La traduction officielle catholique publiée par l’Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones en 2013   15  est « Remets-nous de nos dettes, comme nous-même nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. » 



Bonjour,

Exemple de texte pour votre banquier
Votre dernier décompte supérieur largement au seuil de l’usure me choque. Ceci constitue une infraction tant civile que pénale qui provient  en plus du fait que la banque a omis d’inclure les commissions d’intervention dans le calcule du taux. 

La description du travail rémunéré par ces commissions doit être mieux précisé: « Traitement particulier consistant en un examen du compte dont la finalité est d’accorder, soit un découvert permettant le paiement de l’écriture, soit un découvert permettant le paiement de la facture forfait de refus » et je précise « Quelle que soit la conséquence de ce traitement particulier sur l’écriture concernée, paiement ou non paiement, la commission d’intervention rémunère dans tous les cas l’acceptation d’un découvert, en alourdit le coût et en augmente mécaniquement le taux. » 


En effet, grâce notamment à monnaie-pleine, il est maintenant admis que les banques commerciales créent de la monnaie du néant, donc si on applique le ratio de Bâle Mac Donough par exemple, le taux d’intérêt sur le “vrai” minuscule “capital” qui ne viendrait pas du néant, ex nihilo, est donc de plus de 300 % par année, si ce n’est pas de l’usure pénalement condamnable, qu’est-ce ?
voir par exemple les pages 32,33 et ss. de La Guerre des gloutons par Rémy Meneau

Est-on d’accord avec cette logique Monsieur le banquier ?

Positions récentes
http://desiebenthal.blogspot.ch/2018/05/positions-catholiques-et-chretiennes.html

Positions plus historiques

« Une usure vorace est encore venue s’ajouter au mal … Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l’Eglise, elle n’a cessé d’être pratiquée, sous une autre forme, par des hommes avides de gain, d’une insatiable cupidité ».[1]
« Ce pouvoir (économique discrétionnaire) est surtout considérable chez ceux qui, détenteurs et maîtres absolus de l’argent, gouvernent le crédit et le dispensent selon leur bon plaisir. Par là, ils distribuent en quelque sorte le sang à l’organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que sans leur consentement nul ne peut plus respirer ».[2]
Dans la suite du texte, Pie XI souligne deux conséquences du pouvoir discrétionnaire des maîtres de l’argent sur l’économie :
– la « déchéance du pouvoir politique (…) tombé au rang d’esclave et devenu le docile instrument (…) de toutes les ambitions de l’intérêt ».
– l’ « internationalisme ou impérialisme international de l’argent, funeste et exécrable, pour lequel là où est la fortune, là est la patrie ».
Cette double caractéristique des temps modernes : le développement de l’usure sous de nouvelles formes, la domination de l’économie et de la politique par les puissances d’argent a été reconnue aussi bien par des hommes de finance et des hommes politiques (trop peu nombreux hélas !) que par des doctrinaires de ces deux disciplines. Nous en citerons quelques-uns :

René de la Tour du Pin (1889) : « Le siècle actuel porte la marque de l’usure et mérite d’en conserver le nom ».[3]
Charles Maurras (1925) : « L’Etat moderne a vendu ou loué son être aux banquiers ».[4]

… En 1891, le peuple suisse a voté le monopole des billets de banque pour la BNS (qui a été créée pour ça en 1907)
Avant chaque banque créait ses propres billets de banque.
Puis avec l’évolution technique, la monnaie scripturale a pris le dessus et ainsi la monnaie la plus utilisée de nos jours à plus de 90% ce sont des “substituts monétaires”.
Ce qui a aussi favorisé cette évolution et là je trouve que c’est un hold-up. C’est l’art 11. LBN qui interdit à la confédération de se financer par la banque nationale.
Donc c’est une obligation pour l’état de se financer par la création monétaire privée. Par les substituts monétaire des banques commerciales.
Quand on étudie cette histoire, on a pas vraiment donné ce droit aux banques.. elles se sont arrangées pour l’avoir.. où du moins, c’est sous l’impulsion de Kaspar Viliger que ça a été formalisé.. et après avoir été président de la confédération, Kasapr est devenu président du conseil d’administration d’UBS….
Coïncidence ou récompense ??
Le détail de l’histoire de ce genre d’interdiction en France comme en suisse est décrit ici:
http://aaapositifs.ch/obligation-pour-letat-de-se-financer-par-les-banques-commerciales/

Avec mes meilleures salutations

Nouvelle adresse: 23, Av. Edouard Dapples, CH 1006 LAUSANNE. SUISSE

Mobilisation générale: épargnes, retraites…  volées légalement ! 

http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html

EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU

01 « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
02 Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
03 Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
04 afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
05 Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
06 Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
07 Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
08 Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.
09 Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
10 que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
11 Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
12 Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
13 Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
14 Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
15 Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes.
16 Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
17 Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
18 ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra.
19 « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler.
20 Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler.
21 Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.
22 La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ;
23 mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres !
24 Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.
25 C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?
26 Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?
27 Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
28 Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. 
29 Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux.
30 Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
31 Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?”
32 Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
33 Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.
34 Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. 

Le clergé, “le plus grand ennemi de l´Église”

Dans le but de travailler au relèvement du Clergé, “le plus grand ennemi de l´Église”, selon lui, le Père Eudes ouvrit à Caen un séminaire qui fut l´embryon d´une nouvelle famille religieuse, consacrée aux Cœurs de Jésus et de Marie, et appelée “Congrégation de JÉSUS et de Marie” (Eudistes).

SAINT JEAN EUDES
A propos de la traduction du Notre Père

Lors de mon récent pèlerinage à Jérusalem j’ai visité sur le Mont des Oliviers la grotte dite du « Notre Père » et le sanctuaire dédié à la Prière du Seigneur.

Dans la galerie qui entoure cette église on trouve, en mosaïque la traduction du « Pater » dans toutes les langues du monde (ou presque).

J’ai été frappé par la multitude des traductions de cette prière et par la pauvreté de la traduction française par rapport à la plupart des autres langues…

… remets les dettes de nous comme nous avons remis aux débiteurs de nous et nous laisse pas entrer dans la tentation mais délivre nous du malin.

Dettes US ! 400 trillions ?

desiebenthal.blogspot.com/2016/01/dettes-us-400-trillions.html

12 janv. 2016 – USA 400’000 mille milliards de dollars de dettes ( sic, déficit fiscal, plus medicare, plus ….

Libérons les esclaves !
desiebenthal.blogspot.com/2016/09/liberons-les-esclaves.html

12 sept. 2016 – et les usuriers les 1ers esclavagistes de nos vies. … Elle est directement responsable du service de la dette (plus de 45 milliards € par an pour ……

Banques, la pire des solutions !
desiebenthal.blogspot.ch/2015/09/banques-la-pire-des-solutions.html

21 sept. 2015 – la création monétaire par la dette était jusqu’à présent restée un domaine assez confidentiel, …..

Déjà en octobre 2005 un article avait paru sur un site Internet orthodoxe sur ce sujet. On trouvera dans l’article qui suit les remarques et études que j’avais publiées en 1990 dans mon cours sur l’Histoire de la Liturgie. 1. La structure du Notre Père « Nul n’ignore l’importance de cette prière que Jésus lui-même donne comme modèle de la prière liturgique. Il faut faire ici une remarque valable pour l’ensemble de la liturgie chrétienne : la spiritualité chrétienne se manifeste sous deux formes de prières : l’une, celle de l’esprit, est informulée, et c’est celle du Christ lui-même, quand il se retire, solitaire, sur la montagne. C’est celle aussi qu’il recommande et que Dieu récompensera car « Il voit les choses cachées », et il ne faut jamais perdre de vue la nécessité de cette prière intérieure informulée — parfois un simple soupir… L’autre prière, qui est prononcée, s’incarne dans un son « quand deux ou trois sont réunis au nom de Dieu ». Dès lors, il y a « liturgie » c’est-à-dire « œuvre commune » à laquelle tous les principes de la liturgie viennent s’appliquer, principes qui font appel à une dé- marche artistique, car le fait même de formuler une pensée en mots est un art par lui-même. La prière liturgique est donc bien un art dont le Notre Père nous donne un exemple d’un raffinement incomparable, et qui mérite une étude approfondie. » (Maxime Kovalevsky) Le texte du Notre Père nous est parvenu sous deux formes, une recension longue dans Mt 6*9-13 et une plus courte dans Lc 11*1-4. L’usage liturgique n’emploie que la recension longue de Matthieu ; de plus nous connaissons au moins deux manuscrits anciens qui ajoutent à la fin du texte une doxologie : « car c’est à Toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen ». Depuis le début du 20ème siècle cette doxologie a été supprimée des évangiles traduits en français ; il y eut à son sujet une longue polémique ; finalement, grâce aux progrès des connaissances en matière d’usages liturgiques juifs aux temps évangéliques, les exégètes sont presque unanimes à penser que le Christ a bien prononcé cette doxologie, car c’est une formule quasi-obligatoire pour finir une prière juive. Le texte original du Notre Père est en grec, car il ne nous a pas été conservé en hébreu, ni en araméen. Le Notre Père a bien existé en hébreu. Le texte hébreu actuel est une re-traduction, une « rétroversion » à partir du texte grec de saint Matthieu. Mardi 11 décembre 2007 2 En grec, dans l’ Évangile de saint Matthieu il se présente en douze formules (ou récitatifs) distribuées en deux strophes de six formules chacune, [en hébreu : 36 mots (4 fois 9 mots)] 1. Π τερ µ ν ν το ς ο ρανο ς 2. Αγιασθ τω τ νοµ σου 3. ελθ τω βασιλε”α σου 4. γενηθ τω τ θ%ληµ σου 5. ‘ς εν ο ρανω 6. κα* π* γ,ς 7. Τ ν /ρτον µ ν τ ν πιο0σιον 8. δ ς µ ν σ µερον 9. κα* /φες µ ν τ5 φειλ µατα µ ν 10. ‘ς κα* µε ς αφ καµεν το ς οφειλ%ταις µ ν 11. κα* µ7 εισ%γκης µ5ς εις πειρασµ8ν 12. 9λλ5 ρυσα* µ5ς απο το: πονηρο: οτι σου εστιν η βασιλεια και η δυναµις και η δοξα εις τους αιωνας των αιωνων. Αµην En voici un décalque français :1 1 Père à nous qui [es] aux cieux 2 sanctifié [soit] le Nom de Toi 3 Vienne le règne de Toi 4 accompli [soit] le vouloir de Toi 5 comme au ciel 6 ainsi sur terre. 7 Le pain de nous sur-essentiel 8 donne-nous aujourd’hui 9 remets les dettes de nous 10 comme nous avons remis aux débiteurs de nous 11 et nous laisse pas entrer dans la tentation 12 mais délivre nous du malin. car c’est à Toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire aux siècles des siècles. Amen. Un simple coup d’œil permet de découvrir la construction : le premier récitatif répète la formule « de Toi » ; appelons-le « dans le ciel de Toi » ; il est en rapport direct avec Dieu et le ciel ; il se termine par le mot terre qui est l’agrafe permettant de passer au deuxième récitatif. Celui-ci pourrait s’appeler : « sur la terre de nous » car il est plus en rapport avec l’homme et la terre. Il faut aussi remarquer que chaque récitatif commence par une expression parallèle : Notre Père ……… notre pain… 1 un décalque n’est pas une traduction ; le décalque respecte l’ordre et le nombre des mots du texte original sans se soucier de la syntaxe. Mardi 11 décembre 2007 3 Cette magnifique construction s’est perdue dans nos traductions modernes (elle subsiste toutefois en latin) « mais cette prière reste « divine » parce qu’elle a été dictée par Dieu lui-même : elle possède une force réelle et renferme à elle seule tous les éléments de la prière liturgique : communion, sacrifice, mémorial et action de grâce. » (Maxime Kovalevsky) De ces formules qui paraissent si nouvelles, aucune n’est originale (on a pourtant l’impression que le Christ les a composées à l’intention de ses disciples) ; elles existent toutes dans l’Ancien Testament. Mais ici elles sont agencées d’une manière nouvelle, avec un ordre nouveau, une hiérarchie nouvelle, une initiation, une démarche particulière où le ciel sert de modèle à la terre. On trouve dans les Targoums (traductions araméennes de la Bible) toutes les formules présentes. Exemples : Notre Père qui es aux cieux : – Targoum d’Esther : Votre Père qui est aux cieux… – Targoum de Jérusalem : leur père qui est aux cieux… Que ton Nom soit sanctifié : – Targoum d’Isaïe : ils sanctifieront Mon Nom et Je sanctifierai Mon Nom. Que Ton règne arrive : – plusieurs autres targoumim : que vienne le règne du Messie. Que ta Volonté soit faite : – Targoum du psaume 40 : fera-t-Il sa volonté ? Pour ce qui concerne le pain des cieux ou pain du « Jour-qui-est-venant »2 , cette expression se trouve telle quelle dans plusieurs midrash, c’est-à-dire des commentaires rabbiniques de l’époque évangélique. Ainsi les apôtres en entendant ce texte n’ont sans doute pas eu l’impression de quelque chose de nouveau, ils avaient déjà entendu toutes ces phrases, elles leur semblaient familières. Cela donne au Notre Père une dimension différente, historique, quasi cosmique et nous révèle cette immense architecture à laquelle le Christ pensait sans doute en le récitant. Cela permet de comprendre que la liturgie fonctionne de cette manière, par des sortes d’échos ou d’allusions. 2. Quelques difficultés de traduction3 Phrases 1 & 2 Ces deux premières phrases ne posent aucun problème notable. Phrase 3 Cette troisième phrase « Que Ton règne vienne (ou arrive) » est plus délicate. Comment traduire les mots hébreux « Malkhouta » ou grec « Vassilia » qui en français signifient à la fois 2 un des sens du mot grec « epiousion » [ πιο0σιον] 3 La meilleure étude sur ce sujet se trouve dans les travaux du Père Jean Carmignac (décédé en 1988) publiés dans un ouvrage capital Recherches sur le Notre Père, Letouzey et Ané. 1969 Mardi 11 décembre 2007 4 « royaume », « règne » et « royauté » ? Nous avons donc trois mots en français pour en traduire un seul de l’hébreu ou du grec. On peut d’emblée écarter « royauté » car « vienne Ta royauté » n’aurait pas grand sens, mais « règne et royaume » sont à étudier. « Royaume » a un sens plus géographique, plus spatio-temporel ; « règne » est une notion un peu plus abstraite, plus morale. Le mot prononcé par le Christ avait les deux sens à la fois. Le verbe « venir » traduit mieux le verbe grec « ελθ τω : elthato » que le verbe « arriver ». Phrases 5 & 6 « Comme au ciel, ainsi sur terre » Si l’on retourne la phrase – comme c’est toujours le cas en français – en disant : « sur la terre comme au ciel », on détruit la structure voulue par le Compositeur, en l’occurrence le Rabbi Yeshoua de Nazareth, qui a mis « terre » à la fin et « ciel » au début pour raccrocher le deuxième récitatif. De plus, il est évident que le ciel passe avant la terre, et lui sert de modèle. (Le français est la seule langue au monde à avoir fait cet inutile retournement !) Cette phrase, d’ailleurs, semble ne pas être liée exclusivement à « Que ta Volonté soit faite » mais à tout ce qui précède. Phrase 7 « Notre pain substantiel » Grave question quasi insoluble !4 Nous disons : « donne-nous aujourd’hui notre pain substantiel, » quelques-uns ont dit depuis le 17ème siècle : « Notre pain quotidien » et le grec dit – littéralement : « le pain, le nôtre, epiousion » mot qui fait difficulté. Ce mot a deux sens possibles : – le sens ordinaire, celui de la langue courante, en est : « nécessaire, indispensable », c’est pourquoi on a pris ce sens dérivé : « de chaque jour. » C’est le sens que le grec actuel donne à ce mot, mais à l’époque du Christ il avait probablement un autre sens. – un sens obtenu en décomposant le mot : on trouve le préfixe « epi » qui est traduit en latin par « super » (au-dessus) et « ousios » littéralement « l’essence », dérivé du verbe être. On peut donc traduire : « qui est audessus de l’être ». L’évêque Jean de Saint-Denis avait opté pour « substantiel », qui est en fait « super-substantiel » ou « superessentiel ». Il est probable que le Christ a prononcé un mot hébreu qui avait ces deux sens. (Les jeux de mots sont fréquents dans la Bible.) Le Père Carmignac est un des partisans de ce double sens que le Christ a dû utiliser : c’est en même temps un « pain nécessaire » et un « pain du jour qui vient » (en hébreu : hayom haba). Nous demandons dès aujourd’hui ce pain du lendemain et il y a sans doute là allusion au Jour avec un grand “J” ou à l’Eucharistie. L’évêque Jean nous précise bien que le seul pain essentiel pour l’homme c’est l’Eucharistie, le Corps même du Verbe de Dieu. 4 déjà Origène (de oratione XXVII, 7-13), Saint Jérôme (com. in Titum 2, 14) et Saint Jean Cassien (Conf. IX, 21) ont émis les hypothèses que nous développons ici, ils ont été suivi par de nombreux autres Pères : Saint Jean Chrysostome, Saint Ambroise… Mardi 11 décembre 2007 5 Phrases 9 & 10 « Remets-nous nos dettes »… Dans nos traductions nous avons : « remets-nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs. » Maxime Kovalevsky insistait sur le fait qu’il n’y avait pas simultanéité, mais que notre remise précédait celle de Dieu : « Si nous ne savons pas remettre aux autres, nous ne serons pas capables de recevoir la remise ». Il faut donc bien préciser dans le texte que « nous avons remis » ; cette rémission se passe avant la demande ; avant de demander au Père de nous remettre nos nombreuses dettes il est indispensable que nous remettions les dettes à nos débiteurs. Certains puristes, sous prétexte que le verbe « remettre » exige un complément, ont voulu dire « Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs » ! Ce « les » est si ambigu qu’il vaut mieux le supprimer. Maxime Kovalevsky faisait remarquer que cette tournure pouvait être comprise comme : « Remets-nous nos dettes comme nous remettons nos dettes à nos débiteurs ! » Ce qui est absurde ! D’ailleurs le verbe remettre en français peut s’employer sans complément tel que dans l’expression : « je vous remets… vous êtes untel ! » c’est-à-dire « je me souviens de vous… je vous reconnais. » Il vaut mieux passer sous silence la traduction « pardonne-nous nos offenses… » qui est malheureusement fort répandue et qui, non seulement, n’a pas le moindre rapport avec le texte original, mais est quasiment blasphématoire… Dieu est au-delà de l’offense ! Il est plus que regrettable que cette formule ait été choisie pour la traduction « œcuménique de la Bible en français ». Phrase 11 « Ne nous soumets pas à l’épreuve… » Le premier problème est le suivant : Dieu peut-Il soumettre quiconque à la tentation ou même à l’épreuve? Encore le mot « épreuve » peut-il être compris dans le sens où Saint Paul l’emploie, c’est-à-dire quelque chose de difficile mais que nous avons la force de supporter, mais le mot « tentation » … Le texte dit littéralement : « Fais pas entrer nous dans la tentation ». Depuis le début du « Notre Père » remarquons bien qu’il n’y a que des phrases positives, pourquoi tout à coup une phrase négative « ne nous soumets pas » ? Voici une explication possible, et même probable : Il faut tout d’abord savoir que les langues sémitiques possèdent trois formes de conjugaison : – la forme normale, le mode direct, où par exemple le verbe « tuer » a le sens de tuer. – la forme intensive où le verbe « tuer » prend le sens de « massacrer » (tuer beaucoup). – la forme causative qui donne pour notre exemple : « faire tuer ». 5 Si le Christ a utilisé cette forme causative du verbe « entrer » dans sa tournure négative, cela donnerait : « fais que nous n’entrions pas… » et non : « ne fais pas que nous entrions… » Les traductions ont mal placé la négation, elle doit être, liée au verbe « entrer » ou « succomber » ou « être soumis » mais en aucun cas au verbe « faire ». La bonne traduction deviendrait donc : « Fais que nous n’entrions pas dans la tentation. » Deuxième problème : Dans nos traductions habituelles on trouve « Ne nous soumet pas à la tentation », mais en grec c’est la préposition « eis » [εις ] qui est utilisée et qui se traduit par dans (à l’intérieur) ; le latin également emploie bien in qui veut dire dans. Même la formule « … entrer en tentation » n’a pas tout à fait le même sens. Entrer dans la 5 pour les hébraïsants : forme Hiphil Mardi 11 décembre 2007 6 tentation a un sens bien précis : c’est accepter cette tentation. Le Père Carmignac insiste beaucoup sur ce détail car, dit-il, on demande à Dieu de ne pas nous laisser venir volontairement dans la tentation, c’est l’idée de consentement qui domine et que l’on oublie, hélas, de traduire. On devrait dire : « Fais que nous ne consentions pas à la tentation. » La meilleure traduction en français, qui préserve la forme positive et l’idée de consentement serait : « Gardenous d’entrer dans (ou de consentir à) la tentation ». Phrase 12 « Mais délivre-nous du malin » Cette phrase est le complément de la précédente. Il y a un balancement entre les deux phrases, une véritable dialectique qui pourrait se traduire par : « Ne nous laisse pas entrer dans la tentation SANS nous délivrer du malin ! » On ne peut en aucun cas séparer les deux propositions. Le verbe grec « rysai » [ρυσα*] se traduit mieux par « écarte-nous » que par « délivre-nous » ou encore comme en hébreu par « arrache-nous ». Le malin ( en grec : poneros) est employé dans l’original au génitif singulier, forme commune au masculin et au neutre ; il est donc difficile de savoir si l’on doit traduire « celui qui est malin » (masculin) ou « ce qui est malin » (neutre). Le mot signifie ordinairement : méchant, mauvais, et même criminel ou voyou. La tradition de l’Eglise Orthodoxe traduit « le malin », version plus concrète et plus précise que « le mal », version adoptée par l’Eglise Romaine à la suite de saint Jérôme (sed libera nos a malo).6 On comprendra, je le souhaite, à la lecture de ce qui précéde, l’urgence d’une traduction correcte, fidèle, intelligente, de ce texte capital en français. Il est temps que les orthodoxes francophones, qui se veulent les chrétiens de la « juste glorification » aient enfin le courage de cette indispensable réforme … Pour ce qui concerne notre Eglise Orthodoxe des Gaules, je propose la traduction suivante, très légèrement différente de celle que nous utilisons en ce moment : 7 Notre Père qui es aux cieux, Que ton Nom soit sanctifié Que ton Règne arrive, (var. Que ton Règne vienne) Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel (var. comme au ciel ainsi sur terre) Donne-nous aujourd’hui notre pain substantiel Et remets-nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs, Garde-nous de consentir à la tentation mais délivre-nous du malin. car c’est à Toi qu’appartiennent le règne la puissance et la gloire aux siècles des siècles. Amen 6 D’une façon générale les traductions françaises classiques sont faites sur le texte latin et non sur l’original grec. 7 C’est encore loin du texte idéal mais, à mon sens, un notable progrès. Ce texte idéal – mais difficile à mettre en œuvre – serait par exemple : Notre Père qui es aux cieux, sanctifié soit ton Nom, vienne ton Règne, accompli soit ton Vouloir comme au ciel ainsi sur terre Notre pain substantiel, donne-le nous aujourd’hui, et remets-nous nos dettes comme nous avons remis à nos débiteurs garde-nous de consentir à la tentation mais délivre-nous du malin. (Traduction inspirée par les travaux de Marcel Jousse) Mardi 11 décembre 2007 7 Pour information voici les textes du Notre Père en anglais et en allemand: en Anglais (Bible Darby) ( Mt 6 : 9-15) 9 Our Father who art in the heavens, let thy name be sanctified, 10. let thy kingdom come, let thy will be done as in heaven so upon the earth; 11. give us to-day our needed bread, 12. and forgive us our debts, as we also forgive our debtors, 13. and lead us not into temptation, but save us from evil. en Allemand (Schlachter 1951) ( Mt 6 : 9-15) 9. Vater Unser, der du bist im Himmel ! Geheiligt werde dein Name. 10. Es komme dein Reich. Dein Wille geschehe wie im Himmel, also auch auf Erden. 11. unser tägliches Brot Gib uns heute. 12. Und vergib uns unsere Schulden, wie auch wir vergeben unsern Schuldigern. 13. Und führe uns nicht in Versuchung, sondern erlöse uns von dem Bösen. Denn dein ist das Reich und die Kraft und die Herrlichkeit in Ewigkeit! Amen.

Mardi 11 décembre 2007 1 Article de Monseigneur Grégoire (Père Michel Mendez)

à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.

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