Religieux & protection & réconciliation, ONU, Genève



Le rôle des acteurs religieux dans la protection et la réconciliation – 


Genève, Palais des Nations, 25 novembre 2016 – 



Dialogue à haut niveau organisé par la Mission du Saint-Siège et Caritas.

Agenda: 08.45 – 12.45:

Welcome

Call to Order and introduction by the co-Organizers

Mr. Stefano Nobile, Delegation of Caritas Internationalis in Geneva

Opening Remarks

H.E. Archbishop Ivan lurkoviç, apostolie Nuncio and Permanent Observer, Permanent Observer Mission of he Holy See to the United Nations

Keynote Speaker

H.E. Dieudonné Cardinal Nzampalinga, Archbishop of Bangui (Central Africa Republic) and co-Founder of CAR Interfaith Peace Platform

The Status of Freedom of Religion in the World

Mr. Roberto Simona, Research Manager in Islam and Christian Minorities, Aid ta the Church in Need

The status of freedom of religion in the world – presentation of the 2014-2016 Report of Aid to the Church in Need

Panel Debate 1: 


Freedom of Religion in the Context of Humanitarian Emergencies SPEAKER: Msgr. Robert J. Vitillo, Secretary General, International Catholic Migration Commission 


11.40 – 12.15: _____ 


Panel Debate II: 


Freedom of Religion and Economic and Social Development SPEAKER: Fr. Pierre Martinot-Lagarde, Special Adviser, Department of Partnership and Field Support, International Labour Organization 


DISCUSSANT: Ms. Shyami Puvimanasinghe, Human Rights Officer, Office of the High Commissioner for Human Rights 12.30 – 12.45: _____ 


Concluding Remarks Dr. Alfred Fernandez, Director, Collège Universitaire Henry Dunant 


DISCUSSANT: Prof. Michel Veuthey, Deputy Permanent Observer, Order of Malta, Geneva



The Status of Freedom of Religion in the World
Concept Paper and Agenda for a High Level Seminar
to be held in Geneva, Switzerland on Friday, 25 November 2016
Palais des Nations, Room V



Genève,
Palais des Nations, 25 novembre 2016
La
liberté de religion dans les situations de catastrophes.
Le rôle
d’acteurs religieux dans la protection et la réconciliation

Michel
Veuthey[*]

Eminence, Excellences, Chers Amis,
Permettez-moi de commencer par remercier « Aide à l’Eglise en détresse » pour son engagement en
faveur de la liberté de religion dans le monde, ainsi que la Mission du Saint-Siège et Caritas internationalis pour l’organisation de cette réunion.
La contribution de Mgr. Vitilio
est remarquable par sa vigueur et son acuité habituelles. Son analyse de la
liberté religieuse dans les situations de crises humanitaires contemporaines,
de la contribution des organisations religieuses à la limitation de la violence
et à la protection des victimes de conflits. La « Responsabilité de
protéger » a perdu beaucoup de sa crédibilité. Ses principes n’en restent
pas moins pertinents, Et surtout les principes qui limite les souffrances de
personnes civiles ou hors de combat.
L’exemple de la République Centrafricaine est en effet éloquent sur le
rôle de dirigeants religieux pour mettre fin à des conflits. Permettez-moi ici
d’exprimer toute mon admiration et mes vœux à S. Eminence le Cardinal Dieudonné Cardinal Nzapalainga, Archevêque
de Bangui et Co -fondateur de la
Plateforme de Paix Inter-religieuse de Centrafrique.

La contribution des acteurs religieux à la paix, ce n’est pas seulement le
dialogue, c’est bien davantage la prière et, pour les Chrétiens, la référence au Prince de la Paix,
Jésus-Christ.
[1]

La première contribution des acteurs religieux
est certes d’éviter que la religion ne soit utilisée pour justifier la violence
et les conflits. C’est dans cet esprit qu’a été créé à Genève le 24 octobre
1999,  l’Appel Spirituel de Genève par le Doyen de la Cathédrale de
Saint-Pierre, le Pasteur William McComish, avec l’appui de représentants
d’autres religions.[2]  Dans l’histoire, je voudrais citer divers exemples,
certes non exhaustifs. Permettez-moi de citer tout d’abord celui d’un ermite
suisse, Saint Nicolas de Flue,[3]
considéré comme la Patron de la Suisse, qui a réussi, par son ascétisme et ses
prières, à éviter un affrontement entre Cantons Suisses.

En 1947, les « Quakers »
(Société des Amis), fondés en 1647, ont reçu le Prix Nobel de la Paix, pour
leurs efforts en vue de résoudre pacifiquement les conflits. [4]
D’autres acteurs religieux ont également reçu le Prix Nobel de la Paix : ainsi Henry Dunant, chrétien
convaincu, qui reçu le premier Prix Nobel de la Paix en 1901, l’Archevêque
d’Uppsala L.O.J. Söderblom (1930),  le P.
Dominique Pire (1958), Albert Schweizer (1962), Martin Luther King (1964), Mère
Teresa (1979), Mgr. Desmond Tutu (1984), le Dalaï Lama (1989), Mgr. Belo (1996).[5]


Cette année a vu le 30e anniversaire de l’historique Journée mondiale de Prière pour la Paix du 27 octobre 1986. A
l’initiative du Pape, Saint Jean-Paul II, se réunirent
des
représentants de toutes les grandes religions mondiales, de 50 représentants
des Églises chrétiennes et 60 représentants d’autres religions mondiales.
C’était la première fois dans l’histoire qu’une telle rencontre se réalisait.
L’intuition du Pape fut simple et profonde : réunir les croyants de toutes les
religions mondiales dans la ville de Saint François, en mettant l’accent sur le
prière pour la paix, les uns à côté des autres, devant l’horreur de la guerre [6]  et, ce, dans l’esprit de Saint François d’Assise.[7]

A cette occasion le Pape déclara : « C’est en soi une invitation
faite au monde pour prendre conscience qu’il existe une autre dimension de la
paix et une autre façon de la promouvoir, qui ne sont pas le résultat de
pourparlers, de compromis politiques, économiques
». La conviction était
celle que « la prière et le témoignage des croyants, quelle que soit leur tradition,
peuvent beaucoup pour la paix dans le monde
». L’appel fut écouté notamment
par le « monde » : durant une journée entière, le bruit des armes cessa.[8]
1.      Le rôle d’acteurs religieux
dans la prévention de conflits
Au XXe siècle, il y a l’exemple des Pères fondateurs de l’Europe, l’Allemand
Konrad Adenauer,[9]
le Français Robert Schuman[10] et
l’Italien Alcide De Gasperi
,[11]
tous trois profondément chrétiens. Ils ont fondé l’Europe de l’après-guerre,
pour construire la paix entre pays qui s’étaient entre-déchirés.

Il y a enfin l’exemple des Conférences
nationales en Afrique
, qui ont souvent été présidées par des
Archevêques  catholiques : au Bénin
(Mgr Isidore De Souza), au Togo (Mgr Philippe Kpodzro), au Zaïre (aujourd’hui
République Démocratique du Congo), par l’Archevêque, aujourd’hui Cardinal, Laurent
Monsengwo à Kinshasa. [12]

Le récent discours du Roi du
Maroc Mohamed VI, le 20 août 2016
, condamnant le terrorisme au nom de
l’Islam, est un appel aux Musulmans, Chrétiens et Juifs pour « 
dresser un front commun
pour contrecarrer le fanatisme, la haine et le repli sur soi sous toutes les
formes ».
[13]
Le rôle des établissements d’enseignements tenus par des religieux pour
promouvoir des valeurs et des compétences permettant des sociétés basées sur le
respect mutuel et la coopération doit être relevé.[14]
Des dirigeants religieux organisent et
organiseront encore des dialogues fondés
sur des valeurs communes d’humanité et qui ont pour objectif la promotion d’une
culture de paix
.
Le respect de la vie et de la dignité de
la personne humaine est en effet fondamental pour prévenir voire pour mettre
fin à des conflits. [15]
Rappelons pour finir le rôle de deux
religieux espagnols, Francisco de Vitoria
(1483-1546) [16]  et Francisco
Suárez
(1548-1617),[17]
pour faire reconnaître la qualité humaine des Indiens d’Amérique, qui était
alors contestée.
2.      Le rôle d’acteurs religieux
dans le règlement de conflits
Le Vatican, seul ou en partenariat avec d’autres Eglises, a joué un
rôle dans le règlement de conflits : rappelons ici le rôle du Pape Jean-Paul II
qui envoya le Cardinal Samoré afin d’éviter que la dispute territoriale entre
l’Argentine et le Chili par rapport au  détroit de Beagle, ne  débouche sur la guerre.[18]
Plus récemment, le rôle du Pape François dans le rétablissement des relations
diplomatiques entre La Havane et
Washington
a été publiquement reconnu par les deux parties.[19]

La rencontre à Cuba entre le
Pape François et le Patriarche Kirill
, le 12 février
2016, a aussi été l’occasion d’un pressant appel pour la paix en Syrie et en
Ukraine.[20]
La Communauté Sant’Egidio[21]
a aussi joué un rôle déterminant pour la fin des hostilités entre le
Gouvernement de Maputo et la Renamo au Mozambique
en 1992, grâce à un Archevêque mozambicain de la même tribu que le dirigeant de
la Renamo.[22]
A noter l’appui
économique de l’Italie et du Royaume-Uni pour convaincre les parties à conclure
cet accord.
Un autre exemple est la collaboration entre l’Archevêque catholique,
l’Imam musulman et le Roi Mossi, qui a facilité une transition pacifique au Burkina Faso en octobre-novembre 2014.[23]
L’Eglise catholique est aussi actuellement active dans des efforts de
médiation tant en Colombie[24]
qu’au Vénézuéla.

Au Nigéria, il faudrait
rappeler l’action de Justin Welby,
aujourd’hui Chef de l’Eglise d’Angleterre,[25]
et le cas de l’Imam et du Pasteur,
deux chefs de communautés qui s’étaient affrontés violemment puis avaient,
ensemble, convaincu leurs communautés respectives et d’autres encore de
renoncer à la violence. Ils animent maintenant un groupe inter-religieux pour
porter ce message.[26]
3-     Le rôle d’acteurs religieux
dans la réconciliation et la justice
Une des contributions les plus originales
d’acteurs religieux à la réconciliation ont été les Commissions Vérité et Réconciliation.  La plus célèbre a été la « Truth and Reconciliation Commission » en Afrique du Sud
sous l’impulsion décisive de l’Archevêque anglican Desmond Tutu, qui a permis
d’aboutir à un accord entre le Gouvernement de l’apartheid et les Mouvements de
libération pour l’établissement de cette procédure de justice restaurative.
D’autres Commissions de Vérité et Réconciliation ont été établies à
l’initiative de dirigeants religieux catholiques et protestants en Amérique
latine :
– en Argentine (CONADEP) avec un évêque catholique et un évêque méthodiste,[27]
– au Brésil  (« Numca
Mais »)
avec le Cardinal Paulo Evaristo Arns, et un Pasteur presbytérien,
le Révérend Jaime Wright,[28]

– au Chili (« Comisión Nacional de Verdad y
Reconciliación »
)[29]
– au Guatemala, où un évêque, Mgr.
Juan José Gerardi Conadera, a payé de sa vie son engagement pour la justice
dans le cadre de la « Commission pour l’éclaircissement historique »
(REMHI).[30] 

Relevons deux caractéristiques de ces Commissions Vérité et
Réconciliation : analogie avec le sacrement chrétien de réconciliation et
nécessité d’un accord entre parties au conflit. C’est aussi une approche qui
n’est pas seulement individuelle, comme la justice occidentale moderne, mais
bien communautaire.[31]

Le rôle des aumôniers militaires
comme « conscience » de chefs militaires
pour respecter les
règles fondamentales du droit international humanitaire et donc, à travers le
respect des civils et de prisonniers ennemis, faciliter le retour de la paix.[32]
Enfin l’action humanitaire
d’organisations locales et internationales d’inspiration religieuse
joue un
rôle important pour garder un sens d’humanité commune au sein même des
conflits. Permettez-moi de rappeler le Symposium organisé par l’Ordre de Malte
au Palais des Nations à Genève le 27 mai 2015 sur le thème (« Religions ensemble pour l’action humanitaire ») qui a
réuni plus de quatre cents personnes pour réaffirmer le rôle d’organisations
confessionnelles dans l’action humanitaire.[33]
4. Conclusions et
propositions
En conclusion, je voudrais souligner certains aspects de la contribution spécifique d’acteurs religieux :
C’est d’abord un enracinement local : ces
acteurs religieux jouissent de la connaissance et de la confiance du contexte
et des parties conflits avec des liens locaux, des soutiens régionaux et
internationaux
. C’est aussi leur caractère non-politique, désintéressé,
impartial.
Et c’est aussi le
facteur humain comme  l’amitié entre Desmond Tutu
et Nelson Mandela. Une autre caractéristiques sont les
synergies entre acteurs : on ne peut pas toujours agir seuls. Il faut souvent
avoir l’appui d’Etats et de la société civile, y compris d’organisations
humanitaires comme « Mercy
Corps »
en République Centrafricaine, et aussi le soutien des Nations
Unies et d’organisations régionales
, l’expertise de juristes internationaux, comme le Professeur allemand Christian
Tomuschat au Guatemala, et encore la collaboration de milieux
économiques
particulièrement pour
la reconstruction et enfin l’appui de milieux académiques pour mener à
bien des recherches historiques et partager les leçons à tirer.[34]
Nous devons en effet promouvoir
des recherches sur les sources religieuses des fondements du droit
international humanitaire et des Droits de l’Homme
, sur la religion comme
facteur de respect de ces règles et aussi mettre en évidence le rôle toujours
plus important des religions pour combler les lacunes ou les refus
d’application de ces normes.[35]

Et pour terminer, les acteurs religieux devraient promouvoir des recherches
académiques des meilleures pratiques. Ils ne devraient pas hésiter à intervenir discrètement ou publiquement,
localement, régionalement ou sur le plan universel,  pour faire respecter ces règles par
Gouvernements et acteurs non-étatiques. Ils devraient enfin prendre
l’initiative de les compléter par le droit naturel quand elles sont lacunaires
ou ignorées, et, par exemple lorsqu’un Gouvernement a voulu, d’un trait de
plume, changer la définition de la torture.[36]  Et, finalement, je proposerais que les
acteurs religieux contribuent à la réaffirmation des fondements du droit
international humanitaire et en particulier de deux dispositions communes des Conventions
de Genève de 1949, l’Article Premier
qui établit la responsabilité
collective des Etats Parties, je dirais même de toute la communauté
internationale dans son ensemble, de les respecter et faire respecter, et
l’Article 3
, qui résume des garanties fondamentales sur la vie et la
dignité de la personne humaine, applicables en toutes situations.
L’approche morale et religieuse doit s’étendre au-delà des communautés religieuses, inclure
toutes les personnes dans le respect de leur vie et de leur dignité,
appartenant à ces communautés, croyantes ou non. Il faut à cet effet convaincre
chaque religion de faire face à ses propres extrémistes, et de prendre en
compte, individuellement et collectivement, les valeurs essentielles d’humanité
qui nous unissent tous. Comme le disait Martin Luther King, si nous n’apprenons
pas à vivre en frères (et sœurs), nous périrons tous comme des insensés[15]
Comme laffirmait le Pape François le 20 juin 2014 aux participants au Congrès international « La liberté
religieuse selon le droit international et le conflit mondial des valeurs
» 
« Au
lieu du conflit mondial des valeurs, devient ainsi possible, à
partir
d
un noyau de valeurs
universellement partagées, une collaboration mondiale en vue du bien commun
 ».[16]
****

[*] Observateur
permanent adjoint de l’Ordre Souverain de Malte auprès des Nations Unies à
Genève
,
Président
du Centre Catholique d’Etudes de Genève (www.cceg.ch)
Vice-Président, Institut international de droit humanitaire, San Remo (
www.iihl.org) ,
Professeur associé de droit international public, Webster University, Geneva (
www.webster.ch) ,
Membre du Comité de l’Association de l’Appel Spirituel de Genève (
www.aasg.ch


[1][1] Isaïe, 9 :5
« Car un enfant nous est né, un Fils nous est donné, et l’empire est mis
sur son épaule: on l’appellera l’Admirable, le Conseiller, le Dieu fort, le
Père d’éternité, le Prince de la paix ».
[2] Le texte de
l’ « Appel Spirituel de Genève » est disponible en ligne en
plusieurs langues :
www.aasg.ch
[3] Saint Nicolas de Flüe,
en allemand : Niklaus von Flüe, né 1417 et mort le 21 mars
1487 à Sachseln est un ascète suisse qui est le saint
patron de la Suisse.
[4] www.leconflit.com/article-societe-religieuse-des-amis-quakers-113674987.html

et surtout :   
« The Society of Friends was a Quaker organization that included the
Friends Service Council (London) and the American Friends Service Committee
(Washington).The Quakers received the Nobel Peace Prize for 1947 »
http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/1947/friends-council-history.html
[5] Ainsi Henry Dunant,
chrétien convaincu, qui reçu le premier Prix Nobel de la Paix en 1901,
l’Archevêque d’Uppsala L.O.J. Söderblom (1930),  le P. Dominique Pire (1958), Albert Schweizer
(1962), Martin Luther King (1964), Mère Teresa (1979), Mgr. Desmond Tutu (1984),
le Dalaï Lama (1989), Mgr. Belo (1996).
http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/index.html
[6] COMMISSION
PONTIFICALE « IUSTITIA ET PAX ». Assise.
Journée mondiale de prière pour la paix. 27 octobre 1986. 
Rome, 1987, 211 p.
[7] Et en particulier de sa
rencontre en 1219 avec le Sultan d’Egypte Malik al-Kamil. Voir notamment :

http://www.franciscain.org/saint-francois-dassise/francois-dassise-rencontre-sultan
[8] Voir « L’Esprit
d’Assise : 25 années de prière pour la paix » de la Communauté
Sant’Egidio :
www.santegidio.org/pageID/2535/langID/fr/L-Esprit-d-Assise–25-années-de-prière-pour-la-paix.html
[9] Voir François KERSAUDY. De Gaulle et Churchill : la Mésentente
cordiale,
Perrin, 2001, et
l’article en ligne :
http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/de-gaulle-et-le-monde/de-gaulle-et-l-allemagne/analyses/de-gaulle-et-adenauer.php
[10] Voir notamment Raymond
POIDEVIN, Robert Schuman homme d’Etat
1886-1963.
Paris, Imprimerie nationale, 1986, 520 pages, particulièrement
le Chapitre XIV « La naissance de la CECA » pp. 275-296.
[12] Voir notamment l’ouvrage
de Fabien  EBOUSSI-BOULAGA Les conférences nationales en Afrique noire.

Une affaire à suivre.
Paris, Karthala, 2009.
[13] Le Roi Mohammed VI a adressé le 20 août 2016
un discours à la nation à l’occasion du 63e anniversaire de la Révolution du
Roi et du Peuple :
« 
Les terroristes qui agissent au nom de l’Islam ne sont pas des
musulmans et n’ont de lien avec l’Islam que les alibis dont ils se prévalent
pour justifier leurs crimes et leurs insanités. Ce sont des individus égarés
condamnés à l’enfer pour toujours.
L’ignorance les incite à croire que leurs agissements
relèvent du Jihad. Mais depuis quand le Jihad revient-il à tuer des innocents ?
Le Très-Haut a dit : «Ne soyez pas transgresseurs ; Dieu n’aime pas les
transgresseurs».
Est-il concevable que Dieu, le Tout-Clément, le
Tout-Miséricordieux, puisse ordonner à un individu de se faire exploser ou
d’assassiner des innocents ? Pourtant, l’Islam, comme on le sait, n’autorise
aucune forme de suicide, pour quelque motif que ce soit, comme attesté dans le
verset qui dit : « Celui qui a tué un homme qui lui-même n’a pas tué, ou qui
n’a pas commis de violence sur la terre, est considéré comme s’il avait tué
tous les humains ».
L’Islam est une religion de paix, comme énoncé dans le
Saint-Coran : «ô vous qui croyez, entrez tous dans la paix». 
Texte intégral disponible en ligne :
[14] Voir notamment Maria
MONTESSORI Education and Peace. Chicago,
Regnery, 1972, 143 p.
Ed. originale : Educazione e Pace, Garzanti
Editore, 1949.
[15] Voir notamment Saint
Jean-Paul II (1920-2005), Pape
Lettre
apostolique Novo millenio ineunte,
6/01/2001, § 55-56 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)  Savoir juger les signes des temps
« Dans un
contexte de pluralisme culturel et religieux plus marqué, tel qu’il est
prévisible dans la société du nouveau millénaire, le dialogue interreligieux
est important pour assurer les conditions de la paix et éloigner le spectre
épouvantable des guerres de religion qui ont ensanglanté tant de périodes de
l’histoire humaine. Le nom du Dieu unique doit devenir toujours plus ce qu’il
est, un nom de paix et un impératif de paix.
Mais ce dialogue
ne peut pas être fondé sur l’indifférentisme religieux, et nous avons le
devoir, nous chrétiens, de le développer en offrant le témoignage plénier de
l’espérance qui est en nous (1P 3,15)… Mais notre devoir missionnaire
d’annoncer le Christ ne nous empêche pas d’entrer dans le dialogue avec un cœur
profondément ouvert à l’écoute. Nous savons en effet que, face au mystère de la
grâce infiniment riche de dimensions et d’implications pour la vie et
l’histoire de l’homme, l’Église elle-même ne finira jamais d’approfondir sa
recherche, en s’appuyant sur l’assistance du Paraclet, l’Esprit de vérité (Jn
14,17), qui doit précisément la conduire à la « plénitude de la
vérité » (Jn 16,13).
Ce principe est
à la base non seulement de l’inépuisable approfondissement théologique de la
vérité chrétienne, mais aussi du dialogue chrétien avec les philosophies, les
cultures, les religions. Souvent, l’Esprit de Dieu, qui « souffle où il
veut » (Jn 3,8), suscite dans l’expérience humaine universelle, en dépit
des nombreuses contradictions de cette dernière, des signes de sa présence, qui
aident les disciples mêmes du Christ à comprendre plus profondément le message
dont ils sont porteurs. N’est-ce pas dans cette attitude d’ouverture humble et
confiante que le Concile Vatican II s’est attaché à « lire les signes des
temps » ? (Gaudium et spes, §4) Tout en se livrant soigneusement à un
discernement attentif pour recueillir les « signes véritables de la
présence ou du dessein de Dieu » (§11), l’Église reconnaît que, non
seulement elle a donné, mais qu’elle a aussi « reçu de l’histoire et de
l’évolution du genre humain » (§44). Le Concile a aussi invité à adopter à
l’égard des autres religions cette attitude d’ouverture et en même temps de
discernement attentif ».
[16] Voir une traduction
moderne Leçons sur les Indiens et sur le droit de guerre, Genève, Droz, 1991
[17]  Voir une traduction moderne Des lois et du Dieu législateur, Paris, Dalloz, 2003
[18]Revue générale de droit international public,
Volume 89, Numéros 1 à 2, p. 398
[19] Voir Le Monde du 17 février 2014 :
« Le pape
François a joué un rôle d’intermédiaire essentiel dans ce rapprochement
historique. A l’annonce des deux chefs d’Etat, le
Vatican
a fait part de  la « grande satisfaction » du pape
concernant « une décision historique ». Selon un haut
responsable américain, cité par le New York Times, François avait lancé
un appel personnel à Barack Obama dans une lettre « cet été »,
et séparément à Raul Castro. Le Vatican, dont Cuba est un des dossiers
diplomatiques privilégiés, avait accueilli des délégations des deux pays pour
finaliser
le rapprochement. »
[22] Voir notamment Pierre
ANOUILH, « 
Sant’Egidio au
Mozambique : de la charité à la fabrique de la paix »
Revue internationale et
stratégique
 3/2005 (N°59) , p. 9-20 
URL : 
www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2005-3-page-9.htm
[25] Especially in 2011-2012 in
visits to Nigeria as Representative of the then Archbishop of Canterbury,
Archbishop Williams, and more recently in 2016 
in Lambeth Palace
www.archbishopofcanterbury.org/articles.php/5716/president-of-nigeria-visits-lambeth-palace
[26] Le film est disponible
en ligne :
https://www.youtube.com/watch?v=kFh85K4NFv0
Voir aussi leur organisation  (« Interfaith Mediation Center »)
http://www.imc-nigeria.org
[27] Voir Las
Comisiones de la Verdad en América Latina”
par Esteban CUYA et plus
particulièrement  Comisión Nacional solare la Desaparición de
Personas (CONADEP)
http://www.derechos.org/koaga/iii/1/cuya.html#arg
[29] Eric BRAHM « The
Chilean Truth and Reconciliation Commission » July 2005
http://www.beyondintractability.org/case_studies/Chilean_Truth_Commission.jsp  
[30] Voir le Rapport Informe del
Proyecto lnterdiocesano de Recuperación de la Memoria
Histórica
Guatemala: Nunca Más
http://www.odhag.org.gt/html/Default.htm
[31] Voir Priscilla B. HAYNER « Truth commissions: a schematic overview »  International
Review of the Red Cross,
Volume 88 Number 862 June 2006, pp. 295-310,
disponible en ligne ;
https://www.icrc.org/eng/assets/files/other/irrc_862_hayner.pdf    et
aussi son ouvrage 
Unspeakable Truths: Transitional Justice and the
Challenge of Truth Commissions
2nd Edition, New York, Routledge,
2011, 356 p.
[32] « La guerre “défigure” ceux
qui la font comme ceux qui la subissent et le rôle des aumôniers militaires est
avant tout de panser les “blessures intérieures” des soldats et de
leurs familles. C’est ce que le pape François a soutenu le 26 octobre 2015 au
Vatican devant une centaine d’aumôniers militaires du monde entier qui
participent à un cours de formation au droit international humanitaire. »
https://www.cath.ch/newsf/les-aumoniers-militaires-encourages-a-panser-les-blessures-interieures-des-soldats/ Sur la contribution de l’application du droit
international humanitaire à la paix, voir de l’auteur “La contribution du droit
international humanitaire au rétablissement de la paix” in THURER,
Daniel et al (Ed.), Im Dienst an der Gemeinschaft. Festschrift für Dietrich
Schindler zum 65. Geburtstag
, Basel/Frankfurt am Main, Verlag Helbing &
Lichtenhahn, 1989, pp. 341-360 et, en anglais :
“The Contribution of International Humanitarian Law to the Restoration of
Peace” in CAHILL, Kevin M. (Editor), A Framework for Survival.
Health, Human Rights, and Humanitarian Assistance in Conflicts and Disasters.
Health, Human Rights and Humanitarian Assistance in Conflicts and Disasters,
New
York, A joint publication of Routledge and the Center for International Health
and Cooperation, 1999, pp. 109-121
[33] Symposium “Religions Together for Humanitarian
Action”
, Genève, 27 mai 2015. Le rapport complet est
disponible en ligne :
http://bit.ly/1LJIz1o
[34] Voir notamment UNITED
STATES INSTITUTE OF PEACE (
www.usip.org) et notamment ce « Special Report » 103
(March 2003) Can Faith-Based NGOs Advance
Interfaith Reconciliation ? The Case of Bosnia and Herzegovina.
 Disponible en ligne :
https://www.usip.org/sites/default/files/sr103.pdf
et aussi le
Center for Security Studies (CSS) ETH Zurich « Médiation dans les conflits
religieux » Politiques de sécurité.
Analyses du CSS,
No 105 (Décembre 2011). En ligne :
http://www.css.ethz.ch/content/dam/ethz/special-interest/gess/cis/center-for-securities-studies/pdfs/CSS-Analysen-105-FR.pdf
[35] Voir notamment de l’auteur :
«
International Humanitarian Law and Spirituality »
Refugee Survey Quarterly, Geneva,
UNHCR, Vo. 21, No. 3, 2002, pp. 45-110
http://fr.scribd.com/doc/61414965/International-Humanitarian-Law-and-Spirituality
« Religions et
droit international humanitaire : histoire et actualité d’un dialogue
nécessaire », in Anne-Sophie MILLET-DEVALLE (Ed.)
Religions et Droit
International Hum
anitaire. Paris, Pedone, 2008, pp. 9-45
http://www.aiesc.net/blog/2014/08/23/religions-et-droit-international-humanitaire-histoire-et-actualite-dun-dialogue-necessaire-michel-veuthey/  
“Les
valeurs fondatrices de l’humanitaire” in
Questions internationales no 56
(“L’humanitaire”), Paris,
La Documentation française, 2012 www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/3303331600565/index.shtml
[36] Lorsque l’Administration américaine, du Président G.W. Bush,
a changé la définition de la torture, la Conférence des Evêques américains
(« United States Conference of Catholic Bishops »), puis une série de
dirigeants chrétiens, juifs, musulmans, hindous et autres, ont signé un Manuel
puis un Manifeste intitulé « La torture est un problème moral ». Voir
ces deux documents, le premier en ligne, le second imprimé :

– Torture is a
Moral Issue. A Catholic Study Guide.
2007, en ligne :
– HUNSINGER,
George (Ed.) Torture is a Moral Issue : Christians, Jews, Muslims, and
People of Conscience Speak Out.
Grand Rapids, Michigan, William B. Eerdmans
Pub., 2008, 272 p.
By George
Hunsinger (Editor), Contributors: Kenneth Roth, Melissa Weintraub, Edward Feld,
Ellen
Lippmann, Rabbis for Human Rights, Ingrid Mattson, Taha Jabir Alalwani,
Yahya Hendi, Fiqh Council of North America, Islamic Council of London, Ann
Elizabeth Mayer, Dianna Ortiz, Scott Horton , Louise Richardson,Carol
Wickersham, National Religious Campaign against Torture, Tony Lagouranis,
John
Hutson, Richard O’Meara, Marilyn McEntyre, David P. Gushee, William T.
Cavanaugh, Fleming Rutledge
The right to freedom of religion or belief, as defined by international standards, is a wide- ranging right covering a large number of distinct yet interrelated issues

1 . Article 18 of the Universal Declaration on Human Rights states “everyone has the right to freedom of thought, conscience and religion; this right includes freedom to change his religion or belief, and freedom, either alone or in community with others and in public or private, to manifest his religion or belief in teaching, practice, worship and observance”. However, the misuse of “religious belief” for political purposes, along with the negative stereotyping of some religions and beliefs, often has posed a challenge to global efforts to ensure tolerance and acceptance of all religious groups in society.

The 2014-2016 Report of Aid to the Church in Need, an international Catholic charity whose mission is to help suffering and persecuted faithful worldwide2 , confirms that cases of violation of the right to freedom of religion or belief are increasing dramatically. Moreover, conflicts, large movements of migrants and refuges, and other humanitarian emergencies, lack of decent working situations as well as economic and social vulnerabilities pose further challenges to the promotion of such a right. In view of the strong interest and current debate on this issue, among both governments and civil society, and the need to plan practical actions to promote the engagement of Faith-based Organizations in protecting a respectful dialogue among people of different faiths, Aid to the Church in Need and Caritas Internationalis, with the support of the Permanent Observer Mission of the Holy See to the United Nations in Geneva, the Forum of Catholic-Inspired NGOs – Geneva, and the Centre Catholique d’Etudes de Genève are co-organizing this High Level Seminar focusing on this subject. To address these major issues, His Eminence Dieudonné Cardinal Nzapalainga, Archbishop of Bangui (Central Africa Republic) and co-founder of the CAR Interfaith Peace Platform, will address the participants on the current situation in this country, where structural violence was blamed on so-called religious conflicts when, in fact, it was much more due to lack of rule of law and good governance. H.E. Cardinal Nzapalainga joined the Chief Imam and the prominent Protestant leader in his country to form the Interfaith Peace Platform to promote peace and reconciliation there. “The 2015 Sergio Vieira de Mello Prize was awarded to the Interfaith Peace Platform for the work achieved to reconcile religious groups in the hope of reaching a lasting peace in Central African Republic (CAR), a country devastated by a war between fractions”3 . Representatives of other multi-lateral and international non-governmental agencies, as well as 1 Rapporteur’s Digest on Freedom of Religion or Belief – Excerpts of the Reports from 1986 to 2011 by the Special Rapporteur on Freedom of Religion or Belief Arranged by Topics of the Framework for Communications, www.ohchr.org 2 www.aide-eglise-en-detresse.ch 3 www.sergiovdmfoundation.org recognized and distinguished experts will guide the panel discussions. Goals and Aims The objectives of the Special Event are to facilitate a deeper reflection and discussion on the status of freedom of religion in the world as well as on the implementation of action-oriented policies and activities at global, national and local levels to promote peace through dialogue among persons and groups of different faiths and beliefs. The discussion also will focus on effective methods to promote positive interaction with different communities so that the human family could assume more responsible stewardship over the realization of Integral Human Development. Co-organizers • Aid to the Church in Need • Caritas Internationalis Co-sponsors • Permanent Observer Mission of the Holy See to the United Nations in Geneva • Forum of Catholic-Inspired NGOs – Geneva • Centre Catholique d’Etudes de Genève When and Where The event will be held on Friday, 25 November 2016, from 8.45 to 13, at the Palais des Nations, Geneva – Switzerland, Room V. Target Audience Wide participation is invited for the event, including Permanent Missions to the UN in Geneva, officials and staff of the United Nations agencies and other multilateral and intergovernmental Organizations, representatives of non-governmental organizations, journalists and other media professionals, general public. Agenda 08.45 – 09.45 _____ Welcome 09.00 – 09.05 _____ Call to Order and introduction by the co-Organizers Mr. Stefano Nobile, Advocacy Officer, Delegation of Caritas Internationalis in Geneva 09.05 – 09.15: _____ Opening Remarks H.E. Archbishop Ivan Jurkoviç, Apostolic Nuncio and Permanent Observer, Permanent Observer Mission of the Holy See to the United Nations 09.15 – 09.45: _____ Keynote Speaker H.E. Dieudonné Cardinal Nzapalainga, Archbishop of Bangui (Central Africa Republic) and co-Founder of CAR Interfaith Peace Platform 09.45 – 10.00: _____ The Status of Freedom of Religion in the World Mr. Roberto Simona, Research Manager in Islam and Christian Minorities, Aid to the Church in Need The status of freedom of religion in the world – presentation of the 2014-2016 Report of Aid to the Church in Need 10.00 – 10.30: _____ Q&A Session 10.30 – 10.50: _____ Coffee Break 11.00 – 11.35: _____ Panel Debate 1: Freedom of Religion in the Context of Humanitarian Emergencies SPEAKER: Msgr. Robert J. Vitillo, Secretary General, International Catholic Migration Commission 11.40 – 12.15: _____ Panel Debate II: Freedom of Religion and Economic and Social Development SPEAKER: Fr. Pierre Martinot-Lagarde, Special Adviser, Department of Partnership and Field Support, International Labour Organization DISCUSSANT: Ms. Shyami Puvimanasinghe, Human Rights Officer, Office of the High Commissioner for Human Rights 12.30 – 12.45: _____ Concluding Remarks Dr. Alfred Fernandez, Director, Collège Universitaire Henry Dunant DISCUSSANT: Prof. Michel Veuthey, Deputy Permanent Observer, Order of Malta, Geneva

Traditional Religious Values & IHL and HR: Religions & Droit international humanitaire (DIH) et DH From Solferino to Aleppo… 1. Religions as origin of rules regulating hostilities and rules providing for humane treatment of war victims Religions, sources du droit international humanitaire et des DH 2. Religions as inspiration, yesterday and today, on the global and local level for assistance and protection Religions, inspiration et recours pour le respect du DIH et des DH 3. Religions as safety nets in case of loopholes or failure of positive law (IHL, Human Rights, Refugee Law, etc.) Religions pour combler lacunes et refus dans l’application du droit positif 4. Religions and FBOs as actors in reconciliation and restaurative justice Religions acteurs de réconciliation et de justice restaurative Towards a dialogue with religious leaders to reaffirm fundamental provisions ( Common Art 1 & 3, 1949 GC ) Réaffirmer les dispositions essentielles des Conventions de Genève de 1949 (Art 1 & 3 Communs)

MV DG
25.11.2016 0600

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