entre les réseaux de chemins de fer lémanique, oberlandais et alpin, ce
qui créerait le plus grand réseau de chemins de fer à voie étroite du
monde. En résulterait une formidable attraction touristique permettant
un circuit avec des escales.

5. Sécurité, prisons

Un Valais sûr

Il
est prioritaire de renforcer les contrôles de personnes en zone
frontière. Schengen permet certaines formes de contrôle, il faut
exploiter au maximum le peu de marge que laisse ce mauvais accord.

Il s’agit ensuite de renforcer les effectifs de la police cantonale

Il
y a un grave manque de personnel au niveau des prisons. Les conditions
de travail des gardiens se sont détériorées. Avant de décider de
réformes, il faut d’abord écouter les praticiens (problèmes à Pramont !)

Il est prioritaire de réduire l’attractivité des conditions de détention. Je défends le concept de la réinsertion spartiate.

Finalement,
il faut insister pour que les renvois soient réellement effectués.
(environ 80% de délinquants étrangers en préventive dans les prisons de
Sion et Martigny).

6. Santé, système hospitalier

La santé pour tous à un prix abordable

La
politique de la santé ne doit pas se focaliser uniquement sur des
aspects particuliers mais plutôt sur une vision globale de la prise en
charge de personnes malades, âgées ou nécessitantes des soins
particuliers sur le long terme. Avant tout, le système sanitaire doit
être au service du patient et non le patient au service du système.

Je propose les mesures suivantes :

Maintenir
un hôpital de soins aigus (chirurgie de base, urgences) par région :
Rennaz pour le Chablais, Sion pour le centre et un hôpital dans le
Haut-Valais (à définir entre Brig, Visp ou la  construction d’un nouvel
hôpital).

Muter l’hôpital de Sion en hôpital cantonal pour les
disciplines médicales de pointe en garantissant le bilinguisme.
(nécessité économique).

Garantir un espace pour les cliniques
privées afin de laisser la liberté de choix aux patients valaisans. (Non
à une situation de monopole du RSV).

Impliquer les acteurs du terrain comprenant également le secteur privé dans la planification cantonale.

Améliorer les filières de formations de la santé et rendre le système de formation plus souple.

Favoriser
le secteur de la réadaptation et du thermalisme pour créer un label
bien-être et santé en Valais, soit une autre forme de tourisme.

7. Institutions

Plus de démocratie

La
démultiplication d’organismes intermédiaires sans réelle légitimité ni
contrôle démocratique (projets d’agglo, conventions inter-cantonales)
doit être réduite au maximum et avec elle le règne des technocrates. Le
gouvernement et le parlement doivent reprendre la main à tous les
échelons de décision et au niveau communal ce doit être le peuple.

Je
dis non à la démission du politique par rapport aux technocrates et à
la bureaucratie (comme pour le rapport de la Suisse avec l’UE).

Concernant
R21, il faut enfin soumettre au peuple l’initiative « chaque voix
compte ». Je     suis, dans ce dossier, pour passer à sept conseillers
d’Etat, abroger les préfets, introduire le     droit d’initiative
communal généralisé, encourager les fusions de communes par   
 l’incitation     et sans contrainte, et passer à un quorum électoral de
5%.

8. Impôts

Soulager les citoyens

Il
faut revoir l’impôt sur les gains immobiliers (IGI), dont le Valais
était exonéré jusqu’à il y a une décennie et demie environ et que le PDC
a introduit et refusé d’abolir depuis, alors que plus de 70% de
valaisans sont propriétaires. Certes, cet impôt est régi par du droit
fédéral. Mais le Valais pourrait faire comme Genève qui s’est plié au
droit fédéral en fixant le taux d’imposition à 0% à partir de 25 ans de
possession comme c’était le cas dans notre canton (actuellement 1%).

9. Paysage : bisses et murs à sec

Protection du patrimoine

Les
bisses et les murs à sec sont une composante essentielle du patrimoine
et du paysage valaisans. Des démarches sont entreprises pour faire
inscrire les bisses au patrimoine mondial de l’UNESCO. Je m’engage à
soutenir sans réserve cette démarche et à faire inscrire également les
murs à sec, un peu comme cela a été fait pour le vignoble du Lavaux.

10. Justice : affaire Luca

Réparer le tort subi

Si
je suis élu, je ferai tout ce que permet la séparation des pouvoirs
pour que toute la lumière soit faite, enfin, dans cette tragique
affaire.

Identité – proximité – sécurité
Ces
trois thèmes représentent les axes essentiels de l’action politique de
l’UDC. En préambule de nos lignes directrices, il convient de les
traiter un à un en esquissant toutes les conséquences qu’impliquerait,
pour notre pays, le fait de les négliger.
I Identité
L’UDC est le
seul parti, en Suisse, qui ose poser la question identitaire. Or, cette
question est vitale pour la survie de l’Etat Nation. Qui sommes nous ?
Quelles sont nos racines ? Sur la base de quelles valeurs la communauté
nationale s’est elle construite ? Et comment défendre notre patrimoine
culturel ? Voilà des questions qu’il vaut la peine de se poser et qui
fâchent tous ceux qui n’ont d’autre but que de fondre la petite Suisse
dans l’empire UE qui l’entoure.
Depuis
la deuxième guerre mondiale, des esprits dits « éclairés » cherchent à
« globaliser les consciences », à « décloisonner la pensée ». La
liberté, disent-ils, s’est de s’ouvrir à tout, s’est de faire tomber
toute limite entre les différentes identités,
ethnies
et nations. Ce que provoquent ces gens en mélangeant tout, c’est une
sorte de génocide de la disparité, une extinction des différences. Car
l’identité se construit à partir d’un paysage émotionnel constitué d’une
terre particulière, peuplée de traditions, de coutumes, de valeurs.
Or, la
modernité dite « globale » veut justement éradiquer tout cela. Elle n’a
pas compris que c’est parce que l’autre est différent

de moi qu’il me permet d’être ouvert et tolérant envers lui. Elle n’a
pas compris que c’est justement parce que nous sommes tous uniques grâce
à notre identité propre et irremplaçable que notre humanité commune
nous unit. Oui, ce n’est qu’en restant autre que l’autre peut m’enrichir
et que je puis lui apporter quelque chose en retour.
La
pseudo-tolérance proclamée sur toutes les ondes depuis mai 68 n’est
qu’un leurre, car la vraie tolérance est quelque-chose qui exige un
effort, c’est une qualité qui ne supporte pas le nivellement par le bas.
Etre tolérant pour l’infiniment même n’est pas un exploit.
Or, la
mondialisation actuelle cherche à détruire la coexistence de visions du
monde différentes, de systèmes politiques divergents, de valeurs
contradictoires. Par un déplacement systématique de
s
foules humaines et des marchandises, elle cherche à créer un énorme
« melting pot » planétaire où l’homme n’est plus que l’ombre de
lui-même, elle instaure une sorte de société globale diffuse ou tout se
vaut, où rien ne se distingue plus dans la promiscuité d’âmes errantes
et terriblement vides.
La
société globale est ainsi à la dignité humaine ce que le hamburger est à
la haute cuisine. C’est peut-être rassurant de savoir qu’un Hamburger a
strictement le même goût et la même consistance partout dans le monde, m
ais
cela ne permet aucunement de vivre pleinement. Au plus, les hommes se
content-ils de survivre tristement avec, dans un recoin de la mémoire,
une vague nostalgie de saveurs oubliées. Non, l’identité, ça ne
s’égalise pas, ça ne se nivelle pas, vendre son identité équivaut à
vendre quelque chose qui n’a pas de prix, car ce faisant, c’est son âme
que l’on vend au diable.
II proximité
« Aime ton
prochain comme toi-même ! » A ce jour, aucun concept régissant la
cohabitation humaine n’a égalé de près ou de loin le génie de ce simple
précepte chrétien. Là où les difficultés apparaissent, c’est dans son
application. L’on peut bien être d’accord sur le fait que tous les
humains sont des frères et donc nos proches, mais on réalise aussitôt
que celui qui embrasse trop de monde embrasse mal. La fraternité
globale, l’amour pour le monde entier, voilà bien des coquilles vides ne
cherchant qu’à culpabiliser ceux qui cherchent à privilégier la qualité
sur la quantité, la proximité sur l’éloignement.
Or, en
quoi le frère humain lointain avec qui je n’ai encore rien partagé,
dont j’ignore le caractère profond, qui n’est mon proche qu’en théorie,
devrait-il être considéré comme plus proche que celui dont je partage le
quotidien,
les soucis, les responsabilités :
mon concitoyen Suisse ? Pourquoi, afin de favoriser l’économie d’un coin
de planète lointain, devrais-je négliger le producteur de chez moi,
l’artisan du coin, le travailleur indigène dont le labeur contribue à
élever le niveau de la société dans laquelle je vis ? Si, pour être
ouvert et tolérant et embrasser le monde entier, il faut nécessairement
défavoriser mon prochain réel en favorisant le prochain virtuel que la
pensée globale m’impose, alors je n’aurai bientôt plus de proches à
aimer.
Le
drame actuel, c’est que l’on détruit des pans entiers de l’économie de
proximité pour faire venir d’ailleurs, à grands renforts d’énergie
dilapidée et de pollution, ce que l’on aurait très bien et même pu mieux
produire chez nous. Mais voilà, le consommateur globalisé doit pouvoir
consommer de tout en tous temps. Le décloisonnement dicté par le haut
fait disparaître les saisons, les frontières et les distances. Tout doit
être proche à tout moment, même si le prix à payer, c’est l’aliénation
de ceux qui n’acceptent pas de voir leur travail bradé à vil prix. Ce
que l’on veut, c’est transformer l’homme en pièce de rechange infiniment
remplaçable, déplaçable, jetable, en nomade économique. Or, les
chômeurs de tous les pays ont une chose en commun : Ils ne sont plus
proches de personne, car ils sont exclus de tout, ils trainent leur âme
en peine comme des morts vivants que l’on maintient sous perfusion par
un peu d’argent étatique. Le proche devient ainsi lointain, il dépérit
dans un cercle vicieux dévastateur, se mure dans son désespoir.
L’économie
globalisée n’en a cure, elle continue à prôner le décloisonnement et
l’ouverture. Les grandes banques achètent des actions pourries aux Etats
Unis plutôt que de sauver la compagnie d’aviation nationale ou
d’accorder un crédit intelligent aux PME Suisses, aux entrepreneurs du
crû, forces vives de notre pays. Les œuvres d’entraide continuent à
prôner l’aide aux plus démunis de l’autre bout du monde, dont la
télévision et l’internet rendent la misère plus proche que la souffrance
du voisin de palier désœuvré. Il est vrai qu’il est plus facile de
délocaliser et de jouer avec les destins humains à des milliers de
kilomètres de distance que de créer des places de travail pour le
concitoyen trop proche, trop exigeant, et dont la souffrance est trop
visible en cas de licenciement. Il est vrai aussi qu’il est plus facile
de se donner bonne conscience en faisant de temps en temps un don à la
misère lointaine plutôt que de s’attaquer à bras le corps à la misère
qui règne dans le plus proche voisinage.
Le
prix à payer pour cette évolution inquiétante est exorbitant. A force de
vouloir être proches du monde entier, nous nous perdons nous-mêmes dans
la solitude la plus affligeante. Lorsqu’il n’y a plus rien de lointain,
plus rien d’étranger, il n’y a plus rien de proche non plus.
La
solution, c’est que nous balayions d’abord devant notre porte, que nous
tendions d’abord la main au frère réel au bord du chemin avant de
vouloir faire le bien des si lointains proches du désert des tartares.
Cette attitude n’a rien d’égoïste, elle procède tout simplement du plus
élémentaire bon sens.
III Sécurité
Le choc culturel engendré par la
nomadisation des peuples crée une situation en certains points analogue
à celle des grandes migrations qui ont marqué la fin de l’empire
romain. Au lieu de se retrouver dans des conflits classiques opposant
des Etats, c’est une guerre civile généralisée entre quartiers, ethnies
et groupes sociaux qui s’installe. Or, la violence urbaine et le
sentiment d’insécurité qui sont en train de se répandre dans les villes
européennes et suisses permettent à une élite d’instaurer peu à peu,
sous le couvert de la protection des libertés citoyennes, la limitation
de celles-ci.
Ayant
fait tomber tous les cordons sanitaires entourant les espaces de liberté
que constituaient les Etats nations, les élites politiques, principal
vecteur de cette évolution, proposent l’établissement d’un état policier
pour compenser la perte de sécurité. Sachant que le bon peuple ne prend
rien plus en horreur que le chaos et qu’il est même disposé à sacrifier
une partie de sa liberté pour que l’ordre public soit rétabli, ces
esprits machiavéliques installent un contrôle permanent de tous les
citoyens sur tout le territoire national. D’homme libre, le citoyen
devient un suspect en puissance dont il faut espionner les habitudes
économiques, sociales, alimentaires, sexuelles et politiques. Des moyens
policiers transgressant les règles de la protection des données font
voler en éclat la sphère privée. D’énormes banques de données sont
nourries de nos faits et gestes, presque toujours à notre insu, sous le
prétexte que la protection de la liberté vaut bien quelques sacrifices.
Or, une liberté emmurée n’est plus la liberté, une vie momifiée par des
règles de sécurité n’est plus une vie. Peu à peu, le système glisse vers
un totalitarisme « soft » dans le cadre duquel les pompiers pyromanes
qui ont créé le chaos proposent de le circonscrire au prix de notre
liberté. Bientôt, le remède sera aussi effrayant que le mal qu’il
prétend combattre.
Cette
évolution qui consiste à détruire la liberté au nom de la liberté dans
un monde devenu incertain a été très tôt annoncée par certains auteurs
futuristes du siècle dernier tels Orwell, Huxley et Bradbury. Le but de
ce processus est de forcer le citoyen à se claquemurer chez lui, à
prendre pour vérité les inepties quotidiennes d’une télévision étatique
dévoyée et de laisser l’Etat s’occuper du reste, de tout le reste. Or,
accepter cela, c’est brader la responsabilité civile et la démocratie
directe, c’est devenir un rouage dans un système instaurant une sécurité
sans liberté, une égalité sans humanité et un monde de loisirs sans
bonheur.
Le
seul moyen de s’opposer à cette évolution inquiétante consiste à
combattre les sources de l’insécurité avant que celle-ci ne se soit
insérée à tous les niveaux du corps social telles les métastases d’un
cancer. La société Suisse est une société ouverte comptant le plus grand
nombre d’étrangers par rapport à sa population en Europe. Pour ne pas
mettre en péril cet équilibre fragile il faut empêcher toutes les mafias
du monde d’y établir leurs succursales et cesser d’être laxistes envers
les criminels qui ont choisi le territoire national Suisse comme
territoire de chasse. Ce n’est qu’en éradiquant le mal à la racine que
les Suisses parviendront à vivre en sécurité et libres malgré tout.
Depuis l’abandon des contrôles stricts aux frontières, les cambriolages
se sont démultipliés dans l’arc lémanique. Demain, ce sera au tour des
Valaisans de ne plus être en sécurité chez eux. Après demain, nos
enfants seront prisonniers dans leur propre pays. Les citoyens Suisses
doivent rester sur leurs gardes et agir aujourd’hui déjà en empêchant,
par une immigration jugulée, l’établissement de ghettos culturels, donc
du communautarisme, et l’apparition d’un droit parallèle contraire aux
droits de l’homme et aux principes de l’Etat de droit. Lorsque ces
phénomènes se seront répandus dans le corps social, il sera trop tard.
Et la Suisse, plus vieille démocratie du monde après 500 d’histoire,
risque alors de voir sa cohésion sociale et sa démocratie directe voler
en éclats.
Oskar Freysinger
Conseiller national et président de l’UDCVR

 

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