Crime d’ État
Mardi 29.01. 13 20h30 sur F3
ou
 
Crimes d’État, de Broglie, Fontanet, Journiac, Bérégovoy, etc 


 la bande-annonce
du téléfilm “Crime d’ État” :

http://www.youtube.com/watch?v=IJck8NFsYjs&feature=player_embedded



Dans le
public en majorité âgé, composé de gens qui, depuis
trente-trois ans, depuis ce funeste 30 octobre 1979 où le
corps de Robert Boulin (photo ci-dessus) fut retrouvé sans
vie dans un étang de la forêt de Rambouillet, n’ont jamais
cru au suicide de celui qui était depuis trente ans maire
de la ville girondine, les yeux étaient mouillés, les
gorges étaient nouées.


On lisait sur les visages un mélange de reconnaissance («  Enfin
la vérité !
 ») et d’incrédulité (« Ça
va être diffusé à la télévision, vraiment ?
 »). Oui, ça va
l’être et cela va constituer, comme l’a écrit « Minute » dans son numéro de cette semaine et comme l’a
dit Philippe Buisson, maire (PS) de la ville, « un événement politique » majeur.


Un tragique
épisode de la « guerre des droites »


Crime d’ État est certes un film de
fiction. Mais les personnages sont bien réels et sont nommés :
Robert Boulin le ministre, Henri Tournet l’affairiste et escroc,
Charles Pasqua que l’on ne présente plus, Jacques Foccart le
patron des barbouzes gaullistes du SAC ou encore Jacques
Chaban-Delmas le maire de Bordeaux et ami de Robert Boulin.


Un seul personnage, Chirac, dont l’on devine
l’identité derrière les lunettes à forte monture qu’il portait à
l’époque et par le débit oral reconnaissable entre mille, ne l’est
pas. Mais son ombre plane sur tout le drame, sur cette tragédie
plutôt qui vit Robert Boulin mettre le doigt dans un engrenage
dont Crime d’ État montre qu’il ne pouvait trouver d’issue
que dans la mort.


Il y a l’engrenage et le piège dus à la
perversité du faux ami Henri Tournet. Il y aussi, et surtout,
l’engrenage politique de la « guerre des
droites
 » en une « époque très
violente
 » qui vit de nombreuses morts mystérieuses jamais
élucidées (de Broglie, Fontanet, Journiac, etc.) ainsi que Pierre
Aknine, le réalisateur, l’a rappelé hier soir.


L’ombre, les ambitions, les manières
exécrables, les trahisons à répétition de Jacques Chirac – « un mélange de Rantanplan et de Bonaparte »
dit de lui l’épouse, admirable, de Robert Boulin – planent sur
tout le film, dont l’arrière-plan, qui est en réalité le premier
plan et la trame de la tragédie, est sa conquête du pouvoir par
tous les moyens, avec la complicité des vieux réseaux gaullistes
barbouzards alors que les vrais gaullistes, comme Robert Boulin ou
comme Jacques Chaban-Delmas, s’opposent à son ascension, au
scrutin truqué qui le porte à la tête de l’UDR en 1974, à ce « putsch d’arrière-cuisine » auquel
Boulin ne peut pas se résoudre.


Un homme
seul contre un système implacable


Robert Boulin, bien que ministre de premier plan sous les
présidences du général De Gaulle, de Georges Pompidou et de Valéry
Giscard d’Estaing – hormis durant les deux années où Jacques
Chirac est premier ministre… –, est un naïf. Cet homme seul, qui
ne dispose pas du moindre réseau et ne peut compter sur personne,
hormis sur l’amitié de Chaban, lequel n’a plus aucun poids
politique, croit qu’il a « les moyens de
les faire exploser un par un
 » avec les dossiers qu’il
possède sur le financement du RPR, créé en 1976 pour porter
Jacques Chirac à la présidence de la République ou, du moins, pour
en éjecter Valéry Giscard d’Estaing.


Il croit que la menace de révéler une gigantesque arnaque à
la Sécurité sociale qui n’est jamais devenue une « affaire » puisqu’elle a été étouffée –
arnaque qui a servi à financer l’UDR ! – va « les » faire plier. Il croit qu’en enquêtant, seul, en
complétant son dossier avec des pièces nouvelles, comme des photos
attestant du financement du RPR par des valises de billets en
provenance de régimes africains – la fameuse « Françafrique » dont Foccart est le maître d’œuvre –,
il va pouvoir faire « exploser »
Jacques Chirac et les siens, ou du moins les empêcher de commettre
le pire : faire élire François Mitterrand à la présidentielle de
1981 dans le seul but de faire table rase, à droite, pour
permettre à Chirac de conquérir le pouvoir.


Avant de se rendre au rendez-vous du 29 octobre 1979 dans
une villa de la forêt de Rambouillet qui lui sera fatal, Robert
Boulin va à l’église. Il se recueille et cherche la force de « les » affronter. La villa, dans le
film, est celle de Jacques Foccart. Dans la réalité, elle était
celle de René Journiac, autre « Monsieur
Afrique
 » qui fut l’adjoint de Foccart. De cette villa,
Robert Boulin sortira mort, après avoir été menotté, tabassé,
lynché, porté par des hommes de main du SAC jusque dans le coffre
d’une voiture, puis balancé dans l’étang où on feindra de le
découvrir noyé après avoir absorbé des barbituriques…


Merci à
Pierre Aknine et à François Berléand


Terrible est cette scène où Jacques Foccart téléphone en
pleine nuit au procureur pour lui annoncer que Robert Boulin est
mort et qui, alors que le procureur lui demande si le corps a été
retrouvé, lui répond : « Pas
officiellement
 »… Avant de lui expliquer que cette mort est
un suicide, rien d’autre qu’un suicide…


On ne racontera pas tout ce que Crime
d’Etat
 apporte à
l’« affaire Boulin ». Tout ce que le film montre, dissèque,
accumule en un « faisceau de présomptions »
qui constituent, au final, autant de preuves accablantes de
l’homicide. « On a tué un ministre de la
République
 », dit Robert Boulin, dont la voix monte, telle
l’âme qui s’attarderait au-dessus du corps sans vie de l’honnête
homme qui gît dans l’Etang rompu. On a tué un ministre de la
France.


Il faut voir, il faut absolument voir mardi prochain sur
France 3 ce film tourné au plus près de Robert Boulin, « à portée d’haleine » comme le dit
Pierre Aknine, qui a rencontré et écouté tous les témoins encore
vivants, et qui a eu accès à tout le dossier. Il y aura un avant
et un après Crime d’Etat. L’avant, c’était « l’affaire Boulin ». L’après, c’est la
vérité, montrée au grand jour et sur le service public. Merci à
Pierre Aknine et à François Berléand qui a trouvé une telle
justesse de ton que son incarnation de Robert Boulin en fait son
plus grand rôle.

Association Robert Boulin Pour la Vérité 

 

http://www.robertboulin.net/



ASSASSINAT
DE ROBERT BOULIN


30 Octobre 1979

L’affaire Robert
Boulin

http://www.youtube.com/watch?v=RsOC6x7RIi8&feature=player_embedded

Mort de R. Boulin: le témoignage du gendarme
http://www.youtube.com/watch?v=NUH1vhHhc44&feature=player_embedded

http://www.youtube.com/watch?v=GTUzQDFmt1M



Mort de R. Boulin: déclarations de la
famille

http://www.youtube.com/watch?v=doU99VqC_Rg

http://www.youtube.com/watch?v=14PWh6qp2H8

 



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