L’Europe doit assumer sa diversité

Le 17 novembre 2016, le Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, Chancelier de l’ICP et Mgr Philippe Bordeyne, Recteur, ont remis le Docteur Honoris Causa de l’nstitut Catholique de Paris à l’Archevêque de Cantorbéry, le Dr Justin Welby.




Plus de 400 personnes réunies pour assister à la séance solennelle de rentrée académique 2016 en l’église universitaire Saint-Joseph-des-Carmes ; le primat de la Communion anglicane s’exprimant en français sur un thème d’actualité : notre vision de l’Europe au XXIè siècle à la lumière du Bien commun. 
A l’issue de sa leçon académique, l’Archevêque de Cantorbéry a reçu les insignes de Docteur Honoris Causa de l’ICP, pour sa contribution exceptionnelle à l’éthique de l’entreprise et pour son engagement au service de la paix.

Cet événement faisait suite à un Evensong œcuménique co-présidé par The Most Reverend Justin Welby et le Cardinal André Vingt-Trois ; célébration particulièrement émouvante, magnifiquement accompagnée par le Choeur de l’église anglicane Saint-Georges de Paris.


Archevêque de Cantorbéry : Allocation inaugurale, Institut catholique de Paris Le 17 novembre 2016
http://www.icp.fr/a-propos-de-l-icp/actualites/doctorat-honoris-causa-a-l-archeveque-de-cantorbery-justin-welby–58553.kjsp?RH=11429522327430-142
Archevêque de Cantorbéry : Allocation inaugurale, Institut catholique de Paris Le 17 novembre 2016

1. Texte français “Notre vision de l’Europe au XXIe siècle à la lumière du Bien commun”





2. Texte anglais 


Archbishop Justin Welby on ‘the common good and a shared vision for the next century’









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« Il faut se préoccuper des inégalités croissantes sur l’ensemble du continent »
Dr Justin Welby, archevêque de Cantorbéry et primat de la Communion anglicane
Jeudi 17 novembre 2016, à l’Institut catholique de Paris



Demander à un Britannique de s’exprimer sur l’avenir de l ‘Europe ? Le paradoxe peut paraitre criant, cinq mois après le référendum par lequel les habitants du Royaume Uni se sont majoritairement prononcés, lors d’un référendum, en faveur du retrait de l’Union européenne.
Mais l’Europe représente une entité plus large que l’Union européenne. Et l’orateur qui s’exprimait le 17 novembre sous les voûtes de l’église Saint-Joseph-des-Carmes, attenante à l’Institut catholique de Paris (ICP), n’a pas pour habitude de borner son regard aux rivages des îles Britanniques. Archevêque de Cantorbéry et primat de la Communion anglicane depuis le 21 mars 2013, Justin Welby est à ce titre à la tête d’une Église présente dans 164 pays et comptant 85 millions de membres.
Ce tout juste sexagénaire, marié et père de cinq enfants, n’a d’ailleurs jamais cessé de voyager. Sa vie professionnelle a commencé dans le monde de l’entreprise, comme l’a rappelé Mgr Philippe Bordeyne, recteur de l’ICP. Mais après onze ans dans l’industrie pétrolière, dont cinq en France chez Elf Aquitaine, il décide en 1989 de s’orienter vers la prêtrise. Une décision peut-être murie après le décès de sa fille, deux ans plus tôt, dans un accident de voiture.
Ordonné prêtre en 1993 dans le diocèse de Coventry, non loin de Birmingham, il s’engage notamment dans un Centre international pour la réconciliation d’où partent diverses initiatives de promotion de la paix vers les zones de conflits (Nigeria, Kenya, République Démocratique du Congo, Israël et Palestine, Irak…). En novembre 2012, il est élu par ses pairs archevêque de Cantorbéry. Il affiche une réelle proximité avec l’évêque de Rome, le pape François, qu’il a déjà rencontré à cinq reprises – la dernière fois le 5 octobre 2016.
« L’Europe à la lumière du bien commun »
Jeudi 17 novembre, Justin Welby était présent à l’Institut catholique de Paris pour prononcer la leçon de la séance solennelle de rentrée académique 2016 sur le thème : « Notre vision de l’Europe au XXIè siècle à la lumière du Bien commun ». À l’issue de son allocution, il reçut les insignes de Docteur Honoris Causa de l’ICP, pour sa contribution exceptionnelle à l’éthique de l’entreprise et pour son engagement au service de la paix.
Devant environ 400 personnes et en présence du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et chancelier de l’ICP, Justin Welby a invité à prendre en compte la complexité de l’Europe et de ses nombreuses histoires nationales. Pour ouvrir de nouvelles perspectives au projet européen, il recommande de le décliner au plus près des particularités locales, et non de poursuivre une intégration par le haut. Il invite à s’appuyer sur la doctrine sociale de l’Église catholique en mettant en exergue quatre concepts : subsidiarité, solidarité, gratuité et créativité. Et il commence par passer en revue l’état actuel du continent.
I) L’ÉTAT DE L’EUROPE : L’ÉCONOMIE
« Depuis la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) et le traité de Rome, la prospérité a constitué un pilier central de la coopération européenne », commence le primat de l’Église anglicane.  « Et nous constatons une énorme augmentation du bien être matériel pour la plus grande majorité des Européens. Cependant, certaines politiques poussent de larges catégories de population vers des situations de plus en plus désespérées ».
« Les groupes intermédiaires, véritables socles de nos pays » 
« En même temps, l’Europe semble être composée de trois couches : Bruxelles, les nations et les individus », poursuit-il. « Or la société humaine que Dieu a créée ne se limite pas à l’individu et aux institutions. Elle est relationnelle et, pour cela, chaque entité relationnelle – de la communauté de base qu’est la famille aux petites et moyennes entreprises ou à la paroisse – doit être traitée comme ayant une légitimité et une valeur. Après tout, ces groupes intermédiaires sont les véritables socles de la réussite de nos pays et de nos sociétés ».
« Distinguer l’intérêt général et le bien commun »
« À quoi sert la coopération économique européenne ? », interroge-t-il. « S’agit-il simplement d’une courbe de croissance économique en hausse sur un graphique ? Ou bien le moteur de l’action est-il quelque chose de plus grand, de plus prometteur ? Je veux faire une distinction ici entre ce que nous pouvons appeler l’intérêt général et le bien commun. L’intérêt général se préoccupe de l’augmentation générale de la marée économique et présume qu’elle profitera à tout le monde. Le bien commun se préoccupe d’une marée montante qui soulève véritablement tous les bateaux ».
« Libérer l’épanouissement humain »
« Dans cette perspective, la politique économique nationale et européenne doit être réinventée pour libérer l’épanouissement humain. Il faut se préoccuper des inégalités croissantes sur l’ensemble du continent, non seulement en matière de revenus, mais également pour ce qui concerne la richesse, la santé, l’éducation… C’est ainsi que nous raviverons une vision de  l’économie qui offre plus d’espoir que les politiques mercantiles observées ces dernières années ».
II) L’ÉTAT DE L’EUROPE : LE SOCIAL
« Depuis la réunification de l’Allemagne et la chute de l’Union soviétique, de nouveaux États indépendants ont émergé, les populations ont pu se déplacer plus librement sur l’ensemble du continent et l’Union européenne est passée de 12 à 28 (bientôt 27) États membres », se félicite Justin Welby. « Mais au fur et à mesure de son intégration économique, l’Europe a ignoré le besoin d’intégrer nos valeurs, nos cultures, nos rêves et nos idéaux. Et finalement, nous n’avons aucune vision commune de ce qu’est l’Europe, au-delà d’un tissu d’activités économiques de plus en plus complexe ».
« La supposition que nous, Européens, sommes assez semblables »
« L’intégration n’ayant pas été traitée de manière adéquate au sein de l’Europe, il est  difficile pour ceux qui viennent d’ailleurs de réussir à l’aborder. Cet échec provient en partie de la supposition que nous, Européens, sommes assez semblables. Nous nous ressemblons physiquement, nous nous habillons de la même façon, nos loisirs et nos intérêts ont tendance à coïncider. Beaucoup de nos villes se ressemblent.
Mais je soutiens que ces caractéristiques communes ne représentent qu’une ressemblance superficielle et que cette superficialité est trompeuse ».
« Nous dévisager en tant qu’individu »
« Nous devons nous dévisager, non pas en tant qu’êtres économiques, mais en tant qu’individus et au travers de nos institutions intermédiaires. Or si nous nous trompons sur ce que nous pensons voir, si nous prenons le superficiel pour le profond, alors notre réponse aux questions comme celle de l’intégration sera la mauvaise réponse. Car nous présumerons que les différences superficielles telles que l’ethnicité sont des différences profondes et inflexibles. Il est dangereux de supposer et de prétendre qu’une autre personne partage – ou pas – notre culture, nos valeurs, nos priorités, selon qu’elle nous ressemble ou pas ».
« Pas de racines suffisamment profondes pour nous donner confiance »
« C’est ainsi qu’en nous fondant sur une notion de ressemblance superficielle pour formuler notre idée de ce qu’est l’Europe, nous n’avons pas développé des racines suffisamment profondes  pour nous donner la confiance face aux différences superficielles qui se présentent à nous. Notre incapacité à intégrer avec succès certains de ces groupes de migrants est un symptôme de notre incapacité à définir et à vivre une identité européenne profonde et sûre d’elle ».
III) L’ÉTAT DE L’EUROPE : LA POLITIQUE
« La politique en Europe a naturellement été dominée par la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Une grande partie du débat concernait l’identité nationale du pays. Mais ces dernières années, nous avons constaté une renaissance rapide du nationalisme à travers toute l’Europe. Nous avons observé l’élection de gouvernements nationalistes en Autriche et ailleurs en Europe centrale et orientale. Ici, en France, le Front national domine dans les sondages ».
« Un repli vers les frontières rigides de l’État-nation »
« Pourquoi les frontières nationales se redessinent-elles? Sans affirmer une corrélation entre les deux, on peut remarquer que nous traversons une période où une génération d’Européens est moins riche que ses parents, où les normes sociales ont été remises en question dans de nombreux pays, et où les garanties de sécurité sociale accordées à ma génération ne seront peut-être pas viables pour la génération suivante. De plus, la stabilité du monde est plus précaire. Est-ce donc si surprenant si, face à cela, les gens ont commencé à se replier vers l’intérieur, vers les frontières rigides de l’État-nation ? »
« Des valeurs ancrées dans la tradition judéo-chrétienne »
« Nous ne pouvons pas dire si la renaissance de l’État-nation est une bonne chose ou non. Mais si c’est une réalité, alors c’est une réalité dont nous devons tirer parti. Débattons, dans nos contextes nationaux, des valeurs  et des vertus essentielles à la poursuite du bien commun, y compris l’hospitalité et la générosité. Les valeurs émergent de nos histoires, qui sont faites d’interactions. En Europe, ces valeurs sont ancrées plus particulièrement dans les récits de la tradition judéo-chrétienne, qui sont probablement davantage intégrés dans les groupes informels et intermédiaires que dans les États ».
IV) L’ÉTAT DE L’EUROPE : LA VIOLENCE A CARACTÈRE RELIGIEUX
« Un autre facteur a un impact significatif et croissant sur la façon dont nous comprenons le fait « d’être l’Europe » : la violence à caractère religieux et sa manifestation au travers d’actes de terrorisme les plus barbares. Vous, ici, vous l’avez vécu dans toute sa fureur et dans toute sa terrible cruauté. Rien qu’en regardant les cérémonies de commémorations en Angleterre, nous avons ressenti l’horreur à nouveau et nous avons pleuré. Nous compatissons tellement avec vous ! »
« Comment parler de la religion en Europe »
« L’un des défis majeurs est de déterminer comment parler de la religion en Europe. Sur un continent où nous constatons une croissance du sécularisme et de l’apathie (dans certains cas, une hostilité ouverte) envers la religion et les croyants, notre défi à nous tous, ici, aujourd’hui, est de trouver de nouveaux moyens de partager notre vocabulaire religieux avec le reste du continent. Il nous faut parler avec confiance de la tradition judéo-chrétienne et de la raison pour laquelle elle doit être reflétée dans la façon dont nous comprenons l’Europe. Il ne s’agit pas d’un appel au retour à la Chrétienté, mais d’être franc par rapport à notre tradition et à notre héritage — tant les bons aspects que les mauvais ».
« La réponse à Daech doit comprendre une voix théologique »
« Quelle que soit leur dépravation, des groupes tels que Daech possèdent une idéologie, en fait, une théologie, qui est au cœur de leur propagande et qui est leur force motrice. Ils — comprennent l’histoire humaine en termes apocalyptiques : ils croient que la fin du monde est pour bientôt, que le prophète va revenir avec Jésus et qu’il vaincra les pouvoirs occidentaux. C’est très difficile à comprendre. Or pour le comprendre, les croyants en Europe doivent retrouver la capacité de partager leur vocabulaire religieux avec le reste du continent ».
« Si nous traitons la violence à caractère religieux uniquement comme une question de sécurité, ou comme une question de politique, il sera terriblement difficile de la vaincre. La réponse doit comprendre une voix théologique, et nous ne devrions pas hésiter à l’offrir ».
« Offrir une vision convaincante du rôle de la foi dans nos sociétés »
« Pour cela, il faut s’éloigner de l’argument qui consiste à dire que Daech n’a rien à voir avec l’Islam, ou que les milices chrétiennes en République centrafricaine n’ont rien à voir avec le christianisme, ou que la persécution nationaliste hindoue des chrétiens en Inde du Sud n’a rien à voir avec l’hindouisme. Tant que les leaders religieux ne réagiront pas et qu’ils n’assumeront pas la responsabilité des actions de ceux qui agissent au nom de leur religion, nous ne parviendrons à aucune résolution ».
 » Et de notre côté, nous devons offrir une autre vision, plus convaincante, du rôle de la foi dans nos sociétés, plus profonde, plus satisfaisante pour l’esprit humain. Et, où trouvons-nous une meilleure vision si ce n’est dans la bonne nouvelle de Jésus Christ ? »
V) LA VISION : UNE EUROPE CATHOLIQUE
« En France, je dirais — peut-être de manière provocatrice — que la laïcité matérialiste, qui n’est pas la laïcité sous sa forme d’origine, n’est pas capable de faire face aux défis posés par des groupes religieux dotés de récits puissants, cohérents, quoique malfaisants, qui remettent entièrement en question ce que nous entendons par une société juste et bonne. C’est également vrai dans de nombreux autres États européens ».
« Inclure les gens, les groupes, les communautés »
 » Il est donc temps d’offrir de nouvelles solutions. Moi, je crois que les valeurs et la vision pour le 21e siècle doivent être catholiques (avec un petit « c »). Par cela, je veux dire qu’elles doivent être globales, flexibles, complètes, et viser fondamentalement l’inclusion. Une inclusion qui vise les gens, mais également les institutions, les groupes et les communautés ».
« On ne résout pas un conflit par la simplification »
 » Nous devons reconnaître que pour proposer une vision réalisable et convaincante de l’Europe au 21e siècle, nous devons accepter que l’Europe devienne plus complexe. C’est une chose que j’ai apprise quand je travaillais dans des situations de conflit pendant plusieurs années. On ne résout pas un conflit par la simplification, mais en reconnaissant la complexité de la situation, en appréciant la différence ».
« L’Europe, une collection d’États »
« L’Europe, ce n’est pas les États-Unis d’Amérique. C’est une collection d’États avec une culture commune et certains aspects culturels très différents. À cela, nous devons également ajouter une histoire incroyablement sanglante. Construire une bonne Europe — ce qui doit être le but d’une vision basée sur le bien commun — signifie donc qu’il faut aborder la complexité, l’accepter et l’adopter. »
« Se garder d’assimiler l’unité à la simplicité »
« Alors, comment pouvons-nous utiliser l’Enseignement social de l’Église catholique comme fondement pour cette vision de l’Europe au XXIe siècle à la lumière du bien commun? Premièrement, il faut renouveler l’engagement de l’Europe pour une vraie subsidiarité et se garder d’assimiler l’unité à la simplicité. Des structures de relations économiques, politiques et sociales assumant cette subsidiarité favoriseront l’acceptation de la complexité ».
« Pas d’intégration si les valeurs sont éloignées du vécu »
« Il y a une histoire importante à raconter sur l’Europe, qui nous aidera à identifier des valeurs pour le 21e siècle. Mais l’intégration ne se fera pas si ces valeurs et ces vertus sont abstraites et éloignées de la réalité vécue. Jusqu’ici, les tentatives ont échoué, car il n’y avait pas assez de flexibilité pour déployer le récit et les structures sous le niveau continental. L’histoire et les institutions de l’Europe doivent absolument être relayées localement ».
« La relation entre le « centre » et les marges »
« Le deuxième concept est la solidarité, qui doit notamment se refléter dans la relation entre le « centre » de l’Europe et ses marges, en particulier les régions les plus lourdement affectées par l’arrivée des migrants et des réfugiés en Europe du Sud et du Sud-Est. La vision pour l’Europe doit aussi développer des racines suffisamment profondes pour surmonter le repli sur des ressemblances superficielles ».
« La grâce dans l’action »
« Troisième concept : le sens de la gratuité — ce que le Pape Benoit avait appelé « la grâce dans l’action ». Les citoyens européens ne doivent pas être considérés comme de simples consommateurs. La gratuité, c’est reconnaître qu’il y a au cœur des relations humaines une véritable capacité d’apprécier l’économie de Dieu — qui est une économie d’abondance, non pas de pénurie. Les systèmes économiques doivent être ancrés dans la compréhension fondamentale de la valeur inhérente de l’être humain —  les humains ne sont pas simplement des unités économiques. Cela s’applique autant à ceux qui vivent à l’extérieur de l’Europe qu’à ceux qui vivent à l’intérieur de ses frontières ».
« L’Europe n’est pas un club douillet réservé à ses membres »
Enfin, vient la créativité, avec la reconnaissance à sa juste valeur de ce qui a été accompli en Europe ces soixante dernières années. Il faut chérir et célébrer la transformation remarquable de la vie des citoyens européens. C’est aussi une chose que l’on doit exporter : l’Europe n’est pas un club douillet réservé à ses membres, elle devrait être un phare pour les autres régions du monde, tout en restant toujours humble face aux manquements de l’impérialisme européen, lorsque cette vision a été imposée plutôt que partagée.
« Subsidiarité. Solidarité. Gratuité. Créativité »
« Subsidiarité. Solidarité. Gratuité. Créativité. Ces valeurs peuvent constituer les éléments constitutifs d’une vision pour une Europe catholique au 21e siècle. Une vision inébranlable engagée envers le bien commun et l’épanouissement de tous. »
Pour aller plus loin
La version intégrale de l’allocution de Justin Welby à l’Institut catholique de Paris le 17 novembre 2016 et la version en anglais;

Contre la dictature de la finance : la bombe atomique suisse ! 

 














Objectifs

1. La Banque Nationale Suisse ( BNS) créera désormais seule de la monnaie scripturale, y compris électronique.
2. Les banques ne pourront plus elles-mêmes créer de la monnaie girale ( scripturale, d’écriture, ex nihilo), mais prêter seulement de la monnaie qui existe déjà.
3. La Banque Nationale Suisse mettra en circulation de la nouvelle monnaie pleine moyennant un don (sans dette) au gouvernement fédéral, aux Cantons ou aux citoyennes et citoyens.

 http://www.srf.ch/player/tv/eco/video/radikale-geldreform?id=6d91617f-3b78-4f1f-948e-d6317c5bc827

Avant-hier, en parcourant ce « cerveau collectif » qu’est Facebook, je suis tombé sur la publication d’un de mes amis et par la même occasion, je suis tombé des nues. Les médias « main stream », si prompts à sortir l’artillerie lourde contre les votations des Suisses sur les minarets ou l’immigration massive, se sont bien gardés de nous informer de cette initiative en cours, qui a recueilli à ce jour près de 50 000 signatures mais il lui en faudra le double pour déboucher sur un référendum. C’est de la bombe. J’en ai rêvé, et les Suisses sont peut-être en train de le faire. Il faut absolument qu’ils aboutissent. Non seulement pour eux mais pour nous tous. C’est pourquoi nous devons les soutenir. J’invite tous ceux d’entre nous qui ont des amis et connaissances au pays des Helvètes de les contacter et de faire la promotion de cette initiative citoyenne. Si l’insurrection des fils (et des filles) de Guillaume Tell contre les Banksters (et les banques suisses sont puissantes !) est couronnée de succès, alors tout espoir sera permis pour nous-mêmes et les générations futures.

Voici donc de quoi il s’agit :
http://www.zeitpunkt.ch/news/artikel-einzelansicht/artikel/die-geldwende-in-der-schweiz-steht-am-start.html
J’ai traduit l’essentiel de l’article ci-après :
« L’initiative citoyenne la plus importante des 20 dernières années devrait être lancée le 1er mai : la transformation du franc suisse d’argent-dette en « plein argent » [100 % money comme disent les économistes anglo-saxons]. C’est ce qu’ont décidé hier [le 8 janvier 2014 puisque l’article est daté du 9] à Zurich les responsables de l’association pour la modernisation de la monnaie. L’initiative « Plein argent – pour un argent à l’abri de la crise dans l’intérêt de tous : la création monétaire à la seule banque centrale » veut mettre fin à la création de la monnaie par les banques privées.
90 % de l’argent – la plupart des gens n’ont pas conscience de cette monstruosité – est créé littéralement à partir de rien par les banques. Le monopole de la banque centrale ne s’étend qu’à la monnaie fiduciaire [pièces et billets]. L’argent scripturaire, utilisé pour la plupart des paiements, est créé par les banques elles-mêmes chaque fois qu’elles octroient un crédit. Elles ne prêtent pas l’argent des épargnants – ceux-ci le conservent et peuvent s’en servir pour leurs paiements – , mais créent de l’argent qui n’existait pas par un simple jeu d’écritures. (…) La loi ne les oblige qu’à avoir 2,5 % du montant des prêts en dépôt. [c’est ce qu’on appelle le système des « réserves fractionnaires »]

Le revers de la médaille n’est pas seulement l’insécurité de nos dépôts bancaires, mais une montagne de dettes qui grossit sans cesse, qui est de plus en plus difficile à rembourser et dont souffrent principalement les salariés. Car la plus grande partie de la richesse nouvellement créée n’irrigue pas l’économie réelle, où la majorité gagne son pain quotidien, mais la finance qui permet de réaliser des gains rapides. (…)
Le privilège de la création monétaire draine des sommes considérables dans des poches privées alors qu’elles devraient revenir à la collectivité. L’article 99 de la Constitution (…) n’inclut pas la monnaie scripturaire (…). C’est cette lacune que les initiateurs veulent corriger. Le 100 % monnaie est ainsi appelé car toute la monnaie, même la monnaie scripturaire, est garantie par la banque centrale, et pas seulement 2.5 %. C’est pourquoi cet argent est à l’abri des faillites bancaires. L’idée selon laquelle un tel scénario ne pourrait se produire que dans les pays du Sud de l’Europe, fortement endettés, mais pas dans l’opulente Suisse est malheureusement une illusion. (…)

Bien qu’il paraisse révolutionnaire, ce concept n’est pas nouveau. Dans les années 1930, une large majorité de professeur d’économie américains se sont prononcés pour le « 100 % money » pour sortir de la crise. Dans une étude du FMI de 2012, le contrôle étatique de la création monétaire a été préconisé. (…)
Pourtant, les obstacles à cette initiative sont considérables : la compréhension générale de la vraie nature de l’argent bancaire est faible, même parmi les banquiers et politiciens qui devraient bien connaître le sujet. Les médias y portent peu d’intérêt, en particulier ceux qui vivent de la publicité pour les banques. Et les banquiers n’ont absolument pas intérêt à se soumettre à un débat public sur leurs privilèges insoupçonnés (…). Les initiateurs et leurs conseillers économiques (dont quelques professeurs émérites) sont ainsi dépendants du soutien des rares personnes qui sont conscientes des énormes enjeux de la création monétaire. Jusque là, 40 000 signatures [47 500 à ce jour] et 30 000 francs de dons ont été recueillis, ce qui est encore insuffisant. (…) »
Pour plus de renseignements et un suivi de cette initiative : http://www.vollgeld-initiative.ch/?&L=1
En quoi est-ce révolutionnaire ? Comme l’expliquent André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder dans La dette publique, une affaire rentable, (1) le système bancaire vampirise littéralement l’économie réelle en ponctionnant des sommes considérables et parfaitement indues, par l’entremise de la dette publique. Un Etat n’a pas besoin d’emprunter aux banques privées, il peut se prêter à lui-même, sa banque centrale peut créer la monnaie dont il a besoin pour financer les services publics, puis la détruire en se remboursant (l’opération n’est donc pas inflationniste). Le tout sans intérêts.
Or, voici que notre souveraineté monétaire a été transférée à l’Europe donc la banque centrale s’interdit de financer directement les Etats (art. 104 du traité de Maastricht, confirmé par l’art. 123 du traité de Lisbonne), les obligeant à emprunter à des banques privées moyennant des intérêts dont le taux varie en fonction de la confiance des investisseurs dans la capacité de remboursement du pays : la crise grecque n’a pas d’autre origine. Quant à nous, qui bénéficions d’un taux faible, notre stock de dette avoisinant les 2000 milliards d’euros nous coûte quand-même près de 50 milliards d’intérêts par an ! Oui, vous avez bien lu : cela fait une saignée de 130 millions PAR JOUR, et sans que le premier centime du principal ne soit remboursé ! La dette publique n’est d’ailleurs pas faite pour être remboursée, mais pour assurer une rente ad vitam aeternam aux titulaires des emprunts d’Etats, qui ne peut être extorquée qu’en sacrifiant les besoins légitimes de la population en matière de santé, d’éducation, d’infrastructures, etc. En ce sens, il est (à moitié) faux d’affirmer que la dette pèsera sur les générations futures : elle pèsera sur les enfants des pauvres (ceux dont les services publics sont le seul patrimoine) mais profitera aux enfants des riches qui pourront continuer à ponctionner une part considérable de la richesse nationale. C’est pourquoi les milieux populaires et les classes moyennes ont un INTERÊT VITAL à ce que la monnaie soit déprivatisée !
Si cette initiative suisse réussit, elle ne manquera pas de donner des idées à toute l’Europe, et l’outil qui aura permis d’arracher la création monétaire aux banques, le référendum d’initiative citoyenne, deviendra une revendication incontournable (2). Autrement dit : c’est l’avenir de la démocratie sur tout le continent qui est en jeu !

(1) Voir ce blog : http://postjorion.wordpress.com/2013/03/03/270-holbecq-que-serait-la-dette-publique-devenue/
(2) Pour rappel, l’association Article 3 (www.article3.fr) a le référendum d’initiative citoyenne pour seule revendication.

La version française est en cours de développement. Nous vous proposons le texte ci-dessous pour commencer.

Pour un pouvoir monétatif: La création monétaire dans les mains d’un pouvoir public indépendant
La crise financière actuelle prend ses racines dans notre système monétaire. Il émet des crédits en excédent et encourage de cette manière les bulles spéculatives, ainsi que l’inflation et le surendettement massif de nombreux participants. Les marchés financiers et l’économie réelle ne peuvent fonctionner que sur la base d’un système monétaire stable et juste. C’est pourquoi, nous demandons:

  1. Le rétablissement de l’apanage de la création monétaire à la nation, plus précisément à la banque nationale indépendante
  2. La cessation de toute création monétaire par les banques
  3. La mise en circulation de tout argent créé́ sans dettes via les dépenses publiques

L’argent gouverne le monde. Mais qui gouverne l’argent ?
Tout le monde utilise l’argent, mais la manière de fonctionner du système monétaire demeure aussi nébuleux que les termes ‘système bancaire à couverture fractionnaire’ ou ‘création de monnaie multiple’. Ceci est dans l’intérêt des banques, qui se sont appropriées la création monétaire. Pour l’essentiel la Banque Nationale Suisse (BNS) émet l’argent en espèces, qui ne constitue que 10 % de la masse monétaire. 90% de l’argent existant est créé par les banques commerciales en accordant des crédits. Cet argent existe et circule sous la forme des avoirs sur les comptes courants auprès les banques commerciales.
Dernièrement, une grande partie de l’argent créé a servi à des opérations financières de plus en plus spéculatives et découplées des besoins de l’économie réelle. La bourse et les cycles conjoncturels sont poussés à l’extrême par la création de monnaie bancaire hors de tout contrôle – maniaquement excessive en haute conjoncture et période de hausse, et hésitante et dépressive dans les crises d’endettement suivantes. Lorsque les banques font faillite, ce sont toujours les avoirs des clients qui sont en jeu. Si ceux-ci sont sous garantie bancaire étatique, l’état privatise les profits des banques et fond les pertes dans la communauté.
Les banques ne sont pas tenues de remplir des objectifs économiques globaux, ni même des objectifs sociaux. D’avoir abandonné aux banques la création monétaire, activité porteuse en elle-même de nombreuses conséquences importantes, représente un faux développement du système entier. L’ordre monétaire représente une question fondamentale au même niveau que la constitution. Le fait d’utiliser la création monétaire pour faire des affaires est une activité dysfonctionnelle portant préjudice à la communauté.

Nationalisation de l’argent mais pas des banques
Toute monnaie ne devrait être créée que par un organisme public indépendant. Dans la Suisse, ce rôle est assumé par la Banque Nationale Suisse (BNS). La BNS doit devenir définitivement le quatrième pouvoir de l’état, le Pouvoir Monétatif, aux côtés des Pouvoirs Législatif et Exécutif, et de la Justice. Dans sa politique monétaire la BNS doit rester indépendante, tout comme les tribunaux dans leur juridiction. Dans un tel régime financier, les devises complémentaires locales ou les systèmes de compensation de type coopérative peuvent y trouver leur place.
Les gains provenant de la création monétaire – le seigneuriage – doivent être entièrement destines au trésor public et non pas aux banques sous la forme de profits supplémentaires immérités. C’est pourquoi l’argent nouvellement créé doit être remis sans intérêts à la Confédération Suisse, laquelle le remet en circulation via par exemple les dépenses publiques, un dividende populaire. Dans les années passées, le montant du seigneuriage échappé au trésor public s’élevait à un ordre de grandeur autour de 2,5 – 5 milliards d’francs par ans dans la Suisse. Il agissait d’environ 1 – 2% du PIB (croissance économique). Ceci permettrait de couvrir 1.8 – 3.6% du budget public total.
La reforme envisagée pour la création monétaire est simple: Les avoirs sur les comptes courants des banques commerciales doivent être transformés en moyen de paiement légal, comme le sont actuellement les billets et les pièces. Seul le système d’une banque nationale publique – la Monétative – est autorisé de créer ces moyens de paiement. De cette manière, l’argent sur les comptes bancaires se voit attribuer le même rôle que les billets de banque il y a 100–150 ans: les billets des banques privés ont alors été remplacés par les billets de la BNS. Aujourd’hui, il s’agit de transformer l’argent créé par les banques commerciales, instable et lié à des dettes, en argent pleinement valable créé, sans dettes, par la BNS en tant que Pouvoir Monétatif. Tout argent serait ainsi émis par l’état, pas seulement les 10% de la masse monétaire en espèces (billets et pièces), comme c’est le cas actuellement.
Les banques d’affaires privées et publiques peuvent continuer toutes leurs activités financières dans les limites fixées par les lois, mais elles ne peuvent plus créer ou démonétiser d’argent. Elles ne vont effectuer des opérations financières qu’avec l’argent obtenu comme revenu ou à titre de prêt sur le marché interbancaire ou par les clients, et qui existe en liquidité dans leur tiroir-caisse ou sur leur compte de banque central.
L’arrêt de la création de monnaie par les banques peut se faire de manière simple: en détachant les comptes courants des clients du bilan de la banque et en les gérant séparément.

Un ordre monétaire dans l’intérêt public
L’argent deviendrait ainsi sûr puisque les avoirs des comptes ne pourraient plus disparaître en cas d’insolvabilité. L’arrêt de la création monétaire commerciale imposerait des limites à l’expansion excessive ainsi que à la décroissance déficiente de l’offre monétaire. L’argent resterait en circulation, les cycles de conjoncture et de la bourse se dérouleraient de manière plus modérée. La création de monnaie inflationniste des banques commerciales serait remplacée par un régime du pouvoir monétatif dans lequel la BNS aurait le contrôle absolu de la masse monétaire. La BNS peut ainsi éviter l’inflation des prix des biens et des actifs en contrôlant la quantité d’argent circulant en accord avec le potentiel de développement économique réel. Le seigneuriage, les gains obtenus par l’émission de la monnaie, serait entièrement reversés au trésor public.

La justice commence par une bonne monnaie.

Battre monnaie seulement pour le peuple:

Le système économique actuel, grâce aux nombreuses découvertes et inventions qui le favorisent, notamment les robots de plus en plus nombreux et efficaces, produit une abondance insoupçonnée de biens en même temps qu’il réduit la main-d’oeuvre et engendre un chômage permanent. 

Une partie de plus en plus importante de la population se trouve ainsi privée de tout pouvoir d’achat des biens créés pour elle.

Quelques individus ou groupes particuliers seulement en profitent honteusement. 

Pour que tous puissent avoir une part de l’héritage culturel légué par leurs prédécesseurs, nous proposons un dividende universel dont la quantité sera déterminée par la masse des biens à consommer. Ce dividende sera versé à chaque personne, à titre de citoyen, qu’il ait ou non d’autres sources de revenus.

I. L’Etat doit donc reprendre le contrôle de l’émission et du volume de la monnaie et du crédit. Il l’exercera par une commission indépendante jouissant de toute l’autorité voulue pour atteindre son but.

II. Les ressources matérielles de la nation représentées par la production constituent la base de la monnaie et du crédit.

III. En tout temps l’émission de la monnaie et du crédit devrait se mesurer sur le mouvement de la production de façon qu’un sain équilibre se maintienne constamment entre celle-ci et la consommation. Cet équilibre est assuré, partiellement du moins, par le moyen d’un escompte dont le taux varierait nécessairement avec les fluctuations mêmes de la production.


Soutenez une initiative constitutionnelle suisse urgente encore en projet et modifiable, déjà amendée selon les conseils de M. Maurice Allais et de son équipe:


Initiative parlementaire ou populaire à la suisse.


Pour une Suisse sans dettes, ni impôts, taxes, etc., grâce à la robotisation, en parallèle, sinon surtout grâce à une création modernisée de l’argent qui assurera ainsi la prospérité de tous.


État des lieux et inventaires des conséquences néfastes du système bancaire inadapté actuel :


1. Des centaines de milliers de Suisses intègres travaillent, mais vivent endettés sous le seuil de pauvreté. En parallèle, le Conseil fédéral rabote des Budgets à des postes pourtant prioritaires (santé, éducation, chômage, création d’emplois, relance, environnement, infrastructures, transports, réduction du nombre d’Ambassades et d’outils d’informations tel Swissinfo… à l’heure de crises et de l’isolement du Pays sur la scène internationale, suppression des bureaux de Poste et dégradation générale du Service public, Crèches, etc.) et répercute ses tâches sur les Cantons, donc Communes et de fait, les Familles, soit nous tous. Les Caisses de pensions sont de plus en plus vides et la cohésion nationale, sinon la solidarité sont partout remis en cause (Votation du 7.03. 2010).


2. Les “solutions” sont une nouvelle fiscalité sournoise (parkings, radars, nouveaux «délits» etc.), mais aussi la TVA, etc. qui pénalisent tous les citoyen(ne)s, ainsi  que les PME en augmentant le chômage des jeunes et de collaborateurs à… plus de 15 ans de l’AVS.

3. Le système économique actuel, grâce aux nombreuses découvertes et inventions qui le favorisent (notamment l’informatique et les robots de plus en plus nombreux et efficaces), produit une abondance de biens, en même temps qu’il réduit les besoins de main-d’oeuvre locale et augmente ainsi un chômage permanent. Une partie importante de la population se trouve ainsi privée de tout travail et pouvoir d’achat des biens créés pour elle et non pas pour quelques individus ou groupes particuliers d’industriels financiers, Banquiers et spéculateurs.

4. La crise de l’UBS et ses dizaines de milliards soustraits aux contribuables futurs ne révèlent pas seulement les graves dysfonctionnements du Conseil fédéral, après ceux de ladite Banque, mais de fait, de tout le système bancaire mondial et du pillage de tous les habitants et Pays de la Terre entière. En Europe : Islande, Grèce, Portugal. A quand la Suisse ?

5. La Confédération, ses Régies, etc., ainsi que les Cantons et leurs Communes, PME, etc. dont  personnes morales et physiques (nous) dépensent chaque jour et au minimum des centaines de Millions CHF à titre d’intérêts… SANS amortissement et pour certaines dettes cumulées, etc. pour des montants représentant des multiples des emprunts initiaux! Ceci représente des centaines de Milliards CHF par an, qui seraient mieux utilisés pour le bien du Souverain.

6. FED & IRS (deux archétypes américains du dysfonctionnement systémique du taux d’intérêt conçu par les Banquiers et du «remboursement» autoritaire des dettes… par les Citoyen(ne)s surtaxé(e)s), «Too big to fail», Toxic Assets sont devenus des termes “familiers”, à contrario du mécanisme pervers de la création monétaire qui nous asservit tous, partout et chaque jour davantage.

Ainsi :

 – le système bancaire fabrique depuis trois siècles de l’argent à partir de RIEN et facture ce tour de passe-passe avec des taux d’intérêts, alors que l’État (nous les Citoyen(ne)s) pourrait l’émettre gratuitement et ainsi, distribuer équitablement les plus values mensuelles à tous.

– A contrario du dogme officiel et de la Propagande économique, il faut savoir que le taux d’intérêt et les Banquiers créent l’inflation, sinon et surtout, des dettes non remboursables. Ces dettes exponentielles sont IMPOSSIBLES à rembourser. Des contrats impossibles sont nuls, d’autant plus que ces dettes sont créées à partir de rien, par astuce en bande.

– Les États endettés et sans réel pouvoir de décision actuellement abdiqué, répercutent leurs “remboursements” sans amortissement aux chers (sic!) Banquiers (une poignée de familles), sur nous tous.

– Ce système bancal, en crise systémique fut conçu dans l’iniquité et les Banquiers possèdent la Terre qu’ils gèrent à leur guise, avec la majorité des Chefs d’Etats aux ordres, notamment de la BM et du FMI.

Voulez-vous continuer avec vos enfants à être les esclaves des Banquiers et payer le prix fort de votre ruine, laissez-les donc continuer à créer l’argent ex nihilo (à partir de rien) et à contrôler les crédits. À l’opposé, de bonnes solutions existent et les voici :

Pour que tous puissent avoir une part de l’héritage économique légué par leurs prédécesseurs, voici notre butreprendre le contrôle de la création des masses monétaires (l’argent). C’est ce que nous voulons graver dans la Constitution fédérale pour le bien de tous et l’indépendance de la Suisse.

La Constitution fédérale du 18 avril 1999 est complétée comme suit par un nouvel

Article 128a :

I. Le pouvoir de battre monnaie, y compris par le crédit ex nihilo, appartiennent au Souverain qui reprend le contrôle de l’émission et du volume de la monnaie et du crédit, sans intérêt.

Il. Il l’exercera à tous les échelons par des Commissions indépendantes locales jouissant de toute l’autorité voulue pour atteindre ce but.

III. Les ressources financières, matérielles et intellectuelles de la Suisse représentées par les Citoyen(ne)s, les PME, etc. et leurs productions sont la base de la monnaie et du crédit.

IV. L’émission de la monnaie et du crédit devrait en tout temps se mesurer sur le mouvement de la production robotisée le plus possible de façon qu’un sain équilibre se maintienne constamment entre celle-ci et la consommation. Cet équilibre est assuré, partiellement du moins, par le moyen d’un dividende et d’un escompte dont le taux variera nécessairement avec les fluctuations mêmes de la production automatisée.

V. Pour que tous puissent avoir une part de l’héritage économique légué par leurs prédécesseurs, les Commissions locales versent un Dividende mensuel dont le montant sera déterminé par la masse des biens à consommer. Ce dividende sera versé à chaque personne, de leur conception à leur mort naturelle, qu’elle aie ou non des sources de revenus.

VI. Il est indispensable de définir socialement des remises à zéro périodiques sur 7 fois 7 périodes de tous les compteurs économiques, comme demandé dans le Lévitique ou les lois sur les propriétés intellectuelles (Copyright) et ainsi de réparer l’erreur de Charlemagne du 23 mars 789 qui a condamné le taux d’intérêt, mais qui a oublié la remise des propriétés agricoles aux familles et le pardon jubilaire des dettes au moins tous les 49 ans. Concrètement, ceci signifie que grâce aux créations monétaires mensuelles, toutes les dettes seront effacées et toutes les terres agricoles seront franches de toute hypothèque au moins tous les 49 ans.

      VII. Les anciennes masses monétaires en francs suisses tirées du néant (emprunts fédéraux, cantonaux, communaux, etc.) sont purement et simplement supprimées. Par contre, les vraies épargnes réelles des personnes physiques et morales sont respectées.

      VIII. La BNS est directement placée sous le contrôle permanent – sans Commission externe indépendante de type FINMA – de l’Assemblée fédérale (Plénum), qui y consacre au moins un jour complet à chaque Session.

      IX. Les réserves de la BNS qui garantissent un CHF (Franc suisse), indépendant et fort sont constituées d’or physique stocké qu’en Suisse, ainsi que des réserves de diverses graines alimentaires (avoine, épeautre, froment, maïs, orge, pommes de terres, riz, etc.), non OGM, consommables, plantables et à même d’assurer pendant 7 ans la subsistance de la Suisse.

X. Tous instruments juridiques étrangers, accords, conventions, traités, passés ou futurs qui iraient à l’encontre de cette Initiative ou qui viendraient à la violer sont à dénoncer immédiatement tant au plan cantonal que fédéral.

XI. Au vu des économies réalisées par la suppression de l’endettement et de ses conséquences, la Confédération supprime immédiatement tous les impôts fédéraux directs et indirects, notamment la TVA, la vignette et les droits sur l’essence.

XII. De même, les communes et les cantons pourront fortement réduire leur fiscalité et supprimer les taxations sournoises sous la forme de péages subtils pourtant interdit dès la Constitution de 1948.
       

Dispositions transitoires :

La Confédération crée une contribution de solidarité par des masses monétaires sans taux d’intérêts et les fait affecter à chaque famille en proportion du nombre d’enfants conçus.

Le produit de la contribution de solidarité sera versé aux Cantons selon une clé de répartition démographique définie par la Confédération représentée par l’Assemblée fédérale (Plénum).

L’écart des salaires tant publics que privés ne dépasse pas 33 fois, avec une limite absolue indexée fixée à CHF 500’000.-.

Tout dividende social ou autre prestation sociale n’empêche personne de travailler en plus contre rémunération ou en qualité d’indépendant, créateur d’entreprise, etc.

L’obligation de refinancer les prêts à 100 % auprès de la BNS reporte la perception des profits à ce niveau et les revenus ainsi fortement majorés sont directement affectés aux besoins communs.

Tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts au moins de même terme. Aucun emprunt à long terme ne peut être financé par des emprunts à court terme. Pour le bien commun, les points suivants sont notamment respectés :

Dissociation totale des activités bancaires et leur attribution à trois catégories d’établissements distincts et indépendants :

1) Banques de dépôts : encaissements, paiements, gardent les dépôts de leurs clients.

2) Banques de prêts : le montant global des prêts ne peut excéder le montant global des fonds empruntés.

3) Banques d’affaires : investissent dans les entreprises les fonds empruntés au public ou aux banques de prêts.

Indexation obligatoire de tous les engagements sur l’avenir : prêts, emprunts, salaires, etc. aussi bien entre particuliers, entreprises et État.

Interdire le financement des opérations boursières et de la spéculation par la création de moyens de paiement ex nihilo.

Augmenter les garanties en liquidités à 100 %, afin d’éviter les créations privées de monnaie ou quasi-monnaie ex nihilo.

Supprimer la cotation en continu et la remplacer par une seule cotation par jour pour chaque place financière et pour chaque valeur.

Supprimer les programmes d’achat/vente automatiques. Interdire la spéculation sur les indices et les produits dérivés.

Abandonner le système de changes flottants pour un système de taux de changes fixes mais révisables par une commission indépendante.

Interdire toute dévaluation compétitive.

Abandonner le dollar US $ comme monnaie de compte, d’échange et de réserve.

Etablir progressivement une unité de compte commune sur le plan international avec  un système approprié d’indexation.
 
Interdire la spéculation aux banques sur les changes, les actions, obligations et produits dérivés.

Aucune puce, RFID ou un quelconque moyen de traçage ne peut être dissimulé dans la monnaie, quelque soit la forme de la monnaie( métallique, papier…).

Les méthodes alternatives de création monétaire (wir, jazz, reka, talents, billes, sels, etc.) sont admises si leur seigneuriage bénéficie à tous les utilisateurs de manière proportionnelle et égalitaire et sans nuire aux familles.


Conclusions :

 « Il s’agit de réformes fondamentales qui intéressent la vie de tous les jours de millions de citoyens. Ces réformes indispensables n’ont été réalisées, ni même envisagées, ni par les libéraux justement préoccupés de favoriser l’efficacité de l’économie, ni par les socialistes justement attachés à l’équité de la distribution des revenus… Les uns et les autres n’ont cessé d’être aveuglés par la répétition incessante de toutes parts de pseudo vérités et par des préjugés erronés. »               

Maurice Allais, prix Nobel d’économie.


Si vous voulez changer le système pour le meilleur, alors coopérez à cette Initiative.


Pour des personnes courageuses et pour donner de la lumière aux “jouets” utilisés par certaines forces obscures. 


Pour une lutte organisée et efficace contre les sociétés secrètes qui sont les parasites de l’économie, de la justice et de la politique. Ce sont elles qui provoquent la violence, le terrorisme, les crises et les guerres…



 http://desiebenthal.blogspot.ch/2010/03/maurice-allais-prophetique.html

La réforme financière du Crédit Social en France aussi.

par M. Christian Burgaud, Nantes et Rougemont.

Christian Burgaud est le représentant pour la France du journal Vers Demain (adresse : 1001 rue Principale, Rougemont, P.Q., Canada &emdash; J0L 1M0), fondé au Canada en 1939 par Louis Even (1885-1974), pour faire connaître les principes financiers du Crédit Social, énoncés pour la première fois en 1918 par l’ingénieur écossais Clifford Hugh Douglas (1879-1952). Ces principes représentent une conception nouvelle de la finance, du système d’argent, qui libérerait définitivement la société des problèmes purement financiers.

Tout d’abord, définissons les mots «crédit social» : au lieu d’avoir un argent créé par les banques, à intérêt, un crédit bancaire, on aurait un argent créé sans dette par la société, un crédit social.
La première demande des créditistes, des Bérets Blancs du journal Vers Demain, c’est que le gouvernement souverain de chaque pays reprenne son droit de créer l’argent de la nation. Une fois cela chose faite, il sera possible d’appliquer les deux autres principes du Crédit Social : le dividende mensuel à chaque citoyen, et l’escompte périodique sur les prix, pour empêcher toute inflation.
Pour ceux qui abordent ce sujet pour la première fois, cette demande peut amener quelques questions. Nous citerons ici les plus fréquentes, en y apportant une courte réponse.
Question : Vous dites que le gouvernement doit créer son argent. Mais ne le fait-il pas déjà, n’y a-t-il pas les billets de la Banque du Canada, pour le Canada, ou ceux de la Banque de France, pour la France ?
Réponse : Si le gouvernement canadien fédéral créait son argent, comment se fait-il alors qu’il ait une dette de plus de 600 milliards de dollars ? La réalité, c’est que les billets de banque et les pièces de monnaie ne viennent en circulation que s’ils sont prêtés par les banques, à intérêt. De plus, cette sorte d’argent (billets de banque et pièces de monnaie, ou «argent numéraire») représente moins de 10 pour cent de l’argent du pays ; l’autre sorte d’argent, représentant plus de 90 pour cent, est l’argent de chiffre créé par les banques, qu’on voit sur les chèques ou les comptes de banque.
Question : Pourquoi voulez-vous que le gouvernement crée l’argent ? L’argent actuel des banques n’est-il pas bon ?
Réponse : Les banques privées émettent l’argent à intérêt, sous forme de dette, ce qui crée des dettes impayables. Par exemple, supposons que la banque vous prête 100 $, à 6 pour cent d’intérêt. La banque crée 100 $, mais vous demande de rembourser 106 $. Vous pouvez rembourser 100 $, mais pas 106 $ : le 6 $ pour l’intérêt n’existe pas, puisque seule la banque a le droit de créer l’argent, et qu’elle n’a créé que 100 $, pas 106 $.
En fait, lorsque la banque vous accorde, un prêt, elle vous demande de rembourser de l’argent qui n’existe pas. Le seul moyen de rembourser 106 $ alors qu’il n’existe que 100 $, c’est d’emprunter aussi ce 6 $ à la banque, et votre problème n’est pas réglé, il n’a fait qu’empirer : vous devez maintenant 106 $ à la banque, à 6 pour cent d’intérêt, soit 112,36 $, et plus les années passent, plus les dettes s’accumulent, il n’y a aucun moyen de s’en sortir.
Certains emprunteurs, pris individuellement, peuvent réussir à rembourser à la banque leur prêt en entier, capital et intérêt, mais tous les emprunteurs, pris dans leur ensemble, ne le peuvent pas. Si certains réussissent à rembourser 106 $ alors qu’ils n’ont reçu que 100 $, c’est qu’ils ont pris le 6 $ qui manque sur l’argent mis en circulation par les emprunts des autres, ce qui rend encore plus difficile pour les autres de rembourser leurs propres emprunts. Pour que certains soient capables de rembourser leurs prêts, il faut nécessairement qu’il y en ait d’autres qui fassent faillite. Et ce n’est qu’une question de temps avant que tous les emprunteurs, sans exception, se retrouvent dans l’impossibilité de rembourser le banquier, et cela, quel que soit le taux d’intérêt exigé.
Certains diront que si on ne veut pas s’endetter, on n’a qu’à ne pas emprunter. Mais le fait est que si personne n’empruntait d’argent de la banque, il n’y aurait pas un sou en circulation. Et cet argent emprunté de la banque ne peut pas rester en circulation indéfiniment : il doit retourner à la banque lorsque le prêt vient à échéance… accompagné de l’intérêt, évidemment. Cela signifie que l’on veut simplement conserver la même quantité d’argent en circulation dans le pays, année après année, il faut accumuler des dettes impayables.
Question : Cet argent émis par le gouvernement serait-il aussi bon que celui des banques ?
Réponse : Bien sûr que le gouvernement a le droit, puisque c’est lui-même qui a donné ce droit aux banques. Que le gouvernement se refuse un privilège qu’il accorde lui-même aux banques, c’est le comble de l’imbécillité ! C’est d’ailleurs le premier devoir de chaque pays souverain d’émettre sa propre monnaie &emdash; c’est d’ailleurs saint Louis IX, roi de France, qui disait que le premier devoir d’un roi est de frapper l’argent lorsqu’il en manque pour la bonne vie économique de ses sujets &emdash; mais tous les pays aujourd’hui ont injustement cédé ce droit à des compagnies privées, les banques à charte. Le premier pays à avoir ainsi cédé à des compagnies privées son pouvoir de créer la monnaie fut la Grande-Bretagne, en 1694.
Ce n’est pas le banquier qui donne à l’argent sa valeur, c’est la production du pays. Le banquier ne produit absolument rien, il ne fait que créer des chiffres, qui permettent au pays de faire usage de sa propre capacité de production, de sa propre richesse. Sans la production de tous les citoyens du pays, les chiffres du banquier ne valent absolument rien. Donc, le gouvernement peut très bien créer lui-même ces chiffres, représentant la production de la société, sans passer par les banques, et sans s’endetter. Alors, pourquoi le gouvernement devrait-il payer de l’intérêt à un système bancaire privé pour l’usage de son propre argent, qu’il pourrait émettre lui-même sans passer par les banques, sans intérêt, sans dette ?
Question : N’y a-t-il pas danger que le gouvernement abuse de ce pouvoir et émette trop d’argent, et que cela fasse de l’inflation ? N’est-il pas préférable de laisser ce pouvoir aux banquiers, afin de laisser ce pouvoir à l’abri des caprices des politiciens ?
Réponse : L’argent émis par le gouvernement ne serait pas plus inflationniste que celui émis par les banques : que ce soit 100 $ émis par le gouvernement, ou 100 $ émis par les banques commerciales, ce seraient les mêmes chiffres, basés sur la même production du pays. La seule différence, c’est que le gouvernement n’aurait pas à s’endetter ni à payer de l’intérêt pour obtenir ces chiffres.
Au contraire, la première cause de l’inflation, c’est justement l’argent créé sous forme de dette par les banques : l’inflation, ça veut dire les prix qui augmentent. Or, l’obligation pour les compagnies et gouvernements qui empruntent de ramener à la banque plus d’argent qu’il en est sorti oblige justement les compagnies à gonfler leurs prix, et les gouvernements à gonfler leurs taxes.
Chose tout à fait incroyable, le moyen qu’utilisent actuellement les gouverneurs des banques centrales pour combattre l’inflation est précisément ce qui la fait augmenter en pratique, soit hausser les taux d’intérêts ! Comme l’ont dit certains premiers ministres provinciaux au Canada, «c’est comme essayer d’éteindre un feu en l’arrosant d’essence.»
Mais il est bien évident que si le gouvernement fédéral se mettait à créer ou imprimer de l’argent n’importe comment, sans aucune limite, selon les caprices des hommes au pouvoir, et sans relation avec la production existante, on aurait de l’inflation, et l’argent perdrait sa valeur. Mais ce n’est pas du tout cela que les créditistes proposent.

Comptabilité exacte

Ce que les créditistes de Vers Demain proposent, lorsqu’ils parlent d’argent fait par le gouvernement, c’est que l’argent soit ramené à son rôle propre, qui est d’être un chiffre qui représente les produits, ce qui en fait est une simple comptabilité. Et puisque l’argent n’est qu’un système de comptabilité, il suffirait d’établir une comptabilité exacte.
Le gouvernement nommerait une commission de comptables, un organisme indépendant appelé «Office National de Crédit», qui serait chargé d’établir une comptabilité exacte : l’argent serait émis au rythme de la production, et retiré de la circulation au rythme de la consommation. On aurait ainsi un équilibre constant entre la capacité de produire et la capacité de payer, entre les prix et le pouvoir d’achat.

Le dividende

De plus, parce que les salaires ne suffisent pas pour acheter toute la production existante (les salaires ne forment qu’une partie des coûts de production de n’importe quel article), l’Office National de Crédit distribuerait à chaque citoyen un dividende mensuel, une somme d’argent pour combler le pouvoir d’achat, et pour assurer à chacun une part des biens du pays. Ce dividende serait basé sur les deux plus grands facteurs de la production moderne, l’héritage des richesses naturelles et des inventions des générations passées, tous deux dons gratuits de Dieu, qui appartiennent donc à tous. Ceux qui seraient employés dans la production recevraient encore leur salaire, mais tous, salariés comme non-salariés, recevraient le dividende.
Tous les membres d’une famille &emdash; le père, la mère, et chacun des enfants &emdash; recevraient chaque mois leur dividende, ou revenu garanti, qui assurerait au moins le minimum vital. Le revenu familial augmenterait ainsi automatiquement à la naissance d’un nouvel enfant, puisque la famille recevrait un chèque de dividende de plus, ce qui enlèverait un gros obstacle à la création de familles nombreuses. (Les créditistes proposent en plus que le gouvernement fournisse un revenu aux mères de famille qui restent à la maison pour élever leurs enfants, car même si ce travail n’est pas rémunéré actuellement, il représente une grande partie du Produit Intérieur Brut de la nation. Ce revenu aux mères de famille répondrait à la demande du Saint-Siège, qui émettait en 1983 un document intitulé la «Charte des Droits de la Famille», dont l’article 10 se lit comme suit : «Le travail de la mère au foyer doit être reconnu et respecté en raison de sa valeur pour la famille et la société.»)
La formule du dividende serait infiniment préférable que l’aide sociale, l’assurance-chômage et autres lois actuelles de sécurité sociale, car il ne serait pas pris dans les taxes de ceux qui travaillent, mais serait financé par de l’argent nouveau, créé par l’Office National de Crédit. Personne ne se ferait donc vivre par les taxes des contribuables ; ce serait un héritage dû à tous les citoyens du pays, qui sont pour ainsi dire tous actionnaires de la compagnie Canada Limitée.
Et contrairement à l’aide sociale, ce dividende serait sans enquête, il ne pénaliserait donc pas ceux qui veulent travailler. Loin d’être une incitation à la paresse, il permettrait aux gens de s’occuper dans l’activité de leur choix, celle où ils ont des talents. D’ailleurs, si les gens arrêtaient de travailler, le dividende baisserait automatiquement, puisqu’il est basé sur la production existante. Sans ce revenu non lié à l’emploi, le progrès devient non plus un allié de l’homme, mais une malédiction, puisqu’en éliminant le besoin de labeur humain, il fait perdre aux travailleurs leur seule source de revenu.

Finance des travaux publics

Comment se ferait le financement des services et travaux publics avec un tel système d’argent social ? Chaque fois que la population désirerait un nouveau projet public, le gouvernement ne se demanderait pas : «A-t-on l’argent ?», mais : «A-t-on les matériaux, les travailleurs pour le réaliser ?» Si oui, l’Office National de Crédit créerait automatiquement l’argent nécessaire pour financer cette production nouvelle.
Supposons, par exemple, que la population désire un nouveau pont, dont la construction coûte 50 millions $. l’Office National de Crédit crée donc 50 millions $ pour financer la construction de ce pont. Et puisque tout argent nouveau doit être retiré de la circulation lors de la consommation, ainsi l’argent créé pour la construction du pont devra être retiré de la circulation lors de la consommation de ce pont.
De quelle manière un pont peut-il être «consommé» ? Par usure ou dépréciation. Supposons que les ingénieurs qui ont construit ce pont prévoient qu’il durera 50 ans ; ce pont perdra donc un cinquantième de sa valeur à chaque année. Puisqu’il a coûté 50 millions $ à construire, il subira donc une dépréciation de 1 million $ par année. C’est donc un million de dollars qui devront être retirés de la circulation à chaque année, pendant 50 ans. Au bout de 50 ans, le pont sera complètement payé, sans un sou d’intérêt ni de dette.
Est-ce que ce retrait d’argent se fera par les taxes ? Non, cela n’est nullement nécessaire, dit Douglas, le concepteur du système du Crédit Social. Il existe une autre méthode bien plus simple pour retirer cet argent de la circulation, celle de l’ajustement des prix (appelé aussi escompte compensé). Douglas disait à Londres, le 19 janvier 1938 :
«Le système de taxation, avec sa complexité, son caractère irritant, avec les centaines de personnes qu’il emploie, est un gaspillage complet de temps. Tous les résultats qu’il est supposé fournir pourraient être accomplis sans aucune comptabilité, par le simple mécanisme d’ajustement des prix.»

L’ajustement des prix

De quelle manière cet ajustement des prix fonctionnerait-il ? L’Office National de Crédit serait chargé de tenir une comptabilité exacte de l’actif et du passif de la nation, ce qui ne nécessiterait que deux colonnes : d’un côté, on inscrirait tout ce qui est produit dans le pays durant la période en question (l’actif), et de l’autre, tout ce qui est consommé (le passif). Le 1 million $ de dépréciation annuelle du pont, de l’exemple mentionné plus haut, serait donc inscrit dans la colonne «passif» ou «consommation», et ajouté à toutes les autres formes de consommation ou disparition de richesse durant l’année.
Douglas fait aussi remarquer que le vrai coût de la production, c’est la consommation. Dans l’exemple du pont, le prix comptable était de 50 millions $. Mais le prix réel du pont, c’est tout ce qu’il a fallu consommer pour le produire. S’il est impossible de déterminer pour un seul produit quel a été son prix réel, on peut, par contre, facilement savoir quel a été, durant une année, le prix réel de toute la production du pays : c’est tout ce qui a été consommé dans le pays durant la même période.
Ainsi, si les comptes nationaux du Canada montrent que, dans une année, la production privée, la production de biens consommables, a été de 500 milliards $, et que pendant la même année, la consommation totale a été de 400 milliards $, cela veut dire que le Canada a été capable de produire pour une valeur de $500 milliards de produits et services, tout en ne dépensant, ou consommant, que pour une valeur de 400 milliards $. Autrement dit, cela démontre qu’il en a coûté réellement 400 milliards $ pour produire ce que la comptabilité des prix établit à 500 milliards $.
Le vrai prix de la production est donc de 400 milliards $. La population doit donc pouvoir obtenir le fruit de son travail, la production de 500 milliards $, en payant seulement 400 milliards $. Car il a été bien établi plus tôt que l’argent ne doit être retiré que selon la consommation : s’il s’est consommé pour 400 milliards $ de produits et services, on ne doit retirer de la circulation que 400 milliards $, ni plus ni moins.

Escompte sur les prix

Comment faire pour que les consommateurs canadiens puissent obtenir pour 500 milliards de produits et services tout en ne payant que 400 milliards $? C’est très simple, il suffit de baisser le prix de vente de tous les produits et services de 1/5, soit un escompte de 20 % : l’Office National de Crédit décrète donc un escompte de 20 % sur tous les prix de vente pendant le terme suivant. Par exemple, le client n’aura qu’à payer 400 $ pour un article étiqueté 500 $.
Mais s’il ne veut pas faire faillite, le marchand doit quand même récupérer 500 $ pour la vente de cet article, et non pas seulement 400 $, car ce prix de 500 $ inclut tous ses frais. C’est pourquoi on parle d’un escompte «compensé» : dans ce cas-ci, le marchand sera compensé par l’Office National de Crédit, qui lui enverra le 100 $ qui manque.
Pour chacune de ses ventes, le marchand n’aura qu’à présenter ses bordereaux de vente à l’Office National de Crédit, qui lui remboursera l’escompte accordé au client. Ainsi, personne n’est pénalisé : les consommateurs obtiennent les produits qui, sans cela, resteraient invendus, et les marchands récupèrent tous leurs frais.

Inflation impossible

Grâce à ce mécanisme de l’escompte sur les prix, toute inflation serait impossible : en effet, l’escompte fait baisser les prix. Et l’inflation, ce sont les prix qui montent. La meilleure manière d’empêcher les prix de monter, c’est de les faire baisser ! De plus, l’escompte sur les prix est exactement le contraire de la taxe de vente : au lieu de payer les produits plus cher par des taxes, les consommateurs les paient moins cher grâce à cet escompte. Qui pourrait s’en plaindre ?
S’il n’était question dans le Crédit Social que d’imprimer de l’argent et rien d’autre, les craintes de l’inflation seraient justifiées, mais justement, le Crédit Social possède une technique pour faire face à tout danger d’inflation. Il existe trois principes de base dans le Crédit Social : 1. l’argent émis sans dette par le gouvernement, représentant de la société, selon la production, et retiré de la circulation selon la consommation ; 2. le dividende mensuel à tous les citoyens ; 3. l’escompte compensé. Les trois sont nécessaires ; c’est comme un trépied : enlevez un de ces trois principes, et le reste ne tient plus.
Toute cette technique du Crédit Social, telle qu’expliquée très brièvement ci-dessus, n’a qu’un but : financer la production des biens qui répondent aux besoins ; et financer la distribution de ces biens pour qu’ils atteignent les besoins. En examinant la circulation du crédit sous un tel système de Crédit Social, on s’apercevra que l’argent ne s’accumule en aucun temps, qu’il ne fait que suivre le mouvement de la richesse, entrant en circulation au rythme de la production, et prenant la voie du retour vers sa source (l’Office National de Crédit) au rythme de la consommation (lorsque les produits sont achetés chez le marchand). En tout temps, l’argent demeure un reflet exact de la réalité : de l’argent apparaît lorsqu’un nouveau produit apparaît, et cet argent disparaît lorsque le produit disparaît (est consommé).

Les taxes et le Crédit Social

Que deviendraient les taxes actuelles avec un tel système de Crédit Social ? Elles diminueraient de façon drastique, et la plupart disparaîtraient tout simplement. Le juste principe à observer, c’est que les gens ne paient que pour ce qu’ils consomment. La consommation de biens publics comme les ponts serait payée par l’ajustement des prix, comme on l’a vu plus haut. Par contre, il serait injuste de faire payer à la population de tout le pays des services qui ne sont offerts que dans une rue ou une municipalité, comme le service d’eau, d’égout ou de vidange ; ce sont ceux qui bénéficient de ces services qui auraient à payer la municipalité qui les fournit.
Par contre, les administrations ne traîneraient plus de dettes publiques impayables, et on n’aurait donc plus à payer pour le service de la dette (pour le gouvernement fédéral seulement, cela représente plus d’un tiers des taxes.) On n’aurait plus non plus à payer pour les lois de sécurité sociale, qui seraient avantageusement remplacées par le dividende mensuel à tous les citoyens.
Tout cela ouvre des horizons et possibilités insoupçonnés. Pour que ces possibilités deviennent réalités, il faut que tous connaissent le Crédit Social. Et pour cela, il faut que tous reçoivent Vers Demain.
Christianisme appliqué
Les membres du Mouvement de Vers Demain mettent beaucoup d’ardeur à faire connaître les principes financiers du Crédit Social, car selon eux, ces principes appliqueraient à merveille la doctrine sociale de l’Église catholique, surtout en ce qui concerne le droit de tous aux biens matériels. D’ailleurs, Clifford Hugh Douglas a déjà dit : Les banquiers contrôlent l’argent
L’argent devrait être un instrument de service, mais les banquiers, en s’en réservant le contrôle de la création, en ont fait un instrument de domination :
«Ce pouvoir est surtout considérable chez ceux qui, détenteurs et maîtres absolus de l’argent et du crédit, gouvernent le crédit et le dispensent selon leur bon plaisir. Par là, ils distribuent le sang à l’organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que, sans leur consentement, nul ne peut plus respirer.» (Pie XI, encyclique Quadragesimo anno, 15 mai 1931.)
La création d’argent sous forme de dette par les banquiers est leur moyen d’imposer leur volonté sur les individus et de contrôler le monde :
«Parmi les actes et les attitudes contraires à la volonté de Dieu et au bien du prochain et les «structures» qu’ils introduisent, deux éléments paraissent aujourd’hui les plus caractéristiques : d’une part le désir exclusif du profit et, d’autre part, la soif du pouvoir dans le but d’imposer aux autres sa propre volonté.» (Jean-Paul II, encyclique Sollicitudo rei socialis, sur la question sociale, 30 décembre 1987, n. 37.)
Puisque l’argent est un instrument essentiellement social, la doctrine du Crédit Social propose que l’argent soit émis par la société, et non par des banquiers privés pour leur profit :
«Il y a certaines catégories de biens pour lesquelles on peut soutenir avec raison qu’ils doivent être réservés à la collectivité lorsqu’ils en viennent à conférer une puissance économique telle qu’elle ne peut, sans danger pour le bien public, être laissée entre les mains de personnes privées.» (Pie XI, encyclique Quadragesimo anno.)
On a lu précédemment que l’obligation de remettre au banquier de l’argent qu’il n’a pas créé entraîne des dettes impayables : En 1986, la Commission Pontificale Justice et Paix émettait un document intitulé «Une approche éthique de l’endettement international», qui disait, entre autres :
«Les pays débiteurs, en effet, se trouvent placés dans une sorte de cercle vicieux : ils sont condamnés, pour pouvoir rembourser leurs dettes, à transférer à l’extérieur, dans une mesure toujours plus grande, des ressources qui devraient être disponibles pour leur consommation et leurs investissements internes, donc pour leur développement.
«Le service de la dette ne peut être acquitté au prix d’une asphyxie de l’économie d’un pays et aucun gouvernement ne peut moralement exiger d’un peuple des privations incompatibles avec la dignité des personnes… S’inspirant de l’Évangile, d’autres comportements seraient à envisager, comme consentir des délais, remettre partiellement ou même totalement les dettes… En certains cas, les pays créanciers pourront convertir les prêts en dons.»
Jean-Paul II écrivait aussi dans son encyclique Centesimus annus (1er mai 1991, n. 35) : «Il n’est pas licite de demander et d’exiger un paiement quand cela reviendrait à imposer en fait des choix politiques de nature à pousser à la faim et au désespoir des populations entières. On ne saurait prétendre au paiement des dettes contractées si c’est au prix de sacrifices insupportables. Dans ce cas, il est nécessaire &emdash; comme du reste cela est en train d’être partiellement fait &emdash; de trouver des modalités d’allégement de report ou même d’extinction de la dette, compatibles avec le droit fondamental des peuples à leur subsistance et à leur progrès.»
Et plus récemment, dans sa lettre apostolique Tertio millenium advente, pour la célébration du jubilé de l’an 2000, le Saint-Père proposait, dans l’esprit des jubilés de l’Ancien Testament, l’effacement total de la dette internationale.

Tous capitalistes
Que tous soient réellement «capitalistes» (soient propriétaire d’un capital) et aient accès aux biens de la terre, cela serait rendu possible par le dividende du Crédit Social, qui appliquerait concrètement cet autre principe de base de la doctrine sociale de l’Église : les biens de la terre sont destinés à tous les hommes :
«Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon les règles de la justice, inséparables de la charité.» (Concile Vatican II, Constitution Gaudium et Spes, n. 69.)
Le dividende du Crédit Social est basé sur deux choses : l’héritage des richesses naturelles et des inventions des générations précédentes :
«L’homme, par son travail, hérite d’un double patrimoine : il hérite d’une part de ce qui est donné à tous les hommes, sous forme de ressources naturelles et, d’autre part, de ce que tous les autres ont déjà élaboré à partir de ces ressources, en réalisant un ensemble d’instruments de travail toujours plus parfaits. Tout en travaillant, l’homme hérite du travail d’autrui.» (Jean-Paul II, encyclique Laborem exercens, sur le travail humain, 15 septembre 1981, n. 12.)
Progrès et plein emploi sont inconciliables
En 1850, alors que les manufactures venaient à peine d’apparaître, au tout début de la Révolution industrielle, l’homme accomplissait 20 % du travail, l’animal 50 %, et la machine 30 %. En 1900, l’homme accomplissait seulement 15 % du travail, l’animal 30 %, et la machine 55 %. En 1950, l’homme ne faisait que 6 % du travail, et les machines accomplissaient le reste &emdash; 94 %. Et nous n’avons encore rien vu, puisque nous entrons maintenant dans l’ère de l’ordinateur, l’équivalent d’une troisième révolution industrielle.
L’auteur américain Jeremy Rifkin a écrit récemment un livre intitulé La fin du travail (Editions La Découverte, Paris, 1996), un best-seller qui a été traduit dans neuf langues, dans lequel il explique ce que les créditistes répètent depuis plus de 70 ans : à cause du progrès, les machines remplaceront de plus en plus les travailleurs, et il y aura de moins en moins d’emplois disponibles.
Dans son livre, Rifkin cite une étude suisse selon laquelle «d’ici 30 ans, moins de 2 % de la main-d’œuvre suffira à produire la totalité des biens dont le monde a besoin.» Rifkin affirme que trois travailleurs sur quatre &emdash; des commis jusqu’aux chirurgiens &emdash; seront éventuellement remplacés par des machines guidées par ordinateur.
Les machines sont-elles une malédiction ou un bienfait pour l’homme ? Si le règlement qui limite la distribution d’un revenu seulement à ceux qui sont employés n’est pas changé, la société se dirige tout droit vers le chaos. Il serait tout simplement absurde et ridicule de taxer 2 % des travailleurs pour faire vivre 98 % de chômeurs ! Il faut absolument une source de revenu non liée à l’emploi &emdash; un dividende.
Mais si on veut persister à tenir tout le monde, hommes et femmes, employés dans la production, même si la production pour satisfaire les besoins de base est déjà toute faite, et cela, avec de moins en moins de labeur humain, alors il faut créer de nouveaux emplois complètement inutiles, et dans le but de justifier ces emplois, créer de nouveaux besoins artificiels, par une avalanche de publicité, pour que les gens achètent des produits dont ils n’ont pas réellement besoin. C’est ce qu’on appelle «la société de consommation».
De même, on fabriquera des produits dans le but qu’ils durent le moins longtemps possible, dans le but d’en vendre plus, et faire plus d’argent, ce qui entraîne un gaspillage non nécessaire des ressources naturelles, et la destruction de l’environnement. Aussi, on persistera à maintenir des travaux qui ne nécessitent aucun effort de créativité, qui ne demandent que des efforts mécaniques, qui pourraient facilement être faits uniquement par des machines, des travaux où l’employé n’a aucune chance de développer sa personnalité. Si l’homme n’est pas employé dans un travail salarié, il occupera ses temps libres à faire des activités libres, des activités de son choix. C’est justement dans ses temps libres que l’homme peut vraiment développer sa personnalité, développer les talents que Dieu lui a donnés et les utiliser à bon escient. De plus, c’est durant leurs temps libres que l’homme et la femme peuvent s’occuper de leurs devoirs familiaux, religieux et sociaux : élever leur famille.
Être libéré de la nécessité de travailler pour produire les biens essentiels à la vie ne signifie aucunement paresse. Cela signifie tout simplement que l’individu est alors en position de choisir l’activité qui l’intéresse. Sous un système de Crédit Social, il y aura une floraison d’activités créatrices. Par exemple, les grandes inventions, les plus grands chefs-d’oeuvre de l’art, ont été accomplis dans des temps libres. Comme le disait C. H. Douglas :
«La majorité des gens préfèrent être employés &emdash; mais dans des choses qu’ils aiment plutôt que dans des choses qu’ils n’aiment pas. Les propositions du Crédit Social ne visent aucunement à produire une nation de paresseux… Le Crédit Social permettrait aux gens de s’adonner aux travaux pour lesquels ils sont qualifiés. Un travail que vous faites bien est un travail que vous aimez, et un travail que vous aimez est un travail que vous faites bien.»
La misère en face de l’abondance
Dieu a mis sur la terre tout ce qu’il faut pour nourrir tout le monde. Mais à cause du manque d’argent, les produits ne peuvent plus joindre les gens qui ont faim : des montagnes de produits s’accumulent en face de millions qui meurent de faim. C’est le paradoxe de la misère en face de l’abondance, qui «représente en quelque sorte un gigantesque développement de la parabole biblique du riche qui festoie et du pauvre Lazare. L’ampleur du phénomène met en cause les structures et les mécanismes financiers, monétaires, productifs et commerciaux qui, appuyés sur des pressions politiques diverses, régissent l’économie mondiale ; ils s’avèrent incapables de résorber les injustices héritées du passé et de faire face aux défis urgents et aux exigences éthiques du présent… Nous sommes ici en face d’un drame dont l’ampleur ne peut laisser personne indifférent.» (Jean-Paul II, encyclique Redemptor hominis, n. 15.)
Réforme du système financier
Le Pape Jean-Paul II a maintes fois dénoncé la dictature de l’argent rare, et demandé une réforme des systèmes financiers et économiques, l’établissement d’un système économique au service de l’homme :
«Je tiens encore à aborder une question délicate et douloureuse. Je veux parler du tourment des responsables de plusieurs pays, qui ne savent plus comment faire face à l’angoissant problème de l’endettement… Une réforme structurelle du système financier mondial est sans nul doute une des initiatives les plus urgentes et nécessaires.» (Message à la 6e session de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, Genève, 26 septembre 1985.)
«Il est nécessaire de dénoncer l’existence de mécanismes économiques, financiers et sociaux qui, bien que menés par la volonté des hommes, fonctionnent souvent d’une manière quasi automatique, rendant plus rigides les situations de richesse des uns et de pauvreté des autres.» (Encyclique Sollicitudo rei socialis, n. 16.)
Un autre qui était convaincu que le Crédit Social est le christianisme appliqué, et qu’il appliquerait à merveille l’enseignement de l’Eglise sur la justice sociale, c’est le Père Peter Coffey, docteur en philosophie et professeur au Collège de Maynooth, en Irlande. Voici ce qu’il écrivait à un jésuite canadien, le Père Richard, en mars 1932 :
«Les difficultés posées par vos questions ne peuvent être résolues que par la réforme du système financier du capitalisme, selon les lignes suggérées par le Major Douglas et l’école créditiste du crédit. C’est le système financier actuel qui est à la racine des maux du capitalisme. L’exactitude de l’analyse faite par Douglas n’a jamais été réfutée, et la réforme qu’il propose, avec sa fameuse formule d’ajustement des prix, est la seule réforme qui aille jusqu’à la racine du mal…»
Christian Burgaud

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